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mercredi 16 septembre 2026

Industries électriques et gazières : pas touche au tarif agent !

 Industries électriques et gazières : pas touche au tarif agent !

Mi-juillet, la Cour des comptes publiait un rapport dénonçant « l’avantage en nature énergie » (ANE), appelé couramment le tarif agent, qui représenterait un « coût démesuré ».

Publié le 09/09/2026

Ce tarif agent concerne les salariés et retraités des industries électriques et gazières, depuis leur nationalisation en 1946. Il touche aujourd’hui 300 000 personnes et leur permet de payer moins cher l’énergie qu’ils utilisent à leur domicile. Selon le rapport de la Cour des comptes, le tarif agent représente, en moyenne, un coût de 381 millions par an entre 2018 et 2024. Ce coût est-il démesuré ? En tout cas, il est bien moins élevé que la facture de l’EPR de Flamanville dont le prix initial était estimé à 3,3 milliards d’euros et qui a atteint plus de 23 milliards d’euros ! Bien moins élevé aussi que la facture du nouveau programme de six réacteurs EPR2 évaluée à 72,8 milliards d’euros.

En fait, le rapport de la Cour des comptes est un moyen pour le gouvernement et le patronat des IEG de s’en prendre aux salariés. La Cour des comptes recommande d’ailleurs en particulier à EDF de « limiter les revalorisations salariales annuelles » et de tenir compte « de la situation et des perspectives économiques et financières de l’entreprise ». Autrement dit, elle doit privilégier les profits par rapport aux salaires !

Consciente de l’émotion suscitée chez les salariés, l’intersyndicale CGT-CGC-CFDT-FO a appelé à une journée de grève mardi 15 septembre en la préparant par des assemblées générales. À la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, par exemple, l’assemblée a réuni 150 personnes. La colère des travailleurs était perceptible contre cette attaque qui les présente comme des privilégiés.

Tous les salariés des IEG sont dans le viseur du patronat et du gouvernement, qui est le vrai patron d’EDF, dont l’État est l’actionnaire à 100 %. Par un bout ou par un autre, ils s’attaquent aux salaires, retraites et conditions de vie et de travail. Il faudra que la mobilisation dépasse une simple journée pour empêcher les mauvais coups.

                                                     Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3032)

jeudi 3 septembre 2026

Salaires : l’argent existe pour les augmenter

 Salaires : l’argent existe pour les augmenter

Un des principaux problèmes du monde du travail est celui du pouvoir d’achat. Le gouvernement, les candidats à l’élection présidentielle et les journalistes sont bien obligés de le reconnaître.

Publié le 02/09/2026

 


Mais tout est fait pour cacher au maximum de travailleurs les raisons de la faiblesse des salaires et encore plus les moyens d’y remédier. Depuis des années, le terme de coût du travail est rentré dans le langage courant. Alors que cette expression en elle-même est un mensonge. Le travail ne coûte pas, ni aux patrons, ni à la société. Au contraire même, ce sont les salariés, par leur travail qui créent toutes les richesses. Le travail rapporte, et même il rapporte énormément aux capitalistes. De l’intérimaire à temps partiel à l’ingénieur mieux payé, tous créent des richesses et permettent qu’elles circulent dans la société, qu’elles soient utilisées, ou que ceux qui les produisent soient éduqués, nourris, soignés. Ces richesses sont gigantesques, malgré la crise. Les centaines de milliards de profits et de dividendes que toutes les grandes entreprises encaissent chaque année le prouvent. Mais pour que la part qui revient aux actionnaires, aux familles capitalistes déjà richissimes augmente encore et toujours, il faut que celle qui revient aux salariés sous la forme de salaires diminue. Et c’est ce qui se passe depuis des décennies, aboutissant à l’appauvrissement des classes populaires. Chacun le ressent violemment dans sa vie. Bien des travailleurs chiffrent même précisément ce qui leur manque en parlant du besoin d‘une augmentation de 400 ou 500 euros par mois, comme on pouvait le lire dans le journal Les Echos du 1er septembre. Mais pour les capitalistes, il n’est pas question de céder sur les salaires, tant leur écrasement est la condition indispensable à leur propre enrichissement.

Alors les responsables politiques, aidés par les patrons de la grande distribution multiplient les interviews pour expliquer comment on pourrait faire semblant d’augmenter les salaires sans toucher aux profits.

Le Pen et une partie de la droite proposent de « rapprocher le brut du net ». Cela voudrait juste dire réduire les cotisations sociales, celles qui doivent servir à alimenter la Sécurité sociale, l’assurance chômage et les retraites. Autant dire que ce que les salariés gagneraient d’un côté, ils le perdraient de l’autre. Et les fortunes des capitalistes ne seraient pas écornées.

D’autres évoquent l’idée d’une augmentation de la TVA. Cet impôt est le plus injuste car chacun le paye quel que soit son revenu. La TVA permet à l’État de prélever environ 210 milliards par an dans les poches de la population, pendant que les impôts des entreprises ne rapportent que 81 milliards à ce même État, et que le total des bénéfices des plus grandes entreprises dépasse régulièrement la centaine de milliards.

Pour augmenter le pouvoir d’achat des classes populaires, il faut une augmentation massive des salaires, et pour cela contraindre les capitalistes à sortir l’argent de là où il est vraiment, c’est-à-dire de leurs coffres.

                                                                Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3031)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-vendredi 4 septembre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 5 septembre, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie (sous réserve) ;

-dimanche 6 septembre, de 11h à midi au marché Héloïse (sous réserve).

Les prix augmentent : salaires et pensions doivent suivre

Les prix augmentent : salaires et pensions doivent suivre

Face à la hausse des prix, ministres, commentateurs et candidats à l’élection présidentielle rivalisent d’imagination, et surtout de promesses fumeuses.

Publié le 26/08/2026

 

Pour ce qui dépend directement des pouvoirs publics, on annonce au 1er septembre une hausse sur certaines cigarettes et la fin du tiers payant lorsqu’on refuse de prendre un générique plutôt que le médicament prescrit. Et, surtout, une augmentation de 5,6 % du prix du gaz, après celle de 7,4 % du 1er juillet. Les prix des carburants continuent de jouer au yo-yo, mais en montant plus vite et plus souvent qu’ils ne redescendent. Le litre de diesel reste autour de 2,20 euros.

Aucun des prétendants au fauteuil présidentiel ne prétend ignorer l’effondrement du pouvoir d’achat des classes populaires. Chacun y va de sa proposition d’aide ciblée, de taxe ou de suppression de charge pour la muscler un peu.

En plus d’être totalement inefficace, ce type de mesure est un piège politique tendu aux travailleurs. D’abord parce que, comme le disait si justement un certain Macron, il n’y a pas d’argent magique, toute aide doit être financée. Or aucun dirigeant politique ne demande au grand patronat de passer à la caisse. Pas question non plus de réduire les budgets militaires. Donc, le peu qu’on alloue aux travailleurs sous forme d’une aide au logement, au chauffage, au déplacement ou autre, ils le payent, et plutôt deux fois qu’une, en fermetures de classes, de maternité, de services sociaux, etc.

Enfin et surtout, ces mesures et ces discours masquent volontairement le fait que le pouvoir d’achat des gens modestes, c’est-à-dire des travailleurs actifs, sans emploi ou retraités, dépend du niveau des salaires, lequel dépend, en définitive, du rapport de force entre la classe travailleuse et la classe exploiteuse.

La revendication d’une augmentation générale, conséquente et immédiate des salaires et des pensions et de leur indexation sur les prix est donc une double nécessité pour les travailleurs. C’est à la fois la seule voie pour défendre réellement leur niveau de vie et c’est en même temps une revendication politique, l’affirmation d’être une classe qui se bat pour l’intérêt général contre les intérêts particuliers d’une poignée d’industriels et de financiers.

                                                    Paul Galois (Lutte ouvrière n°3030)

 

mardi 1 septembre 2026

Transparence salariale : pas de quoi inquiéter le patronat

 

Pour l’égalité, le combat du monde du travail

  


Le ministre du Travail Farandou a précisé le contenu de sa loi sur la transparence salariale, qui sera présentée le 9 septembre en conseil des ministres.

         Il s’agit de la transposition tardive dans la loi d’une directive européenne sur les écarts entre les salaires des femmes et des hommes. Ils sont de 14 % en France et ce n’est pas cette énième loi non contraignante pour le patronat qui réduira cet écart.

         Contre le blocage des salaires, contre la dictature patronale, la seule voie est la lutte de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs contre leurs exploiteurs.

dimanche 23 août 2026

Salaires : individualiser pour mieux régner

 Salaires : individualiser pour mieux régner

D’après une enquête parue en août, les hausses de salaires de 2026 en France atteindraient en moyenne 3 %, et les entreprises n’envisageraient rien de plus l’an prochain.

Publié le 19/08/2026


 

Une étude du ministère du Travail du 6 août évoque plutôt 1,9 % d’augmentation du salaire mensuel de base dans le secteur privé, à partir des chiffres du deuxième trimestre.

Cette différence entre les chiffres s’explique sans doute par le fait que la plupart des augmentations sont distribuées de façon individuelle, et très peu sous forme de hausses générales… qui frôlent trop souvent 0 %. Individuelles ou collectives, ces hausses de salaires n’empêcheront pas la majorité de la population de s’appauvrir.

Entre les classifications, les anciennetés, les primes diverses et variées et les augmentations au bon vouloir de la direction : les patrons ont bien organisé les choses pour masquer l’exploitation et faire croire aux travailleurs qu’ils sont en concurrence les uns avec les autres. Y compris lorsque l’on effectue le même travail, au même poste, les fiches de paie n’ont parfois rien à voir. Chacun reçoit une justification individuelle pour expliquer sa paie différente du voisin… Résultat, la paie est trop faible pour subvenir à l’ensemble des besoins. Elle est partout rognée par la cherté croissante de la vie.

En définitive, c’est le patron qui verse et décide de l’ensemble des salaires. Car les augmenter véritablement voudrait dire rogner son profit à lui. En temps de crise en particulier, le patronat fait tout ce qu’il peut pour céder le moins possible et maintenir ses profits. On peut dire que, pour les grandes entreprises, c’est plutôt réussi. Aucune de celles du CAC 40 n’accuse de perte au premier semestre et, avec une hausse des bénéfices de 34 %, ça c’est de l’augmentation !

                                                     Charles Legoda (Lutte ouvrière n°3029)

mardi 21 juillet 2026

Laboratoires d’analyse : des travailleuses et travailleurs victime de la concentration financière des capitalistes

 

Un « produit » financier à haute rentabilité

 

Mais les travailleuses réagissent. Ici, au Mans, le 4 mai dernier

Les travailleurs de ces laboratoires sont 50 000, et les trois quarts – agents d’entretien, d’accueil, coursiers, assistants administratifs etc – sont payés au smic ou à peine au-dessus. La dernière augmentation de salaire, de 3 %, date de janvier 2024.

Leur situation s’est particulièrement dégradée en une quinzaine d’années au rythme de la concentration du secteur. Appuyés sur des fonds d’investissement, six grands groupes privés, Biogroup, Cerballiance, etc., ont mis la main sur le marché, transformé des laboratoires en sites de prélèvements qui sont regroupés ailleurs pour analyse, et mutualisé personnel et équipements. Les patrons, mettant en avant les exigences des financiers, ont sabré dans les salaires et les emplois, alors que la charge de travail augmente et que les horaires sont à rallonge. Quant aux patients, ils sont de plus en plus nombreux dans les files d’attente devant les laboratoires.

Au fil des ans, une simple offre de soins s’est transformée en simple produit financier. Le phénomène touche en fait le secteur de la santé en général, et ajoute à l’exploitation des salariés le pillage des caisses de la Sécurité sociale.