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mercredi 6 mai 2026

Argenteuil, Manuel Vals et L’affaire Abdallah, quand il y a une mauvaise carte à jouer…

 

Au service total de la bourgeoisie française et de l’impérialisme

 

 

Le documentaire de Pierre Carles sur les évènements qui ont conduit le militant anti-impérialiste Georges Ibrahim Abdallah à rester plus de 40 ans en prison a été projeté durant plusieurs séances ces jours derniers à Argenteuil. Voir ci-dessous ce que notre hebdomadaire Lutte ouvrière en écrit dans sa dernière livraison. C’est à voir absolument, et nous espérons qu’une nouvelle projection aura lieu prochainement dans la Ville.

         À la fin du documentaire, nous retrouvons une « personnalité » qui a marqué pour le pire l’histoire de la gauche locale à Argenteuil, Manuel Valls. En 2012, il est ministre de l’Intérieur et il va contribuer à ce qu’une nouvelle demande de liberté conditionnelle pour Georges Ibrahim Abdallah soit une nouvelle fois rejetée. Il est vrai que dans cette affaire, il se trouve aux côtés de Hollande et de Fabius qui, interrogés dans le documentaire, ne se souviennent plus…

         Comme je le disais dans le titre, quand il y a une mauvaise carte à jouer, le carriériste forcené qui passa par Argenteuil dans les années 1980-1990, fut toujours là. DM

 

À voir : “l’affaire Abdallah”

Un documentaire de Pierre Carles, visible dans quelques cinémas car les télévisions l’ont refusé, retrace le long combat de Georges Ibrahim Abdallah pour sortir des prisons françaises où il a passé plus de 40 années de sa vie.

Publié le 28/04/2026

Militant des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), qui combattaient dans les années 1970-80 pour la libération de la Palestine, Georges Abdallah, arrêté en 1984, condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour complicité dans l’exécution d’un responsable des services israéliens et d’un attaché militaire américain, a été maintenu dans les geôles de la république française jusqu’au 7 juillet 2025.

Si le documentaire permet d’entrevoir la force de caractère d’un militant qui s’affirme communiste et qui n’a jamais renié ses convictions, il est surtout instructif sur le fonctionnement de l’appareil d’État français et sa subordination aux exigences des dirigeants américains. Il jette une lumière crue sur le comportement des ministres et des présidents successifs ainsi que sur les journalistes vedettes des années 1980. Confrontés en 1986 à une vague d’attentat à Paris, les ministres de Chirac, Pasqua et Pandraud, ont fait circuler la thèse invraisemblable que ces attentats étaient dus aux frères de Georges Abdallah. Ce mensonge d’État pourtant éventé a lourdement pesé sur le verdict.

À partir de 1999, Georges Abdallah s’est heurté à l’acharnement de l’État français qui sous la pression des États-Unis a refusé toute libération conditionnelle. Le documentaire souligne le cynisme sans borne des hommes d’État de la bourgeoisie avec une palme pour les socialistes Fabius, Valls et Hollande.

                                                   Xavier Lachau  (Lutte ouvrière n°3013

samedi 28 mars 2026

Gauche : éclatée façon puzzle

Gauche : éclatée façon puzzle

À peine les urnes rangées, le petit monde politique et médiatique s’est relayé pour expliquer que les accords conclus entre des listes de gauche et LFI avaient conduit à l’échec et même repoussé un électorat hostile au « radicalisme » de La France insoumise.

Publié le 25/03/2026

 

Depuis des mois, la droite au sens large, du gouvernement à Retailleau en passant bien évidemment par le RN, fait campagne pour mettre à l’index LFI, accusée d’encourager la violence politique et d’être antisémite. Cela lui a permis de réintégrer le RN dans la « grande famille des droites » et de diviser la gauche, bien sûr dans le sens de ses intérêts électoraux.

Les dirigeants du PS ne se sont pas fait prier pour emboîter le pas à la droite et stigmatiser LFI, même si l’entre-deux-tours a contraint Olivier Faure à quelques contorsions, refusant tout accord national mais acceptant en fait des accords locaux et des fusions « techniques » avec un parti qu’il qualifie d’antisémite. Retailleau a pu alors dénoncer des « accords de la honte » et Bardella s’est payé le luxe d’appeler, depuis « l’arc républicain », à faire « barrage à la gauche, alliée de l’extrême gauche ».

Au lendemain du deuxième tour, qui a vu de grandes métropoles rester aux mains de la gauche mais plusieurs villes importantes, comme Brest ou Clermont- Ferrand, basculer à droite, la cacophonie règne chez les dirigeants de gauche. Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, a affirmé : « La France insoumise nous a fait perdre », tandis que le secrétaire du PS, Olivier Faure, accusait LFI d’être le « boulet de la gauche ». Quelques voix timides s’élèvent pour faire remarquer que, s’il faut avoir la peau de LFI, il faudrait quand même réussir à attirer ses électeurs en vue de la présidentielle de 2027. Or LFI a effectivement attiré des électeurs dans les quartiers populaires et séduit une partie de la jeunesse touchée par les injustices et la montée du racisme et révoltée par le sort des Palestiniens.

Mélenchon n’est pourtant pas un révolutionnaire et son parti se défend d’être d’extrême gauche. Il vient d’ailleurs de saluer en Jospin « l’homme de l’alliance rouge, rose, vert ». Le fait que la droite parvienne à faire de LFI, qui revendique son réformisme, un épouvantail révolutionnaire que les notables du PS considèrent avec effroi, marque l’évolution droitière de tout un personnel politique au service du patronat grand et petit. Ce dernier, par la voix de représentants locaux du Medef, a d’ailleurs pris position, à Toulouse, Poitiers ou Limoges, contre les listes de gauche fusionnées avec LFI, expliquant qu’il craignait la mise en place de « laboratoires de décroissance » et une « explosion de la fiscalité ».

Pour le patronat, il n’est pas question de laisser, même un mitterrandien revendiqué comme Mélenchon, dire qu’une miette d’argent public pourrait être consacrée à autre chose qu’aux « projets structurants », c’est-à-dire aux dépenses pouvant lui profiter. Il y a là de quoi déboussoler un Parti socialiste fort attentif à son image de parti de gouvernement soucieux de bien servir la bourgeoisie, y compris en y sacrifiant ses intérêts électoraux.

                                                 Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3008)

 

jeudi 19 mars 2026

Deuxième tour : les calculs du PS et de LFI

Deuxième tour : les calculs du PS et de LFI

Après avoir répété pendant des mois que LFI était infréquentable, Olivier Faure, secrétaire du PS, a dû se contorsionner. Il a affirmé au soir du 15 mars « il n’y aura pas d’accord national entre le PS et LFI », mais laissé la porte grande ouverte pour des tractations au niveau local en vue du second tour des élections municipales.

Publié le 18/03/2026

Les responsables locaux du PS ont bien compris le problème car, malgré – ou peut-être grâce à – la campagne d’ostracisation qu’elle a subi de la part d’un large front allant du RN jusqu’au PS, LFI a réalisé de bons scores dans plusieurs grandes villes et des banlieues populaires. Sa dénonciation du massacre à Gaza, son refus d’aider le gouvernement à passer son budget, à la différence du PS qui a voulu se montrer responsable en évitant une nouvelle dissolution, et peut-être même les formules provocatrices de Mélenchon ont visiblement apporté des électeurs à LFI, en particulier dans la jeunesse et parmi les classes populaires issues de l’immigration.

Ainsi, sur fond de forte abstention, LFI a gagné Saint-Denis dès le premier tour. Elle est arrivée en tête des listes de gauche à Roubaix, La Courneuve, Toulouse. Avec des scores au-dessus de 10 %, elle pouvait se maintenir dans 96 communes dont Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nantes ou Strasbourg. Dans toutes ces villes, la question des alliances entre LFI, qui récuse le qualificatif d’« extrême gauche » que lui a collé le ministère de l’Intérieur, et le reste de la gauche emmenée par le PS ou les écologistes, plus rarement le PCF, s’est immédiatement posée.

De nombreux dirigeants du PS, après avoir accusé Mélenchon et LFI d’encourager la violence politique et l’antisémitisme, n’hésitent pas à les réintégrer dans ce qu’ils appellent « l’arc républicain » car il s’agit maintenant de sauver leurs mairies. Ainsi à Toulouse, la liste du PS s’est intégrée à celle de LFI, tandis qu’à Nantes et Clermont-Ferrand, LFI a fusionné avec la liste dirigée par le PS. À Lyon, l’accord s’est conclu entre LFI et les écologistes, avec l’aval du PS présent dans la même liste. À l’inverse, à Paris et Marseille, les chefs de file du PS ont refusé toute alliance, et jouent les vertueux qui refusent « la tambouille électorale ». En fait ils font surtout le pari qu’ils ont ainsi plus de chances de gagner les voix des électeurs centristes qui ne veulent pas de la victoire de Rachida Dati à Paris ou du RN à Marseille, mais que la proximité avec LFI pourrait effrayer.

Si ces arrangements peuvent être approuvés par des électeurs qui craignent que leur ville bascule à droite ou à l’extrême droite, ils ne sont motivés que par les calculs des appareils et des politiciens. C’est évident pour ceux du PS, dont le retournement est spectaculaire. Mais les dirigeants de LFI ont les mêmes préoccupations. Ils tiennent eux aussi à avoir le maximum d’élus, à la fois pour montrer leur force en vue de la présidentielle de 2027 et pour disposer de maires et de conseillers municipaux permettant d’obtenir des sénateurs lors du renouvellement prévu en septembre prochain. Après avoir remis en selle, en 2024, l’ex-président Hollande, puis les ministres macronistes Darmanin ou Borne, réélus avec les voix du NFP sous prétexte de faire barrage au RN, tous se préparent à gouverner, aujourd’hui dans les municipalités, demain à l’échelle de l’État, en respectant et en servant les intérêts de la bourgeoisie.

                                                         Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3007)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Vendredi 20 mars : de 15 heures à 16 heures, marché du Val-Nord - Et de 17 h.15 à 18 heures 15 au carrefour Babou.

Samedi 21 mars : -de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux,

-de 11 h. à midi au marché de la Colonie,

-de 10 h.30 à midi, centre commercial Joliot-Curie.

Dimanche 22 mars, de 10 h.30 à 11 h.30, marché Héloïse.