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lundi 21 septembre 2026

Israël : Naza, un documentaire que le gouvernement voudrait cacher à la population

 

À voir tous dès sa sortie

  

Yuval Abraham et Rachel Szor, récompensés à Venise pour leur film

Le documentaire Naza relate comment l'armée israélienne a sciemment visé et fait des dizaines de milliers de victimes civiles à Gaza. Il donne la parole à des soldats israéliens.

         En campagne électorale et en compétition avec l’extrême droite, Netanyahou proclame qu’il faut condamner ses auteurs, Yuval Abraham et Rachel Szor, à de fortes amendes et même les déchoir de leur nationalité israélienne.

         Par cette tentative de répression le régime ne fait que prouver ainsi à tous les Israéliens qu'un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être un peuple libre.

vendredi 28 août 2026

“La bataille de Gaulle” : une propagande cocardière

 À propos de “La bataille de Gaulle” : une propagande cocardière

En ce moment sur les écrans, la superproduction qu’est La Bataille de Gaulle ne reprend pas le mythe habituel de la lutte « des démocraties contre le fascisme » mais c’est pour faire l’éloge de l’union patriotique incarnée par le général.

Publié le 12/08/2026

Si les deux épisodes montrent bien que l’essentiel de la bataille du général visait à faire une place à l’impérialisme français, aux côtés des alliés anglo-saxons, ils le font évidemment en chantant ses louanges.

Le réalisateur, ancien conseiller de Dominique de Villepin, montre un de Gaulle d’abord très isolé. Alors qu’il est réfugié à Londres en juin 1940 après avoir refusé l’armistice, la quasi-totalité du personnel politique de la Troisième République, ainsi que le patronat, se sont ralliés sans état d’âme à Pétain. De Gaulle, lui, fait le choix de représenter les intérêts de la bourgeoisie française, au même titre que Pétain… mais dans le camp adverse. Il lance ses premières recrues à l’assaut des colonies françaises d’Afrique pour obtenir des ralliements parmi les gouverneurs coloniaux. Il peut en tirer quelques troupes sans poids militaire réel, qu’il envoie se battre jusqu’au suicide contre une armée allemande bien plus puissante, pour montrer la volonté combattante de la « France libre » et obtenir que Churchill, puis Roosevelt le reconnaissent comme un représentant crédible de l’impérialisme français.

Lorsque l’armée américaine débarque en Algérie fin 1942, sans en avertir de Gaulle, c’est encore avec les représentants de Vichy que Roosevelt négocie. Le général reste encore quantité négligeable pour les dirigeants américains, et le film montre comment, à l’approche du débarquement de Normandie en 1944, ils envisagent de placer la France sous une administration américaine, l’AMGOT, avec sa propre monnaie et ses propres préfets. Si les dirigeants américains finissent par abandonner ces plans, c’est parce qu’ils ont compris que de Gaulle sera la meilleure carte à jouer pour maintenir l’ordre social après la chute du régime de Pétain.

Et si cela apparaît possible, c’est que le PCF offre à de Gaulle sa capacité à encadrer la classe ouvrière. Cet aspect est largement passé sous silence dans le film, à part une allusion à l’intégration du PCF dans le Conseil national de la résistance. Les dirigeants américains et la bourgeoisie française consentirent en effet à l’alliance avec ce parti car Staline s’était montré, lui aussi, préoccupé d’éviter que la chute du nazisme n’entraîne des mouvements révolutionnaires en Europe ou dans les colonies.

De Gaulle utilisa le PCF pour restaurer le pouvoir de la bourgeoisie, en lui évitant d’affronter la révolte populaire. Le PCF se chargea en effet, avec la CGT qui lui était liée, d’encadrer la classe ouvrière, de lui imposer de nouveaux sacrifices pour remettre en route la machine économique du patronat. Le terme de « Résistance » cachait la réalité de cette politique, contraire aux intérêts des travailleurs et des peuples colonisés.

Si on voit dans le film le général Leclerc intégrer une compagnie formée de communistes et d’anarchistes espagnols aux côtés de ses troupes coloniales, la « Libération » n’a pas été la victoire pour laquelle les uns et les autres étaient prêts à se sacrifier. La fin de la guerre signifia le maintien de l’ordre social, en France comme ailleurs, de la domination sur les colonies et même du pouvoir de Franco en Espagne. En 1945, les armées de Leclerc allaient partir en Indochine pour y rétablir brutalement l’administration coloniale française.

La préoccupation de De Gaulle dans son combat « pour la France » était la défense des intérêts de la bourgeoisie française et de son empire, dans le cadre d’un nouvel ordre mondial sous domination américaine. La politique « patriotique » du PCF rallié à de Gaulle, abandonnant toute perspective indépendante pour les travailleurs et les opprimés, rendait un grand service à la bourgeoisie. Quant aux prétendus acquis sociaux du CNR, ils n’étaient que la menue monnaie payée par la bourgeoisie pour maintenir l’asservissement de la classe ouvrière.

Aujourd’hui, ce film qui dénonce l’hégémonie des États-Unis rencontre logiquement un large écho. Mais son message prônant l’union sacrée autour de la défense de la patrie, salué par les politiciens de tous bords, de Retailleau à Roussel en passant par Mélenchon et Villepin, survient à point dans l’actuel contexte guerrier. Il fait partie du piège habituel destiné à faire accepter au bon peuple l’idée de se sacrifier pour la gloire d’un autre impérialisme, bien français celui-là.

                                              Serge Fauveau (Lutte ouvrière n°3028)

mardi 19 mai 2026

Culture : pour la bourgeoisie, l’argent fait la loi, et c’est le grand patron qui décide

La volonté que l’argent tienne le haut de l’écran

 

 

Le PDG de Canal+, Maxime Saada, a annoncé que son groupe ne travaillerait plus avec les 600 acteurs, réalisateurs, techniciens et producteurs signataires d’une pétition dénonçant l’emprise grandissante du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré sur le cinéma français.

         À la tête d’un vaste empire médiatique, dont Canal+ fait partie, Bolloré et son employé Saada rappellent que, pour les capitalistes, la culture est un domaine comme un autre : l’argent fait la loi, et c’est le patron qui décide ! 

 

jeudi 12 février 2026

Film “Palestine 36” : la révolte arabe

 

Film “Palestine 36” : la révolte arabe

Palestine 36, un film que l’on peut voir actuellement dans les salles de cinéma, retrace fort à propos la grande révolte arabe des années 1936-1939 en Palestine, alors sous mandat britannique, et la violence de la répression qu’elle subit.

Publié le 04/02/2026

Dans ce Moyen-Orient que les impérialismes français et britannique s’étaient partagé à la fin de la Première Guerre mondiale, un soulèvement des masses arabes contre cette domination éclata en avril 1936. La révolte s’étendit à l’Irak sous mandat britannique, mais aussi à la Syrie et au Liban dominés par la France, et toucha même le Maghreb, lui aussi sous domination française.

Le film se concentre sur la Palestine et commence en montrant les premières grèves des ouvriers arabes, en particulier ceux des ports. Ils réclamaient la fin de la misère et l’égalité de traitement entre ouvriers juifs et arabes. La lutte de ces ouvriers trouva un écho profond dans les campagnes, où les paysans se voyaient eux aussi réduits à la misère parce que les grands propriétaires fonciers arabes, dont ils cultivaient auparavant les terres, les vendaient à des colons juifs. Ils se trouvaient donc expulsés. En 1936, ils se révoltèrent non seulement contre cette colonisation impulsée par les organisations sionistes, mais aussi et surtout contre la domination anglaise, principale responsable de la situation. Si, en Palestine, la révolte arabe débuta par des affrontements meurtriers avec les Juifs, elle se dressa avant tout contre l’oppression coloniale. À travers le parcours de l’un des personnages principaux, le film montre l’extension de la révolte et la naissance de véritables groupes armés se lançant à l’assaut de l’occupant britannique.

La répression fut particulièrement violente. L’armée britannique, chargée de maintenir l’ordre colonial dans un vaste empire s’étendant de l’Irlande à l’Inde, avait dans ce domaine une très longue expérience. Il fallut 30 000 soldats pour venir à bout du soulèvement arabe. Des villages furent entièrement rasés, des milliers de maisons détruites, y compris dans des grandes villes comme Jaffa. Un des officiers responsables des opérations, un certain Orde Wingate, représenté dans le film, se spécialisa dans les raids nocturnes contre les villages et l’utilisation des enfants comme otages pour attraper les parents. Une sorte de Bigeard anglais ! Plus de 50 000 Palestiniens furent emprisonnés dans des camps de concentration ou déportés aux Seychelles. On estime que le nombre des morts, blessés et exilés, s’éleva à 10 % de la population arabe de la région.

Le film n’oublie pas de montrer, même succinctement, l’hypocrisie des bourgeois palestiniens des villes, dont la principale préoccupation était de trouver une place dans l’ordre social existant. Si certains collaborèrent clairement avec les Britanniques et les institutions sionistes, ceux qui soutinrent le mouvement des masses ne le firent pas dans l’objectif de les libérer de l’oppression ; les dirigeants nationalistes arabes qui se retrouvèrent à la tête de la révolte firent au contraire tout leur possible pour la vider de ses contenus sociaux et la réduire à un affrontement entre communautés, visant en particulier les Juifs. L’attitude des colons juifs les y aida, y compris d’une grande partie de ceux qui se réclamaient du socialisme, qui choisirent le camp des Britanniques et formèrent des milices pour aider à mettre fin à cette révolte.

Ce film a donc le mérite de rappeler l’origine des guerres et des conflits qui ravagent encore aujourd’hui le Moyen-Orient, et la responsabilité des puissances coloniales.

                                             Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3001)