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lundi 14 septembre 2026

Tunisie : l’Europe sous-traite la chasse aux migrants

 Tunisie : l’Europe sous-traite la chasse aux migrants

Les autorités tunisiennes mènent une politique de violence contre les migrants et diffusent une propagande raciste. En désignant les migrants comme boucs émissaires, elles cherchent à faire oublier la crise économique et font le sale travail pour le compte des pays européens.

Publié le 09/09/2026

Détentions arbitraires, tortures, expulsions collectives dans le désert, viols, vente d’êtres humains aux gardes-frontière libyens : ces faits connus et dénoncés par des associations humanitaires depuis 2023 ne sont encore que la partie visible d’un système.

De vastes camps ont été installés en Tunisie, principalement dans le Sud, où les migrants sont privés de tout accès aux soins, exposés à de nombreuses maladies. Le taux de mortalité infantile y est alarmant. Les personnes interceptées par la police sont souvent renvoyées vers des centres de détention en Libye ou en Algérie, où elles subissent des traitements inhumains et le travail forcé.

Justifiant ces violences systématiques et appelant la population à s’y joindre, le président Kaïs Saïed parle d’un complot visant à « métamorphoser la composition démographique de la Tunisie », une théorie du grand remplacement à sa sauce. Il cherche ainsi à faire oublier l’aggravation de la crise économique et sociale, les coupures d’eau et d’électricité, les incendies ravageurs, la dégradation des hôpitaux, la hausse du coût de la vie et le chômage, qui touche 38 % des jeunes.

Des agressions de migrants et des manifestations anti- immigration ont effectivement eu lieu, encouragées par le pouvoir. Mais il y a aussi des manifestations de solidarité et, dans le Sud, bien des habitants viennent spontanément en aide aux réfugiés malgré les risques.

Les pays européens, en particulier la France, sont directement responsables de cette politique répugnante. En effet, la Tunisie a conclu plusieurs accords sur le contrôle migratoire et les expulsions, avec l’Italie depuis 1998, avec la France depuis 2008 et avec l’Allemagne depuis 2017. En 2023, la France et l’Union européenne ont signé un accord prévoyant le versement de 105 millions d’euros à la Tunisie pour « renforcer la coopération pour lutter contre et diminuer les flux migratoires et sauver des vies humaines ». Le cynisme de ces assassins de part et d’autre de la Méditerranée n’a pas de bornes.

L’accord prévoit aussi de « fournir un appui financier additionnel adéquat, notamment pour les acquisitions, la formation et le soutien technique nécessaires pour améliorer davantage la gestion des frontières tunisiennes ». Macron le justifiait en parlant de « lutter contre les réseaux de passeurs », une belle hypocrisie.

Car, dans le même temps, le régime réprime les opposants et les militants, comme Saadia Mosbah, figure de la lutte contre le racisme, condamnée en juin à huit ans de prison. Les gouvernements européens qui financent ce régime n’hésitent pas à condamner en paroles la répression et à donner des leçons de morale humanitaire.

Face à cette politique meurtrière menée en commun par les pays européens et leur chien de garde en Tunisie, les travailleurs ont les mêmes intérêts. Qu’ils soient tunisiens, français ou migrants, ils ne doivent pas tomber dans le piège de la division. Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !

                                                Correspondant (Lutte ouvrière n°3032)

samedi 22 août 2026

Tunisie : colère sociale

 

« Qui sème le vent, récolte la colère »

 

Lors d’une manifestation passée

Depuis fin juillet, les manifestations ou blocages d’axes routiers pour protester contre les coupures d’eau, d’électricité et la situation critique dans les hôpitaux se multiplient dans différentes régions de Tunisie. Ainsi, une nouvelle manifestation a été appelée à Tunis jeudi 20 août. 

Face à la dégradation des conditions de vie, la dictature ne peut pas faire taire le mécontentement populaire.

mardi 21 octobre 2025

Tunisie : les empoisonneurs de Gabès

 

En Tunisie comme ailleurs, le capitalisme toxique

 

 

Dans la ville de Gabès en Tunisie, la population et les travailleurs des usines de transformation du phosphate sont en révolte depuis deux semaines contre leur intoxication par le Groupe chimique tunisien (GCT). 

         Depuis début septembre, plusieurs centaines, dont des écoliers, ont été hospitalisés à cause de la pollution du complexe chimique qui dure depuis des années. La réponse du pouvoir, propriétaire du site industriel, a été d'envoyer la police pour réprimer les manifestants et arrêter les militants.

         Comme le dit la population en colère : aux gaz toxiques de l'usine, l’État vient encore ajouter ses gaz lacrymogènes.

samedi 12 avril 2025

Tunisie : migrants persécutés

 

De Calais à Sfax, à bas l’Europe forteresse

 

Tunisie, 2024 : un précédent déguerpissement

Depuis le 3 avril, les autorités tunisiennes ont entrepris de détruire un camp de migrants à El Amra, aux abords de la ville côtière de Sfax. 20 000 personnes, originaires d'Afrique subsaharienne, du Bangladesh et du Pakistan, survivaient dans cet immense camp, depuis parfois deux ans. La garde nationale tunisienne a rasé leurs tentes, leurs stocks de nourriture, et même l'hôpital de fortune construit par les habitants du camp.

         Cette politique inhumaine est appliquée car les commanditaires sont les États européens qui payent l’État tunisien pour empêcher par tous les moyens ces migrants d'embarquer vers l'Europe.

         À bas l'Europe forteresse ! Liberté de circulation et d'installation pour tous !