Liban-Gaza :
pendant le cessez-le-feu, la guerre continue
Publié le 04/12/2024
Depuis l’entrée en vigueur d’un
cessez-le-feu au Liban mercredi 27 novembre, l’armée israélienne a
continué de procéder quasiment tous les jours à des bombardements aériens, à
des tirs d’artillerie et de missiles sur des villages du Sud-Liban. Au moins
onze personnes ont été tuées dans la seule journée du 2 décembre.
Alors que la trêve négociée est
censée permettre le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays,
celle-ci a été prise pour cible à plusieurs reprises par les tirs israéliens.
Accusé par les autorités libanaises de violer le cessez-le-feu, le ministre
israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, répond cyniquement que les
bombardements visent à le faire respecter, prenant prétexte de tirs de
roquettes du Hezbollah, intervenus après les bombardements israéliens.
Ce prétendu cessez-le-feu, qui
n’en est pas vraiment un, ne signifie donc pas la fin de la guerre, qui a déjà
fait, selon les autorités libanaises, plus de 4 000 morts et 15 000
blessés, ni la fin des souffrances pour la population. Plus d’un million de
Libanais avaient fui les zones de combat et les bombardements. À l’annonce de l’accord
de cessez-le-feu, des dizaines de milliers d’entre eux ont tenté de rentrer
chez eux. Beaucoup n’y sont pas parvenus, se heurtant à l’armée israélienne qui
continue d’interdire l’accès à de nombreux villages de la zone frontalière.
Quant à ceux qui ont pu regagner leur domicile, ils ont souvent trouvé des
maisons en ruines, dans des villes privées d’eau et d’électricité.
Le gouvernement israélien se sent
les mains libres pour poursuivre son intervention militaire, témoignant du plus
total mépris des populations, et bénéficiant du soutien des États- Unis. Ainsi,
niant l’évidence, le porte-parole du département d’État américain, Matthew
Miller, a déclaré : « Le cessez-le-feu tient ». Et d’ajouter, pour faire
bonne mesure : « Les accusations des deux camps seront examinées ».
À Gaza, le gouvernement israélien
se refuse à la moindre trêve, sans que les gouvernements occidentaux fassent à
aucun moment mine de vouloir l’y contraindre. Selon l’ONU, les habitants sont «
menacés d’une famine imminente ». Le 1er décembre, l’UNRWA,
l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, a annoncé la
suspension de la livraison de l’aide humanitaire à Gaza passant par Kerem
Shalom, le principal point de passage à la frontière israélienne, la sécurité
des camions qui en assurent l’acheminement n’étant pas garantie. Cette
situation est délibérément créée par l’armée israélienne qui contrôle les
points de passage.
Après avoir assiégé depuis deux
mois la ville de Jabaliya, dans le nord de l’enclave palestinienne, l’armée
israélienne s’apprête à faire de même au sud, dans la zone de Khan Younès.
Après le tir d’une roquette en direction d’Israël, montrant une « reprise de
l’activité » du Hamas, suivant les termes de l’état-major israélien, la
population a été sommée d’évacuer cette région et de se rendre dans une
prétendue « zone humanitaire » située sur la côte, zone déjà surpeuplée
et qui a été elle-même bombardée à plusieurs reprises.
Le gouvernement de Netanyahou
prétend vouloir mener la guerre à Gaza jusqu’à « l’éradication totale du
Hamas ». En réalité il mène une véritable guerre d’extermination des
Palestiniens. C’est une politique sans issue car il n’y aura pas de paix sans
une solution permettant aux populations arabe palestinienne et israélienne de
coexister. Elle condamne la population israélienne à mener une sale guerre dont
on ne voit pas la fin, qui ne lui assurera ni paix ni sécurité et fait de ses
citoyens les bourreaux d’un autre peuple.
Marc Rémy (Lutte ouvrière n°2940)