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jeudi 2 avril 2026

Un licenciement odieux à l’usine Stellantis de Rennes-La Janais

 

Handicap ? Pour le profit, cela ne compte pas

 

 

Le mardi 10 mars, la direction de l’usine Stellantis de Rennes-La Janais a licencié un cariste du secteur du Montage.

         Ce travailleur de 55 ans, reconnu handicapé, a été jeté au chômage comme on jette un kleenex, après bientôt trente années à s’esquinter dans l’usine. Il n’a même pas pu récupérer lui-même ses affaires personnelles, le patron l’empêchant de rentrer dans l’usine le jour de l’annonce de son licenciement.

         Pour la direction, c’était un gêneur qu’elle avait déjà en 2023 essayé de licencier, en vain, à cause de ses restrictions médicales. Cette fois, elle a monté de toutes pièces une cabale contre lui.

         Une pétition contre son licenciement a été signée dans l’usine par plusieurs centaines d’ouvriers qui ont montré leur désaccord avec les sales méthodes de la direction. Licencier un travailleur et le priver de ses revenus, c’est criminel !

lundi 9 mars 2026

AESH : le gouvernement les lanterne

 AESH : le gouvernement les lanterne

Publié le 04/03/2026

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé le début de « travaux » concernant le statut des AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap). Un groupe de travail serait créé auquel les syndicats pourraient s’associer pour examiner leur situation.

Comme disait Clemenceau, quand on veut noyer un problème, on crée une commission. Pourtant, les problèmes des 145 000 AESH, à 98 % des femmes, qui aident les enseignants à accueillir dans les classes des élèves autistes ou victimes d’autres handicaps sont bien connus. Cela fait des années qu’elles manifestent pour avoir un statut et un salaire corrects, contre l’aggravation de leurs conditions de travail qui les obligent à morceler leur temps entre plusieurs élèves, voire entre plusieurs établissements. Mais déjà, le 7janvier, le ministre avait appuyé la majorité de sénateurs qui s’étaient opposés à une proposition de loi du Parti socialiste visant à titulariser les AESH.

Après avoir brandi le Code de la fonction publique auquel, selon lui, elles ne pourraient pas avoir droit, le ministre avait déclaré qu’il était impossible d’inscrire au budget de l’État une nouvelle dépense pour leur assurer un salaire sur la base d’un temps complet et d’un emploi stable. Cela en dit long sur la considération qu’il porte à ces travailleuses et aux enfants handicapés dont elles se préoccupent. Il n’y a d’ailleurs pas non plus d’argent pour embaucher suffisamment d’AESH afin de répondre aux besoins réels. Près de 50 000 enfants sur 350 000 sont laissés sur la touche 21 ans après la loi « pour l’égalité des droits et des chances » qui proclamait la nécessité de traiter les enfants handicapés comme les autres.

Tenir de beaux discours sur l’école dite « inclusive » parce qu’elle inclut des enfants handicapés ne coûte rien. Dire que l’on va lancer des « travaux » pour se pencher sur le sort des AESH qui contribuent à leur prise en charge ne coûte rien non plus.

                                                           Jean Sanday (Lutte ouvrière n°3005)

lundi 2 mars 2026

Fauteuils roulants : des annonces sans moyens

 Fauteuils roulants : des annonces sans moyens

En avril 2023, Macron avait promis le remboursement à 100 % de tous les fauteuils roulants, manuels ou électriques, sans avance de frais et sans reste à charge.

Publié le 25/02/2026

 

Près de trois ans plus tard, des milliers de personnes sont toujours en attente d’un accord préalable à l’obtention de leur fauteuil. La loi n’est entrée en application que le 1er décembre 2025 et, depuis, le retard dans le traitement des dossiers s’accumule. Il faut parfois des mois pour obtenir un rendez-vous avec le médecin qui fait la prescription ; puis, si l’on a besoin d’un fauteuil électrique, il faut, depuis la réforme, passer par une équipe constituée d’un ergothérapeute et d’un médecin rééducateur, qui ne sont pas plus nombreux qu’auparavant et croulent sous les demandes. Ensuite, il faut encore que la Sécurité sociale, qui a reçu un afflux de demandes depuis l’entrée en vigueur de la réforme, traite la demande.

Après ce parcours du combattant, près d’un tiers des demandes d’entente préalables sont refusées et, parmi celles qui ont été acceptées, un quart voient leurs factures rejetées par la Sécurité sociale. La raison est souvent purement administrative, utilisation d’un mauvais code pour référencer le fauteuil ou présentation d’un devis pas assez détaillé.

Ne pas mettre les moyens nécessaires à l’application d’une réforme est évidemment un moyen bien pratique pour l’entraver. Mais le pire est que ce qui a fait réagir la ministre et donc l’État, n’est pas que des milliers des gens n’aient pas les moyens d’obtenir un fauteuil nécessaire à leur mobilité. C’est la mobilisation des organisations patronales du secteur qui trépignent, parce qu’elles aimeraient vendre le maximum de fauteuils roulants aux frais de la Sécurité sociale, et le plus vite possible.

                                                         P. R. (Lutte ouvrière n°3004)

mardi 13 janvier 2026

AESH : les sénateurs, antiouvriers jusqu’au bout des ongles

Ils préfèrent les bas salaires

 

Avec la mutualisation, une situation qui s'est même encore dégradée
 

Le Sénat, avec le soutien du gouvernement, a rejeté une proposition de loi qui aurait accordé aux AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) un statut de fonctionnaire qui leur permettrait notamment de bénéficier d’une rémunération à temps plein. Aujourd’hui, 98 % des AESH ne travaillent que 24 heures par semaine en moyenne, pour un salaire ne dépassant pas 900 euros par mois.

         Le gouvernement comme les sénateurs refusent de payer davantage et de rendre moins précaire la condition de ces travailleuses qui permettent à des centaines de milliers de jeunes handicapés d’accéder à l’éducation, cela juge les discours sur l’école inclusive dont ils nous abreuvent. 

 

mardi 9 décembre 2025

Fauteuils roulants : le remboursement, un minimum !

Fauteuils roulants : le remboursement, un minimum !

Vingt ans après l’adoption, en février 2005, de la loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », Macron a annoncé que les fauteuils roulants seront désormais pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.

Publié le 03/12/2025

 


Pour toutes les personnes concernées, c’est évidemment une bonne nouvelle. Il était plus que temps, alors que c’était l’une des mesures réclamées par toutes les associations au moment où la loi handicap avait été discutée. Jusqu’à présent, la prise en charge de cet équipement, indispensable pour 1,1million de personnes au quotidien, relevait du parcours du combattant. Il leur fallait faire appel à au moins cinq organismes, voire plus, pour obtenir le financement, en tout ou en partie, de l’achat d’un fauteuil roulant. Et cette multiplication de dossiers auprès de la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) pour obtenir une prestation de compensation du handicap (PCH), de la mairie ou encore du Centre communal d’action sociale (CCAS), n’aboutissait pas forcément à une prise en charge totale. Les handicapés devaient alors se débrouiller pour payer les quelques centaines, voire quelques milliers d’euros restant à leur charge.

Devant la presse, le gouvernement a reconnu le 28novembre que la situation était « injuste et indigne », ajoutant que « l’accès à la mobilité ne doit pas dépendre des moyens financiers ». Mais la prise en charge des fauteuils roulants n’est qu’un aspect de « l’accès à la mobilité », semé d’obstacles d’autant plus grands que les moyens financiers des personnes handicapées sont réduits. Car si la loi exige depuis 2005 que les lieux publics, les écoles, les transports soient accessibles aux personnes en fauteuil ou à mobilité réduite, on en est très loin ! L’accessibilité des logements est également un casse-tête. Des locataires de HLM en fauteuil après des accidents ou à cause de la progression d’une maladie, sont « prisonniers » de logements en étage dans des bâtiments sans ascenseur, faute de proposition alternative dans un parc HLM saturé. D’autres, propriétaires ou locataires de logements inadaptés, n’ont pas les moyens d’effectuer les travaux d’accessibilité nécessaires.

Macron et le gouvernement ne sont pas avares de déclarations sur les priorités sociales qu’ils se fixent. Ce qui manque à chaque fois pour les mettre en œuvre, ce sont les moyens.

                                          Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°2992)