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lundi 20 avril 2026

Arrêts maladie : les mauvais coups continuent

 Arrêts maladie : les mauvais coups continuent

Jeudi 9avril, le gouvernement a présenté un nouveau plan visant à diminuer le nombre d’arrêts maladie, en renforçant les contrôles et en facilitant les signalements à l’Assurance maladie des cas jugés suspects par les employeurs.

Publié le 15/04/2026

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a dénoncé l’augmentation du nombre d’arrêts de travail, chiffrés à 9millions par an. Ce nest pas la mauvaise santé des travailleurs qui l’inquiète, mais son coût de 18milliards deuros. Et pour faire des économies, il compte sen prendre une fois de plus aux travailleurs malades, désignés comme des fraudeurs potentiels.

Parmi les mesures envisagées, le ministère a prévu sur son site Internet un « bouton d’alerte » sur lequel, en un clic, les patrons peuvent demander à la Sécurité sociale un contrôle des arrêts maladie de leurs salariés. Ce signalement est déjà possible, mais demandait jusque-là de remplir un papier ou un formulaire en ligne, procédure que le gouvernement juge trop lourde. Le nombre de contrôles devrait ainsi augmenter de 6 % dès 2026.

Le ministre vise en particulier les arrêts maladie de plus de 18 mois, les accidents du travail ou les maladies professionnelles de plus de trois ans, qui concernent des salariés dont les patrons voudraient bien pouvoir se débarrasser en les licenciant. Les arrêts prescrits par téléconsultation, ou le « nomadisme médical », c’est-à- dire le fait d’avoir plusieurs arrêts de travail prescrits par des médecins différents, sont aussi dans le viseur. Un comble, alors que la téléconsultation a été encouragée par le gouvernement, incapable de résoudre le problème de la pénurie de médecins !

Cette nouvelle campagne anti-ouvrière vise encore une fois à désigner les malades comme des fraudeurs et des profiteurs. Pour le patronat, un travailleur même sur son lit de mort devrait pouvoir encore rapporter du profit. À quand un bouton pour que les travailleurs puissent signaler les infractions à la sécurité, les cadences qui cassent le dos ou les heures non payées ?

                               Hélène Comte (Lutte ouvrière n°3011)

jeudi 2 avril 2026

Argenteuil, vainqueur des municipales ? Incontestablement, mais ça l’affiche mal

 

« No king ! »

 

 

Pour les 13 000 et des électeurs de la municipalité reconduite, cela leur a peut-être fait plaisir, s’ils ont levé la tête. Et encore, car même parmi eux, certains ont dû se dire : « Il n’en fait pas un peu trop ? ». Quant aux près des 70 000 autres adultes de la cité, en levant la tête, ils se sont dit : « Il en fait vraiment trop ».

         D’autant plus que cette utilisation des espaces publicitaires Decaux auraient pu dans le cadre du contrat qui les lie à la Ville être utilisés pour une cause bien plus utile. Pour aider et promouvoir le Sidaction par exemple qui est en difficulté.

         Je dédie la brève suivante au roi d’Argenteuil et à tous ses princes

 

Ça l’afficherait tellement plus utile

  


Le Sidaction a récolté 3,6 millions de promesses de dons cette année. Cela ne pourra pas pallier le choix du gouvernement français de baisser de 58 % ses subventions versées au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.  Elles passeront de 1,6 milliard d’euros à 660 millions jusqu’en 2028. Pour le gouvernement, l’avenir est à la production d’armes et à la militarisation des esprits, et pas au combat contre les maladies.

         Qu’en pense le maire d’Argenteuil affiché au quatre coins d’Argenteuil ? DM

mardi 3 mars 2026

Fin de vie : droit individuel et différences de classe

Fin de vie : droit individuel et différences de classe

Mardi 24 février, les députés devaient, une fois de plus, voter un projet de loi sur le droit au suicide assisté, pour certains malades et dans certaines conditions.

Publié le 25/02/2026

En toute logique, le texte contient également la possibilité que la famille et l’équipe soignante décident d’aider à mourir un patient inconscient ou hors d’état de choisir.

Cette question de la fin de vie, posée individuellement depuis la nuit des temps, est devenue un problème social en raison des progrès de la médecine. Il existe ainsi, depuis 1999, une médecine de soins palliatifs qui, lorsqu’on sait qu’on ne peut plus améliorer l’état du patient, tente, à tout le moins, de diminuer ses souffrances et de le conduire dignement vers la fin. La question se pose donc alors, forcément, du passage du palliatif à l’aide à mourir. Elle a été posée concrètement, de nombreuses fois, par les familles de malades maintenus des mois durant dans le coma, sans espoir d’en revenir. Certaines familles se sont battues pour qu’on arrête les soins, d’autres, bien moins souvent, ont voulu qu’on les poursuive contre vents, marées, médecins et mêmes juges.

À part quelques fanatiques religieux, de toutes obédiences, l’écrasante majorité de la population considère que l’acharnement thérapeutique, le maintien en vie d’un mourant, sans aucun espoir d’amélioration et quelles que soient ses souffrances, est une horreur. Et, de fait, 25 années de débats sans conclusion, montrent surtout la puissance des idées réactionnaires, en particulier catholiques, dont le poids augmente au fur et à mesure qu’on monte dans la hiérarchie politique et sociale, jusqu’aux évêques et aux patrons de presse de droite extrême, Dassault et Bolloré. C’est uniquement l’influence de cette minorité réactionnaire qui fait qu’on est encore à discuter la loi.

Ces farouches partisans de la vie jusqu’au bout sont, de plus, d’une hypocrisie sans nom. Tout le monde sait, même eux, que les médecins pratiquent déjà, par obligation, l’arrêt de soins. Ainsi, le docteur Peillon a été radié de l’ordre des médecins le 17 février, pour avoir écrit dans un livre et expliqué dans les médias la situation réelle : urgentiste, seul dans son hôpital, il a décidé par exemple de ne pas mettre sous respirateur un patient de 90 ans, grabataire, atteint d’une maladie d’Alzheimer à un stade avancé et souffrant d’une pneumonie aiguë. Combien de médecins ou d’équipes de soignants sont placés, tous les jours, devant de telles questions ? Et comment y répondre ?

Aujourd’hui, la conduite à adopter dépend moins de la loi que de l’état du patient et des possibilités concrètes. Y a-t-il un lit et un équipement disponibles ? Si le matériel manque, si le personnel est trop peu nombreux ou en cas d’épidémie, comment choisir entre les patients ? En temps normal, il est certainement préférable d’envoyer les malades en fin de vie en unité de soins palliatifs et de les entourer de toute l’attention possible, mais encore faut-il que cette unité existe et soit accessible. Or, sur cette question comme sur d’autres, les pouvoirs publics, depuis 25 ans, ont offert plus de promesses que de crédits. Et les parlementaires qui s’opposent à cette loi, ainsi il faut le dire que la plupart de ceux qui la soutiennent, ont participé à la réduction continue des budgets de santé publique.

Enfin, dans une société ou tout, y compris l’existence, se mesure en espèces sonnantes, quelle pression s’exercera sur des vieillards, des malades incurables, des personnes souffrant de handicaps ou invalides, sans moyens financiers, pour qu’ils « libèrent » des places ? Reconnaître le droit individuel à mourir dignement apparaît comme une évidence et ceux qui le combattent, comme de fieffés réactionnaires. Mais même s’il finit par être reconnu, ce droit, comme tous ceux attachés à la personne dans une société de classe, s’exercera différemment suivant le montant des revenus et la position sociale.

                                                   Paul Galois (Lutte ouvrière n°3004)