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lundi 27 juillet 2026

Argenteuil, gare routière. Le transport, une priorité pour les travailleurs, dont le patronat, le premier bénéficiaire pourtant ne s’intéresse que de très loin.

 

Une galère de plus

 



  

Ce sera un nouveau coup dur pour les travailleurs qui transitent par la gare d’Argenteuil. Pendant deux mois, du 10 août au 9 octobre prochains, l’accès aux bus à la gare routière d’Argenteuil va être bousculé, en conséquence de travaux qui vont y avoir lieu, en liaison, nous dit-on, avec les problèmes du parking souterrain de cette gare que nous évoquions il y a quelques jours.

         Les problèmes de cette gare routière sont anciens et multiples. Un de plus va occasionner des difficultés supplémentaires aux usagers des bus déjà habituellement malmenés.

         Le transport est essentiel au fonctionnement de l’économie capitaliste. Les transformations qui ont lieu depuis 20 ans dans le cadre du Grand Paris n’ont pas eu comme objectif premier de faciliter le transport des travailleurs sans lesquels pourtant cette économie ne fonctionnerait pas, mais bien d’autres considérations bien plus prioritaires, en relation avec les intérêts capitalistes.

Le transport est en revanche une priorité pour les travailleurs qui habitent dans les banlieues, et parfois lointaines. À Argenteuil, il est catastrophique pour eux.

L’avenir est à la refonte d’une urbanisation et des liaisons de transports nécessaires. Ce sera un aspect de l’action des travailleurs eux-mêmes ayant pris le pouvoir. En attendant, ils peuvent et doivent s’organiser pour que leurs difficultés de transport et l'information  véritable des difficultés deviennent des paramètres des décisions des transporteurs et de l’État dont ce n’est pas la fonction habituelle première, loin de là. DM

jeudi 9 juillet 2026

SNCF : Trop chaud pour les trains, en clair : que les voyageurs se débrouillent !

 

Impréparation et irresponsabilité

  

Le transport des voyageurs a souffert des mêmes maux que les hôpitaux ou les écoles : impréparation et irresponsabilité des gouvernants. Wagons surchauffés, trains supprimés : bloqués pendant des heures, des centaines de milliers de voyageurs sont devenus des naufragés du rail. Le responsable SNCF Voyageurs (Fanichet) a supprimé carrément 10 % des trains, plus d’un millier (TGV, Intercités ou TER). Il annonçait être prêt à à en supprimer d’autres... et  que les voyageurs se débrouillent ! 

         L’infrastructure est désuète ou souvent inadaptée à de telles chaleurs : les rails, à 90 % en acier, se dilatent avec la chaleur et compromettent les circulations. Les caténaires, câbles d’alimentation électrique des rames, se dilatent eux aussi et se détendent, pouvant être arrachés au passage d’un train. Là encore le responsable a la solution : " si un train se retrouve sans alimentation électrique, les passagers doivent être évacués dans les 30 minutes". Mais le 22 juin, des voyageurs d’un TGV, bloqué quatre heures en pleine voie près de Dijon, ont vécu un cauchemar : plus de climatisation ni de toilettes, la température est montée à plus de 50 °C. Les malaises se sont multipliés parmi les voyageurs. 

         Le quotidien des travailleurs utilisant les rames de banlieue a aussi été un calvaire. Officiellement, 69% des rames RER franciliennes ont une climatisation, souvent une simple " ventilation réfrigérée " qui fait baisser la température de quelques degrés, sauf si la rame est bondée. Et en fait, les rames sont souvent surchauffées. Tout manque, et d’abord le matériel roulant adéquat. Sur des lignes TER ou Intercités circulent des trains Corail des années 1970 dont la climatisation tombe en panne dès qu’il fait chaud. Le nombre de TGV a lui-même diminué de 482 à 376 rames entre 2014 et 2023 pour des raisons d’économies et il est impossible de prendre le temps d’effectuer l’entretien indispensable dans les ateliers. Le réseau est vieillissant.

Les cheminots sont victimes eux aussi de cette situation. Ils sauraient mille fois mieux planifier et diriger les chemins de fer pour leur permettre de transporter confortablement et en toute sécurité les millions de voyageurs.

Argenteuil gare routière : changement de gestionnaire en vue pour un site obsolète

 

Et dans le cadre d'une vision étriquée

 

Pendant ce temps, un espace délaissé derrière la gare, des hangars !

La question de la gare routière était à l’ordre du jour du dernier conseil municipal. Sa gestion devrait revenir en 2028 au STIF, c’est-à-dire à la Région Ile de France. Si cette dernière la gère comme elle gère le transport ferroviaire sur la ligne J, on craint le pire. D’ici là, c’est le transporteur Delion qui s’en occupera.

         Cette gare routière est aujourd’hui obsolète. La circulation des bus est difficile à certaines heures. Elle n’est plus adaptée à leur nombre qui a augmenté ces dernières décennies, au point que des bus stationnent boulevard Maurice Berteaux où la nouvelle ligne pour Roissy-ville a son point de départ. C’est compliqué pour les conducteurs de Kéolis, de la Ratp et des cars Lacroix.

         Il n’y avait pas de possibilité d’utiliser une partie de la zone industrielle de la gare d’Argenteuil dont l’espace a été dégagé ces dernières années ? Certes la configuration de cet espace est compliqué, les accès limités, mais il y avait des possibilités à condition de revoir l’ensemble de l’espace-gare.

         Quant à la remise en service de l’ascenseur de la gare conduisant au niveau de la gare routière elle est bien sûre à l’ordre du jour… depuis plusieurs années, mais toujours pas sur les rails ! DM