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dimanche 1 mars 2026

Iran : la révolte n’est pas morte !

 Iran : la révolte n’est pas morte !

Samedi 21 février, quarante jours après les massacres des 8 et 9 janvier 2026, des dizaines de milliers d’Iraniens se sont rassemblés dans le pays, en se servant de la tradition de commémoration de la religion musulmane, pour crier à nouveau leur haine de ce régime assassin.

Publié le 25/02/2026

À Téhéran, des milliers d’étudiants sont descendus dans la rue pour crier des slogans contre le régime dictatorial des mollahs, parmi lesquels « Ni monarchie, ni Guide suprême » ou Pour une personne tuée, mille se relèveront ». Cette fois, les dirigeants de la République islamique n’ont pas osé envoyer leurs tueurs, les gardiens de la révolution, tirer à la mitrailleuse sur cette jeunesse qui relève la tête en s’emparant de cette expression « Même pas peur ! » Les tenants du régime se sont contentés de mobiliser leurs troupes en civil pour tenter, en vain, d’étouffer ce réveil de la révolte.

Partout dans le pays, comme le rapportait le journaliste iranien de France 24 présent sur place, des rassemblements ont eu lieu dans et autour des cimetières pour honorer les dizaines de milliers de victimes de la furie assassine du régime. La mère d’une des victimes, vêtue des habits de son fils assassiné, a pris la parole pour dire : « Je suis morte avec la mort de mon fils, aussi ils ne peuvent plus me tuer car je suis déjà morte. Il faut continuer le combat par la voie qu’ont ouverte ceux qui ne sont plus là ! »

Les profiteurs du régime, protecteurs d’une classe de riches qui se gavent pendant que l’immense majorité de la population a du mal à se nourrir, croyaient être en paix, pour un moment, après les dizaines de milliers d’assassinats perpétrés en janvier. Mais le passé a montré, en Iran même, qu’il n’en sera sans doute pas ainsi.

En 1978, le shah d’Iran, le dictateur mis en place par l’impérialisme américain, faisait lui aussi tirer à la mitrailleuse sur les foules qui manifestaient contre son régime de profiteurs. Mais, tous les quarante jours, les masses revenaient, encore plus nombreuses dans la rue, honorer leurs morts et crier leur haine du régime en affrontant la répression. C’est ainsi que cette révolte devint une révolution. Et il fallut que les dirigeants impérialistes décident d’appuyer Khomeiny et de le renvoyer en Iran pour que lui et ses mollahs réussissent à contenir ce mouvement et à le dévoyer, bien loin des espoirs qu’il avait fait naître.

Aujourd’hui, la classe ouvrière et la jeunesse iraniennes en révolte devront retrouver la voie et les outils qui, en 1917, en Russie ont permis à la révolution prolétarienne non seulement d’abattre un régime honni mais aussi de tracer la perspective d’un véritable bouleversement dans le pays et dans le monde.

                                                                Paul Sorel (Lutte ouvrière n°3004)

samedi 21 février 2026

Iran : le massacre n’a pas fait taire la contestation

Iran : le massacre n’a pas fait taire la contestation

En ayant fait des dizaines de milliers de morts, et alors que les arrestations et les exécutions s’accélèrent, les dirigeants iraniens n’ont pas éteint la révolte. Pour tenter de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, ils soufflent le chaud et le froid.

Publié le 18/02/2026

D’un côté, les arrestations, la torture et les pendaisons après des procès expéditifs prennent un rythme rarement atteint. De l’autre, le gouvernement annonce, par exemple, que les femmes sont désormais autorisées à conduire des deux roues, ce qu’elles étaient déjà nombreuses à faire bien que la loi le leur interdisait.

Le 47e anniversaire de la République islamique, le 11 février, devait être une démonstration de force du régime. Mais on a pu voir des femmes non voilées participer à l’événement, tandis que des avocats révélaient que des familles de détenus ont été fortement incitées à y assister en échange d’une libération potentielle. Une autre péripétie a un peu gâché la fête : un présentateur de la télévision officielle a fait un lapsus en commentant les slogans criés à la gloire du régime. Il a dit « Mort à Khamenei ! » (nom du « guide suprême ») au lieu du traditionnel « mort à l’Amérique ! », ce qui a conduit au licenciement du directeur de la chaîne !

Depuis que les milices ont massacré des milliers de manifestants, des rassemblements et des manifestations se poursuivent : pour obtenir l’accès au corps d’un proche sans avoir à payer ni à prétendre qu’il appartenait aux forces de répression, pour la libération de prisonniers ou contre des condamnations à mort. Ces rassemblements, qui témoignent de la solidarité d’une large partie de la population, se tiennent par exemple à l’initiative d’étudiants ou de soignants qui réclament des nouvelles de leurs collègues arrêtés car le régime leur reproche d’avoir soigné les blessés en dissimulant leurs noms.

Les rassemblements traditionnels marquant les 40 jours qui suivent le décès des manifestants tombés autour du 8 janvier ont eu lieu dans la la semaine du 16 février. Sur les tombes ou autour de portraits, ils ont été une nouvelle occasion de défier le régime, avec des danses, interdites, ou des slogans…. À Abdanan, dans l’ouest du pays, où la population avait pendant quelques jours de janvier chassé les forces de répression, la commémoration est devenue une manifestation scandant « Mort à Khamenei », qui a essuyé des fusillades.

Des mouvements ont repris dans l’Éducation, où les places des enseignants et des écoliers tués ou arrêtés sont vides. Il y a de nouveau des grèves pour les salaires car « trop c’est trop, notre table est vide », scandent des ouvriers. Ainsi dans une mine de charbon de la province de Kerman, les intimidations, via des amendes et des convocations au tribunal, ne semblent pas décourager les grévistes. À Ahvaz, la dernière grève s’est soldée par une victoire sur les salaires, tandis que sur le complexe pétrolier de South Pars, la grève interrompue début janvier a repris de plus belle, malgré l’arrestation de plusieurs porte- parole.

La terrible saignée perpétrée par le régime ne suffit visiblement pas à faire taire les travailleurs, ni tous ceux qui refusent de se résigner. C’est un gage d’espoir.

                                                     Elise Patach (Lutte ouvrière n°3003)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-samedi 21 février : de 9 h.15 à 10 h.45 entrée de la mairie ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 13 h45 à 14 h.50 heures et de 17 h.30 à 19 heures, carrefour Babou :

-dimanche 22 février, de 9 heures 30 à 12 heures et de 14 à 16 h. au carrefour Babou.

-lundi 23 février, de 17 h.30 à 19 h.30 devant Intermarché du centre ;

-mardi 24 février : à partir de 17 h.30, activités à la cité Champagne ;

-Mercredi 25 février : de 14 à 16 heures entrée de la mairie,

- et de 17 h.30 à 19 h.15 devant Auchan-Val Sud.

 

samedi 24 janvier 2026

Iran : les massacreurs et leurs complices

Iran : les massacreurs et leurs complices

Du 8 au 10 janvier, confrontés à l’amplification des manifestations, les dirigeants de la République islamique ont réagi en procédant à un bain de sang. Les forces de répression auraient fait des milliers, voire selon certaines sources 12 000 morts, bien plus de blessés graves et procédé à des arrestations massives.

Publié le 21/01/2026 

 

En dépit de la coupure d’Internet, les témoignages concordent. Le soir du 8 janvier, des foules massives, certains évoquant un million de personnes à Téhéran et quatre à cinq millions dans l’ensemble du pays de 92 millions d’habitants, des hommes et des femmes de divers milieux sociaux, de tous les âges, sont descendus dans la rue pour défier le régime. Les appels à manifester du fils de l’ancien chah, lancés depuis son exil américain et relayés avec complaisance par les médias occidentaux, n’ont sans doute joué qu’un rôle marginal. Ce raz- de-marée témoigne de la haine que suscite désormais le pouvoir. Ses dignitaires provoquent l’effondrement monétaire, affament la population, paient les salaires avec retard, ruinent les commerçants, assèchent les cours d’eau, tout en imposant un ordre moral réactionnaire, en traquant ceux qui refusent de se soumettre. Parallèlement, ils vivent eux-mêmes dans le luxe et placent leurs fortunes à l’étranger.

Menacé dans son existence, le régime a planifié le massacre en mobilisant les troupes des Gardiens de la révolution et en coupant toutes les communications. Des tireurs placés sur les toits ou aidés de véhicules équipés de mitrailleuses, des policiers fusil en main sont entrés en action : les manifestants désarmés ont été tués à bout portant, rendus borgnes et aveugles, traqués jusque dans les hôpitaux. Le massacre semble avoir duré deux jours, les manifestations s’étant poursuivies le 9 janvier voire le 10. Des images de morgues saturées et de sacs mortuaires entassés, avec des familles à la recherche de leurs proches et parfois contraintes de payer pour récupérer les corps, ont été diffusées par le régime pour ajouter à la terreur. Quand leur ordre a ainsi été rétabli, les dirigeants, le président dit réformateur Pezeshkian en tête, ont fait défiler les partisans qui leur restent fidèles, rassemblant quelques centaines de milliers de personnes à Téhéran et dans d’autres grandes villes.

Les dirigeants de l’impérialisme partagent la responsabilité de ce massacre, et pas seulement parce qu’ils entretiennent un embargo qui étrangle la population. Durant ces journées sanglantes, le chef de la diplomatie iranienne s’est vanté qu’un « canal de communication » a été maintenu avec Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump. Ce dernier a encouragé les manifestants en les appelant « à prendre le contrôle de leurs institutions » et en prétendant leur apporter un soutien par une intervention militaire « si les dirigeants iraniens tirent sur les manifestants ». Puis, après être resté silencieux durant trois jours, il a lâché, faussement naïf : « on me dit que les massacres ont cessé... que les condamnés à mort ne seront pas exécutés. »

Trump partage avec les dirigeants iraniens la même crainte : une révolution populaire en Iran serait pour lui un saut dans l’inconnu. La fin de la République islamique pourrait entraîner des bouleversements dans tout le Moyen-Orient. Les dirigeants de l’impérialisme et leurs alliés régionaux, Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, qui ont combattu l’Iran ces dernières années, n’ont rien à redire quand les Pasdarans tirent sur leur peuple. Ce n’est pas cela que Trump reproche à Khamenei et ses sbires, mais bien de vendre leur pétrole à la Chine, de maintenir des relations étroites avec la Russie de Poutine et de ne pas être assez soumis aux intérêts des capitalistes américains. Quant à faire intervenir l’armée des États-Unis pour occuper vraiment le terrain, mieux vaudrait pour Trump de ne le faire qu’après que le régime aura pris sur lui de mater toute rébellion.

De leur côté, les dirigeants européens s’offusquent à la fois des massacres en Iran et du cynisme de Trump. Ils en appellent à un « droit international » que personne ne respecte, même pas eux, mais ils ne valent pas mieux. Ils ont obtempéré quand Trump a déchiré l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu avec l’Iran, acceptant de rétablir les sanctions et cessant tous leurs investissements dans ce pays. Ils prétendent soutenir les opposants mais ferment leurs frontières et refusent les visas. Comme le constatait un réfugié iranien arrivé en Turquie : « Les droits de l’homme et tout ça c’est du pipeau. Les Américains ou les Européens veulent juste un deal avec l’Iran, mettre un dollar pour en récupérer deux ».

Le massacre que le pouvoir vient d’accomplir a certainement plongé une partie des Iraniens dans le désespoir, réduits à compter leurs morts. Mais il aura encore accru la rage, la haine contre ce régime, dont les jours sont certainement comptés.

                                                  Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2999)

 

vendredi 16 janvier 2026

Iran : Pahlavi, tel père, tel fils

 Pahlavi, tel père, tel fils

Depuis le début de la révolte en cours, Reza Pahlavi, le fils du chah (le roi en persan) déchu en 1979, cherche à sortir de son exil doré aux États-Unis pour se poser en alternative au régime des mollahs en Iran. Des médias montrent des manifestants brandissant son portrait, reprenant le slogan « Pahlavi, reviens ».

Publié le 14/01/2026

Certaines de ces images sont truquées et diffusées par les réseaux pro-américains et pro-israéliens. Si le chah a incontestablement des partisans, c’est d’abord dans la diaspora iranienne. Si, faute d’autre alternative à la dictature, une partie de la population se tourne vers cette solution, jusqu’à récemment le fils du chah avait bien peu de soutien. Et pour cause.

La monarchie des Pahlavi était un régime au service de l’impérialisme. Le père de Reza Pahlavi est arrivé au pouvoir pendant la Deuxième Guerre mondiale alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne se partageaient les ressources pétrolières. Quand, en 1953, son Premier ministre libéral Mossadegh voulut nationaliser le pétrole, la CIA organisa un coup d’État contre lui, avec le soutien du chah, mettant hors jeu les nationalistes qui s’en prenaient aux intérêts américains. Le régime du chah fut pendant plusieurs décennies le principal gendarme des USA au Moyen-Orient, plus encore qu’Israël, disposant d’une armée équipée de matériel américain.

Cette monarchie se voulait moderniste mais les opposants politiques étaient pourchassés, disparaissaient sans laisser de trace et subissaient les tortures de la Savak, la police politique réputée dans le monde entier pour sa sauvagerie. Les militants des organisations ouvrières, socialistes ou communistes, nombreuses en Iran, en étaient les premières victimes. La Savak terrorisait la population, au point qu’il n’était pas imaginable de plaisanter sur le régime sans craindre une dénonciation.

En parlant d’une « révolution blanche », le régime modernisa le pays, développant l’industrie pour le bénéfice des capitalistes occidentaux, exploitant durement les travailleurs et creusant les inégalités. Ainsi, en 1971, pour célébrer les 2 500 ans de l’empire perse sur le site de l’antique capitale, Persépolis, le chah fit amener au milieu du désert des fontaines, des fleurs venues par avion de Hollande, 25 000 bouteilles de vin, 150 kg de caviar, pour accueillir les chefs d’État du monde entier. Les pauvres, eux, étaient évacués à des dizaines de kilomètres pour que leur terrible misère ne trouble pas la vue des invités à cette fête.

La dictature proaméricaine du chah a fini par dresser contre elle toute la population, des ouvriers aux commerçants en passant par les petits paysans et les pauvres des villes et toutes les organisations politiques, des partis de gauche aux partisans de l’ayatollah Khomeiny. En 1979, la monarchie fut donc renversée par une profonde révolte populaire. Cependant, celle-ci fut canalisée par les hommes de Khomeiny, avec la complicité des dirigeants impérialistes, qui l’aidèrent à revenir d’exil, et celle des dirigeants des partis de gauche, qui le présentèrent aux masses comme l’homme auquel elles devaient faire confiance.

Celui qui se présente aujourd’hui comme une alternative est l’héritier de cette monarchie, profondément inégalitaire, agent dévoué de l’impérialisme, féroce avec ses opposants. Reza Pahlavi, grandi en exil entre les États-Unis et la Suisse, n’a jamais renié cet héritage. Il trouve des soutiens parmi l’extrême droite du monde entier. Si Trump, prudent, marque encore ses distances, Pahlavi est soutenu par Netanyahou, le massacreur des Palestiniens, qui met à sa disposition ses moyens d’État pour le promouvoir.

Un retour de la dynastie Pahlavi au pouvoir ne pourrait qu’aboutir à une nouvelle dictature tout aussi féroce contre les exploités et au service de l’impérialisme. Ceux qui, en Iran, crient des slogans hostiles au chah comme aux mollahs, en ont bien conscience.

                                                         Élise Patach (Lutte ouvrière n°2998)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 16 janvier : de 16 h. à 16 h.30 au marché du Val ; (sous réserve)

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 17 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 18 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 19 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des

Raguenets, St-Gratien.