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vendredi 26 juin 2026

Lyhanna : qui jugera Darmanin ?

Lyhanna : qui jugera Darmanin ?

Depuis le viol et le meurtre de Lyhanna, les ministres se succèdent dans les médias pour étaler tout ce qu’ils prétendent faire, alors que la seule chose qui compte à leurs yeux est leur propre avenir politique.

Publié le 24/06/2026

Lundi 22juin, un prérapport sur laffaire a été apporté à Matignon et un rapport plus exhaustif suivra. Darmanin, ministre de la Justice, s’est donc répandu sur les radios et à la télévision pour assurer qu’il sanctionnerait ceux qu’il désigne comme les fautifs.

En effet, le prérapport pointe des lenteurs dans le traitement des premières plaintes. Quand le dossier sur le présumé violeur de Lyhanna a été transféré de Toulouse à Auch, son importance n’aurait pas été signalée. Puis il a fallu 23 jours pour qu’il soit enregistré à Auch car il n’avait pas été classé comme urgent. Puis l’enquête n’a pas été menée à son terme, etc.

Trouver des coupables n’a pas été très difficile car d’un côté la masse de dossiers, de plaintes, de travail, accroît les risques d’erreurs. Et d’un autre côté, le fonctionnement de la justice, comme celui de la police, ne donne pas la priorité aux plaintes des femmes et des enfants, surtout si elles viennent de milieu populaire, comme c’était le cas pour la mère de la petite Rosa, à l’origine de la plainte en cause.

Il est quand même particulièrement choquant de voir Darmanin venir jouer au justicier. Il n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les erreurs venant de ses subordonnés. Le but est de faire croire qu’il n’y a eu qu’une erreur exceptionnelle et des fautes individuelles, mais il est surtout, pour Darmanin, de se dégager de toute responsabilité. Quand un journaliste ose demander à Darmanin s’il ne se sent pas un peu responsable, il s’offusque, arguant qu’il n’est ministre de la Justice que depuis un an. Or, il a participé au gouvernement Macron depuis des années en particulier comme ministre de la police !

Comme bien d’autres politiciens, un Darmanin est d’abord préoccupé de son avenir politique, de sa communication, de l’efficacité de sa démagogie. Il sait aussi pertinemment que la politique qu’il défend appauvrit les classes populaires, qu’en cassant les services publics elle accroît la détresse, détruit les liens sociaux, crée de la violence, favorise l’individualisme, et met ainsi les plus faibles à la merci de ceux qui peuvent user de leur place, de leur pouvoir, pour écraser les autres.

                                                  Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3021)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-aujourd’hui vendredi 26 juin, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 27 juin, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 28 juin, de 11 h à midi au marché Héloïse.



jeudi 18 juin 2026

Fortes chaleurs et santé : quand le travail tue

Du sursis contre une vie

 

 

Début juin s’est tenu à Poitiers le procès de trois cogérants d’une exploitation agricole produisant des melons, située dans la Vienne, suite au décès d’un ouvrier de 40 ans… voici 6 ans !

         Ce travailleur, qui ramassait les melons sous 34 °C, en juin 2020, est tombé mort en plein champ. Ses patrons n’avaient aucunement aménagé les horaires de travail pour tenir compte des conditions météorologiques du moment, ni fourni de l’eau, contrairement à ce qu’ils affirmèrent lors du procès. Les autres salariés ont confirmé l’absence d’eau à disposition ; l’inspection du travail avait pourtant même signalé, en 2017, la nécessité d’en fournir aux ouvriers. 

         L’avocat des parents de l’ouvrier décédé a noté l’absence de compassion de la part des patrons pour cet homme qu’ils employaient depuis cinq années.

La justice a pris son temps pour condamner ces patrons à une amende de 15 000 €… avec sursis ! Cela ne vaut pas cher, la vie d’un travailleur qui, de plus, laisse un orphelin.

         Révoltant !

 

vendredi 12 juin 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 8 juin 2026

 Lyhanna : un meurtre révoltant  et une démagogie politicienne insupportable

 Publié le 08/06/2026

 

On ne peut qu’être consterné et en colère face aux négligences qui ont permis le meurtre de Lyhanna. Mais entendre Macron et Darmanin reporter toute la responsabilité sur des greffiers et des magistrats débordés est révoltant. 

Macron est à l’Élysée depuis 2017. Darmanin a été ministre de l’Intérieur pendant quatre ans, et il est ministre de la Justice, depuis un an et demi. Ils ne seraient responsables de rien ? 

Ils prétendent avoir fait des violences sur les enfants leur priorité. Quelle mauvaise blague ! La spécialité de Retailleau et de Darmanin est de faire de la démagogie sécuritaire sur le dos des travailleurs immigrés. 

Pour jouer les gros bras, ils ont fait construire des prisons de haute sécurité et ont durci les lois, mais ils n’ont jamais donné les moyens que les magistrats leur demandaient pour fonctionner au quotidien. C’était moins spectaculaire et cela aurait sans doute coûté trop cher aux yeux du grand patronat. 

De la démagogie, encore et toujours !

Aujourd'hui, Darmanin joue au champion de la protection de l’enfance et des femmes. Il a convoqué tous les procureurs généraux du pays et leur a ordonné de purger les 70 000 dossiers en souffrance, quand bien même cela leur coûterait leurs week-ends et leurs vacances. Encore de la démagogie !

En matière de violences envers les femmes et les enfants, son bilan est accablant. Les faits de violence signalés se multiplient. Un enfant serait agressé toutes les trois minutes dans le pays et une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. 

Quant à l’aide sociale à l’enfance (ASE), elle est dépassée : des milliers d’enfants jugés en danger dans leur famille et qui devraient être placés dans des familles d’accueil ne le sont pas, faute de moyens. En l’absence de suivi, les enfants placés sont souvent victimes de nouvelles maltraitances, parfois même dans des familles d'accueil ! 

Une justice qui dysfonctionne… comme la société

Il y a, bien sûr, à redire sur la façon dont la justice fait son travail. Qui n’a pas été choqué en entendant le témoignage de la maman qui a déposé plainte contre le meurtrier présumé de Lyhanna, il y a neuf mois, pour le viol de sa fille de 11 ans ? 

Comme elle s’obstinait à suivre l’avancée de l’enquête en appelant régulièrement la gendarmerie, 
elle a été menacée d’être poursuivie pour harcèlement. Voilà comment les petites gens sont respectées ! Imagine-t-on un tel accueil pour un notable ou une célébrité ? 

Cela rappelle la façon dont bien des femmes sont accueillies dans les commissariats, et le nombre de féminicides commis par des conjoints ou ex-conjoints supposés être sous surveillance. Et cela n’est pas uniquement lié à des problèmes d’incompétence ou de moyens. 

La justice et la police ne sont pas en dehors de la société. Les magistrats, les enquêteurs ou les policiers sont eux-mêmes marqués par les préjugés de toutes sortes et par le mépris social omniprésent. On trouve d’ailleurs des voleurs, des violeurs et des meurtriers jusque dans leurs rangs. 

La justice au service de la population ?

« La justice doit protéger et rendre des comptes à la population », entend-on. Mais toute la machinerie de l'État, armée, police, justice, est précisément mise hors de tout contrôle de la part du citoyen ordinaire. Demander son matricule à un agent de police, critiquer une décision de justice peuvent être vus comme des outrages passibles de poursuite. 

Il y a une raison à cela, c’est que l’État n’est pas là pour protéger la population. Il défend les intérêts de la minorité de possédants les plus riches. Il veille à ce que l’exploitation et les inégalités se perpétuent en poursuivant et réprimant les contestataires. Les moyens ne manquent d’ailleurs pas pour empêcher ou disperser les rassemblements. Et combien se sont retrouvés gardés à vue et poursuivis pour avoir seulement manifesté !

Alors, n’attendons pas de miracles de cette justice bourgeoise et encore moins des politiciens qui la dirigent ! On ne combattra pas les comportements asociaux, individualistes et violents sans changer en profondeur la société. 

Le bourreau de Lyhanna est le père d’une de ses amies. Et combien de femmes, de filles et de garçons sont victimes de membres de leur famille ou de leur entourage ? Ces crimes, tristement courants, ne viennent pas de nulle part. La frustration, le sexisme, les rapports de domination qui imprègnent la société, ont des effets dramatiques sur les relations entre hommes et femmes, entre adultes et enfants. Ce sont ces racines qu’il faut arracher. Cela ne peut se faire qu’en menant un combat de fond contre l’ordre social.                          

                                                     Nathalie ARTHAUD

mardi 21 avril 2026

Amiante : quand la justice disculpe. Ateliers SNCF de Saintes (Charente-Maritime)

La seule vraie condamnation sera l’expropriation des grands groupes responsables

 

 

La justice vient de relaxer l’ex-directeur de l’EIMM (technicentre) de Saintes, 25 ans après un dépôt de plainte contre X de Sud-Rail et de trois cheminots pour mise en danger de la vie d’autrui.

         Le plus scandaleux est que seul ce directeur – lui-même malade de l’amiante, ce qui a pesé dans sa relaxe – ait été mis en examen : cela permettait de ne juger qu’une « négligence », le retard de 14 mois dont il s’est rendu responsable, et pas les profiteurs de l’amiante.

         L’amiante est dénoncé comme mortel depuis 1906 mais n’a été interdit qu’en 1997, et a enrichi entre-temps les industriels qui l’ont utilisé dans la construction, comme Saint-Gobain, ou dans les trains, comme Alstom, avec la complicité de la direction de la SNCF. Aucun des responsables de ces derniers n’était dans le box.

         Une autre plainte, déposée par la famille d’un travailleur de l’EIMM de Saintes mort de l’amiante en 2008, avait débouché sur un non-lieu. C’est une démonstration de la nécessité que les travailleurs exproprient les grands groupes capitalistes et contrôlent eux-mêmes les entreprises même publiques.