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dimanche 27 septembre 2026

Moyen-Orient : le chaos s’étend

 Moyen-Orient : le chaos s’étend

Samedi 19 septembre, des missiles tirés par les rebelles yéménites Houthis ont frappé à deux reprises Ryad, la capitale de l’Arabie saoudite, ainsi que des installations de l’Aramco, la principale compagnie pétrolière saoudienne, situées à Yanbu, un port sur la mer Rouge.

Publié le 23/09/2026

Cette nouvelle escalade intervient après la reprise, à la mi- septembre, du conflit qui oppose le gouvernement yéménite officiel, soutenu par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, aux milices pro-iraniennes des Houthis. Progressant très rapidement, celles-ci sont parvenues à prendre le contrôle de tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, sur la route qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez. La possibilité que ce détroit puisse être fermé a fait bondir les prix du baril de pétrole, une flambée qui menace d’aggraver encore la crise économique mondiale.

Selon le New York Times, après les attaques sur Ryad, le prince héritier Mohammed ben Salman, dirigeant de fait de l’Arabie saoudite, a « imploré [le président américain] d’intervenir pour freiner l’avancée rapide » des Houthis. Pour la deuxième fois en quinze jours, Trump s’y est refusé, déclarant, dimanche 20 septembre, comme pour justifier sa décision, que les Houthis auraient accepté de ne pas s’en prendre aux États-Unis.

Pour tenir compte de l’hostilité à la guerre d’une grande partie de la population américaine alors que les élections de mi-mandat ont lieu début novembre, Trump veut éviter d’engager de nouvelles opérations militaires. Il abandonne ainsi son allié saoudien après l’avoir mis dans une situation difficile. La reprise des combats au Yémen est en effet une conséquence directe du déclenchement par les États-Unis de la guerre contre l’Iran.

En se lançant dans cette aventure guerrière, Trump voulait réaffirmer la toute-puissance de l’impérialisme américain. La démonstration a tourné court car le régime iranien s’est maintenu. Il est même sorti renforcé de l’épreuve, en prenant le contrôle du détroit d’Ormuz, sans que Trump soit capable de l’empêcher pour le moment.

Cet échec et les imprévisibles revirements de Trump avaient incité l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie à conclure, au début du mois d’août, un pacte de défense visant à les rendre plus indépendants de leur allié traditionnel américain en prévoyant que « toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre eux tous ».

Ces manœuvres diplomatico-militaires préparent et annoncent de nouvelles escalades qui seront payées chèrement par les peuples de la région. Au Yémen, l’intensification des combats depuis la mi-septembre a déjà fait des centaines de morts et, selon l’ONU, plus de 110 000 déplacés dans un pays ravagé par la guerre depuis 2015 et plongé depuis des années dans une des pires crises humanitaires dans le monde.

Ce chaos de plus en plus généralisé aux conséquences dramatiques ne tient pas seulement à la personnalité de Trump et à ses choix aventureux. C’est la forme que prend aujourd’hui la domination de l’impérialisme, un système où une poignée de grandes puissances s’affrontent pour le pillage des richesses et qui est incapable d’offrir un autre avenir à l’humanité que l’aggravation des crises et des guerres.

                                                            Marc Rémy (Lutte ouvrière n°3034)

lundi 17 août 2026

Moyen-Orient : Trump dans l’impasse, les peuples trinquent

 Moyen-Orient : Trump dans l’impasse, les peuples trinquent

Après avoir soutenu sans réserve la politique criminelle de Netanyahou à Gaza, puis au Liban, après avoir déclenché, à ses côtés, une guerre contre l’Iran en promettant, fanfaron, la chute de la république islamique, Trump n’en finit pas de manger son chapeau.

Publié le 12/08/2026

 

Malgré l’accord signé le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz n’est toujours pas rouvert. Le 5 août, les dirigeants iraniens annonçaient que les discussions étaient avancées avec le sultanat d’Oman, sans que les États-Unis en soient partie prenante, prévoyant que les deux pays se partagent le contrôle du trafic dans le détroit. Le 11 août, l’Iran posait six conditions aux États-Unis pour sa réouverture. Parmi celles-ci, la levée du blocus naval, le retrait de toutes les forces américaines déployées à proximité de l’Iran, la fin des agressions contre le Liban, la Palestine, l’Irak et les Houthis du Yémen ainsi que l’indemnisation intégrale par les États- Unis des dommages causés en Iran par les deux guerres successives.

D’un côté Trump ne peut pas accepter ces exigences iraniennes qui consacreraient un échec de l’impérialisme américain. De l’autre, il n’a pas les moyens politiques, à quelques mois des élections de mi- mandat, de déclencher une guerre totale contre l’Iran pour prendre par la force le contrôle du détroit. C’est pourquoi Trump tergiverse et répond par de nouveaux ultimatums. Ainsi, il demande à son tour à l’Iran « des compensations pour tous les gens qu’il a tués et blessés ». Pendant ces joutes verbales, des millions d’habitants de la région subissent les privations quand ce ne sont pas les bombes régulièrement lancées par l’armée américaine sur les ports iraniens.

Autre revers américain, l’Arabie saoudite a signé, le 7 août à la Mecque, un accord de défense avec le Pakistan et la Turquie, deux autres puissances régionales. Même si ces trois pays sont des alliés des États-Unis, cet accord signé sans le parrainage de Trump, marque la volonté de leurs dirigeants de ne pas dépendre entièrement des États-Unis pour leur défense.

Trump a embarqué malgré elles les riches monarchies du Golfe dans sa guerre contre l’Iran dont elles font les frais, en raison du blocage du détroit et du fort ralentissement du tourisme et des affaires.

Le 9 août, Netanyahou a déclaré qu’il « n’effectuera aucun retrait de Gaza tant que le Hamas ne sera pas désarmé », alors que le Hamas avait annoncé qu’il acceptait de rendre ses armes et de céder la gestion des ruines de Gaza à une autorité technique contrôlée par les États-Unis. Ce refus a été perçu comme une gifle au parrain américain, même si en pleine campagne pour les élections israéliennes, pour lesquelles Netanyahou veut séduire les sionistes les plus ultras, elle ne fait que mettre des mots sur une réalité : Israël, qui multiplie les interventions en Cisjordanie, n’a aucune intention de se retirer de Gaza. Tout le monde le sait, à commencer par les dirigeants américains, mais Netanyahou ne cherche même pas à ménager les apparences.

Ces revers successifs ne signifient ni que la domination américaine sur le Moyen-Orient est vraiment menacée, ni que les dirigeants israéliens imposent leur volonté à Trump. Ils montrent qu’il ne suffit pas à la première puissance impérialiste mondiale de noyer les peuples sous des déluges de bombes pour les soumettre. Ils montrent que le seul avenir que le prétendu « chef du monde libre » et les dirigeants des « démocraties » occidentales ont à offrir aux peuples du monde est une guerre sans fin.

                                                        Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2028)

jeudi 16 juillet 2026

Moyen Orient : une guerre pour le racket

 

Racketter les peuples de la région !

 

 

Prétextant un tir iranien sur un navire, les États-Unis ont bombardé l'Iran à des centaines de reprises depuis dimanche 12 juillet. Après avoir rétabli le blocus du détroit d’Ormuz, et alors qu’il dénie à l’Etat iranien le droit d’instaurer un péage, Trump affirme maintenant vouloir imposer un droit de passage de 20 % pour toutes les marchandises transitant par ce détroit. 

Une démonstration de plus que le dirigeant de l’impérialisme américain a engagé une guerre pour imposer son droit à racketter les peuples de la région ! 

mardi 30 juin 2026

Israël-Liban : Avec ou sans accord, la guerre

 

Israël, la logique d’une puissance coloniale

 

 

L’État libanais a signé avec Israël et les États-Unis un accord « visant à trouver une paix durable » entre les deux pays.

         De quelle paix peut-il s’agir ? Depuis trois mois, Israël a pris prétexte de quelques roquettes tirées par le Hezbollah, le parti-milice allié de l’Iran, pour écraser la population libanaise sous les bombes et occuper le sud du pays. L’accord à peine signé, l’aviation israélienne a déjà de nouveau bombardé.

         Au Liban comme en Cisjordanie et à Gaza, sa seule logique est celle d’une puissance coloniale.

lundi 29 juin 2026

Moyen-Orient : nouvelle escalade

Une paix et une sécurité impossibles

 

 

À l’annonce de la signature d’un protocole d’accord avec l’Iran Trump qui avait pourtant subi un échec majeur jubilait à sa façon habituelle : « J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! »

         Il y a quinze jours, Nathalie ARTHAUD écrivait de son côté : « Après avoir soutenu la fuite en avant génocidaire de l’État d’Israël, après avoir lui-même embrasé le Moyen-Orient en bombardant l’Iran, Trump promet « paix et sécurité à toute la région ». Comme si la paix pouvait se construire sur une montagne de cadavres et de destructions ! Comme si elle pouvait aller de pair avec la colonisation de la Cisjordanie, l’occupation militaire et la politique de terreur de l’État israélien ! »

         Elle ajoutait : « Si un accord donnait lieu à un véritable cessez-le-feu, ce serait évidemment un soulagement pour tous les peuples de la région qui ont tant à faire pour panser leurs plaies et reconstruire de quoi retrouver une vie supportable. Mais la poudrière qu’est le Moyen-Orient n’a fait que se charger de plus de matériel explosif. »

         Il n’aura pas fallu longtemps pour que ces paroles soient confirmées. Ces dernières heures, le monde assiste à une nouvelle escalade dans une région qui n’est effectivement qu’une poudrière.