Fauteuils roulants :
le remboursement, un minimum !
Vingt ans après
l’adoption, en février 2005, de la loi « pour l’égalité des droits et des
chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », Macron
a annoncé que les fauteuils roulants seront désormais pris en charge à 100 %
par l’Assurance maladie.
Publié le 03/12/2025
Pour toutes les personnes
concernées, c’est évidemment une bonne nouvelle. Il était plus que temps, alors
que c’était l’une des mesures réclamées par toutes les associations au moment
où la loi handicap avait été discutée. Jusqu’à présent, la prise en charge de
cet équipement, indispensable pour 1,1 million de personnes au quotidien, relevait du
parcours du combattant. Il leur fallait faire appel à au moins cinq organismes,
voire plus, pour obtenir le financement, en tout ou en partie, de l’achat d’un
fauteuil roulant. Et cette multiplication de dossiers auprès de la Maison
départementale pour les personnes handicapées (MDPH) pour obtenir une
prestation de compensation du handicap (PCH), de la mairie ou encore du Centre
communal d’action sociale (CCAS), n’aboutissait pas forcément à une prise en
charge totale. Les handicapés devaient alors se débrouiller pour payer les
quelques centaines, voire quelques milliers d’euros restant à leur charge.
Devant la presse, le
gouvernement a reconnu le 28 novembre que la situation était « injuste et
indigne », ajoutant que « l’accès à la mobilité ne doit pas dépendre des
moyens financiers ». Mais la prise en charge des fauteuils roulants n’est
qu’un aspect de « l’accès à la mobilité », semé d’obstacles d’autant plus
grands que les moyens financiers des personnes handicapées sont réduits. Car si
la loi exige depuis 2005 que les lieux publics, les écoles, les transports
soient accessibles aux personnes en fauteuil ou à mobilité réduite, on en est
très loin ! L’accessibilité des logements est également un casse-tête. Des
locataires de HLM en fauteuil après des accidents ou à cause de la progression
d’une maladie, sont « prisonniers » de logements en étage dans des bâtiments
sans ascenseur, faute de proposition alternative dans un parc HLM saturé.
D’autres, propriétaires ou locataires de logements inadaptés, n’ont pas les
moyens d’effectuer les travaux d’accessibilité nécessaires.
Macron et le gouvernement
ne sont pas avares de déclarations sur les priorités sociales qu’ils se fixent.
Ce qui manque à chaque fois pour les mettre en œuvre, ce sont les moyens.
Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°2992)