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dimanche 12 juillet 2026

Macron : au marché à Damas

 Macron : au marché à Damas

Publié le 08/07/2026

Visite annoncée la veille du départ, lunettes d’aviateur et accolades avec le dirigeant syrien Ahmed al-Charaa : pour la première visite à Damas d’un chef d’État européen depuis la chute de Bachar el- Assad, Macron a joué son rôle de représentant de commerce des capitalistes français, attirés par le marché de la reconstruction.

Macron a multiplié les discours sur la paix et la souveraineté de la Syrie qui, pour les dirigeants français, signifie surtout le retour d’un pays ouvert aux investissements étrangers. Le président était bien sûr accompagné d’une délégation de chefs d’entreprise. CMA CGM a profité du voyage pour signer un contrat de fret aérien, après avoir obtenu le renouvellement pour trente ans de sa concession du terminal à conteneurs du port de Lattaquié en 2025, puis l’exploitation de deux plateformes logistiques en mai dernier. Airbus négocie la vente de huit avions à l’État syrien. TotalEnergies, Thales et d’autres patrons ont participé au forum économique franco-syrien organisé à cette occasion.

Après quinze années de guerre, la Syrie est ravagée. Routes, réseaux d’eau et d’électricité, hôpitaux ou usines sont à reconstruire. Les besoins sont évalués à 216 milliards de dollars par la Banque mondiale, dont 7 milliards pour le seul réseau électrique. Depuis la levée de l’essentiel des sanctions occidentales, les multinationales américaines, turques, chinoises ou des monarchies du Golfe se disputent ce marché, qui reste encore largement virtuel vu l’absence de moyens financiers de l’État syrien. Macron est venu aider les capitalistes français à y prendre leur place.

Il renoue ainsi avec une vieille tradition, car les intérêts français en Syrie sont anciens. Les gouvernements français ont longtemps entretenu de bonnes relations avec la dictature d’Hafez el-Assad et, en 2008 encore, Sarkozy avait invité son fils et successeur Bachar el-Assad au défilé du 14 juillet. Pendant toute la guerre, CMA CGM a conservé sa concession du port de Lattaquié. Lafarge a financé indirectement l’organisation État islamique pour maintenir en activité sa cimenterie de Jalabiya, avant d’être condamné par la justice. TotalEnergies, qui était l’un des principaux producteurs de gaz et de pétrole dans le pays, a dû suspendre ses activités pour se conformer aux sanctions européennes contre le régime ; son PDG Pouyanné est en discussion pour un contrat d’exploration offshore, première étape d’un retour du groupe dans le secteur énergétique syrien.

Face aux dizaines de milliards que ces multinationales rêvent d’encaisser, les 50 millions d’euros saisis par la justice française à la famille Assad, dont Macron a annoncé la restitution à la Syrie, sont dérisoires.

Pour les Syriens, les ruines sont le résultat de quinze années de guerre. Pour les grandes puissances et leurs multinationales, elles sont un marché à conquérir.

                                                                  Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3023)

vendredi 14 novembre 2025

Syrie : Al-Charaa adoubé par Trump

 

« Adoubement d’ex-djihadiste ? S’ils aident l’impérialisme… »

 

 

« Un honneur de passer du temps avec vous », s'est félicité Donald Trump en recevant le dirigeant syrien Ahmed Al-Charaa à la Maison Blanche. Il y a encore un an, les États-Unis promettaient une récompense de 10 millions de dollars pour éliminer Al-Charaa, alias Al Joulani, passé par les prisons américaines et il n’y a pas si longtemps djihadiste.

         Entre temps, il s’est imposé à la tête de la Syrie. Il a troqué sa tenue de combat pour un costume cravate, a raccourci sa barbe et est désormais adoubé par l’impérialisme. Ce n’est pas une nouveauté : de Ben Laden aux Talibans, sans oublier le saoudien Mohammed ben Salmane, la « grande démocratie américaine » s’est bien souvent appuyée sur des djihadistes ou des religieux intégristes tant qu'ils servaient ses intérêts.

         Les classes populaires syriennes n'ont rien à attendre d’un tel dirigeant.

lundi 3 mars 2025

Sud Syrie : l’armée israélienne s’installe

 

Le gendarme de la région au profit de l’impérialisme

 

 

Le 25 février, l’armée israélienne a de nouveau mené des attaques militaires dans le sud de la Syrie faisant au moins deux morts. Cela fait suite à des centaines de raids déjà réalisés depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad. La zone au-delà du plateau du Golan, lui-même annexé par Israël en 1981, a été occupée militairement et les forces israéliennes y ont construit sept bases militaires en imposant aux habitants d’aller vivre ailleurs. Les villages syriens alentours subissent des patrouilles militaires quotidiennes. Quelques manifestations ont éclaté.

         Mépris des populations, militarisation de toute la société, le gouvernement israélien de Netanyahou joue son rôle de gendarme dans la région, avec la bénédiction des impérialismes occidentaux.

dimanche 2 février 2025

Syrie : reprise en main

 

La dictature, c’est toujours pour museler la population

 

 

Ahmed Al- Charaa, leader des milices qui ont mis fin au régime de Bachar el-Assad, devient « président pour la phase de transition en Syrie ». En même temps toutes les organisations politiques et civiles, armées ou non, qui se réclament de la « révolution » anti-Assad, sont dissoutes. 

Un régime dictatorial a pris fin pour qu’un autre, bénéficiant du soutien des grandes puissances, lui succède et s’impose d'une main de fer à la société syrienne. 

Les intérêts des pays impérialistes seront bien protégés tant que la population est muselée.