Budget 2026 : la
santé sacrifiée
Contre les malades,
Lecornu entend visiblement faire plus fort que Bayrou. L’un des prétextes
invoqués par son gouvernement est que le projet de budget de la Sécu pour 2026
doit compenser le « coût » de la suspension de la réforme des retraites, soit
400 millions.
Publié le 22/10/2025
En réalité, suspension
ou pas, il s’agit d’économiser le plus possible sur le budget de la Sécurité
sociale pour que, tout en réduisant le déficit de l’État, celui-ci puisse
continuer à financer les dépenses en faveur du patronat ainsi que
l’augmentation des budgets militaires.
Le texte gouvernemental
prévoit ainsi de limiter la hausse des dépenses d’assurance maladie à 1,6 %,
alors qu’elles progressent naturellement chaque année d’environ 4 %, poussées
notamment par le vieillissement de la population. Selon les organisations des
établissements de santé publics et privés, cela reviendra à « la pire cure
d’économies sur l’hôpital depuis 2010 ». Alors que le sous-effectif est
déjà catastrophique dans bien des établissements, ces organisations estiment
qu’avec le budget prévu, il leur manquera 1,1 milliard d’euros, soit
l’équivalent de 20 000 postes d’infirmiers.
Le budget de Lecornu
prévoit aussi de réaliser sept milliards d’économies sur la santé des malades
en puisant dans leurs poches. Cela comprend des mesures déjà annoncées, comme
la hausse des franchises médicales, du reste à charge pour les patients sur les
consultations, les médicaments et les dispositifs médicaux (pansements,
béquilles, orthèses, etc.) délivrés en pharmacie, ou encore la limitation de la
durée d’un premier arrêt maladie.
Mais, parmi les potions
amères qu’il veut faire avaler à la population, Lecornu apporte sa touche
personnelle, comme l’application d’une franchise lors des soins chez le
dentiste. Il est aussi question d’une taxation supplémentaire des complémentaires
santé, de cotisations patronales sur les tickets repas et œuvres des CSE, ou
encore d’une surcotisation sur les dépassements d’honoraires des médecins ;
autant de mesures que les médecins, les patrons et les complémentaires se
chargeront de répercuter sur les patients et les salariés.
Parmi les nouveautés, il
y a des mesures contre les patients, en « affection de longue durée » (ALD),
comme ceux souffrant d’un cancer ou en rémission après celui-ci. Il est aussi
question de faire payer un impôt sur le revenu sur leurs indemnités
journalières en cas d’arrêt de travail, ce qui rapporterait au budget
800 millions, autant que les malades toucheront en moins. En ALD, ceux-ci
seraient dorénavant redevables des franchises médicales, la facture pouvant atteindre
maintenant 350 euros par an, non pris en compte par les complémentaires.
Toujours pour ces malades, les médicaments à faible service médical rendu ne
seraient plus intégralement pris en charge, et la même logique serait appliquée
aux cures thermales.
Pour faire passer une
telle offensive contre les malades et le système de santé, le gouvernement
compte sur les « oppositions », à l’extrême droite comme à gauche, et leur sens
des responsabilités… vis-à-vis de la bourgeoisie qui ne veut plus d’instabilité
gouvernementale.
Serge Benham (Lutte ouvrière n°2986)
Les prochaines permanences et
rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-vendredi 24 octobre :
- carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;
-samedi 25 octobre, de 10 h.30 à midi, centre
commercial de la cité Joliot-Curie ;
-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 26 octobre, de 11 h. à midi au marché
Héloïse ;