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dimanche 19 avril 2026

Chine : inquiétudes pour l’économie

 Chine : inquiétudes pour l’économie

Les officiels chinois ont multiplié les appels pour que les États- Unis cessent la guerre en Iran. C’est que cette guerre n’est pas sans conséquences pour leur pays.

Publié le 15/04/2026

La Chine extrait de son sol un peu plus d’un quart du pétrole qu’elle consomme, et elle achète le reste à l’étranger, notamment aux États du golfe Arabo-Persique, qui couvrent près de la moitié de ses besoins. Ce pétrole, en provenance des terminaux pétroliers d’Iran, mais aussi d’Arabie saoudite, d’Irak, des Émirats arabes unis, du Koweït et du Qatar passe par le détroit d’Ormuz. Cependant, et contrairement à ses voisins comme la Thaïlande ou les Philippines, qui ont déclaré l’état d’urgence énergétique, il n’y a pas en Chine de pénurie en vue car elle disposerait d’une centaine de jours de réserves. Elle a diversifié ses fournisseurs, la Russie étant devenue le principal d’entre eux. À ce jour, l’impact de la crise se mesure à une hausse des prix des carburants limitée à 20 %, car prix et gestion des stocks sont sous le contrôle de l’État. Il faudrait que les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient soient coupés pendant plusieurs mois pour poser un réel problème.

La guerre contre l’Iran affecte surtout la Chine, en raison de sa place dans le commerce des pays du Moyen-Orient, marché de choix en raison des richesses concentrées par les pétromonarchies et longtemps chasse gardée de l’impérialisme américain. Depuis 2024, la Chine est le premier partenaire commercial des pays du Golfe devant les États-Unis et l’Europe : elle y échange 257 milliards de dollars par an de marchandises et de capitaux. Au cœur de ces échanges, il y avait bien sûr l’Iran. 90 % du pétrole iranien est exporté vers la Chine, payé non en dollar mais en yuan, la monnaie chinoise. En retour, l’Iran s’approvisionne en Chine pour l’équivalent de plusieurs dizaines de milliards de dollars par an de toutes sortes de marchandises. Mais la puissance commerciale chinoise s’est développée bien au-delà de l’Iran, ayant investi dans tous les pays du Golfe. En Arabie saoudite, la Chine a dépensé en 2025 près de 20 milliards de dollars dans la construction immobilière. Les entreprises pétrolières chinoises ont investi dans le gaz du Qatar et développé des oléoducs et des sites de stockage un peu partout dans la région. En 2016, l’armateur chinois Cosco a investi près d’un milliard de dollars dans un port à conteneurs à Khalifa, aux Émirats arabes unis, un port qu’il pourra exploiter pendant 35 ans. En 2022, le Koweït a signé un contrat de 4 milliards de dollars avec une entreprise chinoise pour la construction et l’exploitation d’un port similaire. Aux Émirats arabes unis, plusieurs entreprises chinoises construisent le tout nouveau réseau ferroviaire. Toutes ces infrastructures sont autant de points d’appui pour les importations de marchandises chinoises. Si la guerre se prolongeait et s’étendait, ces investissements risqueraient d’être réduits en fumée.

En réalité, le Moyen-Orient est devenu un terrain d’affrontement économique majeur entre les États-Unis et la Chine, et cela a commencé bien avant la guerre contre l’Iran. Cette guerre et les moyens militaires qu’ils déploient dans la région, montrent que les États-Unis veulent y garder toute leur place.

                                                      Serge Benham (Lutte ouvrière n°3011)

vendredi 9 janvier 2026

Amérique latine : une chasse gardée de l’impérialisme états-unisien

Amérique latine : une chasse gardée

Les États-Unis ont fait de l’Amérique du Sud leur chasse gardée depuis le début du 20e siècle. La politique guerrière de Trump poursuit, avec son style particulièrement brutal et cynique celle de de ses prédécesseurs en particulier pendant la guerre froide, qui n’ont cessé de soutenir ou de mettre en place des régimes à leur botte.

Publié le 07/01/2026

 

De l’invasion du Guatemala en 1953 à celle du Panama en 1989, des coups d’État fomentés par la CIA au Chili en 1973 et en Argentine en 1976, à la liquidation physique, partout, des opposants de gauche, l’impérialisme américain n’a cessé d’affirmer par la force sa domination sur tout le continent.

Mais les interventions américaines ne se sont pas limitées à l’Amérique latine. En tant que principale puissance impérialiste, les États-Unis ont mené de nombreuses opérations, seuls ou sous couvert de coalitions, en particulier au Moyen-Orient ces dernières années : ainsi la première Guerre du Golfe en 1990, puis l’invasion de l’Afghanistan en 2001, l’intervention en Irak en 2003 pour abattre leur ancien allié Saddam Hussein. Il s’agit à chaque fois de lutter contre des régimes qui ont pour défaut, non pas d’être des dictatures – cela, les puissances impérialistes l’admettent parfaitement – mais de vouloir prendre trop d’indépendance, politique et économique.

Aujourd’hui, l’intervention contre le Venezuela se déroule dans un contexte nouveau, celui de l’intensification de la guerre commerciale, en particulier contre la Chine. Depuis les sanctions américaines contre le régime de Maduro, la Chine a considérablement accru sa présence. Elle détient une part majeure de la dette publique vénézuélienne et achète 80 % du pétrole fourni par PDVSA, la compagnie pétrolière appartenant à l’État vénézuélien. La veille encore du coup de force, Maduro recevait un envoyé spécial de Xi Jinping venu renforcer la coopération économique. La presse parle de 600 accords commerciaux, dans le secteur minier, l’électricité, les communications, les transports, mais aussi pour financer la modernisation des champs pétroliers et des infrastructures.

Plus généralement, l’influence de la Chine en Amérique du Sud progresse. Les échanges commerciaux sont passés de 10 milliards de dollars en 2000 à 518 milliards en 2024. Témoin de ce développement, le port de Chancay, au Pérou, inauguré en 2024 et financé par des capitaux chinois, doit permettre un contournement du canal de Panama et des grands ports américains pour l’acheminement des marchandises entre l’Amérique du Sud et l’Asie.

L’intervention des États-Unis au Venezuela est ainsi un avertissement et un rappel, adressé non seulement à ce pays à l’heure où des régimes comme ceux de Colombie ou du Brésil, sans parler de Cuba, voudraient diversifier leurs relations et afficher une politique indépendante : pour Washington, l’Amérique latine, et en fait tout le continent américain, doit rester une chasse gardée. Trump envoie, en particulier à la Chine, un message affirmant qu’elle n’a rien à faire dans ce qui doit être la zone d’influence exclusive des États-Unis.

                                                          Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°2997)

 

vendredi 5 décembre 2025

Incendie mortel en Chine, profits et répression

État et profits, liés contre la vie

 

 

Au moins 156 personnes sont mortes dans l'incendie qui a ravagé des immeubles en rénovation à Hong-Kong. Selon les autorités, les normes des filets utilisés pour les travaux n'auraient pas été respectées et elles ont arrêté 14 personnes accusées d'avoir voulu réduire les coûts. Par contre, elles ne disent rien des échafaudages en bambou, largement utilisés en Chine par les entreprises du BTP.

         Dans un pays où des poches de développement high-tech profitent aux plus riches, la population paye le prix des économies du quotidien qui profitent aux capitalistes. L'État chinois veille lui avant tout au maintien de cet ordre : un jeune étudiant ayant lancé une pétition demandant des comptes a été arrêté par les autorités…

 

jeudi 6 novembre 2025

Shein : scandale et intox

Shein : scandale et intox

Samedi 1er novembre, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a saisi le procureur de la République.

Publié le 05/11/2025

La vente de poupées sexuelles à caractère pédopornographique a été constatée sur le site en ligne chinois Shein.

Suite au signalement de la DGCCRF, Shein a retiré ces produits de la vente, au moins pour la France. Mais, surfant sur l’indignation légitime que cette affaire a suscitée, le gouvernement en profite pour pousser un peu plus loin sa campagne protectionniste et antichinoise.

Qu’un site comme Shein ou Aliexpress revende de tels produits est bien sûr révoltant mais ce n’est guère étonnant dans un système capitaliste où tout s’achète et tout se vend. Les envolées du ministre de l’Économie, Roland Lescure, menaçant d’interdire la plateforme chinoise en France, sont donc des plus hypocrites. Il sait parfaitement que d’autres sites vendent de tels produits, comme Vinted ou e-Bay, et qu’avec très peu de moyens informatiques, n’importe quel malade ou pédocriminel peut contourner de telles interdictions.

La réalité, c’est que derrière l’emballement médiatique, il y a la concurrence chinoise que le patronat français cherche à endiguer. Depuis plusieurs mois, il mène une campagne de dénigrement contre Shein, Temu et quelques autres, dénonçant la qualité des produits, et même – ils osent tout – l’exploitation subie par les ouvriers chinois. Quand ces mêmes ouvriers produisent des articles pour Carrefour, cela ne suscite pas la même indignation ! Le patronat veut faire taxer les colis importés, et quand Shein s’est employé à contourner ces taxes en faisant un partenariat avec le BHV, en implantant ses propres boutiques, c’est le patron du BHV qui s’est retrouvé sous pression, quasiment accusé de collusion avec l’ennemi.

Shein est certes prêt à faire de l’argent avec tout. Mais est-ce aux champions de la vente d’armes de lui faire la morale ?

                                                      Serge Benham (Lutte ouvrière n°2988)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 7 novembre : de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 8 novembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h.15 à midi, devant Auchan au Val-Sud ;

-lundi 10 novembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien. (Sous réserve)