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mardi 3 mars 2026

Fin de vie : droit individuel et différences de classe

Fin de vie : droit individuel et différences de classe

Mardi 24 février, les députés devaient, une fois de plus, voter un projet de loi sur le droit au suicide assisté, pour certains malades et dans certaines conditions.

Publié le 25/02/2026

En toute logique, le texte contient également la possibilité que la famille et l’équipe soignante décident d’aider à mourir un patient inconscient ou hors d’état de choisir.

Cette question de la fin de vie, posée individuellement depuis la nuit des temps, est devenue un problème social en raison des progrès de la médecine. Il existe ainsi, depuis 1999, une médecine de soins palliatifs qui, lorsqu’on sait qu’on ne peut plus améliorer l’état du patient, tente, à tout le moins, de diminuer ses souffrances et de le conduire dignement vers la fin. La question se pose donc alors, forcément, du passage du palliatif à l’aide à mourir. Elle a été posée concrètement, de nombreuses fois, par les familles de malades maintenus des mois durant dans le coma, sans espoir d’en revenir. Certaines familles se sont battues pour qu’on arrête les soins, d’autres, bien moins souvent, ont voulu qu’on les poursuive contre vents, marées, médecins et mêmes juges.

À part quelques fanatiques religieux, de toutes obédiences, l’écrasante majorité de la population considère que l’acharnement thérapeutique, le maintien en vie d’un mourant, sans aucun espoir d’amélioration et quelles que soient ses souffrances, est une horreur. Et, de fait, 25 années de débats sans conclusion, montrent surtout la puissance des idées réactionnaires, en particulier catholiques, dont le poids augmente au fur et à mesure qu’on monte dans la hiérarchie politique et sociale, jusqu’aux évêques et aux patrons de presse de droite extrême, Dassault et Bolloré. C’est uniquement l’influence de cette minorité réactionnaire qui fait qu’on est encore à discuter la loi.

Ces farouches partisans de la vie jusqu’au bout sont, de plus, d’une hypocrisie sans nom. Tout le monde sait, même eux, que les médecins pratiquent déjà, par obligation, l’arrêt de soins. Ainsi, le docteur Peillon a été radié de l’ordre des médecins le 17 février, pour avoir écrit dans un livre et expliqué dans les médias la situation réelle : urgentiste, seul dans son hôpital, il a décidé par exemple de ne pas mettre sous respirateur un patient de 90 ans, grabataire, atteint d’une maladie d’Alzheimer à un stade avancé et souffrant d’une pneumonie aiguë. Combien de médecins ou d’équipes de soignants sont placés, tous les jours, devant de telles questions ? Et comment y répondre ?

Aujourd’hui, la conduite à adopter dépend moins de la loi que de l’état du patient et des possibilités concrètes. Y a-t-il un lit et un équipement disponibles ? Si le matériel manque, si le personnel est trop peu nombreux ou en cas d’épidémie, comment choisir entre les patients ? En temps normal, il est certainement préférable d’envoyer les malades en fin de vie en unité de soins palliatifs et de les entourer de toute l’attention possible, mais encore faut-il que cette unité existe et soit accessible. Or, sur cette question comme sur d’autres, les pouvoirs publics, depuis 25 ans, ont offert plus de promesses que de crédits. Et les parlementaires qui s’opposent à cette loi, ainsi il faut le dire que la plupart de ceux qui la soutiennent, ont participé à la réduction continue des budgets de santé publique.

Enfin, dans une société ou tout, y compris l’existence, se mesure en espèces sonnantes, quelle pression s’exercera sur des vieillards, des malades incurables, des personnes souffrant de handicaps ou invalides, sans moyens financiers, pour qu’ils « libèrent » des places ? Reconnaître le droit individuel à mourir dignement apparaît comme une évidence et ceux qui le combattent, comme de fieffés réactionnaires. Mais même s’il finit par être reconnu, ce droit, comme tous ceux attachés à la personne dans une société de classe, s’exercera différemment suivant le montant des revenus et la position sociale.

                                                   Paul Galois (Lutte ouvrière n°3004)

 


jeudi 18 septembre 2025

Arrêts maladie et congés : le patronat ne lâche rien

Arrêts maladie et congés : le patronat ne lâche rien

Mercredi 10septembre, la Cour de cassation a confirmé que si un salarié tombe malade pendant ses congés payés et qu’il notifie à l’employeur son arrêt maladie dans les délais, il a le droit de reporter ses congés.

Publié le 17/09/2025

 

Cet arrêt de la Cour ne fait qu’imposer au patronat français de se mettre en conformité avec une directive européenne de 2003, qui affirme que « l’objectif du congé payé est de permettre aux salariés non seulement de se reposer, mais aussi de profiter d’une période de détente et de loisirs », tandis que le congé maladie a pour but « de se rétablir d’un problème de santé ». Conclusion : « puisque la maladie l’empêche de se reposer, le salarié placé en arrêt pendant ses congés payés a droit à ce qu’ils soient reportés. »

Il n’y a là rien de plus clair, mais, depuis 2003, tous les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, se sont évertués à ignorer cette directive. Le patronat aura ainsi gagné 22 ans aux dépens des salariés, mais la question qui se pose maintenant est celle des arriérés. Le patronat, qui est en campagne contre la décision de la Cour, sait qu’il aura l’oreille du gouvernement. Au nom de cette même directive de 2003, celui-ci avait dû transcrire dans la loi du 24avril 2024 le fait que les congés payés soient crédités y compris quand les salariés sont malades. Mais, au lieu dimposer aux entreprises de prendre en compte systématiquement les arrêts maladie passés, le gouvernement a imposé aux salariés de faire la demande avant la date limite du 24avril 2026 pour leurs arrêts maladie passés.

Dans sa campagne, le patronat est prêt à tous les mensonges et toutes les insultes. Le Medef fustige cette décision qui enverrait un signal « très négatif à l’heure où notre pays, confronté à la concurrence d’un monde ouvert, a besoin de travailler plus, et où l’on cherche à lutter contre les arrêts de travail abusifs ». Pour la CPME, le patronat des petites et moyennes entreprises, « il est parfaitement injuste qu’un salarié absent pendant une longue période bénéficie d’autant de congés qu’un salarié présent à son poste ». Le sens patronal de la justice, c’est que les travailleurs restent enchaînés à leur poste de travail le plus longtemps possible.

Le ministre de l’Industrie quant à lui s’est engagé à aider le patronat à limiter l’impact de la décision de la Cour de cassation. Il parle de « plafonner » la mesure ou de compenser celle-ci par de nouvelles exonérations de cotisations patronales.

Qu’il s’agisse du projet d’augmenter le nombre de jours de carence annoncé par Bayrou pour faire pression contre les arrêts maladie, ou de la menace contre les jours fériés, le patronat est à l’offensive pour que les salariés travaillent plus longtemps. Évidemment, c’est le moyen de tirer de leur travail encore plus de profit. Pour les salariés, la réduction du temps de travail reste un combat permanent.

                                                                Serge Benham (Lutte ouvrière n°2981)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 19 septembre :

-de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 20 septembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

--de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h.15 à midi, devant Auchan au Val-Sud. (Sous réserve)

-dimanche 21 septembre, de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 22 septembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.