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mardi 16 juin 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 15 juin 2026

 Trump, G7 : les agents du chaos

 Publié le 15/06/2026

 

Que les choses sont bien huilées ! Juste avant de fêter ses 80 ans et transformer le jardin de la Maison Blanche en salle de MMA, Trump, triomphant, a annoncé avoir trouvé un protocole d’accord avec l’Iran. 

« J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », a écrit Donald Trump dans un message sur son réseau Truth Social, comme s’il était le maître du monde. 

Cette mise en scène est d’autant plus répugnante que ce pétrole a plus que jamais l’odeur du sang des Palestiniens, des Libanais et des Iraniens. 

En réalité, les États-Unis enregistrent un revers cinglant, car ils ne sont précisément ni les maîtres incontestés du Moyen-Orient, ni les maîtres du détroit d’Ormuz. Le régime iranien a démontré sa capacité à résister et à imposer ses propres conditions. On ne sait d’ailleurs pas quelle est la teneur exacte du protocole d’accord. 

Les États-Unis et l’Iran sont surtout d’accord pour arrêter les frais de cette guerre qui coûte si cher aux uns et aux autres. Et peut-être se sont-ils mis d’accord sur la liste… de leurs désaccords, reportés à des négociations ultérieures !

Le fait est que la première puissance mondiale ne peut pas soumettre les peuples comme elle le veut, ni piller comme elle le veut toute une région. Et cela ne peut que nous réjouir car la domination de l’impérialisme coûte cher à tous les peuples. 

La paix et la sécurité ?

Après avoir soutenu la fuite en avant génocidaire de l’État d’Israël, après avoir lui-même embrasé le Moyen-Orient en bombardant l’Iran, Trump promet « paix et sécurité à toute la région ». Comme si la paix pouvait se construire sur une montagne de cadavres et de destructions ! Comme si elle pouvait aller de pair avec la colonisation de la Cisjordanie, l’occupation militaire et la politique de terreur de l’État israélien !

Si un accord donnait lieu à un véritable cessez-le-feu, ce serait évidemment un soulagement pour tous les peuples de la région qui ont tant à faire pour panser leurs plaies et reconstruire de quoi retrouver une vie supportable. Mais la poudrière qu’est le Moyen-Orient n’a fait que se charger de plus de matériel explosif. 

Sur le terrain économique, beaucoup annoncent la fin du cauchemar car la vague inflationniste serait endiguée par la réouverture du détroit d’Ormuz. C’est encore à voir ! Les cours du pétrole ont baissé, mais les hausses enregistrées ces derniers mois continuent de se répandre tel un poison lent dans tous les secteurs de l’économie. Les pénuries d’engrais, c’est certain, vont provoquer une crise alimentaire majeure dont les effets seront ressentis partout, avec d’importantes répercussions sur les autres secteurs. 

La crise toujours à l’horizon

D’autres bombes à retardement menacent l’économie. La dette des États en est une. Elle a bondi au cours de cette crise et va continuer de gonfler parce que les taux d’intérêt ont augmenté et parce que tous les États s’endettent pour acheter missiles, drones, avions de chasse... 

Une autre menace est la folie spéculative autour de l’intelligence artificielle. En faisant entrer en Bourse sa société SpaceX, Elon Musk a attiré des dizaines de milliards de dollars de capitaux lui permettant de devenir le premier « billionnaire » de l’histoire, un milliardaire dont la fortune dépasse les 1 000 milliards.

C’est d’autant plus révoltant que cet argent provient de notre travail à tous, travail dont le fruit est capté par les grands financiers. Travailler plus, produire plus et dégager plus de profits ne fait pas plus d’argent pour les salaires, les retraites, la santé, ni pour les investissements utiles. Cela fait plus de milliards engloutis dans les coups boursiers et les fortunes d’une toute petite minorité. Et cela nous rapproche d’un nouveau krach.

Voilà le monde que nous organisent les chefs d’État qui se sont réunis à Évian dans le cadre du G7 ! Les regarder se congratuler, satisfaits d’eux-mêmes, et parler au nom des peuples est insupportable. 

Un nid de brigands dont il faut se débarrasser

Réunis autour d’un Trump qui ne manquera pas de faire le show, ces dirigeants feront mine de s’entendre, alors qu’ils sont à couteaux tirés. Alors que le monde est marqué par des relations économiques tendues et guerrières, sans autre principe que la loi du plus riche et du mieux armé. Ils ne peuvent pas mettre de l’ordre dans le chaos, ils en sont les principaux agents ! 

                                                                                         Nathalie Arthaud



                                                                    

vendredi 12 juin 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 8 juin 2026

 Lyhanna : un meurtre révoltant  et une démagogie politicienne insupportable

 Publié le 08/06/2026

 

On ne peut qu’être consterné et en colère face aux négligences qui ont permis le meurtre de Lyhanna. Mais entendre Macron et Darmanin reporter toute la responsabilité sur des greffiers et des magistrats débordés est révoltant. 

Macron est à l’Élysée depuis 2017. Darmanin a été ministre de l’Intérieur pendant quatre ans, et il est ministre de la Justice, depuis un an et demi. Ils ne seraient responsables de rien ? 

Ils prétendent avoir fait des violences sur les enfants leur priorité. Quelle mauvaise blague ! La spécialité de Retailleau et de Darmanin est de faire de la démagogie sécuritaire sur le dos des travailleurs immigrés. 

Pour jouer les gros bras, ils ont fait construire des prisons de haute sécurité et ont durci les lois, mais ils n’ont jamais donné les moyens que les magistrats leur demandaient pour fonctionner au quotidien. C’était moins spectaculaire et cela aurait sans doute coûté trop cher aux yeux du grand patronat. 

De la démagogie, encore et toujours !

Aujourd'hui, Darmanin joue au champion de la protection de l’enfance et des femmes. Il a convoqué tous les procureurs généraux du pays et leur a ordonné de purger les 70 000 dossiers en souffrance, quand bien même cela leur coûterait leurs week-ends et leurs vacances. Encore de la démagogie !

En matière de violences envers les femmes et les enfants, son bilan est accablant. Les faits de violence signalés se multiplient. Un enfant serait agressé toutes les trois minutes dans le pays et une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. 

Quant à l’aide sociale à l’enfance (ASE), elle est dépassée : des milliers d’enfants jugés en danger dans leur famille et qui devraient être placés dans des familles d’accueil ne le sont pas, faute de moyens. En l’absence de suivi, les enfants placés sont souvent victimes de nouvelles maltraitances, parfois même dans des familles d'accueil ! 

Une justice qui dysfonctionne… comme la société

Il y a, bien sûr, à redire sur la façon dont la justice fait son travail. Qui n’a pas été choqué en entendant le témoignage de la maman qui a déposé plainte contre le meurtrier présumé de Lyhanna, il y a neuf mois, pour le viol de sa fille de 11 ans ? 

Comme elle s’obstinait à suivre l’avancée de l’enquête en appelant régulièrement la gendarmerie, 
elle a été menacée d’être poursuivie pour harcèlement. Voilà comment les petites gens sont respectées ! Imagine-t-on un tel accueil pour un notable ou une célébrité ? 

Cela rappelle la façon dont bien des femmes sont accueillies dans les commissariats, et le nombre de féminicides commis par des conjoints ou ex-conjoints supposés être sous surveillance. Et cela n’est pas uniquement lié à des problèmes d’incompétence ou de moyens. 

La justice et la police ne sont pas en dehors de la société. Les magistrats, les enquêteurs ou les policiers sont eux-mêmes marqués par les préjugés de toutes sortes et par le mépris social omniprésent. On trouve d’ailleurs des voleurs, des violeurs et des meurtriers jusque dans leurs rangs. 

La justice au service de la population ?

« La justice doit protéger et rendre des comptes à la population », entend-on. Mais toute la machinerie de l'État, armée, police, justice, est précisément mise hors de tout contrôle de la part du citoyen ordinaire. Demander son matricule à un agent de police, critiquer une décision de justice peuvent être vus comme des outrages passibles de poursuite. 

Il y a une raison à cela, c’est que l’État n’est pas là pour protéger la population. Il défend les intérêts de la minorité de possédants les plus riches. Il veille à ce que l’exploitation et les inégalités se perpétuent en poursuivant et réprimant les contestataires. Les moyens ne manquent d’ailleurs pas pour empêcher ou disperser les rassemblements. Et combien se sont retrouvés gardés à vue et poursuivis pour avoir seulement manifesté !

Alors, n’attendons pas de miracles de cette justice bourgeoise et encore moins des politiciens qui la dirigent ! On ne combattra pas les comportements asociaux, individualistes et violents sans changer en profondeur la société. 

Le bourreau de Lyhanna est le père d’une de ses amies. Et combien de femmes, de filles et de garçons sont victimes de membres de leur famille ou de leur entourage ? Ces crimes, tristement courants, ne viennent pas de nulle part. La frustration, le sexisme, les rapports de domination qui imprègnent la société, ont des effets dramatiques sur les relations entre hommes et femmes, entre adultes et enfants. Ce sont ces racines qu’il faut arracher. Cela ne peut se faire qu’en menant un combat de fond contre l’ordre social.                          

                                                     Nathalie ARTHAUD

mercredi 27 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 25 mai 2026

 Une possible trêve… entre deux guerres

 Publié le 25/05/2026

Les États-Unis et l’Iran seraient proches d’un accord de paix. Ce serait, bien sûr, un immense soulagement pour la population iranienne et pour nous tous ici.

Pour les Iraniens, ce serait la fin de l’angoisse des bombardements et la remise en marche de l’économie qui s’est effondrée sous les coups des destructions et des fermetures des grands complexes industriels. La levée du blocus réduirait peut-être les pénuries et l’inflation, même si elle ne supprimera pas la dictature que plusieurs millions d’Iraniens ont contestée il y a moins de cinq mois.

Pour nous, ici, cela signifierait la réouverture du détroit d’Ormuz et un desserrement des cours du pétrole. Cela n’empêchera pas l’inflation de se répandre dans toute l’économie car le mal est fait : les prix sont repartis à la hausse et les circuits économiques vont mettre beaucoup de temps pour se rétablir. Mais la pression va se relâcher… dans l’attente d’une autre crise.

Le monde ne sera pas devenu plus pacifique.

Si accord de paix il y a, il sera entre Washington et Téhéran, pas entre Tel Aviv et Téhéran. L’État israélien, fort du soutien américain et de son impunité internationale, veut continuer d’imposer sa domination sur toute la région. La guerre continue donc au Liban, la colonisation et l’oppression des Palestiniens se poursuit à Gaza et en Cisjordanie.

Même entre les États-Unis et l’Iran, cet accord ne serait qu’un répit entre deux guerres. Car aucune des raisons qui ont poussé Trump à bombarder l’Iran n’ont disparu. Le régime des Gardiens de la révolution n’a rien lâché sur le nucléaire, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne se soumet pas.

Si un accord est imminent, c’est que les États-Unis ont accepté de manger leur chapeau en entérinant certaines conditions de ce régime.

Trump a embarqué les États-Unis dans le même type d’impasse et de défaite qu’ils ont déjà connues au Vietnam, en Irak et en Afghanistan : la plus grande puissance mondiale peut bombarder et semer la dévastation des mois et des années durant, cela ne lui donne pas pour autant les moyens de conquérir un pays et de briser un régime.

Ce cuisant revers n’empêchera cependant pas Trump de fanfaronner, et il ne changera rien à la volonté américaine de régenter le monde. Le psychopathe de la Maison Blanche est confronté à l’hostilité de la population américaine face à sa guerre. Il a besoin de calmer le jeu pour ne pas risquer de subir une défaite électorale dans six mois, lors des élections de mi-mandat. Mais il reste le chef suprême de l’impérialisme déterminé à consolider à tout prix la domination des capitalistes américains partout sur la planète.

Une nouvelle époque de guerre mondiale

L’humanité est de nouveau confrontée à une époque de guerre mondiale. Parce que le capitalisme étouffe dans ses frontières nationales et parce que la compétition pour le contrôle des marchés, des matières premières et des circuits commerciaux continue. Les États-Unis sont à l’offensive parce qu’ils ont peur de voir leur leadership menacé, en particulier par la Chine. Alors, ils ne tolèrent plus les régimes qui ne sont pas complètement à leur botte en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique.

Et ce n’est pas parce que Trump et Xi Jinping se sont serrés la main à Pékin, il y a 10 jours, que les choses vont s’arrêter là. Les États-Unis et la Chine se préparent pour leur grande confrontation, et tous les États sont en train d’amasser un arsenal capable de faire sauter plusieurs fois la planète.

Alors non, la guerre entre les États-Unis et l’Iran ne sera pas qu’une parenthèse. Elle a accru l’instabilité du monde, accru le militarisme et accru la crise économique aussi.

Ce n’est pas dans des poignées de mains et dans les accords de paix entre tyrans que le capitalisme montre son vrai visage. Il le montre dans le fracas des bombes et la sordide comptabilité des morts. Il le montre dans les combats meurtriers pour conquérir le moindre mètre carré en Ukraine.

Il le montre dans la destruction méthodique de Gaza, dans le supplice des Palestiniens, les villages libanais dynamités et rayés de la carte, dans les guerres sans fin qui ravagent l’Afrique. Il le montre dans les souffrances infinies des familles qui perdent leurs proches, leurs maisons, leurs terres.  

Le capitalisme et la société bourgeoise font beaucoup pour cacher leur férocité et leur violence derrière le droit et les institutions internationales. Il faut dénoncer tous ces mensonges et se battre pour renverser ce système barbare.

                                                          Nathalie Arthaud

mardi 19 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 18 mai 2026

 Le cirque présidentiel est lancé

 Publié le 18/05/2026

Les guerres continuent de faire rage. Après une pluie de drones et de missiles sur l’Ukraine, des centaines de drones ukrainiens ont frappé la Russie, Trump a de nouveau menacé de réduire à néant l'Iran s'il refuse de plier, Israël poursuit son offensive au Sud-Liban... Mais qu'est-ce qui agite le petit monde politicien en France ? L'élection présidentielle qui aura lieu dans un an !

Les uns après les autres, les candidats se dévoilent, s’étripent en coulisses, rodent leur sourire et leur programme pour attirer l’électeur. Les sondages sur le premier et le second tour se multiplient, même si personne ne sait qui sera finalement sur la ligne de départ. 

Comme à chaque fois, le cirque électoral promet son lot de numéros plus ou moins affligeants et de promesses en l’air. 

Une comédie dont il ne faut rien attendre

Il y a toujours des élections pour nous faire patienter et espérer que les choses seront moins pires avec un autre président, un autre gouvernement, un autre maire, un autre président de région… Et d’année en année, voire de génération en génération, les choses empirent. 

Nos parents pensaient que leurs enfants auraient une vie meilleure, que le progrès les soulagerait d’une vie d’exploitation et qu’ils en profiteraient davantage. Mais on n’en finit pas avec les crises, le chômage et la précarité. C’est même le retour de l’inflation galopante et des guerres. 

Parce qu’indépendamment de ceux qui prétendent gouverner le pays, le système capitaliste a ses propres règles. Il est construit sur la base de l’exploitation. Et, en plus de la lutte de classe incessante qu’il nous mène, il nous condamne aux guerres, qui sont le prolongement de la concurrence acharnée à laquelle tous les capitalistes se livrent. Le capitalisme est un système où la grande bourgeoisie a le droit de mettre toute la société en coupe réglée pour ses profits exclusifs. 

Les capitalistes ont le pouvoir de nuire…

Preuve en est la politique du groupe Total. Les peuples d’Afrique et du Moyen-Orient n’ont pas fini de souffrir pour que l’or noir continue de l’enrichir. Et nous ici, il nous rackette et nous force à laisser une partie de plus en plus grande de notre salaire à la pompe. 

Mais comme, grand seigneur, il a bloqué la hausse des prix autour de deux euros, la plupart des dirigeants politiques, dont l’extrême droite, nous enjoignent de lui en être reconnaissants. Rendez-vous compte, Total nous laisse respirer un peu quand il pourrait complètement nous étrangler ! Et attention, nous menace-t-on, ne taxez pas ses superprofits, car il pourrait quitter la France ! 

Même la mesure de justice la plus basique est repoussée d’avance, parce qu’il ne faudrait pas fâcher les actionnaires de Total et son PDG, payé des centaines de milliers d’euros par mois. 

Qu’il s’agisse de Stellantis ou de Renault, de Sanofi ou de Lactalis, de Carrefour ou de Leclerc, de la BNP ou de LCL, on nous chante la même chanson. Les capitalistes, parce qu’ils dominent toute l’activité économique et contrôlent, de fait, des centaines de milliers d’emplois, sont intouchables. Leur pouvoir s’impose à toute la société.  

… et tous les politiciens sont à leurs pieds

La droite et les macronistes se prosternent devant le pouvoir du capital et ils l’assument en reprenant tous les désirs patronaux à leur compte. Le RN, qui s’est développé sur une image anti-système, défend désormais ouvertement le pouvoir et les intérêts des milliardaires. Quant au PS et ses alliés, ils se sont systématiquement couchés devant les ultimatums des capitalistes quand ils étaient au gouvernement. 

Même s’il arrive à Mélenchon de tonner contre les grands actionnaires milliardaires, il n’est pas pour les exproprier. C’est pourtant le seul moyen de les mettre hors d’état de nuire et de construire, enfin, une économie organisée rationnellement dans l’intérêt des travailleurs. 

Alors, plutôt que de chercher à nouveau un sauveur qui viendrait d’en haut, plutôt que de nous diviser en choisissant entre des programmes qui, au fond, servent tous ce système, les travailleurs doivent se tourner vers l’unique solution : s’organiser pour mener la lutte de classe. 

Pour imposer nos intérêts de travailleurs et stopper l’évolution inégalitaire et destructrice de la société, il faut s’affronter avec la classe capitaliste. Pour cela, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Nous devons reprendre conscience de la force que constitue le monde du travail et reconstruire un mouvement ouvrier digne de ce nom.                                     

                                                                      Nathalie ARTHAUD

mardi 12 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 11 mai 2026

 Iran, Liban, Moyen-Orient… c’est tous les peuples de la planète que l’impérialisme menace

 Publié le 11/05/2026

La guerre que Trump a déclenchée en Iran est en train de devenir son chemin de croix. Cela fait maintenant des semaines qu’il cherche une porte de sortie sans la trouver. Car il ne suffit pas de crier « j’ai gagné, j’ai gagné » pour transformer un revers en victoire.  

Le mégalo de la Maison Blanche ne peut pas sonner la fin des hostilités sans présenter un trophée, ne serait-ce que symbolique, à la population américaine. Il n’en a pas. 

Malgré la puissance de feu conjuguée des États-Unis et d’Israël, le régime iranien a tenu. Avec le détroit d’Ormuz, il s’est même trouvé un nouveau moyen de pression redoutable. 

Alors, pour l’instant, le régime iranien ne lâche rien, ni sur le détroit d’Ormuz, ni sur le nucléaire. Il demande même que les États-Unis payent pour les destructions faites et il exige la fin de la guerre au Liban. Toutes choses bien légitimes.

En attendant, les hostilités se poursuivent

Le cessez-le-feu va désormais de pair avec une bataille navale dans le détroit d’Ormuz. Et chaque jour qui passe, l’engrenage guerrier menace et peut nous faire basculer dans un embrasement encore plus grand. 

Cela n’aurait rien pour déplaire à Netanyahou. Car, de son côté, Israël s’emploie à attiser la guerre. Au Liban, à Gaza et en Cisjordanie, l’armée israélienne fait quotidiennement des dizaines de morts. Elle est en train de détruire et de raser des dizaines de villages au sud du Liban. 

Netanyahou voudrait aussi reprendre les bombardements sur l’Iran. Il aurait, dit-il, un plan pour détruire toutes les installations énergétiques iraniennes en seulement 24 heures. Punir tout un peuple à cause de la politique de ses dirigeants en faisant des dizaines de milliers de morts, Netanyahou sait faire ! 

Macron dans le camp des États-Unis

Contrairement à ce que raconte le gouvernement, la France ne contribue pas à la désescalade. Macron a d’abord refusé de condamner l’agression de l’impérialisme américain. Et l’armée française intervient militairement pour détruire des drones iraniens, ce qui la place, de facto, dans le camp des États-Unis. Et maintenant, comble de l’hypocrisie, Macron envoie le porte-avions Charles-de-Gaulle vers le détroit d’Ormuz, le principal théâtre de guerre tout en se prétendant « non cobelligérant » ! 

La politique guerrière de l’impérialisme et la complicité active des puissances de seconde zone, comme la France, sont révoltantes. Révoltantes pour les crimes et les souffrances infligés aux Palestiniens, aux Libanais et aux Iraniens. Révoltantes, aussi, parce que cette politique plonge la planète entière dans une crise gravissime. 

Plus la guerre dure, plus le chaos s’amplifie

La flambée des prix du pétrole est en train de se répandre dans l’économie mondiale. Le manque d’engrais va provoquer des pénuries agricoles et des famines. Des milliers d’avions sont déjà cloués au sol à cause du prix du kérosène. C’est la catastrophe pour les transports, les industries gourmandes en énergie... Cette nouvelle vague d’inflation et d’instabilité engendre déjà des conséquences dramatiques pour les classes populaires et les travailleurs de tous les pays. 

Même si l’on ne voit pas encore naître de protestations déterminées et massives contre les chefs de l’impérialisme, c’est de ce côté-là qu’il faut placer ses espoirs. 

Trump n’a pas les mains complètement libres car il craint les réactions dans son propre pays. La population américaine est, en effet, majoritairement hostile à cette guerre, et pas seulement parce qu’elle en subit les conséquences avec l’inflation et son coût exorbitant. Mais parce que beaucoup d’Américains ont été choqués par la brutalité de Trump et ses déclarations promettant d’anéantir l’Iran. 

Des sondages ont relevé que l’impopularité de cette guerre est aussi grande que le fut la guerre du Vietnam. Celle-ci avait suscité un mouvement de masse, dans la jeunesse notamment. Et elle avait contribué à précipiter le retrait des États-Unis et la fin de cette horrible boucherie. Eh bien, c’est dans ce sens qu’il faut agir !

Le principal talon d’Achille des puissances impérialistes, c’est d’avoir besoin sinon du soutien de leur peuple, du moins de sa neutralité et de sa passivité. Elles ne doivent pas l’avoir, et il faut le faire savoir. Militaires français hors du Moyen-Orient et d’Afrique ! Non aux guerres impérialistes !

                                                              Nathalie ARTHAUD

mardi 5 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 4 mai 2026

 Profit total pour les uns, sang et larmes pour les autres

4 mai 2026


Le diesel à plus de 2 euros, des pleins hors de prix… C’est le jackpot pour TotalEnergies. Le groupe a réalisé 5,8 milliards de dollars de bénéfices sur les trois premiers mois de 2026, soit 50 % de plus, comparé à l’année dernière.

Comme au lendemain du déclenchement de la guerre en Ukraine, le groupe pétrolier français s’achemine vers une année de profits record. Il fait partie des gros rapaces qui se jettent sur les malheurs du monde pour s’enrichir !

Et que dit le gouvernement ? Qu’il fait confiance à Total pour être responsable et qu’il ne faut pas « stigmatiser ce fleuron de l’économie française ». Le Pen reprend ce refrain en disant qu’il ne faut pas faire du « Total bashing » car c'est « un champion national » dont « on est très fier ». Quelle sinistre blague !

 

Il nous rackette, et il faudrait dire merci ?

TotalEnergies fait partie des responsables de la flambée des prix. Il n’a pas juste profité de l’envolée des cours mondiaux du pétrole sur les marchés, il est de ceux qui les ont poussés à la hausse.

Le PDG de Total est félicité parce qu’en plus de ces profits, il a réalisé un coup spéculatif à un milliard. Mais les prix augmentent précisément à cause de cette spéculation à la hausse.

Dire que cet emballement est de la faute des marchés et de la loi de l’offre et de la demande, c’est noyer le poisson. Ce sont des groupes comme Total qui font le marché et décident des prix auxquels ils vendent.

Avec la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, les capitalistes du pétrole ont saisi l’occasion de se gaver. Chaque seconde, le gang des six plus grandes compagnies pétrolières engrange 3000 dollars de profits.

Et on nous dit qu’il faudrait être reconnaissants parce que Total fait un geste en bloquant les prix à la pompe. En réalité, il nous étrangle, et ce n’est pas parce qu’il serre lentement qu’il faut lui dire merci !

Sa soif de profits va nous coûter très cher. En effet, l’augmentation du prix des carburants se diffuse à tous les secteurs de l’économie, et tous les autres prix sont en train de monter. Et sauf à arracher l’augmentation des salaires et leur indexation sur l’inflation, nous allons nous appauvrir au rythme de l’enrichissement éhonté de Total et de ses semblables.

 

Une rapacité à l’origine de bien les crimes

Derrière les superprofits des trusts pétroliers, il y a aussi et surtout les larmes et le sang des peuples d’Afrique et du Moyen-Orient. Pour eux, le prix de la rapacité de ces trusts, ce sont les guerres incessantes, des dévastations inouïes et des centaines de milliers de morts.

Les Palestiniens, les Libanais et les Iraniens qui vivent aujourd'hui un enfer ne sont pas victimes d’une guerre de religion. Ils sont victimes des guerres impérialistes car ils ont le malheur de vivre dans une région qui regorge de pétrole. Et pour le contrôler, les puissances occidentales n’ont cessé de manœuvrer, diviser et dresser les peuples les uns contre les autres.

Les peuples du Moyen-Orient sont martyrisés pour que l’or noir continue d’enrichir les trusts américains et européens comme ExxonMobil, Chevron TotalEnergies, ENI ou BP.

Dans le passé, c’est au Biafra, au Congo et au Gabon que les morts se sont multipliés afin que l’ancêtre de Total, ElfAquitaine, pille les réserves pétrolières à sa guise. Ces dernières années, c’est la population du Mozambique qu’il a sacrifiée pour exploiter les champs gaziers découverts en mer. Alors, se dire fier de Total est particulièrement cynique.

 

Confiscation des profits de guerre !

Il faut confisquer les profits de guerre de Total. Pour qu’il ne nous enfume pas, en disant qu’il ne fait pas de profits en France, il faut revendiquer la transparence complète sur ses circuits financiers.

Les travailleurs doivent se préparer à imposer ce qu’aucun gouvernement ne veut faire : rendre publics tous les comptes, y compris ceux cachés. Nous verrons alors que Total a toujours fait des superprofits, car vendre du pétrole à un prix dépassant de loin ce qu’il coûte à produire, c’est déjà faire un superprofit.

Cela finira de convaincre la grande masse des travailleurs de la nécessité d’exproprier, sans indemnités ni rachats les grands actionnaires de TotalEnergies. Avant de passer aux autres…

                                                                                    Nathalie Arthaud

mardi 28 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 27 mai 2026

 Confiscation des bénéfices de tous les profiteurs de guerre !

 Publié le 27/04/2026

 


Face à la flambée du prix des carburants, le Premier ministre poursuit ses gesticulations. Il accuse désormais des distributeurs de ne pas jouer le jeu. La charge n’est pas très violente, Lecornu a indiqué avoir demandé à ses ministres « d’objectiver (!) une bonne fois pour toutes ce qui s’était passé sur les marges des distributeurs ». 

De qui se moque-il ? Combien de temps leur faudra-t-il pour « objectiver » ? Tout le monde l’a constaté à la station-service : quand les cours du pétrole mondial augmentent, les hausses sont aussitôt répercutées, mais quand ils baissent, le prix à la pompe met beaucoup de temps à redescendre. 

Personne ne sera étonné d’apprendre que les distributeurs de carburants ont profité de l’envolée du cours du baril de pétrole pour augmenter leurs marges, parfois de 30 %. 

Le gouvernement se prépare peut-être à mettre à exécution son décret sur l’encadrement des marges des distributeurs. Dans ce cas, ce sera beaucoup de bruit pour pas grand-chose car cela n’empêchera pas les prix de monter si le cours du pétrole continue de grimper. En attendant, on ne parle pas de tous les autres profiteurs qui se gavent sur notre dos à une échelle bien plus grande. 

Les plus gros profiteurs protégés

Depuis le début de la guerre en Iran, les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre. Leurs cours en Bourse se sont envolés. TotalEnergies a réalisé un coup spéculatif à un milliard de dollars. Contre ce profiteur-là, le gouvernement n’a rien prévu. Même chose pour les engrais, vendus avec 30 % d’augmentation. Là encore, les profiteurs ne sont pas pointés du doigt ! 

Et puis, il y a les financiers, qui ne sont jamais les derniers à se servir. Ils demandent un milliard supplémentaire pour le remboursement de la dette française parce que les taux d’intérêt ont augmenté. Mais cette hausse ne tombe pas du ciel : elle est imposée par les banques et fonds d’investissement qui profitent de la situation pour racketter encore plus l’État et, en fait, la population. Eh bien, le gouvernement obtempère et prévoit de réviser le budget pour faire 6 milliards d’économies supplémentaires !

Le gouvernement ne combat pas les profiteurs de crise et de guerre, il les engraisse, à commencer par ceux de l’industrie d’armement. Un seul missile Mica est vendu 600 000 euros par MBDA à l’État, une heure de vol d’un Rafale, c’est 20 000 euros. 

Au total, rien que le surcoût engendré par les opérations militaires dans le Golfe se monte à 200 millions par mois. C’est autant d’argent qui va se retrouver dans les coffres-forts de Thales, Dassault, Safran, Naval Group… et de leurs actionnaires qui se félicitent que la guerre se poursuive. 

Ces messieurs de la bourgeoisie ne font pas la guerre, eux. Ils la vendent. Et nous la payons. 

Nous ne la payons pas encore au prix de dizaines de milliers de morts comme c’est le cas en Ukraine ou au Moyen-Orient. Mais nous en payons déjà la facture, qui va encore s’alourdir puisque le gouvernement a prévu une rallonge à la loi de programmation militaire de 36 milliards d’ici 2030. 

N’acceptons pas d’être les victimes de leur système, de leur crise et de leurs guerres !

Macron a osé affirmer que « nous sommes tous embarqués dans la même galère ». Quelle blague ! Les capitalistes profitent et s’enrichissent, et le monde du travail paie ! 

Nous laissons une fortune à la pompe. Nous payons une inflation qui ronge nos salaires, déjà insuffisants. Nous payons parce que le grand patronat conforte sa rentabilité en multipliant les suppressions d’emplois et les fermetures de sites. Nous payons aussi parce que le gouvernement, au prétexte de la crise, réduit toutes les dépenses utiles à la population.  

Il ne faut plus l’accepter. Il faut nous opposer à la grande bourgeoisie et aux actionnaires à la tête des multinationales. Ce sont des rapaces, des profiteurs de guerre et des spéculateurs, qui font leur beurre sur les malheurs du monde. 

Il faut que les travailleurs se préparent à faire ce qu’aucun gouvernement ne veut faire : rendre publics les comptes des multinationales et de leurs holdings pour faire vraiment la transparence sur les circuits de l’argent. Il faut confisquer leurs bénéfices de guerre, empêcher les capitalistes de laminer notre pouvoir d’achat et de priver des centaines de milliers de travailleurs de leur gagne-pain. 

                                                                    Nathalie ARTHAUD

mardi 21 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 20 avril 2026

 Les emplois et les salaires avant les profits !

 Publié le 20/04/2026 

 


Entre deux émissions spéciales sur la guerre, nous avons appris, la semaine dernière, l’arrêt de la fabrication de voitures à l’usine Stellantis de Poissy. C’est donc la fermeture programmée de la dernière usine d’assemblage automobile de la région parisienne. 

L’annonce de la direction de Stellantis, à peine répercutée par les médias, est révoltante. Le groupe a engrangé 54 milliards de profits sur les cinq dernières années, et il menace 2000 emplois à Poissy et des milliers chez les sous-traitants. 

Dans la même veine, Renault a annoncé sabrer dans ses postes d’ingénieurs. Un millier d’emplois encore supprimés ! Bien sûr, nous sommes habitués aux annonces de ce genre. Les fermetures et plans de licenciements – ArcelorMittal, Brandt, Vencorex, Arkema, Domo, Teisseire, Auchan, Casino… – sont sans fin et touchent tous les secteurs. Mais chacune de ces annonces est une raison de plus de se mettre en colère.

Le droit à un salaire est un droit vital

Dans cette société d’exploitation, le seul droit sérieux des travailleurs, le droit de gagner sa vie, est piétiné en permanence, plongeant toujours plus de femmes et d’hommes dans le besoin. 

Les travailleurs ne sont pas des machines que l’on peut brancher, débrancher et mettre à la casse selon les aléas de la production, du marché et de la concurrence. Pour vivre, il faut à tous un salaire qui tombe tous les mois parce que les loyers ou les remboursements de crédits, c’est tous les mois qu’il faut les payer. Parce que les enfants d’ouvriers, comme les enfants de bourgeois, ont besoin de manger tous les jours. 

La crise a bon dos !

Les défenseurs patronaux présentent ces fermetures de sites comme inéluctables du fait de la crise, de la guerre ou de la concurrence chinoise. Ces prétextes n’ont qu’une raison d’être : faire en sorte que les travailleurs se résignent à voir leurs conditions de vie sacrifiées. 

Mais quelles que soient les raisons avancées, les actionnaires, eux, sauvent leurs millions. Mieux, d’année en année, ils sont toujours plus riches car si les grands groupes subissent les aléas des marchés et de la concurrence, ils en sont les acteurs et les profiteurs. 

L’augmentation des prix, à commencer par la flambée du carburant, n’est pas une loi de la nature, ce sont les dirigeants des grands groupes qui la décident. Et ce sont eux qui organisent la guerre économique dans laquelle ils ne risquent rien puisqu’elle se mène avec le salaire et l’emploi des travailleurs, qu’ils soient embauchés, intérimaires ou salariés de sous-traitants. 

Alors, laissons les perroquets du grand patronat pérorer sur la crise de l’énergie, de l’automobile, de la chimie ou du commerce et les bouleversements engendrés par la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient. Ce sont les affaires de la grande bourgeoisie, et occupons-nous des nôtres ! 

Défendre notre droit à l’existence

Nous, travailleurs, nous sommes plus que jamais confrontés à une guerre sociale, à une offensive générale du grand patronat qui s’intensifie dans cette période de crise et de guerre. 

Elle prend la forme de tous ces licenciements auxquels s’ajoute le racket du prix de l’essence qui est en train de se transformer en racket généralisé car, par ricochet, tous les prix sont en train d’augmenter sans que les salaires ne suivent. Et dans cette guerre-là il n’y a aucun cessez-le-feu à attendre de la part du grand patronat.

Les travailleurs doivent défendre leur droit au travail et à un salaire digne. Il faut qu’ils s’organisent et trouvent le chemin de la lutte collective, dans leur entreprise d’abord, puis en s’adressant aux autres travailleurs dans le pays.

Une lutte d’ensemble est nécessaire

Nous sommes tous attaqués d’une façon ou d’une autre. L’offensive du grand patronat est générale, et c’est à cette échelle que nous pourrons vraiment nous faire craindre et respecter. 

Ne laissons pas le patronat s’octroyer un droit de vie ou de mort sur la classe ouvrière ! C’est la grande bourgeoisie qui dirige ce système capitaliste et qui est responsable de son évolution. Et c’est elle qui en profite. C’est aux actionnaires, présents ou passés, de payer pour garantir le droit de vivre dignement aux seuls et véritables producteurs que sont les travailleurs. Les conditions de vie de la classe laborieuse doivent passer avant les fortunes de ces milliardaires qui ne sont que des parasites ! 

                                                                Nathalie ARTHAUD

mardi 14 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 13 avril 2026

 Hongrie : une claque électorale qui doit encourager un sursaut ouvrier !

 Publié le 13/04/2026 

 

Malgré son contrôle de tous les rouages de l’État et des médias, Orban, l’homme fort de la Hongrie, indéboulonnable depuis 16 ans et vitrine de l’extrême droite européenne, vient d’être chassé du pouvoir, après avoir essuyé, ce dimanche, une lourde défaite électorale. 

Cette défaite est aussi celle de Trump, qui a mis tout son poids pour le faire gagner en envoyant son bras droit JD. Vance le soutenir dans la campagne électorale. C’est une défaite pour Poutine, qui en avait fait un allié des plus fidèles. Une défaite pour tous les tenants de l’extrême droite qui, comme Le Pen, faisaient d’Orban un modèle à suivre. 

Cette défaite a été possible parce que des millions d’électeurs des classes populaires se sont massivement exprimés, dans les villes comme dans les zones rurales, pour rejeter Orban. Et contrairement à ce que l’on entend, la plupart des ouvriers, des employés, des techniciens ou des artisans ne l’ont pas fait au nom de principes démocratiques abstraits, ni pour renforcer l’Union européenne contre Poutine ou Trump.

Ils ont rejeté Orban parce que celui-ci les a enfoncés dans la crise. En quatre ans, les prix ont augmenté de 40 % et le pouvoir d’achat des classes populaires s’est effondré. À l’opposé, l’argent a coulé à flots vers le monde des affaires avec des scandales de corruption retentissants, Orban arrosant tous ses proches. 

Un rejet électoral…

Cette réaction de rejet s’est exprimée par la voie électorale. Si elle reste dans ce cadre, rien de fondamental ne changera pour le monde ouvrier. Le remplaçant d’Orban, Peter Magyar, est un ancien dirigeant de son parti, le Fidesz, un homme du sérail tout aussi conservateur et anti-immigrés. Parce qu’il se dit favorable à l’Union européenne, au contraire d’Orban, il est décrit comme le Macron hongrois. C’est dire que les travailleurs n'ont rien à en attendre ! 

Les masses populaires qui ont voté pour lui en espérant une vie meilleure en seront vite déçues. Et ce, d’autant plus que le monde entier est embourbé dans la guerre et qu’il s’enfonce dans une crise de plus en plus grave à laquelle la Hongrie n’échappera pas plus que nous n’y échapperons ici. 

Pour défendre ses intérêts dans cette période de crise, le grand patronat se fait plus féroce et brutal. Car derrière toutes les guerres qui se mènent, il y a celle, cachée mais permanente, entre la bourgeoisie et le monde ouvrier. Et cela vaut dans tous les pays du monde. Alors, en Hongrie, les vainqueurs des élections ne méritent pas plus la confiance des travailleurs que ne la méritait Orban. Celui qui leur portera les coups a peut-être la tête du gendre idéal, mais il n’en est pas moins un ennemi. 

… et un encouragement à se mobiliser

Avoir dit leur colère dans les urnes et avoir chassé Orban doit encourager les travailleurs à se mobiliser. Car le seul moyen de faire avancer leurs intérêts est de s’exprimer sur le terrain social, contre l’inflation, pour l’emploi et les salaires. 

En Hongrie comme ici, la classe ouvrière ne doit pas remettre son sort entre les mains de tel ou tel politicien mais avoir l’objectif d’agir elle-même pour peser sur la vie politique.

La classe ouvrière hongroise a montré sa capacité de révolte et d’organisation dans le passé. En 1956, elle avait pris la tête d’une révolution contre le régime dictatorial imposé par le pouvoir stalinien en place en URSS. Ceux qui font aujourd'hui allusion à cette révolution la résument en disant que les « Hongrois voulaient virer les Russes ». Mais c’était plus que cela ! 

Les ouvriers avaient élu des conseils ouvriers dans les entreprises, non pas pour rétablir le patronat et le capitalisme, mais pour prendre eux-mêmes en main la direction de la société. Ils réclamaient le droit de grève, la liberté syndicale, la reconnaissance des conseils et le retrait de l’armée russe, principal soutien du régime. Ils voulaient la fin du régime policier et la reconnaissance du gouvernement d’Imre Nagy qu’ils soutenaient. 

Pour y parvenir, ils s’armèrent, organisèrent des milices ouvrières, prirent d’assaut les commissariats et résistèrent aux chars soviétiques envoyés contre eux. Ils ont ainsi fait vivre pendant plusieurs semaines ce pour quoi ils se battaient : un véritable pouvoir ouvrier démocratique.

Avec ce riche passé, les travailleurs hongrois ne sont pas condamnés à être les jouets de politiciens aussi véreux les uns que les autres, ils peuvent aussi écrire l’histoire. 

Cette protestation électorale sera-t-elle suivie de réactions ouvrières ? C’est ce que nous pouvons espérer de mieux pour nous tous !

                                                                              Nathalie ARTHAUD

mardi 7 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 6 avril 2026

 Sauvons notre peau dans ce monde de fous qu'est le capitalisme !

 Publié le 06/04/2026

 

Dans un message grossier et insultant dont il a le secret, Trump a posé un nouvel ultimatum à l’Iran. Si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert, les États-Unis attaqueraient les principales infrastructures du pays pour « le faire revenir à l’âge de pierre ». 

Mettra-t-il ses menaces à exécution ou cherchera-t-il une porte de sortie pour limiter la crise pétrolière et le chaos qu’il a provoqués avec Israël en bombardant l’Iran ? 

Tout est possible, parce que même dans la crise et dans la guerre, ses amis capitalistes et milliardaires s’enrichissent comme jamais. L’économie mondiale et les échanges sont détraqués ? L’approvisionnement en pétrole est compromis ? Qu’à cela ne tienne, c’est une occasion de plus de spéculer et d’engranger des milliards ! 

Les proches de Trump, dont ses propres fils, ne se sont pas privés de le faire. Ils ont empoché un pactole en spéculant sur le pétrole et sont désormais soupçonnés de conflit d’intérêts et de délit d’initiés. Voilà la réalité de la guerre vécue par la bande de voleurs et de criminels qui nous gouvernent !

Les cours boursiers les empêchent peut-être de dormir, mais pas les morts. D’ailleurs qui les compte encore en Palestine, au Liban, en Iran, en République du Congo, en Ukraine ? 

Les dirigeants de ce monde, la classe capitaliste et ses représentants politiques, se moquent des conséquences de la guerre pour les peuples et pour les travailleurs comme nous. Notre malheur fait bien souvent leur propre bonheur. La hausse des carburants est un coup de massue pour le monde du travail, mais c’est une formidable manne pour les pétroliers et les raffineurs.

TotalEnergies joue les grands seigneurs en bloquant le prix de l’essence et du gazole. Il peut se le permettre, parce qu’en spéculant sur la hausse du cours du pétrole dès début mars, il a encaissé un milliard de dollars de profits exceptionnels.

Les raffineurs ont multiplié leur marge par quatre en un mois. Ils achètent le pétrole brut plus cher, mais ils en profitent pour augmenter les prix de l’essence, du gazole et du fioul dans des proportions bien plus grandes. Et, bien sûr, le cours de leurs actions s’est envolé avec +16 % pour TotalEnergies, +13 % pour Shell, +22 % pour BP. 

Ce sont des rapaces, des profiteurs de guerre et des spéculateurs, qui se jettent sur tous les malheurs du monde pour engranger plus d’argent. Ne nous laissons pas racketter par cette bande de voleurs ! 

Nombre de politiciens, à commencer par Le Pen et Bardella, ne veulent surtout pas s’en prendre aux profits patronaux et ne dénoncent que les taxes et la TVA. Ces taxes sont certes injustes parce qu’elles pèsent de la même façon sur les riches et les pauvres. Il faudrait les supprimer et forcer la grande bourgeoisie à compenser le manque à gagner pour l’État. Mais, actuellement, au moment même où les capitalistes du pétrole commettent un des plus grands casses du siècle, ne parler que de cela sert de diversion. 

Il faut faire payer les pétroliers et les multinationales. C’est à la grande bourgeoisie, aux actionnaires milliardaires qui tiennent l’économie, d’assumer les conséquences de la crise de leur système et des guerres qu’ils provoquent. Car c’est pour leur intérêt exclusif que leurs chefs d’État et amis, comme Trump, les fomentent. C’est pour leur assurer des marchés, le contrôle des matières premières, la domination des circuits commerciaux. 

Nous n’avons pas à accepter d’être victimes de leur économie, de leurs rivalités et de leurs politiques guerrières. Contrairement aux Palestiniens, aux Ukrainiens, aux Libanais et aux Iraniens, nous ne payons pas encore le prix du sang, mais nos dirigeants, qui sont à l’origine de toutes ces guerres, nous le feront payer un jour si nous ne nous révoltons pas. 

Alors, commençons par dire que nous n’acceptons pas d’être rançonnés, en plus d’être exploités ou licenciés. Profitons de la colère qui monte pour discuter, nous organiser, réfléchir à nos revendications et engager le combat.

Il faut confisquer les bénéfices des profiteurs de guerre pour les besoins de la population laborieuse et revendiquer l’expropriation de TotalEnergies, Exxon, BP ou Shell qui n’arrêtent pas de se gaver sur notre dos. 

Et comme la hausse de l’essence va inévitablement se répercuter sur tous les autres prix, il faut l’augmentation massive des salaires, des pensions et des allocations, et leur indexation sur les prix !

                                                                      Nathalie ARTHAUD

 

LUTTE OUVRIERE

RÉUNION PUBLIQUE

Jeudi 9 avril 2026 à 19 h.30

Espace Nelson Mandela

82, avenue du Gl Leclerc à Argenteuil

Se retrouver ensemble, les militants de Lutte ouvrière disponibles, les proches, ceux qui ont accepté de se retrouver sur notre liste lors des dernières élections, mais également d’autres militants et habitants secoués par bien des aspects de ces élections municipales à Argenteuil, calamiteuses, avec ses outrances, ses mensonges, ses illusions et ses manœuvres. Nous en discuterons et bien évidemment du contexte guerrier et de ses conséquences, car face à la guerre et la hausse des carburants, l’heure devrait être à la mobilisation du monde du travail pour la hausse générale des salaires et des pensions.

 

La Fête de Lutte ouvrière : samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai àPresles

Les 23, 24 et 25 mai se tiendra le grand rassemblement annuel de Lutte ouvrière dans le parc boisé de Presles, dans le Val-d’Oise. Ce seront trois jours de débats politiques, de spectacles, de jeux, d’animations, d’échanges, de découvertes lors de conférences scientifiques, de rencontres avec des d’historiens, des spécialistes du Moyen Âge ou de la préhistoire, des scientifiques. Sans parler des très nombreuses spécialités culinaires à goûter sans modération !

Renseignements, billetterie, programme : http://fete.lutte- ouvriere.org

 

 

mardi 31 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 30 mars 2026

 Essence : à bas les profiteurs de guerre ! Augmentation des salaires !

 Publié le 30/03/2026

Il faut maintenant débourser 15 à 30 euros de plus pour faire un plein. Une fois de plus, nous nous retrouvons rackettés avant même d’avoir commencé notre journée de travail ! Certains qui ont les plus petits salaires et habitent loin de leur lieu de travail perdent même peut-être de l’argent en allant travailler.

Le gouvernement a jeté quelques miettes aux pêcheurs, aux transporteurs routiers et aux agriculteurs afin d’étouffer leur grogne. Mais tant qu’il n’y aura pas de contestation de masse, il laissera TotalEnergies, Shell, ExxonMobil ou BP nous rançonner. 

Bien des travailleurs repensent au mouvement des Gilets jaunes qui avait jailli de façon spontanée en 2018. Mais, sans attendre un hypothétique mouvement ou tel ou tel appel syndical, nous devons nous préparer à agir. 

Dans les entreprises, nous avons la possibilité de nous réunir à 20, 50, 100 et parfois plus, et de réfléchir ensemble, non seulement à nos moyens d’action, mais aussi et surtout à nos objectifs. Car il ne s’agit pas de nous disperser dans un mouvement sans but clair, comme ce fut le cas pour les Gilets jaunes. 

Beaucoup d’idées circulent comme la baisse des taxes sur le carburant ou le blocage des prix de l’essence. Mais le fond du problème est de savoir qui paiera au final, car tout ce que la bourgeoisie ne paiera pas, nous le paierons. 

Le gouvernement peut décider un blocage des prix des carburants, mais, alors, il compensera le manque à gagner des compagnies pétrolières. Et ce que nous ne paierons plus en passant à la pompe, nous le paierons à la pharmacie ou à l’hôpital faute d’argent pour la santé. 

Il en serait de même avec la suppression de la TVA. C’est l’impôt le plus injuste car il fait payer la même chose aux riches et aux pauvres, et il mériterait de disparaître. Mais si l’argent collecté par la TVA n’était pas compensé par la bourgeoisie, ce serait une belle entourloupe ! 

Et le pire est à venir. On nous annonce une flambée des prix du gaz, des engrais, de l’alimentation, du plastique, et des pénuries, comme celle de l’hélium indispensable à la fabrication des ordinateurs et des smartphones. Par ricochet, tous les prix vont donc exploser. 

Le seul et unique moyen de ne pas être roulés dans la farine et d’assurer nos intérêts vitaux est que nos salaires, nos allocations et nos retraites suivent les hausses de prix et que nous nous organisions pour les contrôler nous-mêmes. 

Il faut donc se battre pour récupérer sur nos salaires l’équivalent du trou creusé par la flambée des prix de l’essence et de tous les autres produits. Si nous avons perdu 50 ou 100 € en mars, il nous faut 50 ou 100 € en plus sur notre salaire.

Tous les patrons répercutent les hausses de coûts sur leurs prix. Pour eux, il n’est jamais question de réduire leurs marges et d’amputer leurs bénéfices. Et il faudrait que nous, travailleurs, nous acceptions privations sur privations ? Tout cela pour que la grande bourgeoisie continue de nager dans l’opulence et pour que le gouvernement investisse des milliards dans la guerre ! 

Non, nous n’avons pas à être sacrifiés parce que les profiteurs de guerre font exploser leurs prix et leurs marges, en plus d’être engraissés par l’État ! 

Il n’y a pas 36 solutions, il faut faire payer le grand patronat. L’argent qui manque pour les salaires se trouve dans les milliards de profits qui s’accumulent dans les grands groupes industriels et financiers. 

On n’arrêtera la chute de notre niveau de vie qu’au travers d’un soulèvement des travailleurs contre la bande de voleurs, d’irresponsables et de criminels qui trouvent dans la guerre une immense source d’enrichissement et de spéculation. Les grèves, les manifestations, l’organisation collective sont nos seuls moyens de les empêcher de plonger l’ensemble du monde du travail dans la misère, les salariés comme les indépendants et les petits producteurs. 

Nous ne sommes pas encore en mesure d’empêcher les exploiteurs et les va-t-en guerre de mettre le monde à feu et à sang, de semer la mort et de nous mener, nous aussi, à la guerre. Mais essayons de transformer la colère qui monte sur le carburant pour engager le combat. 

Commençons par dire non à leur racket. Indexation des salaires sur l’inflation, mois après mois ! Confiscation des bénéfices des profiteurs de guerre pour les besoins de la population laborieuse ! 

                                                    Nathalie ARTHAUD

 

« Où allons-nous ? »

Une réunion Lutte ouvrière ouverte à tous

Jeudi 9 avril à 19 h.30

Espace Nelson Mandela à Argenteuil