lundi 5 octobre 2026

Argenteuil, une école publique vers l’effondrement, les lycéens lancent un cri d’alarme face à l’inégalité scolaire, reflet de l’inégalité sociale

 

Un recul majeur de décennie en décennie

 

 

Dans les années 1960, ma génération, je suis né en 1952, a bénéficié d’une économie en expansion suite à la Guerre. Dans le quartier du Perreux, l’école provisoire de la rue d’Ascq a laissé la place aux groupes scolaires Paul Langevin. J’y entrais en CP alors que sa construction venait de s’achever.

         Ma génération bénéficia de la massification de l’enseignement, et j’entrais au collège Paul-Vaillant Couturier qui me laisse un excellent souvenir. Bien sûr, l’inégalité sociale se reflétait dans l’inégalité scolaire.

         Jusqu’à la classe de Seconde, jamais je n’allais au musée. À la maison, il y avait bien quelques livres à l’entrée dans le meuble du téléphone, pour la décoration, mais jamais de discussion à leur propos. De visite à Paris, vous n’y pensez pas.

         Lorsque le principal de PVC entra dans ma classe de 3ème pour demander qui était intéressé pour passer le concours de l’École normale d’instituteur, je pris le formulaire. Mes parents le remplirent, sans aucune discussion à leur sujet. Personne ne m’indiqua ce qui m’attendait. La même chose se reproduisit trois ans plus tard, quand en vue de l’après-bac, on me proposa trois options, celle d’aller dans un centre de préparation au professorat d’éducation physique, une école pour devenir professeur de collège, ou encore d’entrer en classe préparatoire. Nul conseil familial. Je fis sans doute là alors le mauvais choix. Ces exemples pour orienter la réflexion sur le fossé qui sépare les couches sociales de la société, lesquelles ont leurs répercussions sur l’éducation à la culture, et les routes possibles à prendre. Pour ma part, l’École normale fut un chemin de promotion sociale, comme il le fut longtemps pour tant d’enfants de la paysannerie et de la classe ouvrière. De mes deux sœurs et de mon frère de ma génération, je fus le seul à obtenir le bac en 1970.

         Lors je revins à Argenteuil en 1975, j’occupai un poste d’instituteur de CP à Paul Éluard au Val-Nord. Cet année-là j’avais 19 enfants dans ce CP. Les parents travaillaient. Un autre temps, un autre monde.

         Je vis du pays… à Argenteuil, en passant du premier degré de l’École au lycée professionnel, puis de celui-ci au lycée Georges Braque pour rejoindre les classes générales du lycée en histoire-géographie.

         Non les élèves n’ont pas les mêmes chances de départ, comme s’il fallait argumenter sur cette évidence. Chacun sait que le milieu social est surdéterminant et que les élèves originaires des quartiers populaires sont aujourd’hui de moins en moins nombreux dans les classes préparatoires des grands lycées parisiens.

         La question est surtout : comment cela est-il vécu par les adolescents ? Aujourd’hui, certains le vivent dès tout petit avec un sentiment de relégation. À Jaurès, j’ai eu à m’occuper, pour des BEP, à ce genre de classe, les Orsu par exemple, cela dira quelque chose à certains lecteurs. Des classes où l’on allait en dépit, par défaut, pour aller bien quelque part. Bonjour l’ambiance. Il m’arrive de retrouver de ces anciens élèves de ces classes. Qu’on se rassure. Dans leur immense majorité, ils ont trouvé leur chemin, mais loin de l’ajustage-fraisage de leur formation industrielle initiale.

         Le fait majeur de ces dernières décennies a été la fuite d’élèves de milieux plus aisés vers l’école privée qui ont vu ces dernières décennies leurs moyens et leur recrutement connaître un grand essor. C’est la réalité à Argenteuil.

         Petit tableau de l’inégalité scolaire pour terminer cette esquisse du jour. Pour la « crème » des enfants de la haute-bourgeoisie, des écoles en Suisse ou aux États-Unis. Pour les riches et les gamins des élites, des écoles privées de première classe, le collège Stanislas, l’École alsacienne… Pour les milieux de la petite-bourgeoise, les écoles privées locales de l’enseignement catholique. Pour les autres, l’immense majorité de la population, le service public de l’éducation nationale, de moins en moins service.

         Cela a une allure Ancien régime. Quatre strates d’inégalité scolaire reflet de l’inégalité sociale profonde.

         Ce ne sont pas seulement les élèves des quartiers populaires qui vivent mal une longue situation difficile pour eux. Ce sont y compris de nombreux jeunes des quartiers plus aisés qui comprennent que cette situation ne convient pas, et qu’elle devrait disparaître. A suivre bien sûr. DM

Médef : la seule politique dont il ne voudrait vraiment pas

 Medef : la politique dont il ne veut pas

Le président du Medef, Patrick Martin, est très inquiet. De la hausse des prix ? Des difficultés des travailleurs pour joindre les deux bouts ? Mais bien sûr que non. Il est inquiet du fait que les syndicats se politisent.

Publié le 30/09/2026

Jeudi 24 septembre, ce digne représentant des patrons a reproché à deux syndicats, la CFDT et la CGT, de se « politiser à outrance », à cause de ce que leurs dirigeants disent du RN. Au passage, c’était une façon pour lui de rendre la monnaie de sa pièce à Sophie Binet, secrétaire de la CGT, qui a reproché aux patrons de faire la courte échelle au RN. Derrière cette guéguerre des petites phrases, se cache une préoccupation importante et classique des patrons. Non seulement le fait que les travailleurs défendent leurs intérêts les gêne, mais qu’ils le fassent sur le terrain politique les gêne encore plus.

Ces capitalistes qui parlent sans cesse de « démocratie sociale », de « dialogue social » interdisent strictement aux travailleurs de faire de la politique au sein des entreprises. Un travailleur surpris avec un tract politique ou voulant organiser une réunion politique dans son entreprise peut être licencié pour cela.

Ce n’est pas la question du vote qui inquiète le Medef, tant les patrons savent que quel que soit le résultat des élections, ils continueront à dominer et à diriger toute la société. Ce ne sont pas non plus les discours des responsables syndicaux qui inquiètent le patronat. Mais ils ne veulent pas que les travailleurs parlent de politique, de ce qui serait bon pour eux, de ce qu’il faudrait changer et de qui devrait diriger dans la société.

Les patrons passent leur temps à faire du chantage pour obtenir des lois allant dans leur sens – sans beaucoup de difficultés d’ailleurs – mais ne veulent pas que les travailleurs se demandent comment peser dans la société. Car le risque est qu’ils se rendent compte qu’ils en ont largement les moyens et pas avec un bout de papier.

Les luttes des travailleurs pourraient imposer des mesures allant dans le sens de l’intérêt général, des mesures qui rognent sur les profits astronomiques des riches capitalistes pour satisfaire les besoins en salaires, en logement, en services publics. Ce serait la seule politique valable pour les travailleurs, qu’ils devraient imposer en menant leur lutte de classe. En même temps les luttes pourraient faire reculer véritablement les idées d’extrême droite, les idées de division. C’est d’une telle politique que le Medef ne veut pas. C’est une raison suffisante pour la défendre !

                                                 Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3035)

"Renault Trucks gros radin !" à Lyon - Vénissieux

 

Un chemin tracé

 

 

Mardi 29 septembre, jour de la mobilisation dans la fonction publique, une centaine de travailleurs en grève pour leurs salaires se sont retrouvés devant l’usine Renault-Trucks. Certains intérimaires, nombreux à l’usine, étaient même présents.

         Dans le public ou dans le privé, les problèmes de salaires sont les mêmes et chez RT, malgré des bénéfices accumulés qui se comptent en milliards, les augmentations sont ridicules et les salaires décrochent de l'inflation.

         Conscients qu’il faudra être plus nombreux pour engager le rapport de force, les grévistes voyaient ce rassemblement comme une première étape dans une bataille pour les salaires. Beaucoup de ceux qui ne s’étaient pas senti de faire une heure de grève ont quand même tenu à marquer leur soutien par des klaxons. Un bon présage pour revenir plus nombreux la prochaine fois.

dimanche 4 octobre 2026

Le mouvement lycéen doit servir d'électrochoc pour tous les travailleurs – 12 min 43 Nathalie Arthaud sur BFMTV

Le 6 octobre il faut que la colère s'exprime Jean-Pierre Mercier sur BFM – 7 min 19

Argenteuil, commerce, une préemption contre les habitants, et une question : quand on est sûr du succès, mieux vaut donc attendre et se préparer à l’échec ?

 

Certes quand on est bien seule face à un aéropage…

  


Une restauratrice, au côté d’une autre, puis seule, réussit à faire pendant des années du lieu Le bout du bar un petit centre de vie sociale à Argenteuil. Puis l’établissement fut vendu, et est à nouveau en vente aujourd’hui.

         Cette restauratrice habitant Argenteuil envisageait depuis des mois de reprendre l’épicerie italienne qui a fermé à l’angle de l’avenue Gabriel Péri et de la rue de la Poste prolongée. Femme dynamique et déterminée, nous savons que la réussite était en vue. Mais non, après avoir lanterné, la décision est tombée : pour la municipalité, après le gros chantier de la Canopée, pas question de ne pas garder la maîtrise complète de l'installation des commerces dans l'avenue. Une étonnante justification qui renvoie sans façon dans le néant un projet dont le succès était pourtant totalement garanti.

         C’est ainsi que les choses se font à Argenteuil. Ayez des projets (ils sont encore si rares sur la Ville), de la détermination, du courage, mais n’ayez plus trop d’espoir. Les décisions sont ailleurs, très loin de la population.

         Cela durera tant que cela durera, comme pour le reste à l’échelle du pays. Mais la colère ne va pas cesser de grandir pour ce genre de décisions qui révoltent et qui ne sont vraiment pas bonnes pour les habitants de la commune. DM