Affichage des articles dont le libellé est État et capital. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est État et capital. Afficher tous les articles

jeudi 12 mars 2026

Ruptures conventionnelles : sur le dos des travailleurs comme convenu

 

Dialogue social = monologue patronal

 


 

Un accord a été conclu entre le Medef et les syndicats CFDT, FO et CFTC pour diminuer la durée de versement des indemnités chômage en cas de rupture conventionnelle. Un projet de loi gouvernemental doit mettre cette attaque en musique.

         Le gouvernement exigeait une coupe de 400 millions, le Medef réclamait 1 milliard ; finalement ce sera, pour l’instant, entre les deux. Ce « dialogue social » consiste à parler d’une seule voix pour que le patronat paie le moins possible pour le chômage qu’il impose.

lundi 16 février 2026

Cour des comptes : qui contrôle les contrôleurs ?

Cour des comptes : qui contrôle les contrôleurs ?

Macron devait nommer, le 11février, une de ses fidèles, Amélie de Montchalin, jusque-là ministre des Comptes publics, à la présidence de la Cour des comptes.

Publié le 11/02/2026

Alors que son règne et donc la faculté d’offrir des prébendes à ses amis, s’arrêtera l’an prochain, le président assure ainsi à sa ministre de quarante ans un poste qu’elle pourrait conserver jusqu’à ses 68 ans. Le président de la Cour des comptes est en effet inamovible et ne quitte sa fonction que par choix ou atteint par la limite d’âge.

Au-delà de l’effet recasage, tous les responsables politiques non- macronistes soulignent qu’Amélie de Montchalin aura pour tâche de contrôler l’application d’un budget qu’elle a elle-même mis en place et, en quelque sorte, de corriger elle-même sa propre copie. Mais l’autocontrôle, c’est-à-dire en fait l’absence de contrôle, est en fait la règle, tant pour l’État que pour les grandes entreprises.

Chaque président de la Cour des comptes, soigneusement choisi parmi les serviteurs de l’État ayant fait leurs preuves, et quel qu’ait été son passé politique, a toujours jugé que l’État dépensait trop pour les pauvres et pas assez pour les « entreprises ». Ainsi, la Cour n’a pas été capable de savoir à qui, sous quel prétexte et comment sont versés les 270milliards de subventions publiques accordées chaque année aux grandes entreprises privées. Elle est, en revanche, parfaitement à même de prouver que les travailleurs se soignent trop et tombent trop souvent malades.

Quant au scandale de la présidente de Montchalin chargée de contrôler les comptes de la ministre Amélie, il est de même nature que Nestlé contrôlant lui-même la qualité de son lait infantile et de ses eaux minérales, des usines classées Seveso garantissant elle-même la sécurité de leurs installations, des fonctionnaires de police jugés par leurs supérieurs hiérarchiques, des tribunaux militaires interdisant les regards civils, ou du ministère des Finances déversant l’argent public dans les caisses privées sans que quiconque puisse fermer le robinet. Ni le grand patronat, ni l’État à son service ne veulent vraiment que la population ait connaissance de leurs affaires.

On peut donc être certain qu’Amélie de Montchalin a toutes les qualités pour exercer la fonction qu’on lui offre et saura cacher la poussière sous d’épais tapis de rapports.

                                                      Paul Galois (Lutte ouvrière n°3002)

 

jeudi 12 février 2026

Nouvelle-Calédonie : la politique coloniale sur la place publique

 Nouvelle-Calédonie : la politique coloniale sur la place publique

Jeudi 29 janvier, la publication par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) d’un rapport dénonçant les violences et les discriminations à l’encontre des Kanaks avant, pendant et après leur explosion de colère de mai 2024, a déclenché la colère des représentants et partisans de l’État français.

Publié le 11/02/2026

Le 13 mai 2024, la jeunesse kanake et océanienne s’était insurgée contre le dégel du corps électoral, qui visait à consolider le pouvoir de la droite loyaliste en rendant minoritaires les Kanaks dans leur propre pays. La colère était à la mesure de l’oppression subie depuis plus de 170 ans par ces peuples océaniens. Dans cet archipel de seulement 260 000 habitants, le gouvernement déploya plus de 3 000 policiers et gendarmes. 2 500 Kanaks et Océaniens furent arrêtés et placés en garde à vue, plus de 500 furent déférés et plus de 300 jugés en comparution immédiate. Dans le même temps, des descendants de colons, des Caldoches, et des métropolitains d’extrême droite formèrent des milices armées sur des barrages avec la complicité à peine voilée des autorités françaises. De mai à septembre, il y eut 14 morts, dont 11 Kanaks.

Dans son rapport, la CNCDH ne fait pas de révélations. Tout ce qu’elle y dénonce a déjà été observé et décrit. Les partisans du maintien au sein de l’État français sont montrés sous leur vrai visage, celui d’une caste colonialiste prête à tout pour maintenir sa domination, ayant conduit, comme le dit la CNCDH, une politique « essentiellement répressive » à l’encontre « quasi exclusivement » des Kanaks sous la forme d’une « intervention policière militarisée », au moyen de « véhicules blindés et tirs opérés depuis des hélicoptères à l’encontre de civils ».

Au-delà des événements, la CNCDH dénonce les mesures de rétorsion collective annoncées par les dirigeants anti-indépendantistes de la province Sud à l’encontre des Kanaks, comme les mesures restreignant l’accès à l’aide médicale, aux bourses scolaires, à l’école, à la cantine ou aux logements.

La sortie de ce rapport a provoqué une levée de boucliers de la part de la droite loyaliste et des représentants de l’État français. Ainsi Sonia Backès, présidente de la province Sud, a dénoncé un rapport qui « rend coupables les victimes et victimise les coupables ». Et tous de justifier « la conscience parfaitement tranquille », selon les mots du procureur de la République, la répression qui aurait permis « d’éviter un coup d’État », ou pire encore « la guerre civile ». Un tel cynisme est coutumier des représentants de la bourgeoisie française et caldoche.

Quoi qu’il en soit, loin des recommandations de la CNCDH, le gouvernement maintient sa politique coloniale. Le 19 janvier, Macron et le gouvernement ont signé avec la droite et certains partis kanaks l’accord Élysée-Oudinot qui se veut complémentaire de l’accord de Bougival signé l’été 2025. En instaurant de nouveaux verrous institutionnels, ces accords visent à enterrer définitivement la question de l’indépendance en créant un État de Nouvelle-Calédonie au sein de l’État français. La bourgeoisie française tient à tout prix à maintenir sa domination sur la Nouvelle-Calédonie, quitte à s’appuyer pour cela spécifiquement sur les Caldoches et leurs représentants d’extrême droite contre les Kanaks. Alors que les tensions entre grandes puissances vont s’accroissant, la bourgeoisie française considère l’archipel calédonien, sa base militaire, sa zone économique exclusive comme un point d’appui indispensable pour maintenir son rang au sein des puissances impérialistes. Les Kanaks payent dans leur chair cette domination.

                                                            Serge Benham (Lutte ouvrière n°3002)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 13 février, de 16 heures 15 à 17 heures au marché du Val ;

-au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 14 février : de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 14 février, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 heures à midi au marché Héloïse ;

-lundi 15 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Bien d’autres permanences peuvent être organisées dans le cadre de notre campagne.

samedi 7 février 2026

Police : Sainte Alliance avec l’extrême droite

 Police : Sainte Alliance avec l’extrême droite

Samedi 31 janvier, le syndicat majoritaire Alliance-Police nationale appelait ses troupes à manifester dans une vingtaine de villes. Pour dénoncer le manque de moyens et d’effectifs, Alliance appelait aussi les citoyens à soutenir le « combat de la police contre l’insécurité et l’impunité ».

Publié le 04/02/2026

Il n’y a eu nulle part de raz-de-marée. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté au total en France. Les organisateurs avancent le chiffre de 15 000 à 20 000 manifestants à Paris, sans que la Préfecture en ait fait connaître d’autres. Peut-être pour ne pas se contredire entre collègues…

L’appel à manifester d’Alliance, classé à l’extrême droite, n’avait rien d’inédit. Il n’est cependant pas anodin qu’un syndicat de police se pose en pôle de contestation et que des policiers agissent, en dehors de leur service, pour s’adresser à la population en distribuant des tracts, à la sortie du métro ou devant les gares. La concurrence syndicale dans les commissariats – puisque 2026 sera une année d’élections professionnelles – n’est sûrement pas étrangère à l’opération. Mais surtout, en pleine campagne pour les élections municipales, les cortèges du 31 janvier s’inscrivaient dans la démagogie sécuritaire qui a le vent en poupe et dont Alliance est un des chefs de file. À Paris, Sarah Knafo, la candidate à la mairie de Reconquête, le parti de Zemmour, et le candidat du RN, Thierry Mariani, étaient en tête de cortège avec Marion Maréchal et Dupont-Aignan pour dénoncer une justice prétendument laxiste et des policiers bridés par le manque de moyens.

Face au caractère politique indiscutable des manifestations, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a répliqué par une tribune dans Le Journal du dimanche – un hebdomadaire de la galaxie Bolloré classé à l’extrême droite – pour rappeler que le budget 2026 se montrait généreux pour la police. Il a surtout redit son amour inconditionnel pour ses troupes : « Les policiers ont tout mon soutien et ils le savent bien. […] Voilà des années que je le leur manifeste, et pas seulement le samedi. » Nunez lui- même n’est pas d’extrême droite, mais, comme tous les ministres de l’Intérieur, il ménage et couvre les forces de répression.

Des commissariats miteux et des véhicules fatigués sont certainement le quotidien de bien des policiers. Car si beaucoup de politiciens ne sont pas avares de discours sécuritaires démagogiques, quand ils sont au gouvernement, ils arrosent de milliards les classes riches et le grand patronat au détriment de tout le reste, sans égards particuliers pour ceux qui défendent l’ordre social.

La vie dans les quartiers populaires est rendue de plus en plus difficile par le développement de la délinquance liée à la montée de la misère. Mais ce n’est certainement pas la politique de la matraque qui pourra apporter des solutions. Au contraire, elle est lourde de menaces contre les travailleurs eux-mêmes, comme l’a rappelé le tabassage à mort par des policiers, à la mi-janvier, d’un homme, El Hacen Diarra, dans le vingtième arrondissement de Paris.

                                                    Boris Savin (Lutte ouvrière n°3001)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 6 février au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

jeudi 5 février 2026

Lait infantile contaminé : alertez les bébés !

Lait infantile contaminé : alertez les bébés !

Après Nestlé (Guigoz, Nidal), c’est maintenant au tour de Danone (Dumex, Blédilait), Lactalis (Picot) et Vitagermine (Babybio) d’être suspectés d’un nouveau scandale sanitaire dans le lait en poudre pour bébés.

Publié le 28/01/2026

En effet, une toxine, la céréulide, présente dans ce lait, serait à l’origine de graves intoxications et de la mort de deux nourrissons en France début janvier.

Cette contamination concerne désormais plus de 50 pays dans le monde. Les dirigeants de ces grands groupes pleurent, disant qu’ils ont fait le maximum pour retirer massivement et rapidement les lots infectés dès qu’ils ont connu le problème. C’est complètement faux : d’après la cellule investigation de Radio France, il s’est passé onze jours entre la détection de lots contaminés de lait Guigoz et leur rappel, et cinq jours pour le lait Picot du trust Lactalis. En plus, profit oblige, « Nestlé a effectué les rappels au compte-gouttes, et même des “retraits silencieux” dans certains pays, sans informer les consommateurs », selon l’association Foodwatch.

Ce scandale souligne aussi que l’État n’a jamais voulu mettre en place un dispositif sanitaire et une réglementation dignes de ce nom, Comme d’habitude, il laisse les capitalistes de l’agroalimentaire faire des profits sans avoir à rendre le moindre compte. La céréulide est pourtant une toxine dangereuse. Elle est susceptible de provoquer des nausées, des vomissements et des complications pouvant aller jusqu’à la mort. Selon Santé publique France, la bactérie responsable de la céréulide est à l’origine d’un quart des toxi-infections alimentaires collectives en France.

Toujours selon Radio France, personne ne connaît la quantité réelle de toxine qui aurait été ingérée par des nourrissons depuis des mois car les tests réalisés jusqu’à présent l’ont été par les seuls industriels et sans aucun contrôle de l’État, et ils portent uniquement sur la poudre de lait. Or la toxine ne se libère que lors du contact de la poudre avec l’eau, permettant alors seulement d’en mesurer la dose réelle.

De plus, un seul laboratoire public en France est capable de détecter cette toxine dans les échantillons de lait en poudre destinés à des enfants pour lesquels des familles ont constaté des symptômes, et celles-ci ne peuvent le saisir directement. Pire encore, aucun centre national n’est en mesure de repérer cette toxine dans les selles humaines, ce qui rend difficile d’établir le lien biologique entre la consommation du produit et une pathologie. Cela arrange bien les trusts de l’agroalimentaire, qui peuvent tranquillement prétendre qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve que la cause du décès des nourrissons soit le lait qu’ils ont ingéré.

Le vrai poison, pas seulement pour les nourrissons, est le capitalisme assoiffé de profit.

                                           Arnaud Louvet (Lutte ouvrière n°3000)