Acte minable ou acte politique, imbécile dans tous les cas
La section du PCF nous a informés que les gerbes et les fleurs qui avaient été déposées ce dimanche à Mazagran devant la stèle à la mémoire de Rino Della Negra fusillé par l’armée allemande le 21 février 1944 avaient été toutes dérobées.
On peut imaginer qu’elles l’aient été par des récupérateurs imbéciles de fleurs à la petite semaine, ou que ce soit le fait de personnes inconscientes.
Mais cela arrive à ma connaissance pour la première fois alors que cette cérémonie existe depuis plusieurs décennies. Cela se produit aussi dans un contexte où les idées d’extrême-droit se répandent. Cet acte imbécile peut donc aussi avoir une origine politique.
Pour les nationalistes d’extrême-droite, Rino Della Negra et le réseau Manouchian dit de « L’affiche rouge » auquel il appartint ne fleurent pas un bon nationalisme. Certes lié au PCF, ce groupe s’engagea pour sa part dans l’action au nom de valeurs qui ne se réclamaient pas d’une France éternelle, mais l’inscrivit dans le combat contre le nazisme et les horreurs de l’Occupation. C’est Manouchian écrivant dans sa dernière lettre à la veille de son exécution, qu’il n’avait « pas de haine pour le peuple allemand » et son souhait que l’union des peuples d’Europe sorte de la guerre. Les dernières lettres de Rino en sont également la preuve.
Si l’acte est politique, c’est du côté de l’extrême-droite d’aujourd’hui qu’il faut regarder, qui mêle dans une même musique la référence au nationalisme de De Gaulle et la nostalgie de la Collaboration pétainiste de sinistre mémoire. Et puis, fils d’immigrés ou immigrés eux-mêmes, le réseau de l’Affiche rouge représente ce qui est au cœur de la détestation et de la démagogie de l’extrême-droite, aujourd'hui comme hier.
Nous partageons bien sûr l’émoi des militants du PCF d’Argenteuil, et en particulier des membres du Comité local de Châteaubriand-Voves-Rouillé-Aincourt qui organise chaque année cette cérémonie de la mémoire. DM