mercredi 28 janvier 2026
mardi 27 janvier 2026
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 26 janvier 2026 : Aux municipales : les travailleurs doivent défendre la politique de leur classe !
Aux municipales : les travailleurs doivent défendre la politique de leur classe !
Publié le 26/01/2026
Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars. Il y aura des listes Lutte ouvrière dans 240 villes, parmi les plus grandes du pays, pour que les travailleurs puissent exprimer leurs préoccupations et leur colère et affirmer une politique correspondant à leurs intérêts et à ceux de toute la société.
Rester muet et sans volonté face aux coups des capitalistes serait la pire des choses.
De plus en plus de femmes et d’hommes sont condamnés à des salaires indignes, à des pensions misérables ou jetés au chômage et marginalisés. Le monde du travail est rabaissé pour que les plus riches, les actionnaires qui ne font rien de leurs dix doigts, s’enrichissent comme jamais. Il faut que cela change, et il faut le dire !
Le capitalisme a engendré l’impérialisme et a nourri de multiples guerres. Trump, en compétition avec Xi Jinping mais aussi avec les dirigeants européens pour contrôler les ressources et les marchés de la planète, mène une politique ouvertement belliqueuse. Il exacerbe les tensions et intensifie les guerres. Allons-nous accepter, passifs et silencieux, que notre avenir soit suspendu à ces affrontements entre capitalistes ?
Nos villes connaîtront peut-être demain le sort de Kiev ou de Gaza. Les lycées servent déjà de bases de recrutement pour l’armée. Des usines automobiles prévoient de fabriquer des drones kamikazes. Nos hôpitaux sont censés se préparer à accueillir des milliers de blessés de guerre. Ce n’est pas dans ce monde-là que nous voulons vivre, et il faut aussi le dire haut et fort !
Il faut affirmer, comme le courant communiste le faisait dans le passé, que les travailleurs peuvent stopper la course folle du capitalisme. Qu’ils peuvent le renverser et refonder la société sur des bases collectives.
Car le changement ne viendra pas d’en haut. Il ne viendra d’aucun dirigeant politique. Ils s’inscrivent tous dans le cadre du capitalisme, qu’ils soient d’extrême droite, de droite ou de gauche. Et cela ne dépend évidemment pas non plus des municipalités, qui n’ont pas les moyens de contrebalancer les ravages engendrés par les exploiteurs, les licencieurs et les fauteurs de guerre.
Il dépend des travailleurs, de leurs combats et de leur conscience, de changer le cours des choses.
Aujourd'hui, le monde du travail est une force qui s’ignore. Cela fait des années qu’il n’y a pas eu de luttes d’ensemble permettant de tenir en respect le patronat. Des années que les travailleurs n’ont pas fait l’unité de leur camp contre la dictature du grand patronat.
La bourgeoisie et ses politiciens profitent de cette situation pour diviser et individualiser les travailleurs. Ils jouent sur les préjugés, le racisme, le nationalisme, le sexisme pour contrer toute idée de révolte collective. Mais cela n’aura qu’un temps.
Le camp des travailleurs existe. Des millions de travailleurs sont unis dans les mêmes problèmes de salaire, de conditions de travail, de logement, de santé, de transport… Au travail, ils mesurent leur rôle indispensable puisque rien ne peut se concevoir, se créer et se produire sans eux. Ils mesurent la complémentarité des travailleurs et la supériorité du collectif, c’est-à-dire ce qui fait la force de leur classe sociale.
Pour l’instant, les travailleurs sont respectueux de la propriété capitaliste. Ils se soumettent aux diktats de ceux qui possèdent les capitaux, alors même que cet argent est issu de leur propre labeur. Mais quand ils se révolteront et prendront conscience qu’ils peuvent parfaitement diriger la société eux-mêmes, tout pourra changer.
Sans attendre, il faut montrer qu’il y a des femmes et des hommes qui ne se laissent pas intimider par l’étalage de puissance de la grande bourgeoisie. C’est ce que font les ouvriers, les aides à domicile, les agents de maintenance et de sécurité, les employés, les soignants, les postiers, les conducteurs de bus, les travailleurs de la SNCF, et les enseignants qui se sont regroupés sur les listes Lutte ouvrière.
Ils ne veulent plus laisser la politique aux politiciens et aux notables. Ils se sont portés candidats pour défendre leurs intérêts de travailleurs et dénoncer le système qui est en train de nous broyer. Ils montrent qu’ils croient dans leur propre camp et c’est le meilleur gage pour l’avenir.
Alors, dans les semaines à venir, rejoignez, soutenez les listes de Lutte ouvrière. Les liens ainsi créés seront utiles pour la suite car il ne suffit pas d’être en colère, il faut aussi se rassembler et s’organiser derrière une politique et un parti.
Il faut montrer qu’il y a un chemin pour tous ceux qui ne se résignent pas et veulent changer la société.
Nathalie ARTHAUD
jeudi 22 janvier 2026
mardi 20 janvier 2026
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 19 janvier 2026 : Budget, menaces guerrières : il faut en finir avec le capitalisme !
Budget, menaces guerrières : il faut en finir avec le capitalisme !
19/01/26
Vu les tensions, les guerres et les massacres qui se multiplient partout sur la planète, le cirque budgétaire était passé au second plan. Mais celui-ci touche à sa fin. Les marchandages sont terminés, et le patron du Parti socialiste se dit prêt à ne pas censurer le gouvernement au prétexte « d’avancées sociales ».
Comment parler d’avancées sociales quand tous les budgets sont rabotés ! Les hôpitaux sont mis au régime sec, et les malades qui ne peuvent pas payer pour aller dans le privé attendront pour se faire soigner. C’est la même cure d’austérité pour l’Éducation nationale, le logement social, l’emploi...
Mais voilà, en échange de son soutien à Lecornu, le PS a obtenu quelques mesures qui masqueront ces nouvelles coupes : la prime d’activité sera augmentée ; les étudiants auront droit à un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires ; les APL suivront l’inflation ; 400 millions supplémentaires iront au logement social, MaPrimeRénov’ sera relancée et l’impôt sur le revenu n’augmentera pas.
Cette liste de mesures prouve surtout une chose : faire vivre décemment sa famille devient de plus en plus difficile pour des millions de femmes et d’hommes parce que les prix ont flambé et que les salaires restent très insuffisants.
Comment joindre les deux bouts quand on est payé autour du smic, 1400, 1500 euros net par mois, comme près de trois millions de salariés ? Dans le privé, la moitié des salariés gagnent moins de 2100 euros par mois. Une somme vite envolée une fois payés le loyer, les crédits, l’électricité, l’eau, les assurances, le téléphone, Internet, la mutuelle et les frais d’une voiture.
La CGT a recensé 483 plans de suppressions d’emplois sur les 18 derniers mois et plus de 100 000 emplois sont menacés ou supprimés. Des salariés, des employés, des cadres qui ont travaillé 20, 30 ans dans une entreprise se retrouvent licenciés du jour au lendemain. Et contrairement aux actionnaires ou aux propriétaires qui se sont engraissés de leur travail, eux ne touchent pas de rentes à vie !
Au même titre que les agriculteurs, les ouvriers, les auxiliaires de vie, les manutentionnaires, les agents de sécurité peuvent, eux aussi, parler de leurs conditions de travail, de leurs levers au cœur de la nuit, des heures passées sur les routes ou entassés dans les transports en commun. Ils peuvent parler des cadences et de leur santé qu’ils ont laissée sur les chaînes de production, sur les chantiers ou dans les entrepôts, des sacrifices de leur vie sociale et familiale qu’ils font en travaillant de nuit, le samedi ou le week-end.
Et ce n’est pas ce saupoudrage de mesures qui changera quoi que soit à ces conditions de vie de plus en plus dures. Il ne permettra même pas aux travailleurs de sortir la tête de l’eau.
Alors, parler de victoires ou d’avancées sociales est révoltant. Et c’est surtout dérisoire quand toute la société évolue vers la guerre.
Les capitalistes ne se contentent pas de s’enrichir de façon spectaculaire et d’exploiter les travailleurs. Ils se battent, ouvertement désormais, pour savoir qui mettra la main sur les richesses du Groenland ; qui aura accès aux terres fertiles d’Ukraine ; qui contrôlera le coltan des mines du Kivu en RDC ; qui exploitera le pétrole du Venezuela… Ces rivalités ne peuvent que mal finir si on leur laisse les mains libres.
Le monde entier marche vers un conflit généralisé. Et là encore, comme dans toutes les guerres capitalistes, ce sont les classes populaires qui fourniront la chair à canon.
Ces reculs et ces menaces ne tombent pas du ciel. Ils sont les conséquences du système capitaliste. Tous les jours, la brutalité et la rapacité décomplexée de Trump nous en rappellent la règle de base : rien ne doit faire obstacle à l’accumulation des milliards entre les mains de la bourgeoisie et des financiers, ni le respect des hommes et de la planète, ni celui de quelconques valeurs morales. Et si des capitalistes ont besoin de faire la guerre pour prendre le dessus dans la concurrence, débloquer des marchés, accéder à telle ou telle matière première, guerre il y aura !
Mais une autre règle régit le capitalisme : c’est que les travailleurs produisent tout. Sans eux, il n’y a pas de création de richesses, pas de création de profits et de capital. Il dépend donc d’eux, de leur conscience et de leur combativité, que la société suive une autre voie.
C’est pourquoi les travailleurs ne doivent ni se résigner ni se taire. Ceux qui refusent l’avenir de sang et de larmes que nos dirigeants nous réservent doivent se rassembler. Les capitalistes sont forts parce qu’ils sont organisés. Les travailleurs doivent en faire autant et construire un parti qui défende vraiment leurs intérêts, un vrai parti communiste et révolutionnaire.
Nathalie Arthaud
mardi 13 janvier 2026
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 12 janvier 2026
Iran : Le peuple en révolte peut décider de l’avenir !
12 janvier 2026
Manifestations au cri de « À mort le dictateur ! » qui visent l’ayatollah Khamenei ; bâtiments gouvernementaux en feu ; tirs à balles réelles sur les manifestants et amoncellement de morts dans les morgues… les images qui filtrent d’Iran témoignent d’une révolte qui s’étend à tout le pays et d’une répression déchainée.
Ce bain de sang peut arrêter la révolte, mais il peut aussi l’attiser.
Ceux qui manifestent savent que le régime est sans pitié avec les contestataires. La révolte de la jeunesse, qui a secoué le pays après l’assassinat de Mahsa Amini par la police des mœurs pour un voile mal porté, s’est soldée par des dizaines de milliers d’arrestations et plus de 500 exécutions. Malgré cela, les Iraniens sont repartis au combat.
Ce type de courage et de combativité des masses a, bien souvent, changé le cours de l’histoire. Alors, cette révolte finira-t-elle par faire tomber cette dictature obscurantiste et antiouvrière ? Ce serait une première étape, et nous ne pouvons que l’espérer !
Les racines de cette révolte sont à la fois politiques et sociales. En Iran, comme partout ailleurs, le fossé s’est creusé entre une poignée de privilégiés et la population laborieuse. La bourgeoisie et les dignitaires du régime se sont considérablement enrichis au travers de l’exploitation et de la corruption. Eux peuvent disposer de tout malgré l’embargo américain !
Les dignitaires de la République islamique se veulent les champions de la contestation contre l’impérialisme, mais ils envoient leurs fils et leurs filles étudier et vivre aux États-Unis, qu’ils présentent pourtant comme « le grand Satan » ! Ils prêchent la religiosité, la soumission des femmes et les sacrifices à leur peuple, mais ils vivent dans le luxe et copient les mœurs occidentales !
De leur côté, les classes populaires subissent de plein fouet les pénuries d’eau ou de médicaments, les coupures d’électricité. Les travailleurs sont payés des semaines ou des mois en retard et ont vu leur pouvoir d’achat s’effondrer au point d’avoir du mal à se nourrir et se loger. C’est cette misère croissante qui touche désormais tout un pan de la petite bourgeoisie et a mis dans la rue même les commerçants du Bazar de Téhéran, jusque-là fidèles soutiens du régime.
Aujourd'hui, des centaines de milliers de femmes et d’hommes estiment ne rien avoir à perdre et veulent renverser le régime. Mais la question qui se pose, c’est par quoi le remplacer.
Les travailleurs iraniens sont bien placés pour savoir qu’une dictature peut en remplacer une autre. Les mollahs sont arrivés au pouvoir en 1979, en se portant à la tête d’une révolution contre une dictature pro-américaine honnie, celle du Chah, pour instaurer eux-mêmes une des pires dictatures.
Ironie de l’histoire, c’est aujourd'hui le fils du Chah, Reza Pahlavi, vivant jusqu’ici dans un exil doré aux États-Unis, qui tente de se propulser à la tête du soulèvement !
Pendant que les Iraniens risquent leur vie, une multitude de vautours sont prêts à fondre sur l’Iran.
Les États-Unis et Israël parlent d’intervenir militairement pour faire arrêter le massacre. Les hypocrites : avec le sang des Palestiniens qu’ils ont sur les mains, ils font partie des pires massacreurs !
En réalité, Trump et Netanyahou manœuvrent pour trouver un remplaçant au régime qui leur soit tout dévoué. Après tout, même parmi les Gardiens de la révolution, il peut exister des candidats au remplacement de Khamenei.
Une chose est certaine : les révoltés doivent se méfier des solutions de rechange imposées d’en haut. Celui qu’on leur présentera comme un « leader » sera choisi pour sa capacité à faire rentrer la population dans le rang et pour sa docilité vis-à-vis des États-Unis. La démocratie et la liberté des femmes ne seront pas plus son problème que celui de Trump !
Si les travailleurs iraniens ne veulent pas verser leur sang pour ceux qui les piétineront demain, ils doivent prendre la tête de la révolte, en se donnant leur propre organisation et leurs propres objectifs politiques. Lors des évènements révolutionnaires de 1979, les travailleurs iraniens avaient construit des conseils ouvriers mais s’étaient finalement laissé diriger par les ayatollahs. Les leçons de cette histoire et des dernières révoltes doivent être tirées.
Les travailleurs n’ont eu besoin de personne pour se révolter, ils n’ont besoin de personne pour se diriger et se gouverner ! C’est conscients de cela qu’ils peuvent transformer cette révolte en révolution et faire naître un régime d’une tout autre nature : un régime dirigé par les travailleuses et les travailleurs, le seul capable de s’attaquer à toutes les oppressions.
Nathalie ARTHAUD
mardi 6 janvier 2026
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 5 janvier 2026
Raid au Venezuela : l'impérialisme américain étend la guerre
Publié le 05/01/2026
@Jabreu89 sur X
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, et dans la tradition des coups d’État fomentés par la CIA en Amérique latine et dans les Caraïbes, Trump a lancé un raid sur le Venezuela. Il a fait kidnapper Maduro, le président vénézuélien, et annoncé que les États-Unis dirigeront le pays jusqu’à nouvel ordre.
Les dirigeants des grandes puissances, qui sont tout aussi rapaces et impérialistes que les États-Unis sans avoir les mêmes moyens, ont entériné le coup de force.
Maintenant, l’équipe Trump menace la Colombie. Elle veut asphyxier économiquement Cuba pour que son régime tombe. Et elle reparle d’annexer le Groenland. Le continent tout entier doit se mettre au service des intérêts des capitalistes américains, et gare à ceux qui refuseront de baiser la main du maître : ils seront arrêtés sur une grotesque accusation, et envoyés croupir dans les geôles américaines jusqu’à la fin de leur vie !
Au Venezuela, c’est évidemment le pétrole qui intéresse la bourgeoisie américaine. Le pays possède les plus grandes réserves mondiales d’or noir, et l’oncle Sam ne supporte pas qu’elles lui échappent. Quand Trump affirmait le mois dernier « ils nous ont pris notre pétrole, nous voulons le récupérer », c’était clair. Pour le pétrole, la première puissance impérialiste du monde est prête, une fois de plus, à déstabiliser un pays si ce n’est une région entière et à entraîner les peuples vers la guerre.
Au-delà du pétrole, Trump veut reprendre en main le continent américain pour contrer la concurrence de la Chine, devenue le premier partenaire commercial de l’Amérique latine. Avec ce coup de force militaire, Poutine et Xi Jinping sont avertis : le gouvernement américain est prêt à tout. Il est à la tête du pays le plus riche du monde et de l’armée la plus puissante, il veut que ce soit lui et nul autre qui régente le monde.
Car il s’agit bien du monde, et pas seulement de l’Amérique ! Ukraine, Palestine, RDC, Syrie, Iran… le shérif de la Maison Blanche entend imposer partout les intérêts de la bourgeoisie américaine. Alors que des régions entières sont déjà à feu et à sang, et que le monde entier est un baril de poudre, Trump menace et éructe, allumettes en mains.
Le monde avance à grands pas vers une déflagration généralisée.
Tandis que Macron a joué les larbins en chef, les dirigeants européens ont protesté mollement, expliquant que ce n’est pas une façon de faire. Et ils ont hypocritement appelé au respect du droit international et à l’ONU, comme si cela avait déjà arrêté une guerre !
L’ONU est depuis toujours l’antre des plus grands brigands de la planète. Elle a servi à entretenir une fiction, celle d’un ordre pacifique respectueux des nations et des peuples. Elle a fait croire qu’il en était fini des putschs et des expéditions militaires fomentés par les grandes puissances, qu’il en était fini des annexions et des colonies.
Quelle sinistre blague ! L’ordre colonial n’a disparu que pour laisser la place à l’impérialisme et à ses interventions militaires permettant aux pays capitalistes développés, États-Unis et vieilles puissances européennes en tête, de continuer de pomper les richesses des pays pauvres.
Les Irakiens, les Libyens, les Afghans, les Palestiniens et nombre de peuples d’Afrique et d’Asie ont subi le talon de fer de l’impérialisme, souvent dans le cadre du prétendu droit international et de l’ONU. Leurs villes ont été bombardées, leurs familles décimées et leurs conditions de vie renvoyées des décennies en arrière. Ces dernières années, la guerre s’est-elle arrêtée, pour eux, ne serait-ce qu’un seul jour ?
Ce qui se passe au Venezuela, en Ukraine, à Gaza préfigure ce qui va nous arriver à nous aussi. Car tant que l’on vivra sous le capitalisme, avec la propriété privée, les lois du marché et de la concurrence, nous aurons la guerre.
Aujourd'hui, les évènements se précipitent parce que la guerre économique entre les géants que sont les États-Unis et la Chine est plus féroce que jamais. L’impérialisme américain se fait plus cynique, plus cupide, plus agressif. L’aboutissement ne peut être que la guerre généralisée.
Trump pour rester le maître du monde et Poutine ou Xi Jinping pour défendre leur pré-carré n’ont pas de limites. Ils sont capables de détruire l’humanité. Ils ne s’arrêteront que sous la pression de leurs peuples, quand ils en seront à craindre les travailleurs, quand ils auront peur que ces derniers les renversent, eux et leur système capitaliste qui est à la base de l’impérialisme.
Nathalie Arthaud
vendredi 2 janvier 2026
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 29 décembre 2026 : En 2026, faire face à la barbarie capitaliste
En 2026, faire face à la barbarie capitaliste
Publié le 29/12/2025
Fin d’année oblige, l’heure est aux rétrospectives en tout genre. Pour les capitalistes, l’année 2025 est un bon cru. Tout va très bien du côté des milliardaires, qui n’ont jamais été aussi nombreux. D’après l’étude de la banque suisse UBS, qui sait de quoi elle parle, ils sont 287 de plus cette année. Les 2 900 milliardaires de la planète peuvent lever leur verre à la santé de la Bourse, qui termine l’année en fanfare. Les cours de toutes sortes de valeurs spéculatives, de l’or au cuivre en passant par les entreprises de l’IA, battent record sur record.
Des fortunes sont englouties dans des caprices de riches. On construit des hôtels de luxe sur une île privée au large de Bandol ou en plein désert d’Oman. En même temps, une ONG évalue à 120 milliards pour l’année les dégâts du réchauffement climatique qui aggrave les catastrophes dont les plus pauvres sont les premières victimes, les inondations en Asie du Sud-Est, les ouragans dévastateurs dans les Caraïbes ou la sécheresse ailleurs.
Le monde avance à grand pas vers la guerre généralisée. Et combien de millions de personnes sont mortes dans les multiples conflits qui ensanglantent la planète ? Combien survivent, menacées par la famine et la maladie dans les ruines ou les camps de réfugiés ? Les milliards que les capitalistes accumulent sont le fruit de l’exploitation des travailleurs et, pendant que cette poignée de parasites sable le champagne, la majorité de la population est condamnée à un combat permanent pour la survie.
Cette évolution barbare au son du canon et sur fond de bruits de bottes est la conséquence de la guerre économique que se livrent les grands groupes capitalistes. La première puissance impérialiste, les États-Unis, décide du sort des peuples et fait résonner la politique de la canonnière en Syrie, au Venezuela, au Nigeria… Officiellement, il s’agit de lutter contre le terrorisme ou la drogue mais Trump, le shérif de la Maison Blanche, ne cherche même plus à cacher derrière de nobles objectifs le but de la première puissance impérialiste. Il a ainsi justifié le siège du Venezuela et la destruction de plusieurs de ses navires par un lapidaire « ils nous ont pris notre pétrole, nous voulons le récupérer ».
En Ukraine, les discours sur le droit des peuples ont cédé la place à la question du partage des richesses du pays entre la Russie et les États-Unis, pendant que les puissances de second ordre, dont la France, se battent pour avoir aussi leur part du gâteau. En République Démocratique du Congo, quand Trump prétend faire la paix dans la région du Kivu, c’est pour satisfaire les convoitises des trusts américains sur ses richesses minières.
Et que dire de la situation au Moyen-Orient, où les États-Unis, après avoir aidé Netanyahou à anéantir Gaza et sa population et à coloniser la Cisjordanie, se vantent d’avoir conclu la paix ? C’est la paix des cimetières et des ruines pour les Gazaouis, tandis que les dirigeants impérialistes espèrent tirer de bonnes affaires de la reconstruction.
Dans les pays riches comme la France, nous ne sommes pas encore confrontés directement aux ravages de la guerre. Mais la crise et les rivalités internationales frappent déjà les travailleurs. Les plans de licenciements se multiplient et les conditions de travail et de salaire empirent pour ceux qui gardent un emploi. Et quand l’argent de l’État va à l’armement et aux porte-avions, cela signifie encore moins de moyens pour la santé, l’école ou les transports.
Le capitalisme condamne l’humanité, mais le camp des travailleurs porte d’autres perspectives. Depuis que l’exploitation existe, les opprimés s’organisent pour la combattre. Dans le monde entier, ce sont souvent leurs combats, grands et petits, qui ont changé le cours de l’histoire.
L’espoir d’un monde débarrassé de l’exploitation, de la guerre et des rapports de domination repose sur les travailleurs, qui font tourner toute la société. Ils ne sont pas condamnés à subir une vie où il faut tout compter et à serrer les dents pour s’accrocher à un travail qui les broie.
Il faut changer le monde et cela ne peut venir que de notre camp, de la classe des travailleurs, à condition de prendre conscience de la force que nous représentons et de nos intérêts politiques, qui sont de renverser cette classe capitaliste parasite qui régente la société.
Le combat pour émanciper l’humanité reste la perspective que seuls les travailleurs peuvent réaliser. Les mots de Marx et d’Engels dans le Manifeste du Parti communiste, rédigé en 1848, gardent toute leur actualité : « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner ».
Nathalie ARTHAUD
mardi 23 décembre 2025
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 22 décembre 2025 : La trêve de noël, quelle trêve ?
La trêve de noël, quelle trêve ?
22/12/2025
En ces fêtes de fin d’année, certains d’entre nous ont quelques jours de repos. L’occasion de passer plus de temps en famille ou entre amis, et personne ne s’en plaindra. Mais la prétendue féérie de Noël, mise en scène dans les médias entre deux reportages sur la guerre, est plus qu’indigeste.
Pour les uns, Noël est le moment idéal de vanter les traditions, voire la tradition chrétienne, et l’extrême droite s’en donne à cœur joie. Pour les autres, il rime avec business, car la magie de Noël est censée aller de pair avec les cadeaux au pied des sapins et des repas extraordinaires.
Il n’y a donc de trêve ni dans la démagogie ni dans les affaires ! Il n’y en a pas plus pour les attaques contre les travailleurs.
C’est autour de Noël que les 750 salariés de Brandt vont recevoir leur lettre de licenciement. Et combien d’autres passeront les fêtes le cœur serré, parce qu’ils ont perdu leur travail ou craignent d’être licenciés ?
41 % des travailleurs empruntent pour payer leurs cadeaux, parce que la férie de Noël ne va pas jusqu’à augmenter les salaires ! Des millions de femmes et d’hommes en activité, au chômage, à la retraite ou en invalidité jonglent avec leur découvert et devront se mettre dans le rouge rien que pour acheter du chocolat et quelques cadeaux pour faire plaisir aux enfants ou aux petits-enfants.
Les conseils des journalistes télé pour bien choisir son foie gras, réussir l’œuf coque à la truffe ou sélectionner le meilleur vin ne leur sont clairement pas destinés !
De véritable trêve, il n’y en a pas non plus pour les travailleurs immigrés qui font face à des problèmes de papiers et de visas et qui ne peuvent pas se retrouver en famille comme ils l’aimeraient.
Il n’y en a pas pour les petits éleveurs qui se réveillent chaque matin en se demandant s’ils vont découvrir une bête malade et s’ils devront, eux aussi, en passer par l’abattage de tout leur troupeau, le travail d’une vie.
Quant à ceux qui dorment à la rue, ils ne verront de Noël que les vitrines alléchantes et les illuminations publiques.
Le fossé entre cette parenthèse enchantée que sont censées être les fêtes de fin d’année et la réalité vécue par l’écrasante majorité de la population est encore plus révoltant si l’on regarde au-delà des frontières.
Oh, il y aura de la fête, du clinquant, du homard et du caviar sur les tables de la Maison-Blanche, du Kremlin ou de l’Élysée ! Mais les deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza déplacés et contraints de vivre dans des campements de fortune pataugent dans la boue et grelottent dans le froid.
Les soldats ukrainiens et russes continuent de risquer leur vie alors que Poutine et Trump sont en train de s’arranger sur leur dos.
La population du Venezuela est asphyxiée économiquement par le blocus imposé par l’armée américaine, ce qui multiplie les pénuries et l’inflation en aggravant la crise alimentaire.
Quant aux Haïtiens, déjà condamnés à survivre avec trois fois rien, ils sont soumis au règne meurtrier des gangs qui étendent leur pouvoir sur le pays.
Dans les prêches de Noël, on entendra les uns ou les autres en appeler à la paix, au cessez-le-feu et aux négociations, alors que partout, les états-majors et les dirigeants fourbissent leurs armes et préparent la guerre.
Ce dimanche, Macron s’est rendu auprès des militaires français déployés aux Émirats arabes unis, pour leur offrir… un nouveau porte-avions, dernier joujou de la marine au coût exorbitant. Quand il s’agit de dépenser pour la guerre, il n’est plus question de « déficit insoutenable » ni de « dette que nous laisserons à nos enfants » !
Au lieu de faire disparaître toutes ces réalités cruelles et angoissantes, la prétendue magie de Noël les fait ressortir avec plus de relief.
Il ne devrait plus y avoir de place depuis longtemps pour la misère, l’exploitation, la domination des pays riches sur les pays pauvres et les guerres, car les richesses et les progrès sont tels qu’ils pourraient profiter à tous.
Ce constat doit se transformer en perspective politique : bâtir un monde meilleur pour les générations futures est possible. C’est aux travailleurs, aux exploités, aux opprimés et aux révoltés de s’y atteler.
Souhaitons que cette période de repos nous donne des forces et de l’énergie pour partir au combat contre cette société capitaliste, si aberrante et révoltante !
Nathalie Arthaud



