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mardi 14 juillet 2026

40e congrès du PCF : survivre électoralement ?

 40e congrès du PCF : survivre électoralement ?

Le 40e congrès du PCF se tenait les 3, 4, 5 juillet à Lille. Des divergences se sont exprimées, non pas sur le fond mais sur la stratégie à adopter pour survivre.

Publié le 08/07/2026

Cela fait bien longtemps que le PCF n’a plus de communiste que le nom. À l’opposé des perspectives révolutionnaires qu’il traçait lors de sa création en 1920, la seule politique qu’il a poursuivie depuis 90 ans a été de s’intégrer à l’ordre social de la bourgeoisie et de le défendre à chaque fois qu’il était menacé par l’intervention des travailleurs.

Les intervenants au congrès du PCF avaient donc ce problème en toile de fond : comment ne pas disparaître parmi les autres partis de gauche, LFI dont l’électorat a augmenté et le PS, en perte de voix mais structuré autour de nombreuses mairies de grandes villes. Cette concurrence est d’autant plus grande que, sur le fond, les illusions électorales qu’ils véhiculent sont les mêmes. Le PCF emballe cette illusion du terme ronflant « des jours heureux», d’autant plus ridicule que la période est à l’intensification de la guerre sociale menée par les capitalistes contre les travailleurs, dans un contexte où la guerre économique entre les grands trusts entraîne l’humanité vers la généralisation des conflits armés.

Enfin, le PCF a d’autant plus de difficultés à survivre que, dans son électorat populaire traditionnel, cette illusion a laissé la place à une forte abstention ou à une illusion électorale encore plus grave, portée par l’extrême droite. Dans le Pas-de-Calais, département très ouvrier, dix des douze circonscriptions ont, depuis 2024, des députés RN.

Dans ce congrès, une fois de plus, les discours étaient saturés de nationalisme, quels que soient les intervenants. Parmi les perles, celle d’un responsable de Loire-Atlantique : « Nous avons le patronat le moins patriote d’Europe, il a organisé le grand déménagement de notre industrie ». Prétendre que l’industrie appartiendrait aux travailleurs dans le cadre du capitalisme est un poison : c’est préparer les travailleurs à se battre, y compris les armes à la main, pour défendre la bourgeoisie française dans sa concurrence avec les autres bourgeoisies. Cette politique nationaliste menée par le PCF a pavé la voie depuis des décennies au RN et continue de le faire.

Plusieurs « stratégies » en vue des prochaines élections se sont exprimées au congrès. Toutes veulent résoudre la quadrature du cercle : pour exister il faut se présenter contre les autres, mais pour être élus il faut s’allier avec eux. Cela vaut pour LFI comme pour le PS. Le PCF a donc alternativement, depuis 1965, soutenu le candidat de gauche au premier tour ou présenté son propre candidat. De plus, aujourd’hui, la pression à l’unité est d’autant plus forte que Le Pen monte dans les sondages. Finalement, le congrès s’est prononcé pour la candidature de Fabien Roussel.

Alors, les électeurs du PCF pourront-ils voter pour leur candidat en avril 2027 ? Rien n’est moins sûr, car tout dépendra des garanties que Roussel pourra obtenir pour les législatives qui suivront l’élection présidentielle.

Autant de stratégies, ou plutôt d’arrangements qui ne sont en rien des perspectives pour les travailleurs mais des calculs pour sauver des postes et ne peuvent, une fois de plus, que décevoir et décourager les militants.

                                                     Kevin Villard (Lutte ouvrière n°3023)

lundi 13 juillet 2026

Les Républicains, panier de crabes…

 Petits meurtres entre amis

Publié le 08/07/2026

Laurent Wauquiez, membre du parti de Retailleau, candidat à la présidentielle, soutient la candidature d’Édouard Philippe plutôt que la sienne. C’est dire que ces gens-là sont sans foi ni loi.

Très fâché par les propos de ce faux ami, mais véritable adversaire, Retailleau s’en est pris à Philippe, ancien Premier ministre de Macron en affirmant qu’« il n’y a aucune envie de reconduire celles et ceux qui ont gouverné pendant longtemps et qui ont appuyé la politique de Macron ».

De la part de l’ancien ministre de l’Intérieur de Macron, c’est particulièrement truculent.

                                                  Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3023)

jeudi 9 juillet 2026

RN : Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie

RN : Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie

Quelques heures après le jugement de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet, sur l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, Marine Le Pen annonçait sa candidature à l’élection présidentielle au JT de TF1.

Publié le 08/07/2026

La cour d’appel a confirmé la condamnation pour détournement de fonds publics des douze cadres du RN qui avaient contesté la décision de première instance. Mais elle a soigneusement calibré la peine de Marine Le Pen pour lui permettre d’être candidate à l’élection présidentielle. Elle l’a même revendiqué en invoquant « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs ». La dirigeante du RN, après avoir été rejugée dans un délai record dont rêverait n’importe quel justiciable ordinaire, a donc vu sa peine fortement réduite. Elle a été condamnée à 45 mois d’inéligibilité, dont 15 mois ferme, et à trois ans de prison, dont un an ferme exécutable sous bracelet électronique.

Forte de ce jugement qui met un terme à sa période d’inéligibilité, Marine Le Pen annonçait dès 20 heures qu’elle se pourvoyait en cassation. Un tel pourvoi, qui devrait intervenir après l’élection, suspendrait sa peine et donc le port d’un bracelet. La justice est décidément bien faite pour les puissants disposant d’une armée d’avocats, surtout quand ils apparaissent aux yeux de toute une fraction de l’appareil d’État comme un recours possible face à la crise politique du pays.

Balayant le risque d’une nouvelle condamnation, misant sur son immunité en cas de victoire, la cheffe du RN en appelle désormais à la sagesse des électeurs « qui seront juges ». Comme tant d’autres politiciens, à commencer par l’ex-président Sarkozy, Le Pen se considère donc au-dessus des lois qu’elle estime toujours trop clémentes pour les délinquants ordinaires.

Le suspens entretenu entre le plan A-Le Pen et le plan B-Bardella étant levé, le duo peut donc partir en campagne, bras dessus, bras dessous. Dédaignant les commentaires sur leur rivalité, Le Pen a parlé d’un « ticket gagnant », elle à l’Élysée, lui à Matignon. Autrement dit, les deux larrons se partageront le travail pour tenter de séduire le plus grand nombre d’électeurs. Le Pen, la riche héritière qui a su prendre au bon moment ses distances avec son père, incarnera la continuité historique de son parti tout en cultivant son image de « candidate du peuple ». Bardella continuera à draguer les électeurs de la droite traditionnelle en prônant moins de taxes, des coupes budgétaires massives voire l’introduction de la retraite par capitalisation. Les deux s’inclinent très bas devant le grand capital.

Quant au fonds de commerce permanent du RN, repris jusqu’à la nausée par la plupart de ses concurrents, la xénophobie et la stigmatisation incessante des étrangers accusés de tous les maux, il rend aussi un immense service au grand patronat. Il divise les travailleurs dans une période où leur unité pour se défendre face aux attaques patronales est plus que jamais nécessaire et il leur fait oublier que les responsables du chômage, des bas salaires et de la vie chère sont les capitalistes.

Loin d’être le parti antisystème qu’il a prétendu être pour attirer les électeurs des classes populaires écœurés par la politique des gouvernements successifs, le RN se prépare donc à gouverner au service de la bourgeoisie. S’il est illusoire de croire qu’on pourrait empêcher la progression de l’extrême droite par une décision de justice, on ne l’enrayera pas non plus en restant sur le terrain des élections, comme le proclament les concurrents de Le Pen. Pour stopper la progression de ces idées et l’évolution réactionnaire de toute la société, la seule voie est que les travailleurs retrouvent la conscience qu’ils font fonctionner toute la société. Ils sont les plus légitimes pour la diriger et les seuls capables de proposer une alternative pour sortir le monde de l’impasse dans laquelle le capitalisme l’enfonce.

                                                      Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3023)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-vendredi 10 juillet, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 11 juillet, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 12 juillet, de 11 h. à midi au marché Héloïse.

 

mardi 7 juillet 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 6 juillet 2026

 « Travailleuses, travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes » !

6/07/26

 

Nous saurons ce mardi 7 juillet qui de Le Pen ou de Bardella se présentera pour le Rassemblement national à la présidentielle. La cour d’appel doit en effet confirmer ou infirmer sa condamnation à quatre ans de prison dont deux ferme et cinq ans d’inéligibilité pour avoir détourné 4 millions d’euros quand elle était députée européenne

Après Mélenchon, un cheval de plus se met donc sur la ligne de départ. Il faudra attendre plusieurs mois pour savoir qui représentera finalement la droite et la gauche encore noyées sous le trop-plein de candidats. Mais le cirque électoral est lancé.

Les promesses, les engagements solennels et les programmes chiffrés au centime près commencent à tomber sur l’air bien connu de « avec moi, tout va changer ».

 

Qu’est-ce que la présidentielle changera ?

Les guerres succèdent aux guerres, de plus en plus meurtrières et barbares. Les catastrophes énergétiques, climatiques, sanitaires, agricoles s’enchaînent et se conjuguent. Quand une entreprise ouvre, cinq ferment. Le tout, sur fond de chômage de masse, d’inégalités et de pauvreté extrêmes avec ce que cela charrie de préjugés réactionnaires, de comportements asociaux et de trafics.

Tout se détraque. Les milliards qui manquent cruellement aux hôpitaux, aux salaires, à l’éducation et la protection des enfants ou à la transition climatique sont dépensés en armement. La jeunesse est de plus en plus violente, nous dit-on, mais les gouvernants expliquent aux jeunes qu’ils doivent se préparer à faire la guerre !

La société et le monde entier courent vers le précipice. Et ce n’est pas par manque d’argent et de moyens, mais parce que la grande bourgeoisie, les Arnault, Dassault, Mulliez, Bolloré, Saadé… accaparent les milliards issus de l’exploitation des travailleurs à l’échelle du monde. Et c’est cette petite minorité qui fait obstacle à l’organisation collective, pensée et raisonnée de l’économie et de la société.

 

Candidats pour servir le grand patronat

Tant que les capitalistes milliardaires domineront, le locataire de l’Élysée ne pourra que courir après les crises gravissimes et, surtout, il les fera payer aux travailleurs.

C’est le projet explicite d’Édouard Philippe. Mais c’est aussi ce que fera le RN. Plus Bardella/Le Pen se rapprochent du pouvoir, plus ils épousent le programme du Medef. Bardella est d’ailleurs déjà en train d’abandonner la retraite à 62 ans. Quant aux investissements qu’ils promettent de faire, par exemple dans un plan climatisation, ils prévoient, comme toujours, de les financer en faisant les poches des plus pauvres. Derrière les attaques contre les droits des travailleurs immigrés, qui sont déjà les plus mal payés et font les travaux les plus durs, c’est nous tous qu’ils visent.

Mélenchon promet, lui, de concilier grand patronat et travailleurs, bons salaires et dividendes, bonnes conditions de travail et compétitivité. C’est chose impossible. Sa proposition de Smic à 1700 € net prouve qu’il est prêt à ménager le patronat… aux dépens des travailleurs qui resteront dans la misère. Quant à faire croire qu’on pourrait avoir la paix et une véritable bifurcation écologique sans une véritable révolution de tout le système, c’est mentir.

 

L’issue : le combat des travailleurs pour changer la société

Plutôt que de chercher un sauveur qui viendrait d’en haut, plutôt que de se diviser en choisissant entre des promesses creuses, les travailleurs doivent s’organiser pour mener la lutte de classe jusqu’au renversement du capitalisme.

Le monde du travail est capable de faire ce qu’aucun président de la République ne fera : s’affronter réellement avec la bourgeoisie et son système et imposer une direction et une gestion collectives de la société.

Les travailleurs produisent tout et font tourner la société. Personne ne connait mieux qu’eux les besoins et les problèmes des classes populaires. Eh bien, ils doivent diriger !

Faire naître un véritable gouvernement de travailleuses et de travailleurs pour réorganiser l’économie et refonder des relations sociales saines, voilà la seule, la vraie perspective valable pour la grande masse de la population !

Ce sont ces idées communistes, révolutionnaires et internationalistes que Lutte ouvrière défend depuis toujours, et que nous affirmerons encore lors de l’élection présidentielle de 2027, puisque je serai candidate.

À la différence de ceux qui se présentent en sauveurs suprêmes, j’en appellerai à l’organisation et à l’action consciente du camp des travailleurs pour changer leur sort et l’avenir de la société.                            

                                                                             Nathalie Arthaud  

mardi 30 juin 2026

APL : Le programme du RN appliqué à l’université

Vive les études sans frontière

 

 

À partir du 1er juillet, les étudiants non européens ne pourront plus toucher l’aide personnalisée au logement (APL). Cette mesure infâme privera de 100 à 250 euros par mois ces étudiants, souvent les plus précaires, et leur interdira de fait l’accès aux résidences universitaires et aux foyers. C’est les condamner aux marchands de sommeil, voire à la rue.

         Mais ce n’est pas le problème du gouvernement qui flatte ainsi l’électorat de l’extrême-droite en prenant une mesure que le RN réclame depuis longtemps.

 

lundi 29 juin 2026

Retailleau : la course au plus réactionnaire

 Retailleau : la course au plus réactionnaire

Parmi les espèces exotiques et microclimats divers à découvrir au Parc floral de Paris, certains ont pu observer samedi 20juin un Retailleau en fourrure de candidat à la présidentielle.

Publié le 24/06/2026

 

« Maboul et gaulliste » est, paraît-il, ce que Retailleau revendiquait sur les mugs publicitaires vendus, allusion à une critique lancée par son ex-patron Macron quand, ministre de l’Intérieur, il reprochait au gouvernement algérien de refuser les ressortissants renvoyés sous OQTF.

Gaulliste, sans doute, maboul, peut-être, arriviste, sûrement, le chef des LR joue des coudes pour revendiquer la place que libérera Macron en 2027. Et si Retailleau se targue de « radicalité », s’il affirme qu’il « ira jusqu’au bout », c’est sans doute que la concurrence est rude à droite et à l’extrême droite. Alors, dans le registre antitravailleurs, anti-immigrés et servilement propatronal, la surenchère est ardue.

Après avoir déclaré que « après 10 ans d’En marche, rien ne marche », Retailleau a fait du Retailleau en prétendant dénoncer « une immense injustice : on prend aux Français qui travaillent pour donner à ceux qui ne travaillent pas ». Il ne parlait évidemment pas des 270milliards de cadeaux annuels faits aux grands patrons ! À l’égard de ces derniers, les promesses étaient limpides : leur restituer « 40milliards de prélèvements obligatoires », « sortir la tronçonneuse pour couper dans les normes », et même, concession à la canicule, « une écologie de droite, de bon sens, qui ne punira pas, qui ne dénoncera pas, qui n’interdira pas ».

Après cela, les menaces envers les travailleurs coulent de source. Fier d’avoir durci les conditions de régularisation des travailleurs migrants, combattu l’Aide médicale d’État, Retailleau promet – s’il est élu – de baisser les dépenses publiques, de plafonner toutes les prestations familiales à 70 % du smic, de valoriser le « travailler plus ».

Retailleau s’est aussi engagé à « mettre [ses] tripes, [son] cœur sur la table ». Mais qui veut-il séduire, alors que ces dernières années, la corporation des tripiers a pratiquement disparu ?

                                                  Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3021)