A69 :
sortie de route pour les bétonneurs
Jeudi 27 février, le
tribunal administratif de Toulouse a donné raison aux opposants au projet d’autoroute
A69, censée relier Toulouse et Castres, et a annulé l’arrêté préfectoral
autorisant le chantier.
Publié le 05/03/2025
La construction de ce nouvel axe
autoroutier de 53 kilomètres suscite une forte opposition depuis des
années, car une nationale permet déjà de rejoindre Toulouse depuis Castres en 1
h 10 : l’autoroute n’aurait permis de gagner que 20 minutes, au prix
d’environ 7 euros de péage et pour un coût total de 450 millions
d’euros. Cela fait cher la minute, sans parler des conséquences environnementales
!
Le tribunal a donc considéré
qu’il n’y avait pas de nécessité impérieuse de mener ces travaux, d’autant que
Castres dispose déjà d’une gare et d’un aéroport. Du PS au RN, la plupart des
politiciens locaux n’en prétendent pas moins qu’il serait indispensable de «
désenclaver » la région. En fait, ce projet est surtout l’enfant chéri de
Pierre Fabre, fondateur du laboratoire pharmaceutique du même nom situé à
Castres et qui a passé les 15 dernières années de sa vie à en faire la
promotion auprès de tout ce que son carnet d’adresses comptait de notables, de
ministres et de présidents de la République.
Les représentants du groupe, qui
emploie 5 300 salariés en France et dont le chiffre d’affaires de
2,8 milliards d’euros a augmenté de 5,9 % entre 2022 et 2023, menacent de
déménager si les pouvoirs publics ne cèdent pas au caprice de leur père
fondateur. Ils assurent que leur chiffre d’affaires aurait pu croître de 5 %
par an supplémentaire grâce à cette autoroute.
D’après une annexe du contrat de
concession autoroutier à l’entreprise Atosca – annexe protégée par le secret
des affaires mais consultée par le journal Le Monde – le groupe Pierre
Fabre aurait participé au montage financier de l’A69, via un collectif
d’entreprises locales (Tarn Sud Développement, ex-Opale Invest) ayant investi
dans un fonds luxembourgeois, actionnaire d’Atosca.
Pour tenter de faire pencher la
balance, six jours avant l’audience, les pouvoirs publics ont promis une
subvention de 42,5 millions d’euros pour faire passer de 3,9 à
2,6 euros le tarif d’une partie du tronçon. Après l’échec de cette
dernière manœuvre financée par l’argent du contribuable, l’État s’apprêterait à
faire appel en s’appuyant sur le fait que les deux tiers des travaux sont déjà
réalisés, le chantier ayant démarré malgré les procédures en cours et les
nombreuses manifestations menées contre le projet.
Ce ne sont pourtant pas les
routes ni les infrastructures à entretenir qui manquent dans le pays, mais ce
n’est pas ce qui préoccupe les grandes fortunes comme la famille Fabre et la
valetaille politicienne à leur service.
Sacha Kami (Lutte ouvrière n°2953)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
Aujourd’hui vendredi 7 mars, de 15 h.30 à 16 h.15,
marché du Val ;
-de 16 h.45 à 17 h.30, entrée de la mairie ;
-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour
Babou » ;
Samedi 8 mars : de 10 heures 30 à midi, centre
commercial de la cité Joliot-Curie ;
-de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;
-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;
Dimanche 9 mars, de 10 h.15 à 10 h.55 devant
Intermarché du Centre ;
-et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;
Lundi 10 mars, de 18 à 19 heures, centre cl des
Raguenets à Saint-Gratien.