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samedi 8 août 2026

Les frontières, une arme pour les patrons

 Les frontières, une arme pour les patrons

Le drame de Ceuta révèle une réalité révoltante : les frontières ne protègent pas les êtres humains, elles les trient.

Publié le 05/08/2026

 

Elles laissent passer l’argent, les marchandises, les capitaux, les riches et les puissants. En revanche, elles arrêtent, emprisonnent et parfois tuent celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre.

Si des hommes, des femmes et des jeunes risquent leur vie pour franchir une frontière, ce n’est pas par plaisir. Ils fuient la misère, le chômage, la guerre, l’absence d’avenir. En général, on ne quitte pas ses proches de gaieté de cœur, mais si on est riche, on peut circuler librement, acheter villas, riads et même des terres là où l’on souhaite, notamment au Maroc. Sous le capitalisme, le compte en banque décide du droit de vivre.

Les gouvernements, les patrons et leurs relais politiques voudraient faire croire qu’il n’y a pas assez de logements, de soins ou de travail pour tout le monde. C’est un mensonge, qu’ils entretiennent pour diviser et essayer de cacher que la cause des maux subis par les travailleurs provient toujours de leurs propres capitalistes, de leurs propres gouvernements et non de « l’étranger ».

De Le Pen à Mélenchon, les politiciens de la bourgeoisie parlent de « réguler les flux » et de « protéger les frontières ». Mais en quoi cela pourrait- il protéger les populations, et les travailleurs ?

Qu’ils fassent quelques centaines ou plusieurs milliers de kilomètres pour trouver un travail ou fuir la misère, ils le font pour trouver une vie meilleure. Les réglementations, les frontières, les passeports et les expulsions sont des armes dans les mains du patronat. La liberté de circulation et d’installation devrait être un droit élémentaire.

                                              Christian Chavaux (Lutte ouvrière n°3027)

vendredi 7 août 2026

Union européenne : unis dans le délire anti-immigrés

 Union européenne : unis dans le délire anti-immigrés

Une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne (UE) a eu lieu mardi 4 août. Elle avait été convoquée en urgence après l’arrivée dans l’enclave espagnole de Ceuta de près de 60 000 migrants venus du Maroc.

Publié le 05/08/2026


 

Destinée à «tirer les leçons» des évènements de Ceuta, cette réunion avait été exigée dans un texte signé par 22 chefs d’État et de gouvernement de l’UE. Ceux-ci accusaient le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’Europe.

Ces dirigeants savaient pourtant pertinemment que les migrants une fois arrivés à Ceuta se heurteraient à des frontières qui leur resteraient totalement fermées, puisque ce territoire ne bénéficie pas des règles de libre circulation en vigueur dans l’espace Schengen. Leur hypocrisie est d’autant plus révoltante que, de toute façon, la plus grande partie des migrants avait regagné le Maroc à peine vingt- quatre heures après avoir réussi à pénétrer à Ceuta.

La Première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni, et celle du Danemark, la sociale-démocrate Mette Frederiksen, se sont montrées les plus en pointe dans la mise en scène de ce délire anti-immigrés en exigeant l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen. Ne voulant pas être en reste, les autres dirigeants européens ont presque tous saisi l’occasion de montrer leur souci de lutter contre l’immigration illégale. Macron a annoncé que les effectifs policiers à la frontière espagnole seraient multipliés par cinq et qu’ils seraient appuyés par des avions et des drones.

Cette dramatisation orchestrée par les gouvernements d’Europe répond évidemment à des préoccupations de politique intérieure. Prenant partout des mesures pour faire payer la crise à leur population, les équipes au pouvoir, quelle que soit leur étiquette politique, se discréditent toutes rapidement. Elles répondent par une multiplication des mesures contre les immigrés, utilisés comme des boucs émissaires et désignés comme responsables de toutes les difficultés. Sur ce terrain, l’extrême droite xénophobe et raciste multiplie les surenchères.

Ainsi, en Italie, Meloni est concurrencée sur sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. En Allemagne, le conservateur Merz est confronté à la montée du mouvement d’extrême droite AfD alors que des élections régionales doivent avoir lieu en septembre.

À l’issue de la réunion du 4 août, les ministres de l’Intérieur se sont finalement prononcés en faveur du maintien des règles de circulation de Schengen, tout en envisageant de nouvelles mesures contre les migrants.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a écrit, dans un courrier adressé à Sanchez : « Cet épisode montre clairement que nous devons aller plus loin pour renforcer nos frontières aux points les plus sensibles. » Parmi les pistes évoquées : « une surveillance accrue et, lorsque cela est nécessaire, l’utilisation de barrières physiques ».

Ces derniers mois, l’UE a autorisé ses États membres à envoyer des déboutés d’asile dans des centres en dehors des frontières européennes. Toujours davantage de policiers, de drones, de camps de concentration pour empêcher les damnés de la terre de fuir la misère et la guerre, c’est tout ce que les cerveaux de ces dirigeants de pays dits civilisés sont capables d’imaginer.

                                                                   Marc Rémy (Lutte ouvrière n°3027)

jeudi 6 août 2026

Ceuta : les mensonges des politiciens

 Ceuta : les mensonges des politiciens

La situation à Ceuta a donné lieu à une instrumentalisation éhontée de la part des dirigeants de la droite et de l’extrême droite, à l’image de ce que font des gouvernants européens.

Publié le 05/08/2026

Le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen. Emmanuel Macron et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, eux, ont annoncé fièrement un renforcement des contrôles à la frontière avec l’Espagne. Tous savent pourtant très bien qu’aucun des jeunes Marocains entrés à Ceuta pour en être refoulés presque aussitôt par les autorités espagnoles, n’avait la moindre chance d’atteindre la péninsule espagnole et encore moins la France ou l’Italie.

Les politiciens le savent, mais lorsqu’il s’agit de faire diversion pour détourner les travailleurs de leurs véritables ennemis, tous les moyens sont bons, et la concurrence est rude. Bruno Retailleau et le Rassemblement national s’accordent pour dénoncer les régularisations décidées par le gouvernement espagnol au printemps dernier, en prétendant que sans elles, les personnes tentant de venir en Europe ne le feraient pas. C’est évidemment un mensonge, car aussi bien en Europe qu’aux États-Unis par exemple, des millions de travailleurs sont déjà condamnés à vivre en situation irrégulière mais tentent tout de même de rester afin de subvenir aux besoins de leur famille ou de leur village. Peu importe également à ces démagogues que ces fameuses régularisations aient concerné essentiellement des travailleurs qui vivaient, travaillaient et payaient leurs impôts en Espagne depuis des années et qu’elles aient cessé à la fin du mois de juin.

Le Rassemblement national y va de sa surenchère en réclamant que la liberté de circulation dans l’espace Schengen soit réservée aux seuls ressortissants européens, et ne bénéficie pas aux personnes disposant d’un titre de séjour. En réalité, les étrangers, même en situation régulière, n’ont déjà pas les mêmes droits que les ressortissants européens en la matière : il n’est par exemple pas possible de travailler en Allemagne simplement avec un titre de séjour délivré par l’État français, ou inversement.

Il n’y a en fin de compte pas une once de vérité dans cette propagande xénophobe, mais ce n’était de toute façon pas son problème.

                                                        Malik Rieux (Lutte ouvrière n°3027)

samedi 1 août 2026

Ceuta : liberté de circulation !

 

Vestiges de colonisations et frontières, la même absurdité

 

 


Le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez dénonce une « attaque » et une « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne » à propos de l’arrivée de dizaines de milliers de Marocains à Ceuta. Madrid qui régulièrement rappelle qu’il est aberrant que Gibraltar, situé sur la péninsule ibérique, soit britannique plutôt qu’espagnol, proclame à l’inverse que Ceuta doit rester une possession de l’État espagnol, bien que située en Afrique.

C’est l’absurdité de ces frontières qui font de ce territoire, vestige du colonialisme européen, entièrement enclavé dans le Maroc - et en vérité marocain - un tremplin bien hypothétique vers l’Europe pour les jeunes Marocains à la recherche d’un avenir.

Selon la presse, Macron a promis que « la France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire » : c’est une solidarité de puissances coloniales.

vendredi 17 juillet 2026

États-Unis : la police de l’immigration tue encore

 États-Unis : la police de l’immigration tue encore

Le 13 juillet dans le Maine, un jeune Colombien de 26 ans, Jose Sebastian Guerrero, a été tué par un agent de la police anti- immigration, ICE, alors qu’il travaillait légalement comme livreur.

Publié le 15/07/2026

Le 7 juillet, au Texas, les agents de l’ICE avaient encore abattu un homme, Lorenzo Salgado Araujo, citoyen mexicain, père de trois enfants, résidant aux États-Unis depuis plus de trente ans. Sans papiers, il était à la tête d’une petite entreprise du bâtiment.

Les deux hommes auraient été confondus par les agents de l’ICE avec une autre « cible » faisant l’objet d’une procédure d’expulsion.

Et dans les deux cas, la police prétend que les victimes avaient tenté de prendre la fuite, versions remises en cause par des témoins.

Sous le second mandat de Trump, 52 personnes sont décédées dans des centres de rétention de l’ICE et onze ont été tuées lors de ses interventions. Les arrestations ont atteint dernièrement le chiffre record de 2 000 par jour. À Minneapolis, cet hiver, la mobilisation de la population avait fini par obtenir le départ de l’ICE. C’est bien elle qui peut mettre en échec cette police qui, en s’attaquant aux travailleurs immigrés, vise à terroriser toute la classe ouvrière.

                                                              Mathieu Servan

vendredi 19 juin 2026

Migrants : l'Europe sous-traite la détention

 

Une politique digne de l’esclavagisme

 

Traduction : « Des conditions cauchemardesques »

Le Parlement européen vient d'approuver la possibilité pour les pays de l’UE de nouer des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l'Europe. Les personnes déboutées du droit d'asile, refusées par leur pays d'origine, y seraient envoyées, en procédure accélérée.

         C'est un pas de plus dans la répression des migrants.

samedi 30 mai 2026

Migrants : Centres de rétention : il faut les fermer !

 Centres de rétention : il faut les fermer !

Plusieurs associations dénoncent l’augmentation de la durée d’internement dans un centre de rétention administratif (CRA), alors que le Sénat a approuvé le 20 mai un texte sur la possibilité de l’augmenter encore.

Publié le 27/05/2026

En 2025, les personnes enfermées dans les vingt-deux centres de rétention situés en France hexagonale ont été plus nombreuses (16 467) qu’en 2024 (16 228), selon le bilan annuel publié par Forum réfugiés, France terre d’asile, le Groupe SOS Solidarités, la Cimade et Solidarité Mayotte, des associations intervenant pour informer ces personnes sur leurs droits. Mais surtout, la durée moyenne d’enfermement s’est allongée : elle a été d’un peu plus de trente- trois jours, contre près de dix-sept jours en 2020.« Plus de quarante ans après l’ouverture des premiers centres de rétention administrative (1984), l’année 2025 s’inscrit comme l’une des plus préoccupantes pour les droits des personnes étrangères privées de liberté », estiment les associations.

Le texte discuté au Sénat, soutenu par le gouvernement, prévoit d’allonger de trois à sept mois (soit deux cent dix jours) la durée maximale en CRA pour les personnes condamnées par le passé à au moins trois ans de prison pour des atteintes aux personnes, et représentant une menace « réelle, actuelle et d’une particulière gravité » pour l’ordre public. C’est évidemment une façon particulièrement insidieuse et révoltante de mettre un trait d’égalité entre les migrants, les sans-papiers et les délinquants, voire les personnes dangereuses. Cette mesure pour laquelle Bruno Retailleau s’est agité lorsqu’il était au gouvernement avait pourtant été censurée par le Conseil constitutionnel, qui l’avait jugée disproportionnée.

Le seul crime de ces prisonniers est de vouloir survivre en fuyant la misère de leur pays, misère dont l’impérialisme français fait partie des responsables. Il faut la fermeture de tous les centres de rétention et la régularisation de tous les sans-papiers !

                                                            Aline Retesse (Lutte ouvrière n°3017)

  

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui samedi 30 mai, de 10 h.15 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche, de 11 h à midi au marché Héloïse.

jeudi 21 mai 2026

Argenteuil, Val d’Oise, comme ailleurs, les difficultés de la « régularisation »

 

Le piège d’un « chaos administratif »

  

Lorsque je passe devant la Sous-préfecture rue Pierre Guienne, je me dis que j'ai de la chance de ne pas avoir besoin de "papiers" 

Il y a quelques jours nous avons évoqué le rapport d’une opération de contrôle chapeautée par la préfecture du Val d’Oise dont nous commentions la liste des délits et autres situations en délicatesse avec la légalité. Nous pensions que mettre sur le même plan (sur la même liste sans façon) des vrais délits et des personnes en situation irrégulière n’est humainement pas juste.

         Aujourd’hui, la situation des personnes étrangères voulant être régularisées est catastrophique.

         Nous avons pioché les éléments suivants dans la « Lettre de l'asile et de l'intégration », du 18 mai, newsletter bimestrielle de France terre d'asile, une association d’aide et de soutien aux migrants (https://www.france-terre-asile.org/).

         « La complexité croissante des procédures d’accès ou de renouvellement des titres de séjour, l’engorgement des préfectures et les défaillances de l’Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) placent de nombreuses personnes étrangères dans une situation de forte précarité administrative. Dans l'attente de la délivrance de documents officiels, elles basculent, souvent de manière prolongée, dans l’irrégularité, entraînant des ruptures de droits. Face à ces carences, les réponses politiques actuelles peinent encore à apporter des solutions effectives. »

         Et de citer le cas particulier suivant :

         « Khalil, menuisier marocain installé en France, voit son titre de séjour « salarié » expirer en juin 2023 et dépose une demande de renouvellement. Entre-temps, lui et son employeur découvrent qu’une nouvelle autorisation de travail est exigée à chaque changement d’entreprise pour les titulaires d’un titre de séjour pour motif économique. Or celle de Khalil, liée à son précédent contrat, n’est plus valable. Son employeur dépose alors une demande en son nom, restée sans réponse. Faute d’autorisation de travail, la préfecture refuse de renouveler sa carte de séjour. Khalil se retrouve ainsi piégé dans un «cycle dirrégularité sans fin» : sans autorisation de travail, pas de titre de séjour, et sans titre ou récépissé valide, pas dautorisation de travail. Malgré les démarches répétées de son employeur, labsence de réponse de ladministration entraîne la perte de son emploi au printemps 2025. Ce n’est qu’en juin 2025 qu’il obtient enfin un document provisoire de trois mois, lui permettant de travailler légalement. »

         « L’histoire de Khalil, relatée dans un rapport d’Amnesty International, est loin de constituer un cas isolé. … » On peut absolument la généraliser :

         « … Une instruction du ministère de l’Intérieur, datée du 9 avril, indique que près de 930 000 personnes ont un dossier en attente. L’«augmentation exponentielle» des saisines de la Défenseure des droits concernant le droit des étrangers confirme ce constat alarmant : passées d’environ 6000 en 2019 à 50 000 en 2025, elles représentent 41% du total des saisines en 2025. »

……………

         Pour en revenir à ce qui nous avait choqué, nous espérons que les personnes dont l’irrégularité était signalée, selon nous de façon malencontreuse, auront bénéficié de la compréhension des autorités, ce que nous imaginons bien volontiers. DM