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samedi 5 septembre 2026

Le Pen et le voile : l’ignominie en marche

 Le Pen et le voile : l’ignominie en marche

Publié le 02/09/2026

Depuis 14 ans, d’élection en élection, Marine Le Pen entonne la même rengaine odieuse, promettant, si elle gagne, d’organiser un référendum interdisant le port du voile islamique dans l’espace public, par exemple dans la rue ou les transports.

Campagne présidentielle oblige, le RN reprend les mots du FN et, le 30 septembre sur BFMTV, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy lançait la balle en proposant de sanctionner le port du voile dans l’espace public par une amende. Le lendemain, sa patronne la saisissait au bond sur X. « Je soumettrai aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l’espace public. » L’usage de l’adjectif « islamiste » pour voile « islamique » suggérant au passage le militantisme, voire un potentiel terrorisme…

Le problème de Le Pen n’est évidemment pas ce que représente le voile en tant que symbole de l’oppression de la femme, comme c’est le cas, par exemple, en Iran. Il est simplement d’apporter un crachat supplémentaire à une campagne anti-musulmans. Il s’agit de désigner tout une partie de la population, et particulièrement de la classe ouvrière, comme des boucs émissaires, responsables du chômage, du manque de logements, des bas salaires et, pourquoi pas, de la crise que lui font payer les gros capitalistes !

Discriminer une partie de la population, faire payer pour le seul crime de se montrer telle qu’elle est, voilà donc la grande idée que brandissent les lepénistes. Sur cette voie, il y a de sinistres précédents.

                                              Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3031)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui, de 10 h.30 à midi au centre commercial de la cité Joliot-Curie

-Demain dimanche 6 septembre, de 11h à midi au marché Héloïse.

jeudi 3 septembre 2026

RN : le voile pour faire diversion

 

Manœuvre grossière pour grossiers démagogues

  


Alors que les classes populaires sont confrontées aux salaires à la traîne de l’inflation, aux prix de l'énergie qui explosent, aux logements bouilloires, aux licenciements et au chômage... le RN leur propose de regarder ailleurs en agitant un référendum sur le port du voile ! Voulant instaurer une sorte de police des mœurs, Le Pen voudrait mettre des amendes aux femmes qui refuseraient de l’enlever.

         Voilà bien une manœuvre grossière : s’en prendre aux femmes voilées pour détourner l’attention des travailleurs de la responsabilité des capitalistes dans la misère qui s’étend.

dimanche 30 août 2026

Retraites : le RN prépare l’après-promesse

 Retraites : le RN prépare l’après-promesse

Les dirigeants du RN entretiennent un savant flou sur leurs projets en matière de retraites. C’est qu’il leur faut à la fois gagner des voix parmi les travailleurs et rassurer le patronat sur leurs intentions réelles.

Publié le 26/08/2026

 

Il y a quelques mois, Bardella avait pris ses distances avec les promesses de Le Pen de revenir sur la réforme Macron. « Le système des retraites aujourd’hui n’est pas soutenable sur le plan économique », affirmait-il en mai, ajoutant que « l’âge de départ ne veut rien dire » et que seul devait compter le nombre d’années cotisées.

Depuis juillet, Le Pen a repris la main. Elle dit vouloir supprimer les 64 ans de la réforme Macron et permettre un départ à taux plein à 60 ans avec 40 annuités pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Mais pour ceux, très nombreux, qui ont commencé plus tard, l’âge et la durée de cotisation augmenteraient progressivement. Ainsi, avec 42 annuités, quelqu’un ayant commencé à 25 ans devrait travailler jusqu’à 67 ans.

De plus, Le Pen affirme que sa réforme « part du principe qu’on n’est pas assez à travailler en France ». Pour que son financement soit viable, il faudrait que le taux d’activité augmente, que les jeunes entrent plus tôt dans la vie active et que les seniors ne se retrouvent pas au chômage ou en invalidité. Mais ce n’est pas le président de la République qui décide de cela, ce sont les patrons ! Élue, Le Pen ne déciderait pas davantage que les gouvernements précédents quels salariés les entreprises embauchent, gardent ou licencient.

En fait, Le Pen avance déjà les justifications qui pourraient lui servir, si elle était élue, à expliquer qu’il n’y a plus assez d’argent dans les caisses et qu’il faut finalement travailler davantage. Cette valse-hésitation permet au RN de faire miroiter aujourd’hui la retraite à 60 ans à une partie des travailleurs, tout en donnant des gages au patronat.

                                                       Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3030)

 

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui dimanche 30 août : de 11 h. à midi au marché Héloïse.

lundi 20 juillet 2026

Le Pen : pour gouverner au profit des riches

 Le Pen : pour gouverner au profit des riches

Après l’annonce de sa peine calibrée pour lui permettre de se présenter à l’élection présidentielle, Marine Le Pen enchaîne les tournées, rattrapant le temps perdu pour reprendre le devant de la scène, un pas devant sa doublure dépitée Bardella.

Publié le 15/07/2026

 

Il fut un temps où Le Pen appelait à « renforcer drastiquement les peines dans les affaires de corruption en matière d’inéligibilité pour les élus » et affirmait le regard clair « Moi, ma veste, elle est immaculée. Et ils auront beau essayer de s’agiter, ils n’arriveront pas à me salir, parce que j’ai une éthique, j’ai une morale. » Aujourd’hui peu lui importe que les médias aient ressorti ces déclarations aussi mensongères que dépassées. Le pouvoir qu’elle guette depuis tant d’années lui paraît désormais à portée de main.

Du côté des donneurs d’ordre, la classe capitaliste qui l’emploiera si elle arrive à la première place, certains se montreraient un peu inquiets quant au projet du RN. C’est ce qu’estiment des commentateurs bien introduits, comme ceux des quotidiens Le Figaro et Les Echos. À en croire le premier qui cite un grand patron, ce projet laisserait entrevoir « une économie administrée à la soviétique ». Selon le second, les patrons étaient « sensibles au discours pro-business de Jordan Bardella, à sa déclaration d’amour aux très grands groupes tricolores » et le voyaient comme « moins dirigiste, plus européen, plus moderne, plus favorable à l’union des droites » que Le Pen.

En fait, le programme du RN, identique à celui du FN de Le Pen père et fille, témoigne d’une profonde hostilité aux intérêts de la classe ouvrière, par exemple quand il prétend augmenter les salaires par des exonérations de cotisations sociales sans prendre sur les profits patronaux. Et rappelons que les députés RN ont voté contre l’augmentation du smic. Il en va de même quand il programme des suppressions d’emplois dans les services publics ou entretient savamment un flou sur le recul de l’âge de la retraite. Prétendre faire baisser la dette – celle creusée par le grand patronat– en supprimant les aides aux plus précaires, migrants et sans-papiers, aux chômeurs, n’est qu’une façon de s’attaquer à l’ensemble des travailleurs, en les appauvrissant, et, de plus, en essayant de diviser leurs forces face à leurs exploiteurs.

En fait de « coup de pied dans la fourmilière », de coup de balai parmi les politiciens des partis traditionnels, c’est un sérieux coup de main que Le Pen, tout autant que son second Bardella, se propose de fournir au grand patronat et à tous ceux qu’ils côtoient déjà, l’un comme l’autre, dans les colloques des organisations patronales comme dans les dîners d’affaires.

Avec de telles offres de service à un petit monde où la seule règle est le profit, pourquoi donc la bourgeoise Le Pen, la châtelaine de Saint-Cloud, pourrait être gênée par les peines à purger ou les règles éthiques à respecter ?

                                                   Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3024)

jeudi 9 juillet 2026

RN : Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie

RN : Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie

Quelques heures après le jugement de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet, sur l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, Marine Le Pen annonçait sa candidature à l’élection présidentielle au JT de TF1.

Publié le 08/07/2026

La cour d’appel a confirmé la condamnation pour détournement de fonds publics des douze cadres du RN qui avaient contesté la décision de première instance. Mais elle a soigneusement calibré la peine de Marine Le Pen pour lui permettre d’être candidate à l’élection présidentielle. Elle l’a même revendiqué en invoquant « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs ». La dirigeante du RN, après avoir été rejugée dans un délai record dont rêverait n’importe quel justiciable ordinaire, a donc vu sa peine fortement réduite. Elle a été condamnée à 45 mois d’inéligibilité, dont 15 mois ferme, et à trois ans de prison, dont un an ferme exécutable sous bracelet électronique.

Forte de ce jugement qui met un terme à sa période d’inéligibilité, Marine Le Pen annonçait dès 20 heures qu’elle se pourvoyait en cassation. Un tel pourvoi, qui devrait intervenir après l’élection, suspendrait sa peine et donc le port d’un bracelet. La justice est décidément bien faite pour les puissants disposant d’une armée d’avocats, surtout quand ils apparaissent aux yeux de toute une fraction de l’appareil d’État comme un recours possible face à la crise politique du pays.

Balayant le risque d’une nouvelle condamnation, misant sur son immunité en cas de victoire, la cheffe du RN en appelle désormais à la sagesse des électeurs « qui seront juges ». Comme tant d’autres politiciens, à commencer par l’ex-président Sarkozy, Le Pen se considère donc au-dessus des lois qu’elle estime toujours trop clémentes pour les délinquants ordinaires.

Le suspens entretenu entre le plan A-Le Pen et le plan B-Bardella étant levé, le duo peut donc partir en campagne, bras dessus, bras dessous. Dédaignant les commentaires sur leur rivalité, Le Pen a parlé d’un « ticket gagnant », elle à l’Élysée, lui à Matignon. Autrement dit, les deux larrons se partageront le travail pour tenter de séduire le plus grand nombre d’électeurs. Le Pen, la riche héritière qui a su prendre au bon moment ses distances avec son père, incarnera la continuité historique de son parti tout en cultivant son image de « candidate du peuple ». Bardella continuera à draguer les électeurs de la droite traditionnelle en prônant moins de taxes, des coupes budgétaires massives voire l’introduction de la retraite par capitalisation. Les deux s’inclinent très bas devant le grand capital.

Quant au fonds de commerce permanent du RN, repris jusqu’à la nausée par la plupart de ses concurrents, la xénophobie et la stigmatisation incessante des étrangers accusés de tous les maux, il rend aussi un immense service au grand patronat. Il divise les travailleurs dans une période où leur unité pour se défendre face aux attaques patronales est plus que jamais nécessaire et il leur fait oublier que les responsables du chômage, des bas salaires et de la vie chère sont les capitalistes.

Loin d’être le parti antisystème qu’il a prétendu être pour attirer les électeurs des classes populaires écœurés par la politique des gouvernements successifs, le RN se prépare donc à gouverner au service de la bourgeoisie. S’il est illusoire de croire qu’on pourrait empêcher la progression de l’extrême droite par une décision de justice, on ne l’enrayera pas non plus en restant sur le terrain des élections, comme le proclament les concurrents de Le Pen. Pour stopper la progression de ces idées et l’évolution réactionnaire de toute la société, la seule voie est que les travailleurs retrouvent la conscience qu’ils font fonctionner toute la société. Ils sont les plus légitimes pour la diriger et les seuls capables de proposer une alternative pour sortir le monde de l’impasse dans laquelle le capitalisme l’enfonce.

                                                      Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3023)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-vendredi 10 juillet, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 11 juillet, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 12 juillet, de 11 h. à midi au marché Héloïse.