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mardi 10 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 9 mars 2026 : À bas la guerre impérialiste !

 À bas la guerre impérialiste !

 Publié le 09/03/2026

 

La guerre fait rage en Iran et au Liban. Elle touche les monarchies du Golfe et menace d’enflammer, de nouveau, l’Irak et la Syrie. Elle n’a pas cessé en Palestine depuis près de trois ans et a réduit Gaza à un champ de ruines. Elle ravage l’Ukraine depuis plus de quatre ans. Elle dévaste la Somalie depuis 2019 et aussi le Soudan. Elle est quasi permanente au Sahel et au Congo, et ce depuis tant d’années qu’il est difficile de dater son commencement. 

L’odeur de poudre et de mort sature l’atmosphère de la planète. En attaquant l’Iran, les dirigeants de l’impérialisme, Trump, Netanyahou et les plus petits requins qui les suivent, nous plongent dans la troisième guerre mondiale. 

La guerre est, plus que jamais, le fonctionnement normal du capitalisme. Depuis des décennies, les États-Unis, les pays européens, la Chine, la Russie et leurs alliés se disputent les ressources, les marchés et les zones d’influence. Les uns pour garder la part du lion, les autres pour accéder à la mangeoire. Chaque crise, chaque conflit local est l’occasion d’affaiblir ses adversaires. Les sanctions économiques, les cyberattaques, les ingérences politiques et les guerres par procuration sont l’avant-goût d’un affrontement plus large. 

Ce que les États-Unis reprochent à l’Iran n’est ni son obscurantisme, ni sa dictature, mais le fait que ce régime leur tient tête. Ils se moquent du sort des Iraniens, tout autant que de celui des Palestiniens. Mais ils utilisent la lutte des Iraniens, ô combien courageuse, contre le régime des mollahs, pour promouvoir leurs propres intérêts. 

Les États-Unis veulent un régime à leur botte en Iran. De même à Cuba, qu’ils sont en train d’affamer. De même pour le Venezuela dont le président Maduro a été kidnappé et croupit au fond d’une geôle new-yorkaise. De même en Amérique latine et au Groenland. De même, ils voulaient mettre le régime ukrainien dans leur poche, et cela a entraîné la guerre avec la Russie. 

La guerre contre l’Iran est aussi une attaque indirecte contre la Chine, menacée dans son approvisionnement en pétrole. Elle fait partie du combat que mène l’impérialisme américain pour contenir sa principale concurrente et rester le maître du monde. Et ce conflit n’en est qu’une étape. 

Officiellement, la France n’est pas en guerre contre l’Iran, surtout parce que Macron a été mis devant le fait accompli par Trump et Netanyahou. Mais il n’a pas tardé à s’aligner. Et comment croire que l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée n’a qu’une vocation « défensive » ? 

La France, qui fut une puissance coloniale au Moyen-Orient, a noué des accords de défense avec les pays du Golfe et y a installé des bases militaires. Pourquoi ? Parce que les capitalistes français ont d’énormes intérêts au Qatar, au Koweït, aux Émirats arabes unis, qui sont notamment parmi les plus gros acheteurs d’armes françaises. Demain, des soldats français iront peut-être mourir dans le détroit d’Ormuz pour les intérêts de Dassault, Total et Vinci. 

Les capitalistes transforment toute la planète en un champ de bataille. C’est une folie, un crime contre toute l’humanité !

Les pays riches pourraient utiliser leurs avancées techniques et leurs connaissances pour élever la condition des peuples qui contribuent partout à leur prospérité. Ils pourraient offrir la possibilité aux pays les plus pauvres de se développer. Ils pourraient lutter contre le réchauffement climatique et réaliser bien d’autres choses encore. Mais ils utilisent leur puissance pour asservir et exploiter les travailleurs et les peuples, les privant souvent du minimum, leur enlevant jusqu’à leur dignité. 

Alors, quitte à dénoncer des fanatiques et des tyrans, commençons par dénoncer les fanatiques du profit, de l’accumulation insensée et du pouvoir qui sont chez nous, dans les citadelles capitalistes !

Nous n’avons rien à gagner, nous, travailleurs, à voir nos enfants s’entretuer pour le contrôle d’un oléoduc ou d’un marché stratégique. L’ennemi est dans notre propre pays. Il est dans ces conseils d’administration qui spéculent sur les conflits et augmentent le prix de l’essence. Il est à la tête du gouvernement qui fait produire des Rafale et des sous-marins nucléaires au lieu de former des médecins et d’embaucher des enseignants. Il est à la tête de l’armée qui prépare notre jeunesse à se sacrifier sur l’autel des profits capitalistes. 

La seule guerre qu’il nous faut mener est celle qui mettra hors d’état de nuire la bande d’exploiteurs et de va-t-en guerre qui nous dirigent. Travailleurs de France, d’Europe, des États-Unis et d’ailleurs, unissons-nous par-dessus les frontières pour la renverser !

                                                                                 Nathalie ARTHAUD

mardi 3 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 2 mars 2026 : Iran, ils nous mènent à la guerre généralisée

 Iran, ils nous mènent à la guerre généralisée

2/03/2026

L’Iran est sous les bombardements israéliens et américains. En représailles, l’Iran frappe Israël et les monarchies du Golfe, Dubaï, l’Arabie saoudite, Barheïn, le Qatar. Le Sud Liban et Beyrouth sont bombardés par Israël… En lançant leur guerre contre l’Iran, Trump et Netanyahou ont mis le feu à toute la région.

Les États-Unis et Israël ont déclenché une nouvelle guerre aux conséquences incalculables. Il y a déjà plusieurs centaines de morts en Iran, dont une centaine de petites filles tuées par l’explosion de leur école. Et combien d’Israéliens tomberont, victimes de cette politique ?

On a vu les gouvernements israélien et américain à l’œuvre dans la bande de Gaza. L’armée israélienne s’est acharnée à détruire et à massacrer pendant presque deux ans, tuant 70 000 hommes, femmes et enfants. Ce sont des incendiaires et des assassins !

De nombreux Iraniens se sont réjouis de la mort de leurs bourreaux, à commencer par celle d’Ali Khamenei, tué dans les premières heures de la guerre. On les comprend, mais ceux qui présentent cette guerre comme le moyen de libérer la population d’un régime haï sont des menteurs.

Ceux qui bombardent les peuples ne sont jamais des libérateurs. Les États-Unis ne l’ont été ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Syrie. L’armée française ne l’a été ni en Libye ni au Mali. Leur but n’a jamais été de défendre les peuples mais de les soumettre à leurs intérêts par les armes.

Les États-Unis veulent avoir un régime à leur botte en Iran. De même qu’ils le veulent pour Cuba, le Venezuela, l’Amérique latine, le Groenland. De même qu’ils le voulaient en Ukraine, ce qui a entraîné la guerre avec la Russie.

Cette guerre n’a rien de préventif. Elle est une étape de plus dans le cheminement vers la guerre mondiale. Et, à leur échelle, nos propres dirigeants apportent leur contribution à l’engrenage guerrier, puisqu’avec Merz et Starmer, Macron a proposé ses services à Trump et Netanyahou pour « des actions défensives » contre l’Iran. Comme si le régime iranien était à l’origine de cette guerre !

Pour l’heure, la Chine se tient à distance des combats que l’impérialisme américain mène pour rester le maître du monde, mais elle est dans son collimateur. Et elle finira bien par être impliquée.

Tant que l’humanité sera gouvernée par des bandes de voleurs et de criminels, prêts à tout pour servir les plus riches, la guerre sera notre seul et unique horizon. C’est de la folie et un gâchis humain monstrueux.

L’humanité court à sa destruction au moment même où elle atteint un degré de développement extraordinaire. Nous sommes en 2026. Nous n’avons jamais disposé d’autant de richesses à partager. Nous n’avons jamais eu autant de moyens techniques et de possibilités pour répondre à nos besoins. Les savoirs et les progrès accumulés permettent aux peuples de communiquer, d’échanger et de coopérer par-delà les frontières, les mers et les océans. Mais c’est guerres sur guerres, destructions sur destructions, cadavres sur cadavres !

On nous précipite vers la guerre généralisée parce que partout, dans tous les pays, ceux qui dirigent sont aveuglés par l’accumulation insensée de richesses et la course aux profits. Il s’agit toujours de défendre les intérêts particuliers de vautours qui n’ont jamais fait qu’exploiter et piétiner les travailleurs !

Nous voyons arriver la guerre depuis des mois, sinon des années. Tous les pays se réarment à marche forcée. L’arsenal qui s’accumule atteint une puissance et un degré inédits dans la sophistication et l’art de tuer. La propagande guerrière, le nationalisme et la militarisation de la société avancent partout à grands pas. Et nous savons que les travailleurs seront les premiers à payer cette guerre, parce que ce sont toujours leurs enfants qui sont envoyés en première ligne.

Nous nous sentons incapables de l’empêcher. C’est un drame car le monde du travail est justement la seule force qui aurait les moyens d’y faire obstacle. Le temps qu’il se relève, prenne conscience de son poids dans la société et mette la classe des exploiteurs et des va-t’en guerre hors d’état de nuire, combien de morts seront encore à déplorer ?

Il est donc urgent de travailler à l’organisation des travailleurs contre une classe capitaliste qui met en péril l’humanité tout entière et qui ne mérite plus de diriger. Il faut que les travailleurs décident de prendre leur sort en main et de gérer eux-mêmes la société. Le plus tôt sera le mieux !

                                                                    Nathalie ARTHAUD

 

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui mardi 3 mars : de 10 h.30 à midi : centre cl de la cité Joliot-Curie ;

-carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 19 h.15. ;

-de 11 h. à 12 h.15 devant Intermarché du centre ;

-de 15 h.30 à 17 h.30 : esplanade du Val-Nord ;

-Mercredi 4 mars : de 14 à 16 heures entrée de la mairie,

- et de 17 h.30 à 19 h.15 devant Auchan-Val Sud.

mardi 24 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 23 février 2026

 Une campagne infecte en faveur de l’extrême-droite

23/02/2026


Le décès du militant royaliste et identitaire, Quentin Deranque, frappé à mort au cours d’une rixe opposant son groupe d’ultra droite à des « antifas », donne lieu à une campagne réactionnaire aussi écœurante que dangereuse.

Une véritable meute réunissant le Rassemblement national, la droite, le gouvernement, une partie du Parti socialiste et la plupart des médias s’est lancée aux trousses de La France insoumise au prétexte qu’elle compte dans ses rangs le fondateur de la Jeune garde dont deux ex-membres sont mis en cause.

Alors que LFI, les « antifas » et l’extrême gauche sont accusés d’avoir une responsabilité morale dans la mort du jeune identitaire et de propager la violence en politique, on assiste au blanchiment du RN, réhabilité dans le camp des démocrates et des républicains, et à la banalisation des idées d’extrême droite. Même les références à Hitler et à Pétain, le chef de la collaboration avec l’Allemagne nazie, sont revenues à la mode.  

Martine Vassal, candidate de droite à la mairie de Marseille, a repris la devise pétainiste « Travail, famille, patrie ». En voulant hurler plus fort que les autres loups, la macroniste Aurore Bergé a taxé LFI de « parti anti-France ». C’est ainsi que Pétain qualifiait les communistes et les Juifs qu’il faisait arrêter et condamner à une mort certaine lors de la Deuxième Guerre mondiale.

L’Assemblée nationale a fait une minute de silence pour Quentin Deranque, dont on sait qu’il était venu appuyer des militantes d’extrême-droite décidées à perturber une conférence sur la Palestine. Mais combien de victimes tuées par des racistes n’ont même pas droit à une information au journal télévisé ? Et, bien des fois, comme pour le meurtre de Djamel Bendjaballah près de Dunkerque en 2024, le caractère raciste du crime n’est même pas reconnu !

Le ministre de l’Intérieur, prompt à interdire des rassemblements de solidarité avec la Palestine, a aussi autorisé l’ultradroite à rendre hommage à son nouveau martyr. Les nervis spécialisés dans la chasse aux travailleurs immigrés, aux militants de gauche, aux homosexuels et aux musulmans ont ainsi pu tranquillement défiler samedi après-midi dans les rues de Lyon. Après avoir passé la semaine à taguer et vandaliser des locaux de la gauche et de certains syndicats, ils se sont montrés avec leurs chants et leurs saluts nazis.

Derrière tout cela, il y a de sordides calculs politiciens. Pour le gouvernement, il s’agit d’isoler Mélenchon du reste de la gauche pour neutraliser un concurrent important à la présidentielle de 2027. Quant à la droite, elle vient de trouver un super prétexte pour s’allier avec l’extrême droite dans un front républicain inversé destiné à marginaliser LFI.

Cette campagne nous mène droit à un gouvernement du genre de celui de Trump, encore plus violemment hostile aux travailleurs, aux pauvres, aux immigrés, encore plus dévoué aux seuls milliardaires. Alors, il ne faut pas marcher !

Puisqu’il est question de violence, parlons de celle, véritable, qui ravage la société, la violence des guerres et des bombes.

Tous ceux qui se disent effarés par la brutalisation du débat politique y sont-ils opposés ? Pas du tout, ils ont soutenu cette violence-là. Ils ont même combattu ceux qui la qualifiaient, pour Gaza, de génocide, comme si 70 000 hommes, femmes, enfants, ensevelis sous des tonnes de bombes, ce n’était pas assez ! Chaque jour qui passe, ces « non-violents » nous expliquent qu’il faut se préparer à faire la guerre et à mourir pour la patrie, comme les Ukrainiens. Mais ce genre de massacre organisé par l’État et l’armée n’est jamais considéré comme de la violence.

De même, pour eux, la guerre sociale que les capitalistes nous mènent n’est pas de la violence. Mais alors, qu’est-ce que l’exploitation quotidienne avec son cortège de souffrances, de blessures et de maladies et ses 1000 morts au travail par an ?

Les bas salaires, la précarité et les licenciements sont autant de violences imposées à des millions de femmes et d’hommes. Et quand il arrive aux travailleurs de se révolter et de manifester, c’est encore par de la violence qu’ils sont reçus, comme cela a été le cas avec les gilets jaunes.

Alors, ne nous laissons pas intimider par cette campagne ! Les travailleurs révoltés contre l’ordre social actuel ont raison de le dénoncer et de s’inquiéter de son évolution de plus en plus raciste et réactionnaire. Car la solution ne viendra pas du panier de crabes politicien, mais des travailleurs eux-mêmes, de leur capacité à s’unir et à reconnaître dans leurs camarades de travail, quelles que soient leur origine, leur couleur de peau ou leurs croyances, des camarades d’exploitation et de combat.   

                                                                   Nathalie Arthaud 

mardi 17 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 16 février 2026

 Aux municipales, soutenez les listes Lutte ouvrière !

16/02/2026

Le 15 mars, nous sommes appelés à voter pour les élections municipales. Lutte ouvrière présente des listes dans 240 villes, car il faut que le monde du travail fasse entendre ses intérêts et défende une politique pour changer la société.

Les travailleurs croulent sous les problèmes. Problèmes de fins de mois, de logement, de transport, d’écoles qui manquent de moyens, d’accès à la santé. Dans certains quartiers, les trafics et la petite délinquance pourrissent la vie des habitants. Des centaines de milliers de travailleurs sont confrontés aux discriminations, au racisme et aux autorités qui les privent de papiers.

Tous ces problèmes s’aggravent, et cela continuera tant que les travailleurs ne prendront pas les choses en main.

Le gouvernement n’est préoccupé que par les affaires des capitalistes et leurs rivalités internationales. Sa priorité est d’augmenter le budget de l’armée, de doper l’industrie d’armement. Pour défendre les intérêts de la bourgeoisie française, il est prêt à envoyer nos enfants mourir en Ukraine, en Afrique ou au Groenland.

Quant au grand patronat qui domine la vie économique, il ne prospère qu’en écrasant les salaires, en supprimant des emplois et en généralisant la précarité. Davantage d’exploitation, de massacres et de guerres, voilà ce que nous réservent les dirigeants de cette société capitaliste !

Aucun maire, aucune équipe municipale ne peuvent faire le poids face à cette évolution de fond. Mais les travailleurs le peuvent s’ils se rassemblent et s’organisent.

Regardez comment, à Minneapolis, aux États-Unis, des travailleuses et des travailleurs se sont opposés aux exactions de la police de l’immigration en faisant jouer la solidarité et en s’organisant. Leur courage et leur mobilisation ont forcé Trump à retirer ses mercenaires.

Lors de l’épidémie de Covid, bien des travailleurs ont fait preuve de trésors d’organisation et de solidarité, palliant l’incurie de l’État et des responsables dans les entreprises. On le constate à chaque catastrophe, tempête ou inondation. 

Les listes Lutte ouvrière portent cette idée fondamentale : pour changer leur sort, les travailleurs doivent s’unir et ne compter que sur eux-mêmes. C’est vrai là où ils habitent comme dans leur entreprise. C’est vrai à l’échelle municipale comme nationale, et aussi internationale.  

Le fonctionnement de la société capitaliste pousse les travailleurs à l’attentisme. Dans les entreprises, il faut obéir, travailler et se taire. Et quand nous voulons nous défendre, on nous explique qu’il y a des syndicats chargés de le faire à notre place.

En politique, il faudrait laisser des politiciens s’occuper de tout, qu’ils soient maires, députés ou ministres. Tout est fait pour que cela reste une affaire de professionnels. Mais professionnels de quoi ? De l’impuissance, du mensonge, des compromissions et de la trahison ? Merci bien, on voit où cela mène !

Loin des illusions et des promesses impossibles à tenir, nos listes affirment qu’aucun problème de fond ne peut être résolu tant que la société sera organisée autour de la recherche exclusive du profit. 

La pénurie de logements est impossible à résoudre tant que l’immobilier reste un objet d’enrichissement et de spéculation. Les incivilités et la recherche d’argent facile sont impossibles à combattre si la misère se creuse. Rien de fondamental ne changera tant que l’éducation, la prise en charge de la jeunesse, la santé ou les retraites seront vues comme des coûts qui creusent la dette.

Les seules dépenses que nous devrions applaudir sont celles destinées à l’achat de missiles, de Rafale ou de porte-avions. Cela en dit long sur l’avenir que le gouvernement nous prépare. Il ne faut pas l’accepter, et il faut s’organiser pour le combattre !

C’est dans cette perspective que plus de 10 000 travailleuses et travailleurs se sont rassemblés sur les listes Lutte ouvrière. En tant qu’ouvriers, employés, auxiliaires de vie, conducteurs de bus ou de train, enseignants, caissières, soignants, manutentionnaires, agents de sécurité… ils connaissent l’utilité de leur travail et de leur classe pour toute la société.

Ils affirment la confiance dans leur camp. Car si les travailleurs sont les moteurs et le carburant du capitalisme, ils peuvent être demain le carburant d’une révolte générale pour refonder une société sur de toutes autres bases.

Alors, soutenez les listes de Lutte ouvrière ! Rejoignez celles et ceux qui ne baissent pas les bras, veulent défendre les intérêts des travailleurs et proposent un autre avenir pour toute la société !

                                                                            Nathalie Arthaud

mardi 10 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 9 février 2026

 L’affaire Epstein : une bourgeoisie aussi pourrie que son système

 

Publié le 09/02/2026

On se demande souvent comment notre société peut générer des comportements aussi cupides, dégradants et violents. Eh bien, comme le montre l’affaire Epstein, l’exemple vient d’en haut !

Jeffrey Epstein a fait fortune dans la finance. Quand les travailleurs mettent une vie à gagner de quoi acheter leur appartement ou leur maison, lui s’est enrichi de façon fulgurante comme « gestionnaire de fortunes ». Un de ces parasites qui aident les plus riches à payer le moins d’impôts possible et à spéculer.

C’est un métier qui rapporte, car la bourgeoisie est capable de très bien payer ses hommes de main, surtout quand ils doivent s’arranger avec la légalité. Epstein a ainsi accumulé des dizaines, puis des centaines de millions. De quoi se payer un hôtel particulier à Manhattan, une villa à Palm Beach, un bel appartement avenue Foch à Paris, une île dans les Caraïbes, un jet privé, s’acoquiner avec une riche héritière et se faire bien d’autres relations.

Car le monde bourgeois est un tout petit monde. À l’échelle de la planète, 3000 familles composent le club des milliardaires. Américains, Britanniques, Français, Russes, Ukrainiens, Indiens, Libanais, Israéliens, Saoudiens… ils constituent une seule et même classe sociale. Ils se connaissent, se croisent dans les grands hôtels et les magasins de luxe, se retrouvent à Courchevel, sur la Riviera, à Doha, dans les riads au Maroc ou à Davos.

Ils ont leurs ronds de serviette dans les mêmes restaurants de luxe, où ceux qui vivent de leur salaire n’entrent pas pour se mettre à table, mais pour travailler en cuisine, faire la plonge et le service. Ils passent leur vie à faire des affaires entre eux, à se donner des tuyaux, se renvoyer l’ascenseur et à se prêter un million par ci, un milliard par là.

Trump, Musk, les Clinton, Bill Gates, Ariane de Rothschild, le prince Andrew, la princesse héritière de Norvège, des scientifiques et des artistes : le réseau constitué par Epstein est édifiant. Tous n’ont pas participé aux orgies qu’il organisait, mais par complaisance, sinon par complicité, ils les ont tues.

La condamnation d’Epstein pour trafic sexuel de mineures en 2008 n’a même pas rebuté ce beau monde. En France, Jack Lang, icône socialiste des années Mitterrand, et sa fille, productrice, ont continué de le fréquenter de près. Pour sa défense, Jack Lang a juré n’avoir vu qu’un « homme charmant et passionné de culture ».

Manifestement si l’amour rend aveugle, l’argent aussi ! Car Epstein était aussi un coffre-fort sur pattes. Et les Lang, père et fille, ont tapé dedans sans se gêner.

Dans ces relations de fric qui soudent la classe bourgeoise, il n’y a pas toujours du proxénétisme ou de la pédocriminalité, mais cela arrive souvent. Rappelons-nous l’affaire Weinstein à Hollywood, les soirées « bunga-bunga » de Berlusconi, le violeur nommé Dominique Strauss-Kahn, Rafik Hariri, ami de Chirac, enrichi dans l’immobilier en construisant des palais pour les princes saoudiens et, aussi, dit-on, en les fournissant en filles et en whisky…

Cela n’est pas très étonnant. La bourgeoisie a l’habitude de tout acheter : des entreprises dont dépendent parfois des centaines de milliers de salariés, des journaux, des chaînes de télévision, des ministres, des juges et même des partis politiques. Alors, pourquoi pas des femmes, fussent-elles mineures ?

Comme l’ont écrit Karl Marx et Friedrich Engels dans le Manifeste communiste : « La bourgeoisie a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange. Elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. »

Incidemment, on apprend qu’en 2009, le ministre britannique travailliste Mandelson intriguait avec Epstein contre un petit impôt que son propre gouvernement voulait imposer aux banquiers de la City. Les électeurs votent, et les riches décident !

La justice américaine n’a pas publié tous les documents en sa possession et les a en partie censurés. Preuve qu’elle tentera jusqu’au bout de protéger les plus puissants. Mais nul besoin de chercher un quelconque complot. Il n’y a là que la banalité des relations entre bourgeois : l’entente sans scrupule des possédants pour jouir de leur richesse et de leur pouvoir aux dépens de la population.  

Dans le passé, les dynasties royales se fréquentaient et se mariaient. L’aristocratie européenne formait une même classe sociale. Beaucoup de nobles sortaient des mêmes familles et faisaient bombance pendant que les peuples crevaient de faim. Certains ont fini guillotinés en 1793, d’autres furent renversés en 1848 ou encore en 1917-1918 par des révolutions. Eh bien, c’est tout ce que mérite cette classe de parasites qu’est la grande bourgeoisie !

                                                                   Nathalie ARTHAUD

mardi 3 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 2 février 2026 : Minneapolis : vive la résistance et l’organisation de la population !

Minneapolis : vive la résistance et l’organisation de la population !

2/02/2026

En envoyant sa police de l’immigration, la sinistre ICE, dans les villes dirigées par des Démocrates, Trump croyait pouvoir brutaliser et déporter les immigrés en toute impunité, et flatter sa base d’extrême droite. Il croyait pouvoir dresser les travailleurs les uns contre les autres et mettre tout le monde au pas. Cela ne se passe pas comme prévu, et c’est tant mieux !

Oh, les bandes de nervis masqués et armés jusqu’aux dents ont semé la terreur, et ce n’est pas fini ! À Minneapolis, les 3 000 policiers de l’ICE ont envahi les rues et multiplié les arrestations violentes. Portes de maison défoncées en toute illégalité ; vitres de voitures brisées ; personnes jetées à terre et molestées, femmes enceintes et personnes handicapées inclues ; descente dans un lycée ; arrestation d’un enfant de cinq ans… Les cow-boys d’ICE ont multiplié les exactions.

Ils ont tué à bout portant une mère de famille de 37 ans, Renee Good, et un infirmier du même âge, Alex Pretti, qui tentaient tous deux de s’interposer et de protéger les immigrés. Ils les ont assassinés pour briser toute volonté de résistance. Mais celle-ci est là, et bien là !

La résistance qui gêne Trump et ses brutes racistes ne provient pas de la justice ou des autorités démocrates. Elle ne vient pas non plus des entreprises qui n’ont pas de scrupule à mettre à la disposition de l’ICE. Un des fleurons français des services informatiques, Capgemini, a ainsi signé un contrat de plusieurs millions via sa filiale américaine pour donner la localisation des immigrés aux gros bras de Trump !

La résistance vient de la population elle-même, des habitants, du voisinage, de femmes et d’hommes qui pourraient continuer leur vie en fermant les yeux, mais ne supportent pas tant d’inhumanité.

Pour discréditer Renee Good et Alex Pretti abattus par les policiers, Trump les désigne comme des « activistes et des professionnels de la rébellion » et même comme « de dangereux terroristes ». C’est grotesque et les images de ces meurtres filmés en direct le prouvent.

La réalité que le milliardaire de la Maison Blanche veut cacher, c’est que la solidarité, ça existe ! Le racisme, le mépris et l’individualisme crasse sont revendiqués en haut de la société et donnent le ton sur les plateaux télé. Mais dans les quartiers populaires où les travailleurs vivent toutes origines mélangées, des liens de voisinage, d’amitié et de solidarité se tissent au jour le jour. Et ces liens-là sont plus forts que la propagande xénophobe.

Les manifestations contre l’ICE se multiplient aux États-Unis, et elles rassemblent de plus en plus de jeunes. Mais la mobilisation va au-delà du fait de manifester. Ce sont des voisins qui se serrent les coudes et qui se protègent mutuellement, quelles que soient leurs origines et leur situation, malgré la peur.

Au quotidien, les habitants font le guet, avertissent du passage de la police à coups de sifflets, s’interposent, filment les arrestations, manifestent devant les centres de rétention. Ils vont rassurer et réapprovisionner ceux qui se terrent de peur d’être arrêtés et déportés à des milliers de kilomètres de leur famille. Cela ne met pas un terme aux arrestations d’immigrés, mais cela rend les rafles massives bien plus difficiles.

Pour nous ici, c’est la démonstration de ce que peuvent faire des femmes et des hommes ordinaires à partir de leurs propres moyens. Oui, face à l’arbitraire de l’État, à l’autoritarisme grandissant et aux coups patronaux, bien des choses sont en notre pouvoir, à condition de ne pas rester isolés et de nous organiser !

Il y a dans la société, bien plus de solidarité et de conscience que ce que l’on veut nous faire croire.

Aux États-Unis, mais ici aussi, de nombreux travailleurs ont compris que le racisme et les discours contre les étrangers et les musulmans n’ont qu’un but : diviser et affaiblir le monde du travail dans son ensemble. Les violences exercées contre les travailleurs immigrés servent à intimider tout le monde, à commencer par ceux qui auraient envie de revendiquer et protester contre toutes sortes d’injustices et contre l’exploitation.

C’est cette conscience d’être tous visés et de devoir réagir de façon unie qui peut nous protéger de l’évolution réactionnaire de la société. Car nous avons aussi ici, avec Retailleau, Le Pen et Bardella, nos propres petits Trump.

N’attendons rien de la justice ou des dirigeants politiques. Tout dépend de notre capacité d’agir.

Alors, partout dans le monde, mais aussi dans nos entreprises et nos quartiers populaires : vive la solidarité et le courage de ceux qui résistent à l’autoritarisme, au racisme, à l’exploitation !

                                                                     Nathalie Arthaud

 

mardi 27 janvier 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 26 janvier 2026 : Aux municipales : les travailleurs doivent défendre la politique de leur classe !

Aux municipales : les travailleurs doivent défendre la politique de leur classe !

 Publié le 26/01/2026

 

Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars. Il y aura des listes Lutte ouvrière dans 240 villes, parmi les plus grandes du pays, pour que les travailleurs puissent exprimer leurs préoccupations et leur colère et affirmer une politique correspondant à leurs intérêts et à ceux de toute la société. 

Rester muet et sans volonté face aux coups des capitalistes serait la pire des choses. 

De plus en plus de femmes et d’hommes sont condamnés à des salaires indignes, à des pensions misérables ou jetés au chômage et marginalisés. Le monde du travail est rabaissé pour que les plus riches, les actionnaires qui ne font rien de leurs dix doigts, s’enrichissent comme jamais. Il faut que cela change, et il faut le dire !    

Le capitalisme a engendré l’impérialisme et a nourri de multiples guerres. Trump, en compétition avec Xi Jinping mais aussi avec les dirigeants européens pour contrôler les ressources et les marchés de la planète, mène une politique ouvertement belliqueuse. Il exacerbe les tensions et intensifie les guerres. Allons-nous accepter, passifs et silencieux, que notre avenir soit suspendu à ces affrontements entre capitalistes ? 

Nos villes connaîtront peut-être demain le sort de Kiev ou de Gaza. Les lycées servent déjà de bases de recrutement pour l’armée. Des usines automobiles prévoient de fabriquer des drones kamikazes. Nos hôpitaux sont censés se préparer à accueillir des milliers de blessés de guerre. Ce n’est pas dans ce monde-là que nous voulons vivre, et il faut aussi le dire haut et fort ! 

Il faut affirmer, comme le courant communiste le faisait dans le passé, que les travailleurs peuvent stopper la course folle du capitalisme. Qu’ils peuvent le renverser et refonder la société sur des bases collectives.

Car le changement ne viendra pas d’en haut. Il ne viendra d’aucun dirigeant politique. Ils s’inscrivent tous dans le cadre du capitalisme, qu’ils soient d’extrême droite, de droite ou de gauche. Et cela ne dépend évidemment pas non plus des municipalités, qui n’ont pas les moyens de contrebalancer les ravages engendrés par les exploiteurs, les licencieurs et les fauteurs de guerre. 

Il dépend des travailleurs, de leurs combats et de leur conscience, de changer le cours des choses. 

Aujourd'hui, le monde du travail est une force qui s’ignore. Cela fait des années qu’il n’y a pas eu de luttes d’ensemble permettant de tenir en respect le patronat. Des années que les travailleurs n’ont pas fait l’unité de leur camp contre la dictature du grand patronat. 

La bourgeoisie et ses politiciens profitent de cette situation pour diviser et individualiser les travailleurs. Ils jouent sur les préjugés, le racisme, le nationalisme, le sexisme pour contrer toute idée de révolte collective. Mais cela n’aura qu’un temps. 

Le camp des travailleurs existe. Des millions de travailleurs sont unis dans les mêmes problèmes de salaire, de conditions de travail, de logement, de santé, de transport… Au travail, ils mesurent leur rôle indispensable puisque rien ne peut se concevoir, se créer et se produire sans eux. Ils mesurent la complémentarité des travailleurs et la supériorité du collectif, c’est-à-dire ce qui fait la force de leur classe sociale. 

Pour l’instant, les travailleurs sont respectueux de la propriété capitaliste. Ils se soumettent aux diktats de ceux qui possèdent les capitaux, alors même que cet argent est issu de leur propre labeur. Mais quand ils se révolteront et prendront conscience qu’ils peuvent parfaitement diriger la société eux-mêmes, tout pourra changer. 

Sans attendre, il faut montrer qu’il y a des femmes et des hommes qui ne se laissent pas intimider par l’étalage de puissance de la grande bourgeoisie. C’est ce que font les ouvriers, les aides à domicile, les agents de maintenance et de sécurité, les employés, les soignants, les postiers, les conducteurs de bus, les travailleurs de la SNCF, et les enseignants qui se sont regroupés sur les listes Lutte ouvrière.

Ils ne veulent plus laisser la politique aux politiciens et aux notables. Ils se sont portés candidats pour défendre leurs intérêts de travailleurs et dénoncer le système qui est en train de nous broyer. Ils montrent qu’ils croient dans leur propre camp et c’est le meilleur gage pour l’avenir.

Alors, dans les semaines à venir, rejoignez, soutenez les listes de Lutte ouvrière. Les liens ainsi créés seront utiles pour la suite car il ne suffit pas d’être en colère, il faut aussi se rassembler et s’organiser derrière une politique et un parti. 

Il faut montrer qu’il y a un chemin pour tous ceux qui ne se résignent pas et veulent changer la société. 

                                                                        Nathalie ARTHAUD