Un acteur important d’une politique désastreuse pour l’avenir du
mouvement ouvrier
Gabriel
Péri et Maurice Thorez dans les années 1930
Chaque année, une cérémonie a
lieu en décembre pour commémorer la mort sous les balles de l’armée allemande
du député d’Argenteuil et de la région, Gabriel Péri. Il avait 39 ans. Pour ma
part, je ne participe à cette cérémonie.
Né
en 1902, engagé jeune dans le mouvement socialiste durant la Première guerre
mondiale, de la naissance du Parti communiste en France jusqu’à sa mort
dramatique, Gabriel Péri fut un cadre de ce parti, d’abord comme responsable
des Jeunesses communistes, puis tout au long de sa courte vie, comme un des
responsables du Parti Communiste devenu Français, un responsable de second plan
il est vrai.
Le
drame de ce parti fut qu’il approuva et suivit la dégénérescence stalinienne de
l’Union soviétique et de l’Internationale communiste, menant une politique
erratique selon les virages de Staline, et abandonnant la perspective de la
révolution ouvrière. À parti du « tournant antifasciste » de 1935, il
rompit avec l’internationalisme pour le nationalisme, une voie que le PCF
poursuivit ensuite, mais c’est une autre histoire.
Gabriel
Péri ne s’opposa jamais, en tout cas publiquement à cette politique. En son for
intérieur, il n’approuva pas sans doute le pacte germano-soviétique de fin août
1939, comme d’autres cadres du PCF à ce moment-là, mais il se tut une nouvelle
fois.
La
mort tragique de Gabriel Péri mérite le respect, mais n’exige pas de gommer sa
responsabilité parmi tant d’autres dans le drame du prolétariat d’ici comme du monde :
le stalinisme. Un drame dont les travailleurs ne se sont jamais relevé jusqu’à
nos jours, et qui permet que les affres du capitalisme se poursuivent encore. DM
Notons
que c’est sur la base politique que j’évoque ci-dessus que les ancêtres
politiques de la municipalité actuelle, et De Gaulle en premier lieu, purent
aider la bourgeoisie française à franchir la Libération qui était pourtant
grosse de la possibilité d’une révolution ouvrière, en France comme dans d’autres
pays d’une Europe exsangue. De cela, Gabriel Péri, disparu en décembre 1941, ne
fut pas responsable. Mais il est bon de le rappeler à nos démolisseurs d’aujourd’hui.
Il est vrai que la bourgeoisie et ses défenseurs n’ont guère ni mémoire ni reconnaissance. DM