Affichage des articles dont le libellé est restructurations. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est restructurations. Afficher tous les articles

dimanche 8 février 2026

Auchan-Intermarché : grandes manoeuvres contre les travailleurs

 

Le capitalisme !

 

 

Auchan a décidé de se débarrasser de 262 supermarchés que la famille Mulliez ne trouve pas assez rentables. Certains passeraient sous franchise Intermarché, d’autres seraient directement vendus à des sociétaires de la marque.

         Cession, vente, franchise : tout ce vocabulaire permet aux patrons de la grande distribution de licencier en douce et de dégrader les conditions de travail. Quand cela ne prépare pas la fermeture totale, comme l’exemple de Casino l’a montré.

         Quels que soient les patrons qui se succèdent, les travailleurs de la grande distribution les auront contre eux.

samedi 31 janvier 2026

Fnac Darty, Kretinsky, et la loi du profit

 

De Casino à Darty, anciens et futurs méfaits…

 

Pour les travailleurs, aucune confiance à avoir ! 

Le rachat de parts de Fnac Darty par l’un des groupes de Daniel Kretinsky rend ce dernier majoritaire au conseil d’administration du groupe. Cette prise de contrôle est présentée comme salutaire dans de nombreux médias car elle contrerait celle d’un groupe chinois, JD.com.

         Or en 2024, 2 200 salariés de Casino ont été licenciés après la reprise du groupe par Daniel Kretinsky. Quelle que soit leur nationalité, les patrons ont ce point commun de n’avoir que les profits en ligne de mire.

dimanche 25 janvier 2026

Usine d’Arc : les actionnaires ont les moyens de payer !

 Usine d’Arc : les actionnaires ont les moyens de payer !

En plaçant le groupe Arc en redressement judiciaire, les actuels actionnaires affirment que l’entreprise n’aurait plus les moyens de payer les salaires et les traites de ses fournisseurs.

Publié le 21/01/2026

Les propriétaires du groupe ont peut-être mis les comptes d’Arc dans le rouge mais ils sont loin d’être sur la paille !

Dick Cashin, actionnaire majoritaire, qui a racheté Arc en 2015, est à la tête d’un fonds d’investissement qui gère actuellement plus de dix milliards de dollars de capitaux à travers le monde. Il fait partie de cette bourgeoisie new-yorkaise qui aime se présenter comme philanthrope, en exhibant les dons qu’elle fait à des musées ou des institutions caritatives.

Les deux actionnaires minoritaires entrés l’an dernier au capital d’Arc ne sont pas non plus à plaindre. Le premier, Pascal Cagni, a fait fortune chez Apple et en serait parti avec un chèque à neuf chiffres. Il possède plusieurs villas de luxe dont au moins trois sur le lac de Côme, en Italie. Le second, Patrick Molis, a fait fortune grâce aux commandes de l’armée française. Ses 340 millions d’euros l’ont fait entrer cette année dans le classement de Challenges des 500 plus grandes fortunes du pays. Il est récemment devenu l’actionnaire majoritaire du groupe Rubis, spécialisé dans le stockage et le transport pétrolier, un groupe au chiffre d’affaires dépassant 6,6 milliards d’euros.

Autant dire que « de l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat ! » Il faut qu’il serve d’abord à garantir les emplois et les salaires des embauchés, des intérimaires et des sous-traitants !

                                                  Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2999)

vendredi 5 décembre 2025

ArcelorMittal : nationaliser ou exproprier ?

ArcelorMittal : nationaliser ou exproprier ?

Le 27 novembre, profitant de leur niche parlementaire, les députés LFI ont fait adopter un projet de loi pour nationaliser ArcelorMittal par rachat de toutes ses actions au prix du marché, soit quelque 3milliards deuros.

Publié le 03/12/2025

Ce vote, par 148 voix de la gauche, l’abstention du RN et l’opposition de 40 députés macronistes, est surtout symbolique. Rejeté par le gouvernement, le projet n’a quasiment aucune chance d’être définitivement adopté. Son vote a pourtant été présenté comme « une victoire historique » par les députés de toute la gauche qui se prévalaient du soutien de 200 délégués syndicaux et quelques travailleurs du groupe Arcelor – qui en compte 15 000 dans le pays – rassemblés devant l’Assemblée.

On peut comprendre que des travailleurs, inquiets pour l’avenir après les 600 suppressions d’emplois annoncées par ArcelorMittal en avril dernier, avec des indemnités très faibles, cherchent un moyen de préserver leur avenir. Mais tous ceux, parmi les dirigeants politiques ou syndicaux, qui présentent la nationalisation comme une solution, mentent aux travailleurs, sèment des illusions et font diversion.

S’il y a un secteur industriel où la classe ouvrière a payé au prix fort l’arnaque des nationalisations, mises en œuvre par des gouvernements de droite puis de gauche, c’est bien la sidérurgie. Au début des années 1980, l’État a nationalisé les groupes Usinor et Sacilor confrontés à la chute de leur taux de profit et à la crise économique. Pour les actionnaires, en premier lieu la famille de Wendel, les nationalisations opérées en 1981 sous l’égide de la gauche, avec Mitterrand à l’Élysée, Mauroy à Matignon, et la complicité de ministres du PCF, ont été un miracle. Des installations vieillissantes ont été rachetées par l’État au prix fort, permettant à cette vieille famille bourgeoise de réinvestir ses capitaux, sans la moindre perte, dans des secteurs bien plus profitables par le biais de son fonds d’investissement.

Pour les travailleurs, la nationalisation fut une saignée. L’État s’est chargé de supprimer des dizaines de milliers d’emplois, de restructurer le secteur, notamment en fusionnant Usinor et Sacilor, en fermant des usines, ruinant des villes entières comme Longwy en Lorraine ou Denain dans le Nord. En vingt ans, entre 1976 et 1995, les effectifs de la sidérurgie sont ainsi passés de 157 000 à moins de 40 000. Après avoir fait le sale travail et financé des investissements coûteux que les capitalistes ne voulaient pas faire, en 1995 l’État a privatisé de nouveau le groupe Usinor-Sacilor, racheté dix ans plus tard par Mittal.

Jean-Luc Mélenchon, admirateur de Mitterrand, Aurélie Trouvé, rapporteure de son projet pour LFI et Sophie Binet pour la CGT, qui ont vanté cette loi devant l’Assemblée, ne peuvent ignorer que ces années de politiques publiques visant à sauver la mise aux capitalistes privés ont entraîné la désolation de régions entières. En le passant sous silence, ils mentent aux travailleurs.

Mais ils font pire : en présentant la nationalisation comme un moyen de « renforcer la souveraineté industrielle de la France et sa capacité à produire de l’acier », ils enchaînent les travailleurs derrière leurs exploiteurs et ils alimentent la campagne nationaliste et protectionniste en cours. Pour faire voter sa loi, Aurélie Trouvé a même apporté sa pierre à la propagande guerrière en déclarant « l’acier, il y en a partout, dans la défense nationale, dans les automobiles […] dépendre de pays tiers est inimaginable ».

Pour se défendre face aux menaces, les travailleurs ne peuvent sûrement pas compter sur un État au service de la bourgeoisie.

                                                 Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2992)