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jeudi 27 août 2026

Airbus Espagne : la grève n’est pas finie

Quand les travailleurs le décident, la lutte continue

  


Alors que la grève des usines Airbus d’Espagne, sur les salaires et les conditions de travail, avait été arrêtée fin juillet suite à un accord signé par un syndicat dans le dos des grévistes, des milliers de travailleurs ont voté le 24 août la reprise de leur combat.

Face à la pression, la direction a déjà reculé sur la suppression de jours de télétravail et cédé des augmentations de salaire.

Pour les milliers de travailleurs qui ont arraché ces concessions par leur grève de plusieurs semaines en juillet, la lutte continue.


vendredi 24 juillet 2026

Airbus Espagne : des grévistes déterminés

 Airbus Espagne : des grévistes déterminés

Jeudi 16 juillet, 4 000 grévistes de l’usine d’Airbus de Getafe, dans la banlieue de Madrid, ont manifesté depuis l’usine jusqu’au centre-ville, marquant ainsi leur détermination à continuer la grève commencée le 1er juillet.

Publié le 22/07/2026

 


En juin, le PDG Guillaume Faury, dans un courrier plein de mépris adressé à l’ensemble des salariés en quatre langues différentes, confirmait la réduction du télétravail à une journée par semaine. Cette énième attaque des conditions de travail avait conduit à des débrayages dans plusieurs usines en France. En Espagne, elle a été la goutte de trop.

Plusieurs dizaines de «cols blancs» ont insisté, pendant une semaine, auprès de tous les syndicats pour qu’ils appellent à la grève. SIPA, le syndicat majoritaire à Getafe, a finalement organisé une assemblée générale (AG) où 2 000 travailleurs ont voté la grève du 1er au 31 juillet. Les grévistes réclament au moins 18 % d’augmentation de salaire, l’indexation des salaires sur l’inflation et 40 % de télétravail.

Les discussions à 2 000 grévistes étant difficiles, ils ont créé plusieurs commissions de travail (communication, documentation, logistique, slogans, etc.). Ces commissions se réunissent publiquement, sous des barnums devant l’usine, tous les jours, à partir de 6 heures et jusqu’à 10 heures, heure de l’assemblée générale. Il y a une rapporteuse de tout ce qui a été discuté dans les commissions. Puis les orientations sont votées en AG.

Un comité de grève composé de deux représentants par syndicat pro-grève et de deux représentants de travailleurs hors syndicat a aussi été constitué. Ce comité est dédié à la négociation avec la direction. Les deux représentants sans mandats syndicaux, imposés par la mobilisation à la direction, ont pour mission d’observer les discussions et de s’assurer du respect des décisions prises en AG. Les grévistes, qui veulent diriger eux-mêmes leur mouvement, ont même installé une banderole sur leur usine pour l’exprimer : «C’est notre grève, ici les travailleurs décident et les syndicats obéissent.»

Malgré cette mobilisation historique dans un groupe tel qu’Airbus, le syndicat implanté chez les ouvriers, Commissions Ouvrières (CO), a cherché dès le début à saper le mouvement. D’abord en disant que c’est une grève pour les cols blancs, puis à présent en réclamant un référendum car selon lui les revendications des 6 000 grévistes d’Espagne ne seraient pas légitimes. Ceux-ci ne sont pas dupes de ces manœuvres de division et continuent de militer pour gagner les syndiqués de CO au mouvement.

En deux semaines, la grève s’est étendue de Getafe aux usines de la banlieue de Séville, de Cadix, d’Illescas et d’Albacete : ils sont actuellement 6 000 grévistes sur 15 000 travailleurs et la prolongation du mouvement après les congés d’août a été votée.

Des travailleurs des usines Airbus en France sont entrés en contact avec eux et s’attellent à populariser le mouvement dans leurs usines. L’un d’eux est même venu assister à une assemblée générale à Getafe dans laquelle il a pu prendre la parole. Son intervention, qui visait à soutenir le mouvement et à lancer un appel pour qu’il dépasse les frontières, a été chaleureusement accueillie par de longs applaudissements. Des travailleurs criaient même en français « Tous ensemble, tous ensemble ! »

La colère existe partout, en Espagne, en France et dans les autres pays. Les camarades en Espagne ouvrent la voie et leur grève et ses expériences marquent d’ores et déjà les esprits et font évoluer les consciences.

                                                            Sarah Lallier (Lutte ouvrière n°3025)

 

dimanche 21 juin 2026

Roissy aéroport CDG (95) : Halte à l'arbitraire sur les badges

 

Entraves pour certains travailleurs, entraves pour tous les travailleurs

 


 

Un  rassemblement de protestation de quelques centaines de salariés s'est tenu jeudi 18 juin à Roissy, en présence d'élus locaux et de militants venus les soutenir. C'était une protestation contre l'arbitraire des autorités (préfecture) dans l'attribution des badges nécessaires pour travailler en zone dite réservée : les pistes ou les galeries bagages, les zones réservées aux passagers munis de cartes d'embarquement, etc.

En effet, pour travailler dans les aéroports parisiens, la plupart des salariés doivent obtenir un badge délivré par la préfecture en charge de l'aéroport, badge renouvelé à intervalle régulier. Mais les délais de renouvellement s'allongent de même que les refus sans motif. Et nombre de salariés se retrouvent sans le précieux sésame, dans l'impossibilité de travailler, obligés de prendre des congés ou de rester sans solde, parfois des mois durant. La préfecture peut refuser d'accorder ces autorisations sans avoir à se justifier. Et elle ne s'en prive pas, pour un oui ou un non, parfois même de façon absurde : dès que vous avez affaire à la justice, qu'il s'agisse d'une querelle de voisinage, d'un ancien contrôle de police, d'une pension impayée ou même que vous en soyez la victime, dans le doute, le badge est refusé.

Et les patrons, qui pourraient souvent trouver un emploi en zone publique en attendant, licencient les salariés, qui sont alors doublement victimes de l'arbitraire. Cette menace sur l'emploi de chacun, cette épée de Damoclès pèse sur la tête de tous, mais laisse chacun face à ses problèmes individuels, alors qu'il s'agit d'un problème collectif. C'est pour cela que des syndicats de la plateforme (dont l'UL CGT) ont décidé d'organiser une journée de protestation collective. Ce sont ces attaques plus générales qu'a dénoncées en particulier notre camarade Philippe Gaillard (ancien salarié d'Air France) dans son intervention. 

mardi 26 mai 2026

Vol Rio-Paris : Victoire symbolique

 

Responsabilité totale de ces capitalistes

 

 

Les familles des 228 victimes du vol Rio-Paris qui s’était crashé en mer en 2009 ont remporté une victoire judiciaire contre Airbus et Air France. L’enquête a montré que le constructeur connaissait le défaut des sondes qui ont dysfonctionnées, et que la compagnie aérienne n’a pas formé les pilotes à ce type de risque. Pendant 17 ans, les deux entreprises n’ont cessé d’accuser les pilotes d’« erreur humaine ». 

         Même si le montant de l’amende, 225 000 euros, est pour le moins dérisoire, la détermination des familles a au moins permis de pointer la responsabilité de ces capitalistes qui font passer leurs profits avant la sécurité des équipages et des passagers.