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jeudi 21 mai 2026

Gaza : nouveau piratage

L’État israélien pirate, les autres États regardent ailleurs

  


L’armée israélienne vient d'intercepter une nouvelle flottille de petits voiliers, chargés de quelques provisions, qui tentaient de rejoindre Gaza pour apporter de l'aide humanitaire.

         L'État israélien pratique ouvertement la piraterie car il a derrière lui les États-Unis qui l'arment et le protègent. L'Union européenne, et ses États membres, ferment les yeux, ou protestent mollement pour la forme. Eux-mêmes se gardent bien d’envoyer ne serait-ce que de l’aide humanitaire aux Gazaouis dès lors qu’Israël le refuse.

         Les Palestiniens de Gaza continuent à vivre dans des tentes, au milieu de ruines infestées par les rats et les maladies, sans soins et avec des rations alimentaires aléatoires.

 

Un signe d’amitié à Alima Boumediene, militante d’Argenteuil qui participe à la flotille.DM

 

Un car d’Argenteuil pour aller à la Fête de LO dimanche 9h retour 20 h.

0699499864

Il sera beaucoup question du Moyen-Orient à la Fête de Lutte ouvrière

 

jeudi 7 mai 2026

Moyen-Orient : Trump, où est sa victoire ?

Moyen-Orient : Trump, où est sa victoire ?

Après cinq semaines de bombardements israélo-américains ayant entraîné des milliers de morts et des destructions massives, suivies de trois semaines de trêve et alors que la marine américaine bloque ses ports, l’Iran a proposé à ses agresseurs un plan de paix en quatorze points.

Publié le 05/05/2026


 

Ce projet demande le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus, la fin du gel des avoirs iraniens dans les banques occidentales, le paiement de réparations de guerre par les États-Unis, la levée des sanctions, une entente sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Il est notable que la question des stocks d’uranium enrichi qui pourraient permettre à l’Iran de se doter de l’arme atomique, prétexte le plus souvent utilisé par Trump et Netanyahou pour justifier leur guerre, ne figure même pas dans ce plan.

Ces propositions, dont la satisfaction, certes bien improbable, mettrait l’État et les possédants iraniens dans une meilleure position qu’avant le début du conflit, sont un véritable camouflet pour Trump et, derrière lui, pour les États-Unis. Cette guerre, qui a d’ores et déjà coûté des centaines de milliards de dollars au budget américain, et rapporté il est vrai une somme équivalente à leurs marchands d’armes, se solderait donc, au mieux pour Trump, par un retour piteux à la situation antérieure. Il reste bien sûr encore la possibilité que l’armée américaine reprenne ses bombardements. Elle a en effet les moyens de « ramener l’Iran à l’âge de pierre » comme le milliardaire mégalomane qui dirige les États-Unis a menacé de le faire. Mais, vu la situation intérieure à laquelle il fait face, en a-t-il les moyens politiques ?

Lundi 4 mai, Trump parlait d’envoyer sa marine convoyer les navires neutres ou amis dans le Golfe. Cela signifierait en fait reprendre la guerre, sur mer cette fois-ci. Mais personne ne sait, pas même le président américain lui-même, si cela sera suivi d’effet ou s’il passera à un autre discours disant exactement le contraire, empêtré qu’il est dans une guerre qu’il a pourtant voulue.

Le fait de voir la première puissance impérialiste tenue en échec, au moins pour l’instant, d’entendre son dirigeant mentir en parlant chaque jour d’une victoire qui n’existe pas est toutefois une satisfaction des plus minces. On ne peut pas oublier les morts, les destructions, la situation terrible du peuple iranien et des populations libanaise et palestinienne, ni la crise économique mondiale que la guerre accélère. On ne peut pas oublier non plus que la dictature des mollahs que Trump prétendait abattre est aujourd’hui renforcée. Et, surtout, on ne peut oublier que, aussi fou soit-il, Trump incarne la politique de terreur nécessaire à un impérialisme qui, avec ou sans lui, est déterminé à imposer sa domination.

                                                    Paul Galois (Lutte ouvrière n°3014)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-jeudi 7 mai : distribution du tract de la fête à partir de 6 h.45 à la gare d’Argenteuil ;

-vendredi 8 mai, de 15 à 17 heures au marché du Val Nord,

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-samedi 9 mai, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 10 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;

 

dimanche 3 mai 2026

Moyen-Orient : un bras de fer inégal

 Moyen-Orient : un bras de fer inégal

Trois semaines après le début du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, le détroit d’Ormuz est bloqué par les deux pays, asphyxiant l’économie iranienne et entretenant la crise économique et pétrolière mondiale.

Publié le 28/04/2026


 

Si les discussions entre les deux pays n’ont pas repris, le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a multiplié les rencontres diplomatiques. Le 25 avril, il s’est rendu au Pakistan, le pays voisin qui abrite les négociations, le 26 à Oman, le sultanat qui partage avec l’Iran le détroit d’Ormuz, et le 17 à Moscou où il devait rencontrer Poutine. Loin d’être des jusqu’au-boutistes, les dirigeants iraniens, dont le pays a été attaqué par les États-Unis, se disent prêts à rouvrir le détroit d’Ormuz « en coordination avec la partie omanaise » et « en élaborant un nouveau régime juridique ». Mais ils refusent de se soumettre aux exigences américaines et conditionnent cette réouverture à un cessez-le-feu durable qui inclurait l’Iran et le Liban. Sur la question du nucléaire, ils veulent que les discussions soient reportées à une période où la paix sera rétablie.

De son côté, Trump a continué de lancer des formules à l’emporte-pièce telles que « nous avons toutes les cartes en main, nous avons fait du très bon boulot et nous allons gagner ». Ce triomphalisme masque un relatif échec : malgré les rodomontades de Trump, le régime iranien a résisté à 40 jours de bombardements avec pour conséquence de faire flamber le prix du pétrole, jusqu’aux États-Unis, et de frapper l’économie mondiale en bloquant les transports dans le détroit d’Ormuz. Pour autant, le blocus américain, qui empêche l’Iran d’exporter son pétrole et de s’approvisionner par la voie maritime – 38 navires auraient été contraints de faire demi-tour vers des ports iraniens en dix jours – a de très lourdes conséquences dans le pays. En plus des infrastructures et des usines détruites, du chômage forcé sans indemnité, la population iranienne subit une forte inflation. Quant au régime, il ne peut plus encaisser les milliards de dollars de ses ventes de pétrole à la Chine et à d’autres pays d’Asie.

On ne peut savoir quelles seront les prochaines étapes du bras de fer en cours. D’un côté, Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu après l’échec du premier round de négociations. Il montre ainsi qu’il ne souhaite pas reprendre tout de suite la phase militaire de la guerre, à cause du coût financier de celle-ci et de son impopularité aux États-Unis, à quelques mois des élections de mi-mandat. Mais, de l’autre, il ne renonce pas à se prévaloir d’une victoire contre l’Iran. Trump a aussi dû admettre que des bombardements aériens, si cruels soient-ils pour la population iranienne, n’ont pas suffi à faire tomber le régime, sans même parler de provoquer le soulèvement populaire que certains de ses proches ou conseillers lui avaient abusivement promis.

Au-delà du personnage de Trump et de ses frasques, l’impérialisme américain est déterminé à affaiblir coûte que coûte les régimes qui ne lui obéissent pas au doigt et à l’œil. Le pouvoir iranien reste une cible du fait de son histoire, du soutien militaire qu’il a jusqu’à récemment accordé au Hezbollah libanais, au Hamas de Gaza ou aux houthis du Yémen, comme des alliances économiques et politiques qu’il entretient avec la Russie ou la Chine. Que cela aggrave le chaos au Moyen-Orient, provoque une crise économique et crée les conditions d’une guerre générale n’arrêtera pas les dirigeants de l’impérialisme.

                                                   Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3013)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui dimanche 3 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;

-lundi 4 mai : gare du Val, de 6 h.45 à 8 h.15 ;

- de 17 à 19 heures 30 devant Intermarché ;

-mercredi 6 mai : de 6 h.30 à 8 h.15 entrée de l’hôpital d’Argenteuil ;

-jeudi 7 mai : de 7 h. à 8 h.30 : gare d’Argenteuil.

À suivre

lundi 30 mars 2026

Moyen-orient : L’armée française en guerre

 L’armée française en guerre

Macron, ses ministres et leurs porte-parole nuancent leurs prises de position sur la guerre en cours dans le Golfe en fonction des besoins.

Publié le 25/03/2026

Pour le grand public, celui qui écoute les actualités, qui redoute la guerre et, éventuellement, qui vote, le gouvernement évoque la défense des ressortissants français. Il souligne que Trump ne demande l’avis de personne. Macron parle de n’intervenir que lorsque les hostilités auront cessé et prêche pour la paix universelle, le respect du droit et toute cette sorte de choses.

Sur la scène diplomatique, le ton change quelque peu. Les grandes puissances européennes, France en tête, ont signé le 19mars une déclaration commune, accusant lIran de bombarder des pays innocents, de menacer la paix du monde et dinterrompre le commerce mondial. Le texte ne comprend en revanche pas un mot pour condamner l’intervention conjointe États-Unis-Israël, ces deux pays n’étant même pas cités. On ne peut plus clairement choisir son camp et se préparer à intervenir du côté américain.

Sur le terrain, c’est encore plus net. L’armée française participe de fait déjà aux combats. Tous les jours, des avions Rafale s’envolent, armés et prêts à tirer. Ils auraient, d’après les autorités militaires, déjà abattu des dizaines de drones et de missiles iraniens. Les systèmes de détection français, radars, satellites ou embarqués repèrent les tirs venus d’Iran. Et qui sait s’ils ne guident pas ceux allant vers l’Iran ?

Le ministère des Armées recense ainsi les forces françaises dans la région. Les 900 hommes cantonnés à Abou Dhabi, répartis entre la base navale, la base aérienne et les blindés, sont les plus directement concernés. Il y aurait désormais douze Rafale et le personnel requis sur place. Il y a aussi 600 hommes, des blindés et dix Rafale en Irak, au titre de l’opération Chammal de lutte contre Daesh. Il y a des conseillers au Liban, les 1 500 militaires de la base de Djibouti, le groupe aéronaval autour du porte-avions en Méditerranée orientale, d’autres navires encore dans l’océan Indien. Il y a, mais le ministère ne les recense pas, tous les spécialistes et formateurs qui accompagnent les engins vendus par des industriels français aux armées des pays du Golfe, des Rafale aux frégates, des radars aux missiles, des canons aux véhicules blindés. Il y a enfin tous ceux aux missions plus obscures qui existent pourtant et sont sous les armes. Un soldat des forces françaises a été tué en Irak, d’autres ont été blessés, mais qui dira sur qui ou sur quoi tirent aujourd’hui les forces françaises ?

L’armée française a d’ores et déjà dépensé dans ses opérations prétendument défensives de quoi rénover bien des collèges et embaucher nombre d’infirmières : elle tire des missiles à 1million deuros lunité et chaque heure de vol de Rafale est facturée 20 000euros. En opération, le Charles-de-Gaulle coûte un million d’euros par jour, dépensant donc en dix jours ce que l’État verse chaque année aux associations de sauveteurs en mer. Ce n’est probablement qu’un début, car l’armée française sera inévitablement entraînée en cas d’élargissement du conflit. L’état-major s’y prépare déjà et la classe politique fourbit sa propagande guerrière et ses arguments patriotiques.

L’invocation de la défense de la démocratie, toujours frauduleuse venant de l’armée française, est carrément risible lorsqu’elle s’applique aux dictatures théocratiques et moyenâgeuses du Golfe, qui n’ont rien à envier à celle de l’Iran. Le respect des traités et du droit, par une ex-puissance coloniale, est tout aussi mensonger. Les traités de défense mutuelle avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis sont l’expression diplomatique des liens économiques et militaires entre les financiers et les industriels français et leurs homologues du Golfe. C’est la garantie de leurs bénéfices mutuels, chiffrés en milliards d’euros. En même temps que l’ordre impérialiste en général, ce sont ces bénéfices que l’armée française défend là-bas, en même temps d’ailleurs qu’elle les arrondit.

                                                   Paul Galois (Lutte ouvrière n°3008)