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vendredi 6 février 2026

Transports : Limoges : Les "sans train" expriment leur colère

 

« On veut des trains, pas des rafales ou des drones »

 

 

Samedi 31 janvier, 700 personnes se sont rassemblées à la gare de Limoges pour manifester contre la destruction des transports ferroviaires, en particulier des petites lignes. Venues de Nouvelle Aquitaine, d'Occitanie ou d'Auvergne, elles subissent toutes les conséquences des décisions de l'Etat ou des régions, de droite ou de gauche, qui jugent la pertinence des lignes du seul point de vue de la rentabilité ou se renvoient la balle sur qui doit payer les travaux de maintenance.

                   Pourtant, partout, ces lignes sont indispensables à des dizaines de milliers d'usagers, en particulier pour aller travailler. Dans la manifestation, une pancarte disait « on veut des trains, pas des rafales ou des drones », pointant l'austérité appliquée aux services à la population à côté des milliards qui coulent à flot pour préparer la guerre.

         Pour avoir un vrai transport public, des dessertes utiles à la population, bien cadencées et confortables, il faudra que les travailleurs prennent la direction de la société.

vendredi 30 janvier 2026

Algérie : une grève des transports populaire

Algérie : une grève des transports populaire

Au nom de la lutte contre le « terrorisme routier », le Parlement algérien a adopté un nouveau code de la route, dont le premier effet a été de déclencher la colère des camionneurs.

Publié le 28/01/2026

La grève, démarrée le 1erjanvier dans les régions de l’est, s’est étendue à tout le pays, ainsi qu’aux chauffeurs de bus, de taxis et de VTC. Ce nouveau code de la route, plus répressif, est en effet la seule réponse du gouvernement pour réduire les accidents routiers qui, en 2025, ont provoqué 3 571 morts et près de 35 000 blessés. Les chauffeurs encourent des amendes allant jusqu’à 30 000 dinars, soit un mois de salaire, et des peines jusqu’à quinze ans de prison. Ils sont excédés d’être rendus seuls responsables de la situation, alors que les patrons des entreprises de travaux publics, qui détournent de l’argent alloué à la construction et à l’entretien des routes, eux, ne sont jamais inquiétés. Le travail est bâclé et l’état catastrophique du réseau routier est à l’origine de nombreux accidents.

Un propriétaire de bus, un chauffeur et un receveur sont en prison, étant impliqués dans l’accident qui, en août, avait fait dix-huit morts et une vingtaine de blessés. C’était, en fait, le résultat du manque d’entretien des véhicules, notamment à cause de la pénurie de pièces détachées. Saïd Sayoud, ministre des Transports au moment des faits, est toujours en poste et s’est dédouané de toute responsabilité. C’est pourtant le gouvernement qui, en limitant les importations, a engendré cette pénurie.

Malgré les difficultés de circulation et la menace d’une rupture d’approvisionnement des produits de consommation, le mouvement des chauffeurs a suscité une immense sympathie parmi les classes populaires. Il est apparu comme un sursaut de dignité face à un pouvoir qui les muselle et n’a que mépris à leur égard.

Après avoir temporisé, le gouvernement a accusé les grévistes de déstabiliser le pays pour le compte d’États hostiles à l’Algérie, tout en menaçant des propriétaires de bus de fermer leur ligne. Mais, le 8janvier, face à une contestation qui risquait de s’élargir aux commerçants, le ministre des Transports a reçu une délégation de camionneurs et a annoncé l’importation de milliers de bus ainsi que la réduction du montant des amendes. Des chauffeurs grévistes et des influenceurs solidaires du mouvement ont été arrêtés, mais il reste que ce mouvement a ouvert une brèche dans la chape de plomb que le régime tente d’imposer.

                                                      Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°3000)

 

lundi 12 janvier 2026

Somaliland : au cœur des manœuvres impérialistes

Somaliland : au cœur des manœuvres impérialistes

Le 26 décembre, Israël a été le premier État – et pour le moment le seul – à reconnaître le Somaliland, plus de trente ans après que celui-ci a fait sécession de la Somalie, en 1991.

Publié le 07/01/2026

Le territoire du Somaliland correspond à celui de l’ancienne colonie britannique, dont les frontières ont été fixées lors du partage de l’Afrique entre puissances européennes dans les années 1880. Rien ne distingue ses 5,7 millions d’habitants de ceux du reste de la Somalie, ex-colonie italienne, de ceux de Djibouti, ex-colonie française, et des Somalis d’Éthiopie ou du Kenya. Après avoir acquis leur indépendance à quelques semaines d’intervalle en 1960, les territoires italien et britannique coexistèrent au sein d’un même État, la République de Somalie, jusqu’à son éclatement en 1991, suite aux rivalités opposant une multitude de seigneurs de guerre. L’ancien Somaliland britannique proclama alors son indépendance. Il fut d’emblée au cœur de nombreuses convoitises, étant situé sur la côte africaine du golfe d’Aden, sur l’une des principales routes commerciales du monde, reliant la Chine et l’océan Indien au canal de Suez.

De son côté, la Somalie fut le théâtre d’une intervention armée américaine, fin 1992, qui ne fit qu’aggraver encore le chaos.

Ces dernières années, les tensions au Moyen-Orient ont renforcé l’importance stratégique du Somaliland qui se trouve à 200 kilomètres des côtes du Yémen où les rebelles houthistes s’opposent non seulement à l’Arabie saoudite, mais aussi à Israël. Pour ce dernier, établir des liens avec le Somaliland présente donc un intérêt militaire et commercial, lui permettant de surveiller cet axe maritime. Netanyahou a aussi le projet, ouvertement évoqué, d’y déporter des Palestiniens de Gaza.

Quant aux États-Unis, ils n’ont pas jusqu’à présent reconnu le Somaliland, notamment parce qu’ils tiennent à leurs relations avec la Somalie voisine où ils disposent d’une base militaire alors que le groupe islamiste des Chabbi, affilié à Al-Qaida, contrôle près d’un quart du territoire. Mais une délégation militaire américaine était sur place le 26 décembre, jour de la reconnaissance par Israël. Il est question d’y installer une base américaine, une de plus dans la région.

La reconnaissance du Somaliland par Israël accentuera encore les oppositions entre puissances régionales. Ainsi l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie, qui soutiennent la Somalie, ont exprimé leur hostilité à la prise de position israélienne, tandis que les Émirats arabes unis ont, eux, appuyé ce rapprochement.

Les manœuvres diplomatico-militaires de l’impérialisme américain et d’États qui lui sont liés tout en étant rivaux, ne peuvent qu’alimenter encore les guerres qui ensanglantent la région.

                                                                   Jean Sanday (Lutte ouvrière n°2997)