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mardi 24 décembre 2024

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 23 décembre 2024 : À Mayotte comme partout : mépris de classe et politique de division

À Mayotte comme partout : mépris de classe et politique de division

 Publié le 23/12/2024

« Vous êtes contents d’être en France ! Parce que si ce n’était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la merde ! » : voilà la réponse pleine de mépris de Macron aux habitants de Mayotte qui réclamaient de l’eau, des vivres et des secours après le cyclone Chido qui a dévasté l’île.

Plus de 100 000 personnes, et pas seulement des étrangers sans-papiers, vivaient dans des bidonvilles qui ont été emportés comme des fétus de paille. Combien n’ont pas survécu ? 1000 ? 10 000 ? Dix jours après le cyclone, les autorités sont incapables d’annoncer un bilan car des zones entières n’ont pas vu le moindre secouriste. Qu’ils soient Français ou étrangers, la vie des pauvres ne compte pour rien !

Mayotte est française parce qu’il y a 50 ans, la France a manœuvré pour qu’elle se détache des Comores qui accédaient à l’indépendance, coupant un même peuple en deux par une frontière artificielle. L’impérialisme français voulait conserver une base militaire dans cette zone stratégique de l’océan Indien mais n’a jamais voulu mettre les moyens pour développer l’île.

Si Mayotte est un peu moins pauvre que les pays voisins, les Comores ou Madagascar, pillés pendant des décennies de colonisation française sans le moindre développement, la moitié des habitants y vit avec moins de 300 euros par mois. 

Si une petite couche de notables a trouvé son compte avec la départementalisation, les classes populaires n’ont pas les mêmes droits qu’en métropole : le Smic est amputé de 300 euros ; le RSA est deux fois plus faible. Il manque des logements, des écoles. Avant même le cyclone, l’eau était coupée plusieurs jours par semaine. Le seul hôpital de l’archipel était saturé. 

Alors que Chido était annoncé, le gouvernement n’a préparé aucun plan d’urgence, avec des bateaux, des engins, des secouristes, des maçons prêts à débarquer dès la fin du cyclone. Voilà l’apport d’un pays qui a été capable, comme s’en vante Macron, d’organiser des Jeux Olympiques. Et il faudrait que la population dise « merci la France » ?

Peu pressé d’organiser les secours et la reconstruction mais craignant une révolte, l’État a été rapide pour envoyer des renforts policiers, des militaires et même des blindés. Pour tenter de détourner la colère vers des boucs émissaires, Retailleau puis Macron, derrière les politiciens locaux, ont dénoncé « la pression migratoire » qui pèserait sur Mayotte. 

Alors que les survivants s’affairent pour reconstruire leurs maisons de fortune, Macron annonce une loi spéciale pour détruire les bidonvilles, traquer et déporter les étrangers « plus vite, plus fort » !

Mais en chasser les Comoriens ou les Africains ne rebâtira pas Mayotte. Si des coupures d’eau frappent l’île tout au long de l’année, ce n’est pas parce qu’il y a trop d’immigrés. C’est parce que la filiale du groupe Vinci, chargée de distribuer l’eau, encaisse les millions de l’État sans assurer la production ni développer les réseaux. Si la vie est chère à Mayotte, c’est que deux groupes, Carrefour-Hayot et Sodifram, se partagent 84 % du marché de l’alimentaire de l’archipel tandis que le géant du transport maritime CMA CGM impose des prix de monopole. 

Le mépris d’un Macron pour Mayotte n’est pas seulement du mépris colonial. C’est le mépris de classe de ceux qui gouvernent au service des capitalistes pour tous ceux qui font marcher la société sans arriver à en vivre.

Même dans les métropoles impérialistes, enrichies par le pillage des pays pauvres, les budgets de l’État ne sont pas destinés à faire fonctionner au mieux les hôpitaux, les écoles, les secours et autres services vitaux pour la population. Ils sont destinés à permettre aux Vinci, CMA CGM, Carrefour et autres capitalistes d’accumuler toujours plus de profits. 

Les lois sont faites pour faciliter l’exploitation des travailleurs, les licenciements et le pillage des ressources. Et tant pis si cela provoque des crises, des catastrophes humaines, sociales ou environnementales.

Ici comme à Mayotte, les politiciens cherchent à semer la division entre les exploités pour faire oublier la responsabilité des capitalistes dans ces catastrophes. Ils cherchent à dresser les travailleurs nationaux contre les étrangers, ceux qui ont un emploi contre ceux qui en sont privés, les salariés du privé contre les fonctionnaires. C’est un piège dans lequel il ne faut pas tomber.

Pour enrayer le désastre vers lequel nous entraine cet ordre social révoltant, il faut au contraire que tous les exploités s’unissent et s’organisent pour renverser la dictature des capitalistes.

                                                                     Nathalie ARTHAUD

 

dimanche 22 décembre 2024

Macron à Mayotte : mépris colonial. Ce genre de mépris mène aussi aux révolutions

 

Marie-Antoinette ne se comportait pas autrement

 

Mayotte : un bidonville, avant le cyclone

Macron s’est rendu sur l’île dévastée par le cyclone Chido et par des décennies de domination française, qui n’a jamais mis les moyens pour assurer des logements et des infrastructures correctes à la population.

         Depuis une semaine bien des habitants n’ont ni eau, ni électricité et bien des villages et des bidonvilles n’ont pas encore vu arriver le moindre secours. Face à ce désastre, Macron a fait la leçon aux habitants allant jusqu’à déclarer : « Vous êtes contents d’être en France ! Parce que si ce n’était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la merde ! ». Les gens se meurent mais ils devraient être reconnaissants car ils le font sous le drapeau bleu-blanc-rouge.

         On ne peut que partager la colère qui s’est exprimé aux cris de « Macron démission ! » ou encore « De l’eau, de l’eau, de l’eau ». Mais au-delà de Macron, tous les gouvernements ont mené la même politique : préserver la présence de l’impérialisme français dans ce coin d’océan Indien, au mépris de la vie des habitants.

samedi 21 décembre 2024

Macron à Mayotte : pas à l’abri de la colère

Oui, tout le reste, c’est lui et ses semblables

 

 

 Macron en visite à Mayotte a eu ses paroles couvertes par les sifflets et les huées d’habitants révoltés par la lenteur des secours et, au-delà, par le sous-développement dans lequel l’État français a laissé sa colonie depuis toujours. Les Mahorais, avec ou sans papiers, ont de quoi être en colère.

         Macron, lors de sa dernière visite en 2019, leur promettait santé et sécurité. Depuis, ce n’est pas une guerre contre l’habitat précaire que ses gouvernements ont lancée, c’est la guerre aux habitants les plus pauvres.

         En butte à l’hostilité de la population, Macron a essayé de se défendre : « Le cyclone, ce n’est pas moi ». Mais tout le reste…