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jeudi 29 janvier 2026

Morts du cancer : les défaillances de l’État

 Morts du cancer : les défaillances de l’État

Le Journal officiel du 28 décembre a publié les décrets d’application d’une loi votée en 2023, puis définitivement validée en juin 2025, en vue d’être enfin appliquée à partir de janvier 2026.

Publié le 28/01/2026

Cette loi, qui a eu tant de mal à voir le jour, crée un régistre national de la mortalité due au cancer dans le pays.

Il n’y avait jusqu’à présent pas de recensement systématique de l’ensemble des morts par cancer, malgré les réclamations faites depuis des années par les chercheurs et les médecins. En fait, ce recensement n’existait que de façon partielle dans 24 départements totalisant 14 millions d’habitants, soit un peu moins d’un quart de la population. Notamment, il ne concernait ni toutes les régions les plus peuplées ni toutes celles les plus soumises aux risques, par exemple du fait de la présence d’entreprises classées Seveso.

Les statistiques publiées n’étaient donc que des estimations. Car, selon les tenants du pouvoir, être exhaustif aurait coûté trop cher. Même aujourd’hui, nul ne peut dire si les moyens, enfin dégagés, permettront de faire face à cette mission. Un des scientifiques promoteurs du projet, Norbert Ifrah, estime les besoins à 60 millions d’euros par an, alors que l’État ne prévoit, pour le moment, que d’allouer 14 millions.

Cette négligence de l’État, non seulement retarde la recherche sur les meilleurs moyens de combattre le cancer, mais sert aussi à cacher la réalité. C’est ainsi que, dans ses statistiques annuelles, l’Assurance maladie ne recense, pour l’année 2024, que 52 morts victimes de maladies professionnelles du fait de l’amiante. C’est un grossier trucage qui vise à dédouaner les patrons qui ont ainsi fait mourir leurs salariés. Le seul recensement existant en France touchait les nouveaux cas de mésothéliome, le cancer uniquement dû à l’amiante. Onze mille nouveaux cas furent ainsi recensés en 2024, sans que les autres cancers du poumon dus à l’amiante soient pris en compte. Mais en 2024, un coup de force, tenté à l’initiative d’un organisme gouvernemental, prévoyait de mettre fin à tout recensement des cas de mésothéliome. Il a fallu que ce scandale soit dénoncé avec force, en particulier par les associations, pour que le gouvernement se décide à faire marche arrière en 2025. Pour mesurer l’ampleur du traficotage des chiffres par l’Assurance maladie, on peut citer la Grande- Bretagne, à titre de comparaison, qui recensait plus de 2 200 morts annuels dus au seul mésothéliome. Or on sait que la France est le pays le plus touché par ce cancer en Europe.

Voilà où en est la situation après des années de restrictions tous azimuts dans le domaine de la santé.

                                                          Paul Sorel (Lutte ouvrière n°3000)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Vendredi 30 janvier : de 16 h. à 16 h.30 au marché du Val ;

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 31 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant Monoprix

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 1er février, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre (sous réserve) ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

dimanche 25 janvier 2026

Usine d’Arc : les actionnaires ont les moyens de payer !

 Usine d’Arc : les actionnaires ont les moyens de payer !

En plaçant le groupe Arc en redressement judiciaire, les actuels actionnaires affirment que l’entreprise n’aurait plus les moyens de payer les salaires et les traites de ses fournisseurs.

Publié le 21/01/2026

Les propriétaires du groupe ont peut-être mis les comptes d’Arc dans le rouge mais ils sont loin d’être sur la paille !

Dick Cashin, actionnaire majoritaire, qui a racheté Arc en 2015, est à la tête d’un fonds d’investissement qui gère actuellement plus de dix milliards de dollars de capitaux à travers le monde. Il fait partie de cette bourgeoisie new-yorkaise qui aime se présenter comme philanthrope, en exhibant les dons qu’elle fait à des musées ou des institutions caritatives.

Les deux actionnaires minoritaires entrés l’an dernier au capital d’Arc ne sont pas non plus à plaindre. Le premier, Pascal Cagni, a fait fortune chez Apple et en serait parti avec un chèque à neuf chiffres. Il possède plusieurs villas de luxe dont au moins trois sur le lac de Côme, en Italie. Le second, Patrick Molis, a fait fortune grâce aux commandes de l’armée française. Ses 340 millions d’euros l’ont fait entrer cette année dans le classement de Challenges des 500 plus grandes fortunes du pays. Il est récemment devenu l’actionnaire majoritaire du groupe Rubis, spécialisé dans le stockage et le transport pétrolier, un groupe au chiffre d’affaires dépassant 6,6 milliards d’euros.

Autant dire que « de l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat ! » Il faut qu’il serve d’abord à garantir les emplois et les salaires des embauchés, des intérimaires et des sous-traitants !

                                                  Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2999)

jeudi 18 décembre 2025

Dermatose bovine : les ravages du virus… du profit

 Dermatose bovine : les ravages du virus… du profit

Depuis des jours, des centaines de paysans bloquent des péages d’autoroutes dans le Sud-Ouest et se rassemblent sur les ronds-points pour exprimer leur hostilité à l’abattage total des troupeaux de bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Publié le 17/12/2025

Provenant d’Afrique, cette maladie est arrivée en France en juin 2025. Extrêmement contagieuse mais inoffensive pour l’homme, son taux de mortalité est évalué entre 5 et 10 %, et les bêtes survivantes sont souvent très affaiblies.

Pour éradiquer la DNC, l’État, avec le soutien du principal syndicat de paysans, la FNSEA, a décidé d’abattre systématiquement tout le troupeau dès la première bête infectée et de vacciner les bêtes seulement aux alentours. Cette méthode est préconisée par des scientifiques et des vétérinaires, tandis que d’autres proposent de privilégier la prévention et la vaccination massive.

L’État préfère la première solution à la vaccination de tous les bovins que revendiquent la Confédération paysanne et la Coordination rurale, deux syndicats minoritaires qui sont en pointe dans ce mouvement. Ses raisons ne sont pas sanitaires, comme il le prétend, mais économiques. Pour l’État, vacciner 16 millions de bovins coûterait trop cher et il manque de vétérinaires pour le faire rapidement.

Quant au dirigeant de la FNSEA, Rousseau, qui justifie l’abattage total au nom de la science, il y a de quoi sourire. Le même s’assoit en effet largement sur les recommandations scientifiques quand il se bat contre l’interdiction du glyphosate, un pesticide dont de nombreuses recherches ont pourtant démontré la dangerosité et la toxicité. Rousseau ne suit les scientifiques que quand cela n’écorne pas les profits des paysans les plus riches et des trusts de l’agroalimentaire.

Si ce même Rousseau, propriétaire de 700 hectares de terres et dirigeant du grand groupe d’oléagineux, Avril, s’oppose à la vaccination générale, c’est parce que, selon les règles du commerce international, cela ferait perdre le statut « indemne de maladie » aux bovins vaccinés. Cela pourrait rendre impossible pendant plus d’un an les exportations de bovins, ce qui impacterait principalement les intérêts des éleveurs et capitalistes spécialisés dans le commerce international du bétail.

De leur côté, une partie des petits éleveurs craignent que l’abattage systématique ne ruine un peu plus leur ferme, déjà souvent dans une situation financière difficile. Même si l’État rembourse environ 2 000 euros par bête tuée et paie les frais d’abattage, ils perdent en effet des années de travail, notamment de sélection génétique, car un troupeau est une chose qui se construit, et le temps pour le reconstruire, lui, n’est pas indemnisé.

De plus, l’État, plutôt que d’essayer de les convaincre, a employé la manière brutale en envoyant des cars de CRS chez les éleveurs opposés à l’abattage de leur troupeau.

Les ennemis des petits paysans ne sont pas les scientifiques ni les vétérinaires mais les gros capitalistes de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la grande distribution, ainsi que les dirigeants de l’État.

                                                       Arnaud Louvet (Lutte ouvrière n°2994)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Demain vendredi 19 décembre : de 11 heures à 11 h.45 au marché

Héloïse ;

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 20 décembre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à 11 h.45, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-dimanche 21 décembre, de de 11 h. à midi au marché Héloïse.

lundi 15 décembre 2025

Sarkozy : un détenu réinséré par Bolloré

Sarkozy : un détenu réinséré par Bolloré

Les écrits de Sarkozy sur sa courte détention, parus le 10 décembre, ont fait l’objet d’une vaste campagne de presse les jours précédents.

Publié le 10/12/2025

 

On passera sur les ridicules considérations d’un prisonnier de luxe à propos de la dureté des conditions de détention. Des dizaines de milliers d’autres, détenus et surveillants, les subissent réellement chaque jour et Sarkozy a lui-même contribué à les dégrader. On passera encore plus vite sur l’illumination religieuse qui aurait poussé le martyr à s’agenouiller et à prier « pour avoir la force de porter la croix de cette injustice ». Manquent l’éponge de vinaigre, la couronne d’épines et les clous, mais on attend la prochaine condamnation suivie d’une nouvelle incarcération et, qui sait, d’un nouvel opus.

L’illumination politique, en revanche, a été prise au sérieux par les commentateurs. Sarkozy, touché par les manifestations de sympathie de Le Pen et de ses séides, refusera dorénavant les alliances électorales dites de front républicain, destinées à faire barrage aux candidats du Rassemblement national. Cette déclaration, mise en exergue par l’extrême droite et ses médias, pudiquement commentée par ses amis de LR, a suscité les hauts cris des porte-parole et des éditorialistes de gauche.

Cette indignation est quelque peu surjouée. D’abord les autres ténors de droite, comme Retailleau et Wauquiez, ont déjà fait plusieurs pas dans cette direction, pour ne pas parler de Ciotti qui avait, lui, carrément devancé l’appel en rejoignant Le Pen. Ensuite le prétendu cordon sanitaire entre la droite et l’extrême droite n’a jamais été très solide sur le plan électoral et n’a jamais vraiment existé politiquement ni, surtout, socialement. C’est l’histoire d’une querelle de famille dans laquelle les transfuges, dans un sens ou dans l’autre, sont nombreux et les pardons fréquents. Enfin, la perspective de l’union des droites, aujourd’hui plus que tangible, illustre combien l’appel cent fois répété de la gauche à soutenir la droite contre le danger d’extrême droite, autrement dit Chirac, Sarkozy ou Retailleau contre Le Pen, repose sur un mensonge.

Pour Sarkozy l’illumination, en plus d’être logique, est rentable. L’ex-président est un ami de longue date du milliardaire d’extrême droite Bolloré, qui lui prêta son yacht en 2007 pour fêter sa victoire électorale. Il est aussi en affaires avec lui comme membre du conseil d’administration du groupe Lagardère, propriété de Bolloré. Son livre, édité par Fayard, également du groupe Bolloré, a été recensé et même encensé avant publication par tous les organes de la pieuvre, CNews, le Journal du Dimanche, Europe 1 etc. Sarkozy épouse donc désormais les idées du patron, c’est-à-dire l’union de la droite et de l’extrême droite pour assurer un État fort, un gouvernement ferme régnant sur des travailleurs qu’ils souhaitent soumis, et en tous cas pressurés et divisés de toutes les façons possibles, et des profits rebondis.

Et, qui sait si, faute d’une Marine Le Pen empêchée judiciairement et devant un Bardella encore un peu léger aux yeux du grand patronat, Sarkozy ne rêve pas d’assurer lui-même, à nouveau, le premier rôle ?

                                                  Paul Galois (Lutte ouvrière n°2993)

 

Serviteur, maîtres, dans les effluves d'eau bénite. Argenteuil, mai 2025

samedi 6 décembre 2025

Médias : liberté d’expression… des puissants

Médias : liberté d’expression… des puissants

Lors de rencontres organisées avec la presse régionale, Macron a évoqué différentes mesures censées limiter la propagation des fausses informations sur les sites Internet et les réseaux sociaux.

Publié le 03/12/2025 

 

 

Le projet serait de « labelliser » les médias « fiables » et de mettre en place une procédure judiciaire accélérée pour bloquer une information jugée « non fiable ». Le tout serait justifié par la volonté de lutter contre les « ingérences étrangères », forcément russes ou chinoises, afin de protéger les libertés démocratiques.

La droite et l’extrême droite ont aussitôt crié à l’attaque insupportable contre la liberté d’expression. Le milliardaire réactionnaire et magnat des médias Bolloré a, quant à lui, dénoncé une « dérive liberticide », tandis que Marine Le Pen revendiquait le droit pour les médias privés de « ne pas être neutres ».

Pour les milliardaires propriétaires de médias, comme Bolloré bien sûr, mais aussi Dassault, qui ne fait pas fortune que dans l’armement, ou encore les familles Pinault ou Bettencourt, la chose va de soi : les grands bourgeois font de l’argent avec l’information mais ils défendent aussi leurs idées et leur ordre social. Rien de plus naturel que de posséder une chaîne de télévision ou des journaux pour répandre ses opinions, et cela ne date pas des réseaux sociaux.

Face à ces ténors sans complexe de la fortune, Macron et la gauche ont beau jeu de se présenter comme les défenseurs d’un audiovisuel public qui serait garant de l’honnêteté et de la neutralité de l’information. Mais cela aussi est une tromperie. Dans cette société d’exploitation divisée en classes sociales, il n’y a pas de neutralité. Les chaînes publiques sont la voix de l’État, un État qui attaque sans cesse les travailleurs, durcit les droits au chômage, dérembourse les soins, fait des économies sur la santé et l’éducation, tout en déversant des milliards au grand patronat. La télévision et la radio publique tendent tout naturellement à présenter ces mesures comme résultant de la simple logique. Elles procèdent de même quand elles invitent à longueur d’émission des militaires qui préparent les esprits à la guerre. Elles ne sont pas non plus neutres quand elles traitent de la guerre en Ukraine ou du conflit à Gaza ou quand elles présentent les chômeurs comme des feignants et des profiteurs.

En réalité, que ce soit par le biais des médias privés ou des chaînes publiques, ce sont les idées, les intérêts de la bourgeoisie qui se font jour, ainsi que la défense de son ordre social présenté comme logique et naturel. Il n’y a pas de liberté d’expression pour les travailleurs, sur leur lieu d’exploitation, où ils sont priés de se taire et de ne pas faire de politique. Pourtant tout cela ne choque pas ceux qui se présentent comme les défenseurs acharnés de la liberté d’expression ! Pour défendre leurs intérêts et une autre vision du monde, il ne reste aux travailleurs et aux classes exploitées qu’à s’exprimer par eux- mêmes.

                                                 Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°2992)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui samedi 6 décembre, de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

Et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

-dimanche 7 décembre, de 11 h. à midi au marché Héloïse (sous réserve) ;

-lundi 8 décembre, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.