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jeudi 18 juin 2026

G7 : du grand cinéma à Évian

 G7 : du grand cinéma à Évian

Le sommet du G7 a réuni du 15 au 17juin les représentants de sept puissances impérialistes au bord du lac Léman.

Publié le 17/06/2026

Il a été une occasion de plus pour Macron de se faire valoir en accueillant les chefs d’État invités, dont Trump. Mais le sommet a aussi été une contrainte pour les habitants, obligés de vivre une dizaine de jours dans une ville en état de siège.

Les forces de police ont quadrillé cette petite ville thermale de 9 000 habitants, doublant leur nombre pour un temps. Aux 7 000 policiers et 6 000 gendarmes quadrillant les zones à sécuriser, s’ajoutaient 830 personnes contrôlant les frontières, 900 militaires surveillant la terre et le ciel, une trentaine d’embarcations sur le lac, etc. Il était indispensable d’avoir un passe pour traverser Évian, dont certaines zones furent même interdites à toute circulation. Impossible aussi de prendre le train ou le bateau pour aller au travail, des lycéens ont dû passer leur bac dans la ville voisine de Thonon-les-Bains sous escorte policière, des commerçants ont fermé boutique faute de clients, etc.

Toute cette mise en scène ne vise qu’à l’affichage des grands de ce monde, c’est le seul sens de ce sommet annuel. Les bonnes paroles sur « un monde plus juste » ou « le combat contre la faim dans le monde » n’y manquent jamais, mais les discussions risquant de déplaire ont été évacuées : ainsi, pour ne pas fâcher Trump, on ne devait parler ni du climat ni du genre ; étaient aussi bannies les discussions sur la taxation des plus riches et des multinationales, dont ces nations présentes, les plus favorisées du monde, ne veulent pas entendre parler, etc.

Le sort des plus pauvres n’est en général pas au menu des puissants.

                                            Marianne Lamiral (Lutte ouvrière n°3020)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-vendredi 19 juin, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 20 juin, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 21 juin, de 10 h à midi au marché Héloïse.

mercredi 13 mai 2026

L’impérialisme français toujours en Afrique

Empire contre Empire, la concurrence capitaliste

 

 

« Les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle », a déclaré Macron en visite au Kenya. Il prétend que l’État français veut aider les Africains à ne « pas dépendre d’un nouvel empire », sous-entendu la Chine.

         Comme si CMA CGM et les dizaines d’entreprises françaises présentes à ce sommet franco-africain visaient autre chose qu’à prendre leur part dans le pillage des richesses du continent ! Comme au temps des colonies, ils bénéficient des mensonges des dirigeants de l’État pour faciliter leurs affaires, quand ce n’est pas de l’appui de ses troupes.

 

vendredi 8 mai 2026

Total : c'est qui le patron ?

 

Maître et serviteurs

 

 

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a menacé de ne pas maintenir le plafonnement des prix de l'essence dans les stations-service. C’est un coup de pression sur le Premier ministre, qui s’est permis de déclarer que le débat sur la taxation des superprofits était « ouvert ». Pour Total c’est : pas touche !

En 2025, Total n'avait pas payé un centime au titre de la surtaxe sur les grandes entreprises, prétendant que son activité en France était déficitaire. Avec presque 6 milliards de dollars de profits au premier trimestre 2026, le tour de passe-passe s'annonce plus délicat cette année.

Mais les propos de Pouyanné viennent rappeler qui sont les réels donneurs d'ordres dans la société capitaliste.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 8 mai,

-de 10 h.30 à midi, au marché Héloïse ;

-de 15 à 17 heures au marché du Val Nord,

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-samedi 9 mai, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 10 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;

mercredi 6 mai 2026

Audiovisuel : l’objectivité version Bolloré

 Audiovisuel : l’objectivité version Bolloré

La commission parlementaire sur l’audiovisuel public, créée en octobre2025 à linitiative des députés UDR, vient de clore ses travaux et les députés ont voté la publication de son rapport.

Publié le 28/04/2026

L’UDR est le parti de droite d’Éric Ciotti qui se veut le pont entre la droite dite classique et le RN de Le Pen-Bardella. Selon le rapporteur de la commission, le ciottiste Charles Alloncle, son objet était l’examen des comptes de ce service public et l’évaluation de son objectivité, en particulier dans le domaine politique. Son objet réel, quelque peu différent, est rapidement apparu : mener un procès à charge contre les animateurs et les journalistes des chaînes publiques, globalement considérés comme des suppôts de la gauche caviar, avec l’exigence d’économiser un milliard d’euros, soit le quart de la subvention publique.

Les accusations politiques sont évidemment risibles, car les chaînes publiques soutiennent sans coup férir, et les yeux fermés, l’ordre social et le pouvoir du capital. Certes les journalistes du service public ne sont pour la plupart pas des électeurs de l’extrême droite et il leur arrive parfois de le dire ou de le laisser entendre, ce que Alloncle voudrait leur interdire. Mais, à ce jour, et à la différence de celles du groupe Bolloré, les chaînes publiques ne passent pas tout leur temps d’antenne à déblatérer sur les migrants, les islamistes et la terreur d’extrême gauche. Elles donnent même encore l’occasion de s’instruire par d’intéressantes émissions et c’est aussi une des choses qui gênent l’extrême droite.

La commission a dénoncé les bénéfices réalisés par des sociétés privées qui vendent des émissions aux chaînes publiques. Leurs profits sont certes coquets et les producteurs-animateurs célèbres ne pointent pas aux restos du cœur, pas plus d’ailleurs que les hauts cadres de la télévision. Alloncle, Ciotti, Le Pen et Bolloré sont d’autant plus sourcilleux sur les quatre milliards de l’audiovisuel, et les quelques-uns qui en vivent largement, qu’ils applaudissent aux 60milliards du budget militaire et aux 171milliards daides aux entreprises qui, tous, finissent dans les coffres des grands groupes privés.

Quel que soit son résultat, la commission aura été un tremplin pour Alloncle, son parti et les idées réactionnaires qu’il partage avec le RN et le groupe Bolloré. Les médias de ce dernier lui ont d’ailleurs tressé des couronnes tout au long des débats et ses services lui ont adressé des « argumentaires » pour faciliter son travail. Ce n’est pas par simple proximité idéologique. Alloncle propose en effet que le service public laisse une plus grande part du marché publicitaire au privé et réduise les retransmissions des grands événements sportifs. Et à qui donc iraient alors le Tour de France, les Jeux Olympiques et la coupe du monde de football ?

Les bénéfices pour Bolloré, les bonnes émissions pour personne, Pascal Praud, matin, midi et soir pour tout le monde, quelle radieuse perspective a voulu ouvrir cette commission !

                                                               Paul Galois (Lutte ouvrière n°3013)

lundi 4 mai 2026

“Réindustrialisation” : méthode Notre-Dame sans miracle en vue

“Réindustrialisation” : méthode Notre-Dame sans miracle en vue

Macron s’est rendu, le 22avril, sur le site de la future mine de lithium dImerys à Échassières, dans lAllier, un projet contesté par de nombreux riverains et des associations qui redoutent les conséquences pour l’environnement.

Publié le 28/04/2026

Face à ces opposants, Macron a affirmé sa volonté d’accélérer la procédure en se posant en « champion de la réindustrialisation ». Sa méthode miracle doit s’inspirer, a-t-il déclaré, de celle qui a été mise en œuvre lors de la reconstruction de Notre-Dame et lors des JO de 2024. Elle s’appliquerait à 150 projets labellisés « cathédrales industrielles », pour plus de 70milliards deuros dinvestissements et 30 000 emplois annoncés. En pratique, cela consiste surtout à diminuer les possibilités de recours, regroupés directement au niveau d’une cour administrative d’appel. Il est aussi envisagé d’alléger les normes environnementales. Le seul objectif serait donc de réduire les délais de réalisation de ces projets. Tant pis pour les riverains et l’environnement.

Les patrons concernés seront les seuls gagnants. Dans le cas de la mine de lithium, Imerys s’est ainsi vu promettre en février une prise de participation de l’État de 50millions deuros via la Banque des territoires, filiale publique de la Caisse des dépôts.

Mais comme le patron d’Imerys l’expliquait lui-même, cet argent doit permettre de compléter les études de faisabilité, « pour ensuite avoir les détails suffisants pour décider d’investir, passer des commandes et commencer à creuser dans le sol ». En clair, l’État paye avant même que la décision de creuser la mine ait été prise.

Les procédures administratives peuvent être accélérées, et les possibilités de recours quasiment supprimées, rien ne se fera si les investisseurs n’y voient pas des garanties de profits suffisants. Macron peut bien multiplier ses discours sur la « réindustrialisation », les patrons font leurs calculs et, tout en empochant les subventions publiques, ils continuent de fermer des entreprises et de supprimer massivement des emplois pour augmenter les bénéfices et les dividendes versés aux actionnaires.

                                                    Lucas Pizet (Lutte ouvrière n°3013)