Fortunes insolentes qui insultent le monde du travail
Comme tous les ans, le magazine
Challenges publie son classement des 500 plus importantes fortunes
professionnelles de France. Malgré une richesse globale en baisse – on parle
tout de même de 1 076 milliards d’euros pour l’ensemble des 500 premiers,
contre 1 129 milliards l’année dernière –, le nombre des milliardaires et la
barre d’entrée dans le classement sont en hausse. La richesse de ces dynasties
s’étale dans ce magazine : reportages sur les châteaux en bord de Loire, hôtels
particuliers à Paris, montres de luxe à plusieurs millions et Rolls Royce au
toit étoilé, on aperçoit les visages des grandes familles bourgeoises qui
tiennent l’économie entre leurs mains. On connaît Bernard Arnault, repassé
premier du classement après s’être fait voler la vedette l’année dernière par
la famille détentrice d’Hermès, mais on connaît moins les visages des Bouygues,
des Dassault, des Saadé.
Leurs fortunes
sont insolentes : alors qu’il fallait 100 millions d’euros pour entrer au
classement en 2016, il faut aujourd’hui le double pour être au dernier
rang. Les journalistes de Challenges – qui appartient, heureux hasard, à
LVMH, et donc à Bernard Arnault – ne font pas de reportages sur les petites
mains ouvrières qui fabriquent les sacs en crocodile Hermès ou les Rafale de
Dassault. Les milliards accumulés par ces parasites ne sortent pourtant pas de
nulle part : ils sont le produit de l’exploitation de millions de travailleurs
sur toute la planète, des licenciements et de la spéculation.
Qu’on ne
vienne pas nous dire ensuite que c’est la meilleure des sociétés possibles.