Surenchères et polémiques politiciennes
Le Conseil National de la Résistance
La tribune virulente de la « majorité
municipale » de ce mois dans le magazine Ma Ville a dû passer à des années-lumière des préoccupations des
habitants. Une polémique à propos des dépôts de gerbes sur la stèle à la
mémoire de Jean Moulin et l’absence du député du cru qui avait délégué son dépôt,
ce qui n’est, paraît-il, pas possible de faire. Des pétales et des cris d’orfraie
qui volent… Inintéressant.
En
revanche, c’est l’allégeance manifeste des deux camps à Jean Moulin.
Haut
fonctionnaire, celui-ci devint le représentant de De Gaulle pour l’ensemble du
territoire métropolitain, occupé ou relevant de l’État français de Pétain. À ce
titre, il fut chargé de créer le Conseil National de la Résistance (CNR) qui
allait unir toutes les forces opposées à Pétain, politiques, syndicales, et
mouvements de la Résistance. Celui-ci fut fondé le 27 mai 1943. Arrêté en juin,
torturé, Jean Moulin mourut quinze jours plus tard sur le chemin de l’Allemagne.
Ce
CNR avait mission de préparer les lendemains de la guerre, de rétablir l’État
bourgeois, et d’éviter tout mouvement révolutionnaire susceptible de le
renverser. Il fut principalement l’expression d’un « deal » entre De Gaulle et les
dirigeants du PCF dont l’influence dans la classe ouvrière était nécessaire à
la réalisation de ce programme contre révolutionnaire.
Pour
en revenir à la petite affaire locale du fleurissement de la stèle Jean Moulin, ce que
l’on peut constater, c’est qu’au-delà de la surenchère véhémente entre la municipalité et
son opposition, les deux se retrouvent unis dans la même référence au-delà de
la mémoire de Jean Moulin à la politique d’Union nationale, celle de la
conservation de l’ordre bourgeois. DM