Budget
militaire : pour quelques milliards de plus
Mercredi 25 mars, le Premier
ministre, Sébastien Lecornu, a fait à l’Assemblée nationale son premier
discours sur la guerre au Moyen- Orient.
Publié le 01/04/2026
Il a annoncé 8,5 milliards
d’euros supplémentaires pour la fabrication de munitions entre 2026 et 2030 et
claironné la nécessité « d’adapter un État conçu pour le temps de paix à un
monde qui ne l’est plus tout à fait ».
Lecornu a maintenu le mensonge
hypocrite selon lequel l’armée française serait au Moyen-Orient dans une
position exclusivement défensive, par respect des accords conclus avec des
États du golfe Persique. Pour défendre le Qatar, le Koweit, les Émirats arabes
unis, des dizaines de missiles français ont déjà été utilisés pour intercepter
des drones ou missiles iraniens. La pénurie menace, paraît-il, et, pour y
remédier, il faudrait voter une rallonge de 8,5 milliards d’euros à la loi
de programmation militaire lors d’un prochain examen parlementaire annoncé pour
mai.
« C’est indispensable, c’est
colossal », s’est exclamé Lecornu qui a rappelé aux députés que le
budget militaire aura doublé sous les deux quinquennats de Macron. L’argent
public englouti pour produire des munitions – missiles, obus et balles d’armes
de poing – sera multiplié par quatre par rapport à la précédente loi de
programmation militaire. Officiellement, la France n’est en guerre nulle part.
Mais des sommes toujours plus gigantesques sont dévorées pour la fabrication
d’armes et transformées en profits pour les industriels du secteur. En
revanche, pour les écoles, les hôpitaux publics, chaque centime dépensé
pèserait mortellement sur le déficit public, serine le même Lecornu.
L’engrenage est bien là : chaque conflit justifie toujours plus la
militarisation de la production et la nécessité d’imposer des sacrifices à la
population.
Ces milliards supplémentaires
pour l’armement n’ont soulevé aucune opposition dans les travées de l’Assemblée
nationale, pas plus que l’inauguration prochaine annoncée par Lecornu d’une
usine produisant des drones intercepteurs dans l’Essonne ou la subvention
publique de 300 millions d’euros pour aider des entreprises civiles à
passer à des productions d’armements.
Dans sa réplique à Lecornu,
Marine Le Pen a montré tout son sens des responsabilités : « La France doit
assumer les accords signés avec les pays de la zone et leur venir en aide, dès
lors qu’ils sont victimes du conflit entre l’Iran et l’alliance
israélo-américaine. » Il fallait une très grosse loupe pour voir la
nuance du propos avec ceux de Bastien Lachaud, qui est intervenu pour LFI : «
La France doit respecter les accords de défense qui la lient à ses partenaires
dans la région. Lorsqu’un allié est attaqué, la parole de notre pays ne saurait
manquer. »
Lecornu a pu compter sur le sens
des responsabilités de tous les partis qui aspirent à gouverner au service de
la bourgeoisie et qui savent, quand il le faut, serrer les rangs pour engager
la population dans la guerre.
Boris
Savin (Lutte ouvrière n°3009)