Le débat, une exigence du combat militant
J’ai largement informé sur le commencement de destruction de l’espace mémoriel dédié à Gabriel Péri. J’ai contesté cette initiative municipale. Mais j’ai tenu tout de même ensuite à évoquer ce que je pense de l’homme Péri, dont la mort est totalement respectable certes, mais qui fut une personnalité notable du PCF, de la localité mais également à l’échelle du pays. En quoi il porte une responsabilité dans la politique de son parti, des années 1920 à son arrestation le 18 mai 1941.
Comme je pouvais l’imaginer, cela n’a pas plu à des responsables ou ex petite personnalité locale du PCF. Cette dernière m’a envoyé un commentaire perfide « Anticommuniste d’un jour, anticommuniste toujours », un responsable actuel m’a dit sur la route du 1er mai : « je te sers la main malgré ce que tu as écrit sur Péri et le Pacte germano-soviétique », et la responsable fédérale m’a purement et simplement ignoré lorsque je l’ai croisée. C’est la vie, et je préfère cela plutôt que les coups que je reçus naguère.
Au lieu de bouder, pourquoi n’ont-ils pas discuté ce que j’écrivais ? Sans doute un militant de leur parti d’ailleurs a pris, lui, au moins, le temps de le faire, et je l’en remercie.
Car c’est comme cela qu’on pourrait au moins se comprendre, que l’on reste sur ses positions ou pas. DM, le 1.5.26.
Voilà ce que j’écrivais le 23 avril dernier. C’est injurieux ?
Argenteuil, Gabriel Péri, s’opposer à une décision municipale calamiteuse n’est pas approuver et se réclamer d’un passé désastreux
Un acteur important d’une politique désastreuse pour l’avenir du mouvement ouvrier
Gabriel Péri et Maurice Thorez dans les années 1930
Chaque année, une cérémonie a lieu en décembre pour commémorer la mort sous les balles de l’armée allemande du député d’Argenteuil et de la région, Gabriel Péri. Il avait 39 ans. Pour ma part, je ne participe à cette cérémonie.
Né en 1902, engagé jeune dans le mouvement socialiste durant la Première guerre mondiale, de la naissance du Parti communiste en France jusqu’à sa mort dramatique, Gabriel Péri fut un cadre de ce parti, d’abord comme responsable des Jeunesses communistes, puis tout au long de sa courte vie, comme un des responsables du Parti Communiste devenu Français, un responsable de second plan il est vrai.
Le drame de ce parti fut qu’il approuva et suivit la dégénérescence stalinienne de l’Union soviétique et de l’Internationale communiste, menant une politique erratique selon les virages de Staline, et abandonnant la perspective de la révolution ouvrière. À parti du « tournant antifasciste » de 1935, il rompit avec l’internationalisme pour le nationalisme, une voie que le PCF poursuivit ensuite, mais c’est une autre histoire.
Gabriel Péri ne s’opposa jamais, en tout cas publiquement à cette politique. En son for intérieur, il n’approuva pas sans doute le pacte germano-soviétique de fin août 1939, comme d’autres cadres du PCF à ce moment-là, mais il se tut une nouvelle fois.
La mort tragique de Gabriel Péri mérite le respect, mais n’exige pas de gommer sa responsabilité parmi tant d’autres dans le drame du prolétariat d’ici comme du monde : le stalinisme. Un drame dont les travailleurs ne se sont jamais relevé jusqu’à nos jours, et qui permet que les affres du capitalisme se poursuivent encore. DM
Notons que c’est sur la base politique que j’évoque ci-dessus que les ancêtres politiques de la municipalité actuelle, et De Gaulle en premier lieu, purent aider la bourgeoisie française à franchir la Libération qui était pourtant grosse de la possibilité d’une révolution ouvrière, en France comme dans d’autres pays d’une Europe exsangue. De cela, Gabriel Péri, disparu en décembre 1941, ne fut pas responsable. Mais il est bon de le rappeler à nos démolisseurs d’aujourd’hui. Il est vrai que la bourgeoisie et ses défenseurs n’ont guère ni mémoire ni reconnaissance. DM


