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dimanche 14 juin 2026

Il y a 90 ans Juin 1936 : les accords Matignon, une manœuvre contre-révolutionnaire

 Il y a 90 ans Juin 1936 : les accords Matignon, une manœuvre contre-révolutionnaire

Il y a 90 ans, le 7 juin 1936, alors que cinq millions de travailleurs en grève occupaient les usines, les chantiers, les mines et jusqu’aux grands magasins, les représentants du grand patronat et ceux de la CGT signaient les accords de Matignon.

Publié le 10/06/2026

Signés sous l’égide du gouvernement de Front populaire, les accords Matignon comprenaient la mise en place des conventions collectives, les quarante heures hebdomadaires, deux semaines de congés payés, des augmentations de salaire importantes. Le patronat cédait beaucoup, par peur de tout perdre. Mais il gardait l’essentiel, c’est-à-dire la propriété des moyens de production et un État à son service corps et âme, gouvernement de Front populaire compris.

Ces accords sont depuis lors qualifiés de conquêtes sociales, fêtées par les directions syndicales et les partis de gauche. Mais fondamentalement, il s’agissait d’une escroquerie faisant déboucher une grève générale puissante sur une défaite politique.

Les années 1930 étaient celles de la pire crise économique du monde capitaliste. Le chômage et la misère ravageaient les pays les plus industrialisés, à commencer par l’Allemagne et les États-Unis. La lutte de classe s’exacerbait sous toutes ses formes et devenait une lutte pour la vie. En janvier 1933, la bourgeoisie allemande porta Hitler au pouvoir, afin d’étrangler les travailleurs et de réarmer le pays. C’était un avertissement pour les ouvriers du monde entier et il fut ressenti comme cela en France, parmi les centaines de milliers de prolétaires organisés par la CGT, le Parti socialiste et le PCF.

Mois après mois, de grèves en meetings, de mutineries en manifestations, au cours des années 1934 et 1935, les exploités prenaient conscience de leur force et affluèrent dans les organisations ouvrières. La traduction électorale de cette montée fut la victoire des partis de gauche aux élections législatives d’avril 1936 et la constitution d’un gouvernement de Front populaire sous la présidence du socialiste Léon Blum. À la fin du mois de mai, les grèves se généralisèrent et devinrent une grève générale sans que personne n’y ait appelé. Ce mouvement s’accompagna, à la grande terreur des patrons, de l’occupation des lieux de travail, c’est-à-dire d’une atteinte caractérisée au droit de propriété. Cela non plus, les dirigeants syndicaux n’y avaient pas appelé et ceux du Front populaire encore moins. Moins de vingt ans après la vague révolutionnaire de l’après- guerre, la France semblait au bord de la révolution prolétarienne.

Le patronat, paniqué, était bien incapable de reprendre ses usines à cinq millions de grévistes soutenus par toute la population. Il supplia donc Blum de bien vouloir se hâter, se rendit aux négociations et céda sur tout ce qui, d’après les chefs syndicaux, devait suffire à faire rentrer le fleuve ouvrier dans son lit. « Il faut savoir terminer une grève quand satisfaction a été obtenue » déclara Maurice Thorez, le chef du PCF, au lendemain des accords avant de peser de tout le poids de son appareil militant, aidé par la CGT et le PS, pour faire cesser la grève, puisqu’elle était « victorieuse ».

L’été 1936, suivant la légende, se passa donc sous le signe de la victoire ouvrière, de la puissance de la gauche, de la joie générale et des premiers congés payés. Rien n’était pourtant réglé. Le 17 juillet, le coup d’État du général Franco, en Espagne, montrait que l’époque était à la lutte à mort entre la bourgeoisie et le prolétariat plus qu’aux randonnées cyclistes. En même temps, la marche à la guerre continuait et les gouvernements revenaient, sous ce prétexte, sur tout ce que la grève avait arraché. Finalement, en septembre 1939, la guerre atteignit l’Europe occidentale, les congés se transformèrent en appel sous les drapeaux, les députés élus en 1936 votèrent les pleins pouvoirs à Pétain et les précaires « acquis sociaux » finirent sous les bombardements.

Aujourd’hui les travailleurs devraient se méfier comme de la peste des partis et des dirigeants qui présentent la politique de Front populaire de 1936 comme le modèle à suivre. À ne pas étudier l’histoire, on est condamné à la revivre.

                                                          Paul Galois (Lutte ouvrière n°3019)

dimanche 3 mai 2026

Argenteuil, espace mémoriel Gabriel Péri, la municipalité doit revenir en arrière

Si c’est une erreur, il suffit de la réparer !

  


Lundi 4 mai, à 18 heures, la section d’Argenteuil du PCF organise un rassemblement devant la statue de Gabriel Péri, avenue éponyme, dont la destruction de l’espace mémoriel a commencé à être détruit il y a plusieurs semaines.

         Cette mémoire n’est pas celle d’un fait simple fait historique ancien mais une partie du patrimoine politique local, en particulier pour le PCF, dont ce parti continue à se réclamer, au-delà du caractère dramatique de la mort du député Gabriel Péri, au vue de quelques commentaires sur ce que j'ai écrit.

         Ce que nous reprochons à la municipalité d’Argenteuil, c’est qu’elle n’ait pas eu l’idée de ce que représentait cette mémoire toujours vivante, et ait sans apparemment se poser trop de questions commencé la destruction de cet espace mémoriel. Si j’avais été présent ce jour-là à Argenteuil, personnellement, j’aurais été solidaire sur ce plan, de l’initiative du PCF.

         Passant hier dans le secteur, j’ai pu constater que la démolition de l’espace ne s’était pas poursuivi et que la photo prise dix jours plutôt ci-dessus était toujours valable.

         La municipalité se pose peut-être des questions, et considère aujourd’hui qu’elle a agi avec précipitation dans cette affaire. Qu’elle le reconnaissance simplement publiquement, et qu’elle tire les conclusions aujourd’hui de son erreur. DM

 

vendredi 1 mai 2026

La fête de Lutte ouvrière 2026, les 23, 24, 25 Mai, une éclaircie fraternelle dans ce monde de brute : des conférences, en veux-tu, en voilà !

 

La Fête de Lutte ouvrière : samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai àPresles

Les 23, 24 et 25 mai se tiendra le grand rassemblement annuel de Lutte ouvrière dans le parc boisé de Presles, dans le Val-d’Oise. Ce seront trois jours de débats politiques, de spectacles, de jeux, d’animations, d’échanges, de découvertes lors de conférences scientifiques, de rencontres avec des d’historiens, des spécialistes du Moyen Âge ou de la préhistoire, des scientifiques. Sans parler des très nombreuses spécialités culinaires à goûter sans modération !

Jusqu’au 10 mai : 15 euros l’entrée pour les 3 jours !

Achetés à l’avance : des bons de réduction !

Renseignements, billetterie, programme : http://fete.lutte- ouvriere.org

À Argenteuil :

MDommarie@aol.com

 

 

Demandez le programme

 

Connaître, comprendre, débattre

 



 

 

 

jeudi 23 avril 2026

Argenteuil, Gabriel Péri, s’opposer à une décision municipale calamiteuse n’est pas approuver et se réclamer d’un passé désastreux

 

Un acteur important d’une politique désastreuse pour l’avenir du mouvement ouvrier

 

Gabriel Péri et Maurice Thorez dans les années 1930

 

Chaque année, une cérémonie a lieu en décembre pour commémorer la mort sous les balles de l’armée allemande du député d’Argenteuil et de la région, Gabriel Péri. Il avait 39 ans. Pour ma part, je ne participe à cette cérémonie.

         Né en 1902, engagé jeune dans le mouvement socialiste durant la Première guerre mondiale, de la naissance du Parti communiste en France jusqu’à sa mort dramatique, Gabriel Péri fut un cadre de ce parti, d’abord comme responsable des Jeunesses communistes, puis tout au long de sa courte vie, comme un des responsables du Parti Communiste devenu Français, un responsable de second plan il est vrai.

         Le drame de ce parti fut qu’il approuva et suivit la dégénérescence stalinienne de l’Union soviétique et de l’Internationale communiste, menant une politique erratique selon les virages de Staline, et abandonnant la perspective de la révolution ouvrière. À parti du « tournant antifasciste » de 1935, il rompit avec l’internationalisme pour le nationalisme, une voie que le PCF poursuivit ensuite, mais c’est une autre histoire.

         Gabriel Péri ne s’opposa jamais, en tout cas publiquement à cette politique. En son for intérieur, il n’approuva pas sans doute le pacte germano-soviétique de fin août 1939, comme d’autres cadres du PCF à ce moment-là, mais il se tut une nouvelle fois.

         La mort tragique de Gabriel Péri mérite le respect, mais n’exige pas de gommer sa responsabilité parmi tant d’autres dans le drame du prolétariat d’ici comme du monde : le stalinisme. Un drame dont les travailleurs ne se sont jamais relevé jusqu’à nos jours, et qui permet que les affres du capitalisme se poursuivent encore. DM

  

Notons que c’est sur la base politique que j’évoque ci-dessus que les ancêtres politiques de la municipalité actuelle, et De Gaulle en premier lieu, purent aider la bourgeoisie française à franchir la Libération qui était pourtant grosse de la possibilité d’une révolution ouvrière, en France comme dans d’autres pays d’une Europe exsangue. De cela, Gabriel Péri, disparu en décembre 1941, ne fut pas responsable. Mais il est bon de le rappeler à nos démolisseurs d’aujourd’hui. Il est vrai que la bourgeoisie et ses défenseurs n’ont guère ni  mémoire ni reconnaissance. DM