Des
peuples unis par la révolution, séparés par la réaction
02 Mars 2022
Pendant 70 ans, Russes et
Ukrainiens ont vécu dans le même ensemble politique et économique, l’Union des
républiques socialistes soviétiques. Fondée officiellement en 1922 par les
bolcheviks, l’URSS a été dissoute fin 1991 par les chefs d’une bureaucratie qui
en avait pris la tête des décennies plus tôt.
La fondation de l’Union
soviétique, un État sans référence nationale ou géographique et dans lequel une
centaine de nationalités coexistaient sans qu’aucune n’ait de droits supérieurs
à une autre, a fourni la preuve vivante que des peuples, que l’on avait dressés
artificiellement les uns contre les autres, pouvaient choisir de vivre sur un
pied d’égalité, dans un ensemble fraternel.
L’URSS était née de la révolution
sociale d’Octobre 1917, qui a entraîné et éveillé des millions d’opprimés de
l’ancien Empire tsariste avant d’ébranler le monde entier.
Dès les premiers jours de cette
révolution, les ouvriers et les paysans au pouvoir ont dû affronter la
coalition des anciennes classes privilégiées et possédantes, soutenues et
armées par les puissances impérialistes. L’Ukraine fut l’arène principale de
cette guerre civile de la réaction contre le pouvoir des soviets, celui des
classes opprimées. Des combats y opposèrent l’Armée rouge aux corps
expéditionnaires des grandes puissances de l’époque, aux troupes conduites par
des officiers blancs, des nationalistes ou des partisans.
En quatre ans, l’Ukraine changea
dix fois de gouvernement. Pour l’emporter, les bolcheviks surent unir tous les
opprimés, quelles que soient leur langue, leur origine nationale, leurs
croyances. Cela ne se fit pas sans de terribles difficultés, mais les
bolcheviks s’appuyèrent avant tout sur la conscience de classe des prolétaires.
Car les prolétaires russes, ukrainiens et autres savaient alors que la division
fondamentale de la société n’est pas entre les nationalités mais entre des
classes aux intérêts irréductibles.
C’est sur cette base que le
pouvoir soviétique abordait cette question avec une ligne de conduite résumée
par Lénine en 1920 : « Nous voulons une alliance librement
consentie, une alliance qui ne tolère aucune violence d’une nation sur une
autre. »
Ce n’était pas des mots creux. On
ouvrit des écoles, on forma des enseignants, on édita des livres et des
journaux dans toutes les langues nationales du pays. La création de l’URSS
formalisa cette alliance des peuples en rassemblant les républiques soviétiques
de Russie, d’Ukraine, de Biélorussie, celles du Caucase et un peu plus tard
celles d’Asie centrale. Un siècle plus tard, dans son discours du 21 février
dernier, Poutine a encore accusé Lénine d’avoir créé cette libre fédération et
non pas un État centralisé dominé par les Russes, comme l’était l’Empire
tsariste et comme il l’est redevenu sous Staline.
Du fait de son isolement et de sa
pauvreté, l’URSS devint, sous la férule de Staline, une dictature au service
des bureaucrates qui accaparaient postes et privilèges. Sur le terrain des
nationalités, la politique de Staline fut brutale. Pour lui comme pour les
dirigeants occidentaux, les peuples n’étaient que des monnaies d’échange entre
puissances. Ainsi en 1945, lors des accords de Yalta, les États-Unis, la
Grande-Bretagne et le pouvoir stalinien se livrèrent à un nouveau charcutage de
l’Europe de l’Est, avec d’énormes transferts de populations. On adjoignit ainsi
à l’Ukraine soviétique des régions jusqu’alors polonaises ou tchécoslovaques.
Malgré la dictature de Staline et
de ses successeurs, les peuples de l’Union soviétique vécurent ensemble
jusqu’en 1991. Ce n’est pas eux qui voulurent alors se séparer, mais les chefs
de la bureaucratie de Moscou, de Minsk et de Kiev, qui exacerbaient et parfois
suscitaient des sentiments nationalistes. Leur but était de proclamer
l’indépendance de « leur » république pour en faire leur fief. Des
frontières ont alors rompu des liens indispensables à la vie économique et ont
séparé des familles. La population a subi un terrible effondrement économique
avec le pillage de l’économie par différentes cliques, s’affichant
alternativement voire simultanément pro-russes ou pro-occidentales.
L’Ukraine est redevenue l’arène
sanglante de la rivalité entre les dirigeants impérialistes et ceux de la
Russie. La voie pour en sortir, en Ukraine comme ailleurs, reste celle que
défendirent avec acharnement Lénine et les bolcheviks il y a un siècle. Elle ne
peut être que celle de l’internationalisme et de la lutte contre le
chauvinisme, celle de l’alliance fraternelle des peuples que rien n’oppose,
bien au contraire. Les travailleurs ont les mêmes intérêts à défendre en
commun, face aux mêmes ennemis qui sont leurs exploiteurs, à commencer par ceux
de leur propre pays.
Aujourd’hui comme hier, il faut
répéter : Prolétaires de tous les pays, unissons-nous ! Non à la
guerre entre travailleurs, oui à la guerre contre leurs oppresseurs !
Xavier LACHAU (Lutte ouvrière
n°2796)
Dimanche
3 avril
Meeting
national de Nathalie Arthaud
à 15h00
ZÉNITH
PARIS – LA VILLETTE
Accès
piétons : Porte de Pantin
Parking :
Porte de la Villette

Il faut s’inscrire auprès de Thierry Pellet
pour le car.
Les
prochaines permanences
-aujourd’hui
vendredi 4 mars, de 15 h.40 à 16 h.40 marché du Val-Nord ;
Et de 17
h.15 à 18 h.15 carrefour Babou ;
-samedi 5
mars, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;
-de 11 h.
à midi au marché de la Colonie ;
-et de 11
h. à midi dans le centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
-Dimanche
6 mars, de 10 h. à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre,
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse.
-lundi 7
mars, de 18 à 19 h, centre commercial, Les Raguenets, Saint-Gratien ;
-mercredi
9 mars, de 11 h. à 11 h.45 au marché des Champioux.
-.
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notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,2 euro) numéro 2795 et Lutte de classe
(2,5 euros) n°223 (au « Presse papier » seulement), lors des
permanences et :
Chez les marchands de la presse :
-au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;
-librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.
Nathalie Arthaud dans les médias :
Regardez les nombreuses vidéos sur le site lutte-ouvriere.org et
https://www.nathalie-arthaud.info/
Les
prochaines permanences
-aujourd’hui
mercredi 2 mars, de 10 h.45 à 11 h.30 au marché des Champioux.
-.
La Fête de Lutte ouvrière à Presles, les 27, 28 et 29 mai 2022
Les habitués de
la fête de Lutte ouvrière à Presles savent que celle-ci se tient d’ordinaire
lors du week-end de la Pentecôte. Or la ligne H de la SNCF, qui dessert la gare
de Presles-Courcelles, sera interrompue pour travaux à la Pentecôte 2022. C’est
pourquoi nous avons décidé d’avancer notre fête annuelle, et de l’organiser
pendant le week-end de l’Ascension, soit les vendredi 27, samedi 28 et dimanche
29 mai 2022. Des dates à retenir !
On nous informe
Mardi 8 mars à 18 h.30 au Presse papier Entretien avec
l’historienne Sylvie Thénault pour son nouveau livre « Les Ratonnades D'Alger, 1956. Une Histoire
de racisme colonial » qui vient de paraître aux Éditions du Seuil
Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages
voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première
page sur « articles plus anciens). DM.