Affichage des articles dont le libellé est Eglise catholique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Eglise catholique. Afficher tous les articles

jeudi 22 mai 2025

Établissements privés catholiques : violences et loi du silence

 Établissements privés catholiques : violences et loi du silence

L’affaire Bétharram a mis sur la place publique les violences physiques, sexuelles et psychologiques au sein de cet établissement durant des décennies mais aussi dans l’ensemble de l’enseignement privé catholique.

Publié le 21/05/2025

C’est un « tsunami » d’affaires semblables à celle de Bétharram qui déferle, d’après l’actuelle commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements privés.

Chaque semaine, deux à trois collectifs d’anciens élèves se créent. Huit de leurs représentants ont livré des témoignages poignants, non seulement sur les violences perpétrées sur les enfants, mais sur l’omerta au sein de l’enseignement catholique et de l’appareil d’État.

Le collectif de Bétharram comprend aujourd’hui 2 000 membres dont 180 ont déjà déposé plainte. La fille de Bayrou a révélé avoir été rouée de coups de poing et de pied à l’âge de 14 ans par un prêtre de la congrégation. La violence n’était pas l’exception mais la règle dans nombre de ces établissements.

Un ancien élève du collège Saint-Pierre-de-Relecq-Kerhuon, près de Brest, explique que les professeurs étaient recrutés non sur leur diplôme mais sur leur accord « avec la pédagogie par les coups ». Les élèves subissaient des séries de gifles à briser les tympans, l’enfermement sous l’estrade, et les séquelles ont été terribles avec des dépressions et des suicides.

Une ancienne élève du Bon-Pasteur d’Angers témoigne de l’horreur subie par des enfants placés par la Ddass dans cette congrégation religieuse, véritable bagne. Travail forcé, des kilomètres de broderie à accomplir avant les cours et, en cas de contestation, les bonnes sœurs enfermaient les jeunes filles tondues « dans le mitard avec un matelas pourri, une couverture et un seau ». En cas de fugues, fréquentes, les autres élèves devaient poursuivre leurs camarades en s’accompagnant de bergers allemands. Selon son témoignage devant la commission d’enquête parlementaire, l’une des fugueuses, blessée, avait été retrouvée dévorée par les chiens au petit matin.

La pédophilie était une pratique courante dans nombre d’institutions privées. Alain Esquerre, le porte- parole du collectif de Bétharram, dit que « les témoignages affluent comme des égouts longtemps bouchés ». Selon lui, « tous les pères directeurs qui se sont succédé dans les années 80-90 [à Bétharram] étaient des agresseurs sexuels qui faisaient leur marché dans les dortoirs la nuit ».

Le point commun est aussi que, loin d’être dissimulés, la violence et les mauvais traitements étaient largement connus et même justifiés par la morale professée en haut lieu, non seulement dans les écoles catholiques mais bien souvent aussi publiques. Il s’agissait, à coups de martinet, de règle et de sévices variés, d’éduquer ou rééduquer la jeunesse, de lui apprendre « à respecter le maître ».

Mais la principale raison de l’impunité dont ont bénéficié ces pratiques dans l’enseignement privé est la complaisance de l’État envers l’Église catholique. 96 % de l’enseignement privé en France est catholique, la plupart de ces établissements étant sous contrat, et l’État payant donc le salaire des enseignants. Le contrôle de ces institutions par l’État est inexistant ou de pure forme. Ainsi, le prêtre pédophile directeur de Bétharram accusé de viol en 1998 avait pu tranquillement partir au Vatican au bout de quinze jours.

L’Église est pour la classe dominante un soutien de l’ordre établi, prêchant la soumission ici-bas et le paradis aux pauvres… après leur mort. Cela vaut à l’enseignement catholique une place que les gouvernants privilégient, en fermant les yeux sur tous ses abus.

                                                  Christian Bernac (Lutte ouvrière n°2964)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Vendredi 23 mai, de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-Samedi 24 avril : de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

Dimanche 25 mai, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 26 mai, de 18 à 19 heures, centre commercial de la cité des Raguenets de Saint-Gratien.

dimanche 27 avril 2025

Trotsky et les miracles. Avec une pensée personnelle pour la relique locale.

Miracles de la technique et sorcellerie papale

Publié le 23/04/2025

 

« L’année dernière, avec Natalia, nous avons été à Lourdes. Quelle grossièreté, quelle impudence, quelle vilenie ! Un bazar aux miracles, un comptoir commercial de grâces divines. La grotte elle- même fait une impression misérable. C’est naturellement là le calcul psychologique des prêtres : ne pas effrayer les petites gens par les grandioses dimensions de l’entreprise commerciale : les petites gens craignent une vitrine trop magnifique. En même temps ce sont les plus fidèles et les plus avantageux acheteurs.

Mais le meilleur de tout, c’est cette bénédiction du pape, transmise à Lourdes… par la radio. Pauvres miracles évangéliques, à côté du téléphone sans fil !…. Et que peut-il y avoir de plus absurde et de plus repoussant que cette combinaison de l’orgueilleuse technique avec la sorcellerie du super-druide de Rome ! En vérité la pensée humaine est embourbée dans ses propres excréments. »

Trotsky, Journal d’exil, à la date du 29 avril 1935

                                                                            Lutte ouvrière n°2960

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui dimanche 27 avril, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

 

samedi 26 avril 2025

L’Abbé Pierre : L’Église, mais aussi la République, ses médias et tous les débitants de conformisme social ont les héros qu’ils méritent

Abbé Pierre : “la fabrique d’un saint”

En 2007, à la mort de l’abbé Pierre, les milieux et publications catholiques posaient la question de sa béatification.

Publié le 23/04/2025

L’abbé n’était-il pas un témoin vivant de la foi, un bienfaiteur des pauvres, un combattant dévoué de la fraternité et de la charité, la personnalité la plus aimée des Français, le sujet d’un film et d’innombrables articles, livres, émissions hagiographiques ?

Tout président se sentait tenu de lui rendre périodiquement visite, tout personnage en vue d’être photographié à ses côtés. Pour ficeler la sainteté, il n’aurait manqué qu’un miracle certifié et un coup de pouce du Pape. Hélas, après quelques années, un coin du suaire s’est levé et la justice a eu à connaître des plaintes de nombreuses femmes ayant subi les agressions de l’abbé, depuis ses pénitentes jusqu’à ses infirmières. Puis, de plainte en plainte, on a su que ses proches, ceux qui faisaient fonctionner son association devenue une véritable institution, ne pouvaient ignorer son comportement, et donc le couvraient en toute connaissance de cause.

Deux journalistes qui ont voulu en avoir le cœur net sont allées consulter les archives, y compris celles du Vatican. Il ressort de leur livre Abbé Pierre, la fabrique d’un saint, paru le 17 avril, que non seulement le Vatican était parfaitement au courant (depuis 1955 !) mais que, tout en gardant le secret, il en avait averti le clergé français. Il apparaît aussi que l’abbé était, à vrai dire comme nombre de catholiques de sa génération, non seulement un pétainiste mais un antisémite bon teint. En outre l’abbé gérait personnellement et sans aucun contrôle une bonne partie des fonds collectés par son association. Pour ses œuvres, disait-il… œuvres de chair, peut- être.

Le Vatican a rapidement refermé ses archives, le clergé français n’a pas ouvert les siennes et tout ce petit monde continue à vouloir laver son linge sale en famille. L’Église, mais aussi la République, ses médias et tous les débitants de conformisme social ont les héros qu’ils méritent ou plutôt qu’ils fabriquent à l’usage du bon peuple.

                                                        Paul Galois (Lutte ouvrière n°2960)