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dimanche 23 novembre 2025

Chili : l’extrême droite vers le pouvoir ?

Chili : l’extrême droite vers le pouvoir ?

À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle du 16 novembre au Chili, la défaite de la gauche, actuellement au pouvoir, semble se dessiner pour le second tour, prévu dans un mois.

Publié le 19/11/2025


Jeannette Jara, membre du Parti communiste, mais candidate de la coalition Unité pour le Chili regroupant neuf partis et classée au centre gauche, est arrivée en tête. Avec 26,7 % des voix, elle dépasse le candidat d’extrême droite, José Antonio Kast, qui a en recueilli 24,1 %. Mais ce dernier est largement favori pour le deuxième tour, le total des voix des candidats de droite et d’extrême droite atteignant 70 %.

C’est la troisième candidature de Kast, ce rejeton d’un nazi réfugié au Chili après la guerre, qui s’est longtemps réclamé ouvertement de la dictature de Pinochet. Il avait cette fois mis un peu d’eau dans son vin, ce qui a permis à un autre candidat d’extrême droite, le « libertarien » Johannes Kaiser, de le doubler dans le radicalisme, allant jusqu’à promettre l’interdiction du Parti communiste. Les deux se sont rencontrés au soir du premier tour.

Avec l’aide des grands médias privés, toute la campagne a tourné autour de l’insécurité et de l’immigration, vénézuélienne en particulier, accusée de tous les maux. Tous les partis, y compris la gauche, sont allés dans le même sens. Il y a un mois, les médias retransmettaient les images de l’actuel président de gauche, Gabriel Boric, survolant fièrement le désert d’Atacama vers la frontière nord dans un hélicoptère de l’armée, pour aller inspecter le système de surveillance par drones qui vise à empêcher le passage des migrants.

Après l’explosion sociale de 2019, qui avait effrayé la bourgeoisie chilienne et fait en partie reculer le président de droite de l’époque, l’ensemble des partis de gauche avait entrepris de détourner les aspirations sociales vers un processus complexe d’élaboration d’une nouvelle Constitution censée changer le sort de la population. Gabriel Boric, ancien syndicaliste étudiant, avait été largement élu en 2021. Mais le processus illusoire de réforme constitutionnelle s’est ensuite dégonflé lamentablement, et le gouvernement Boric a déçu ceux qui en attendaient quelque chose. Retraites de misère, précarité du travail, salaires qui ne suivent pas l’inflation, tout a continué à empirer. La presse évoque les très maigres réformes favorables à la population, mais toutes ont été faites de façon que le patronat y trouve son compte. Ainsi, la baisse de la durée légale du travail hebdomadaire de 45 à 40 heures a été négociée en échange de plus de flexibilité, laissant aux patrons la possibilité d’aller quand ils le souhaitent jusqu’à 52 heures.

Le salaire minimum a été réévalué, passant de 325 euros à 492 mais, dans le même temps, les prix des produits alimentaires ont fortement augmenté, de 80 à 100 % pour les œufs, l’huile, le riz, et de près de 200 % pour la pomme de terre. La baisse de l’inflation en 2025 n’a pas permis aux plus pauvres de retrouver du pouvoir d’achat.

La candidate de la gauche, la communiste Jeannette Jara, était ministre du Travail et de la Protection sociale du gouvernement Boric. Seule responsable politique à venir de milieux réellement populaires, elle a suscité un temps un certain enthousiasme. Cela lui a encore permis de remporter, en juin, les primaires organisées par la gauche en vue de l’élection présidentielle, mais ne suffisait pas à compenser la déception causée par l’ensemble de la politique du gouvernement. Élue dans ses primaires avec un langage « de gauche », elle a passé ensuite tous ses temps d’antenne à démentir les illusions qu’elle avait semées.

Cherchant surtout le soutien des courants les plus droitiers de la coalition Unité pour le Chili, Jeannette Jara a pris ses distances vis-à-vis de son propre parti et s’est placée, comme les autres candidats, sur le terrain démagogique de la sécurité et de la fermeture des frontières. Elle pourra se présenter au deuxième tour comme la défenseure de la démocratie face à une extrême droite admiratrice du président argentin Milei et héritière de Pinochet. Ce duel rappelle celui de 2021, lors duquel Boric, qui affrontait déjà Kast, l’avait emporté. Mais, depuis, les conditions de vie des pauvres et des travailleurs n’ont fait qu’empirer, l’extrême droite s’est considérablement renforcée et la gauche actuellement au pouvoir pourrait payer le prix des désillusions dont elle est responsable.

                                                           Antoine Ferrer (Lutte ouvrière n°2990)

 

lundi 13 octobre 2025

À gauche : prêts à servir le capital

 À gauche : prêts à servir le capital

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, l’a de nouveau affirmé : il répondra « positivement » si le PS est appelé à Matignon.

Publié le 08/10/2025

Cette option a semblé se rapprocher depuis que, le 7 octobre au soir, Élisabeth Borne a suggéré, dans les colonnes du Parisien, la « suspension » de la réforme des retraites qu’elle avait pilotée. C’est en effet la condition avancée par le PS pour sa collaboration à l’éventuel nouveau gouvernement.

« Il y a une sortie de crise possible, c’est qu’enfin, monsieur Macron nomme un Premier ministre de gauche, qu’il permette à des responsables de gauche de mettre en place des mesures qui répondent aux besoins des Français », a ajouté Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français.

Le 7 octobre, après une première réunion regroupant Les Écologistes et La France insoumise, mais sans le PS ni le PCF, une autre débutait. Cette fois sans LFI, cette réunion regroupait le Parti socialiste, Les Écologistes et le PC. En fait, tous les partis de gauche se proposent depuis des mois pour gouverner. Si, à la différence du PS, le parti de Mélenchon appelle à la dissolution et à la démission de Macron et ne propose pas ses services tout de suite, c’est en espérant être dans une meilleure situation plus tard pour parvenir au gouvernement.

En réalité, tous ces responsables politiques de gauche proposent un plat agrémenté de promesses de justice sociale que les travailleurs ont déjà goûté. Fabien Roussel, partisan d’un gouvernement de coalition, propose par exemple une baisse de la CSG pour augmenter le pouvoir d’achat, « sans pénaliser » les entreprises, précise-t-il. C’est avouer qu’il n’a aucunement l’intention de s’en prendre aux profits des patrons.

Comment croire que ces partis de la gauche officielle mèneraient une politique différente de celle de la droite et de Macron alors qu’ils ne l’ont pas fait lorsqu’ils étaient au gouvernement, avec un président issu de leurs rangs et la majorité à l’Assemblée ? Sous Mitterrand, ils ont imposé le blocage des salaires, et les licenciements dans les entreprises nationalisées. Le gouvernement Rocard a institué de nouveaux impôts, comme la CSG et la CRDS. Celui de Jospin a lancé une vague de privatisations. Le président Hollande a décidé des aides au capital, lui qui s’était déclaré l’ennemi de la finance.

Les dirigeants de la gauche voudraient bien pouvoir remettre en marche une machine à illusions dont on a vu les effets. Les espoirs que nombre de travailleurs avaient mis en eux et qu’ils ont trahis ont entraîné leur démoralisation et favorisé ainsi la montée de l’extrême droite. Mais cette expérience est là, et beaucoup ne l’ont pas oubliée.

Il n’y a pas de sauveur suprême, comme le dit L’Internationale, le chant des travailleurs. Ceux-ci doivent refuser de confier leur sort à des partis de gouvernement qui, de la gauche au RN, se prosternent devant la loi du profit et qui, une fois au pouvoir, servent le grand capital.

                                                              Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2984)

jeudi 6 mars 2025

L’union sacrée en marche

L’union sacrée en marche

Les députés ont eu à débattre, mais pas à voter, sur la politique du gouvernement après le renversement d’alliance en Ukraine consécutif à l’arrivée de Trump à la présidence des États-Unis.

Publié le 05/03/2025

Il y eut d’abord le touchant discours de Bayrou, un sanglot digne d’un premier communiant qui n’aurait pas été scolarisé à Notre-Dame de Bétharram et qui découvrirait la brutalité du monde. Ainsi l’arrivée de Trump et son altercation avec Zelensky signifieraient «la fin de la loi du plus juste et lentrée dans le règne de la loi du plus fort» . Bayrou joue les naïfs alors qu’il est le Premier ministre du pays de Louis XIV et de Napoléon, ex-puissance coloniale, une contrée où l’on a fusillé les ouvriers grévistes, les travailleurs insurgés et dont l’armée a écrasé les peuples en révolte. Sans oublier que la France est un État allié de tous les massacreurs du monde, ami et serviteur des rapaces de la finance et de l’industrie prêts à détruire la planète et ses habitants pour quelques sous. Il faut toute la servilité de la gent politique et médiatique pour ne pas rire devant cette sortie ridicule.

C’est donc au nom de la paix que Bayrou réclame toujours plus d’armes, plus de sacrifices et plus de courage pour aller voler les terres rares ukrainiennes. Il a été suivi par ses alliés politiques de la droite et du centre et rejoint, sans surprise, par les orateurs du PS et des écologistes plus va-t-en guerre que jamais.

Le RN s’est, lui, opposé au spectre inconsistant d’une armée et d’une bombe européennes pour mieux approuver la réalité de l’économie de guerre proposée par Macron et Bayrou. LFI et le PCF ont quant à eux plaidé, une fois de plus, pour une armée, une industrie de guerre et un budget militaire réellement et complètement français. Ils ne veulent pas en effet mourir, ou plutôt envoyer des gens à la mort pour le roi de Prusse, mais exclusivement pour Dassault, Thalès et Naval Group…

D’une façon ou d’une autre, les partis de gouvernement ont ainsi œuvré à glorifier l’État et ses moyens militaires, c’est-à-dire l’arme indispensable à la défense des capitalistes français, par les subventions aujourd’hui, par la guerre demain.

                                                 Paul Galois (Lutte ouvrière n°2953)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Demain vendredi 7 mars, de 15 h.30 à 16 h.15, marché du Val ;

-de 16 h.45 à 17 h.30, entrée de la mairie ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 8 mars : de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

Dimanche 9 mars, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 10 mars, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

 

dimanche 23 février 2025

Guerre en Ukraine : la gauche au garde-à-vous derrière Macron

Union sacrée tricolore d’un côté, union des travailleurs de tous les pays de l’autre

 


 

Les dirigeants des partis politiques ont été convoqués à l'Élysée pour s'entretenir avec Macron et le chef d’état-major des armées sur la nouvelle donne créée par l'ouverture de pourparlers entre la Russie et les États-Unis. À l'unisson avec la droite, tous les partis de gauche, Verts, PCF, PS, FI, ont approuvé pleinement ou à demi-mot les déclarations de Macron qui soulignent la nécessité d'augmenter les budgets militaires en Europe et envisagent l'envoi de troupes en Ukraine à l'avenir.

Les intérêts des travailleurs d'Europe sont à l'opposé de cette union sacrée tricolore qui se prépare pour nous faire avaler de nouveaux sacrifices et engraisser les marchands de mort.