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mardi 28 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 27 mai 2026

 Confiscation des bénéfices de tous les profiteurs de guerre !

 Publié le 27/04/2026

 


Face à la flambée du prix des carburants, le Premier ministre poursuit ses gesticulations. Il accuse désormais des distributeurs de ne pas jouer le jeu. La charge n’est pas très violente, Lecornu a indiqué avoir demandé à ses ministres « d’objectiver (!) une bonne fois pour toutes ce qui s’était passé sur les marges des distributeurs ». 

De qui se moque-il ? Combien de temps leur faudra-t-il pour « objectiver » ? Tout le monde l’a constaté à la station-service : quand les cours du pétrole mondial augmentent, les hausses sont aussitôt répercutées, mais quand ils baissent, le prix à la pompe met beaucoup de temps à redescendre. 

Personne ne sera étonné d’apprendre que les distributeurs de carburants ont profité de l’envolée du cours du baril de pétrole pour augmenter leurs marges, parfois de 30 %. 

Le gouvernement se prépare peut-être à mettre à exécution son décret sur l’encadrement des marges des distributeurs. Dans ce cas, ce sera beaucoup de bruit pour pas grand-chose car cela n’empêchera pas les prix de monter si le cours du pétrole continue de grimper. En attendant, on ne parle pas de tous les autres profiteurs qui se gavent sur notre dos à une échelle bien plus grande. 

Les plus gros profiteurs protégés

Depuis le début de la guerre en Iran, les marges des pétroliers ont été multipliées par quatre. Leurs cours en Bourse se sont envolés. TotalEnergies a réalisé un coup spéculatif à un milliard de dollars. Contre ce profiteur-là, le gouvernement n’a rien prévu. Même chose pour les engrais, vendus avec 30 % d’augmentation. Là encore, les profiteurs ne sont pas pointés du doigt ! 

Et puis, il y a les financiers, qui ne sont jamais les derniers à se servir. Ils demandent un milliard supplémentaire pour le remboursement de la dette française parce que les taux d’intérêt ont augmenté. Mais cette hausse ne tombe pas du ciel : elle est imposée par les banques et fonds d’investissement qui profitent de la situation pour racketter encore plus l’État et, en fait, la population. Eh bien, le gouvernement obtempère et prévoit de réviser le budget pour faire 6 milliards d’économies supplémentaires !

Le gouvernement ne combat pas les profiteurs de crise et de guerre, il les engraisse, à commencer par ceux de l’industrie d’armement. Un seul missile Mica est vendu 600 000 euros par MBDA à l’État, une heure de vol d’un Rafale, c’est 20 000 euros. 

Au total, rien que le surcoût engendré par les opérations militaires dans le Golfe se monte à 200 millions par mois. C’est autant d’argent qui va se retrouver dans les coffres-forts de Thales, Dassault, Safran, Naval Group… et de leurs actionnaires qui se félicitent que la guerre se poursuive. 

Ces messieurs de la bourgeoisie ne font pas la guerre, eux. Ils la vendent. Et nous la payons. 

Nous ne la payons pas encore au prix de dizaines de milliers de morts comme c’est le cas en Ukraine ou au Moyen-Orient. Mais nous en payons déjà la facture, qui va encore s’alourdir puisque le gouvernement a prévu une rallonge à la loi de programmation militaire de 36 milliards d’ici 2030. 

N’acceptons pas d’être les victimes de leur système, de leur crise et de leurs guerres !

Macron a osé affirmer que « nous sommes tous embarqués dans la même galère ». Quelle blague ! Les capitalistes profitent et s’enrichissent, et le monde du travail paie ! 

Nous laissons une fortune à la pompe. Nous payons une inflation qui ronge nos salaires, déjà insuffisants. Nous payons parce que le grand patronat conforte sa rentabilité en multipliant les suppressions d’emplois et les fermetures de sites. Nous payons aussi parce que le gouvernement, au prétexte de la crise, réduit toutes les dépenses utiles à la population.  

Il ne faut plus l’accepter. Il faut nous opposer à la grande bourgeoisie et aux actionnaires à la tête des multinationales. Ce sont des rapaces, des profiteurs de guerre et des spéculateurs, qui font leur beurre sur les malheurs du monde. 

Il faut que les travailleurs se préparent à faire ce qu’aucun gouvernement ne veut faire : rendre publics les comptes des multinationales et de leurs holdings pour faire vraiment la transparence sur les circuits de l’argent. Il faut confisquer leurs bénéfices de guerre, empêcher les capitalistes de laminer notre pouvoir d’achat et de priver des centaines de milliers de travailleurs de leur gagne-pain. 

                                                                    Nathalie ARTHAUD

mardi 21 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 20 avril 2026

 Les emplois et les salaires avant les profits !

 Publié le 20/04/2026 

 


Entre deux émissions spéciales sur la guerre, nous avons appris, la semaine dernière, l’arrêt de la fabrication de voitures à l’usine Stellantis de Poissy. C’est donc la fermeture programmée de la dernière usine d’assemblage automobile de la région parisienne. 

L’annonce de la direction de Stellantis, à peine répercutée par les médias, est révoltante. Le groupe a engrangé 54 milliards de profits sur les cinq dernières années, et il menace 2000 emplois à Poissy et des milliers chez les sous-traitants. 

Dans la même veine, Renault a annoncé sabrer dans ses postes d’ingénieurs. Un millier d’emplois encore supprimés ! Bien sûr, nous sommes habitués aux annonces de ce genre. Les fermetures et plans de licenciements – ArcelorMittal, Brandt, Vencorex, Arkema, Domo, Teisseire, Auchan, Casino… – sont sans fin et touchent tous les secteurs. Mais chacune de ces annonces est une raison de plus de se mettre en colère.

Le droit à un salaire est un droit vital

Dans cette société d’exploitation, le seul droit sérieux des travailleurs, le droit de gagner sa vie, est piétiné en permanence, plongeant toujours plus de femmes et d’hommes dans le besoin. 

Les travailleurs ne sont pas des machines que l’on peut brancher, débrancher et mettre à la casse selon les aléas de la production, du marché et de la concurrence. Pour vivre, il faut à tous un salaire qui tombe tous les mois parce que les loyers ou les remboursements de crédits, c’est tous les mois qu’il faut les payer. Parce que les enfants d’ouvriers, comme les enfants de bourgeois, ont besoin de manger tous les jours. 

La crise a bon dos !

Les défenseurs patronaux présentent ces fermetures de sites comme inéluctables du fait de la crise, de la guerre ou de la concurrence chinoise. Ces prétextes n’ont qu’une raison d’être : faire en sorte que les travailleurs se résignent à voir leurs conditions de vie sacrifiées. 

Mais quelles que soient les raisons avancées, les actionnaires, eux, sauvent leurs millions. Mieux, d’année en année, ils sont toujours plus riches car si les grands groupes subissent les aléas des marchés et de la concurrence, ils en sont les acteurs et les profiteurs. 

L’augmentation des prix, à commencer par la flambée du carburant, n’est pas une loi de la nature, ce sont les dirigeants des grands groupes qui la décident. Et ce sont eux qui organisent la guerre économique dans laquelle ils ne risquent rien puisqu’elle se mène avec le salaire et l’emploi des travailleurs, qu’ils soient embauchés, intérimaires ou salariés de sous-traitants. 

Alors, laissons les perroquets du grand patronat pérorer sur la crise de l’énergie, de l’automobile, de la chimie ou du commerce et les bouleversements engendrés par la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient. Ce sont les affaires de la grande bourgeoisie, et occupons-nous des nôtres ! 

Défendre notre droit à l’existence

Nous, travailleurs, nous sommes plus que jamais confrontés à une guerre sociale, à une offensive générale du grand patronat qui s’intensifie dans cette période de crise et de guerre. 

Elle prend la forme de tous ces licenciements auxquels s’ajoute le racket du prix de l’essence qui est en train de se transformer en racket généralisé car, par ricochet, tous les prix sont en train d’augmenter sans que les salaires ne suivent. Et dans cette guerre-là il n’y a aucun cessez-le-feu à attendre de la part du grand patronat.

Les travailleurs doivent défendre leur droit au travail et à un salaire digne. Il faut qu’ils s’organisent et trouvent le chemin de la lutte collective, dans leur entreprise d’abord, puis en s’adressant aux autres travailleurs dans le pays.

Une lutte d’ensemble est nécessaire

Nous sommes tous attaqués d’une façon ou d’une autre. L’offensive du grand patronat est générale, et c’est à cette échelle que nous pourrons vraiment nous faire craindre et respecter. 

Ne laissons pas le patronat s’octroyer un droit de vie ou de mort sur la classe ouvrière ! C’est la grande bourgeoisie qui dirige ce système capitaliste et qui est responsable de son évolution. Et c’est elle qui en profite. C’est aux actionnaires, présents ou passés, de payer pour garantir le droit de vivre dignement aux seuls et véritables producteurs que sont les travailleurs. Les conditions de vie de la classe laborieuse doivent passer avant les fortunes de ces milliardaires qui ne sont que des parasites ! 

                                                                Nathalie ARTHAUD

mardi 14 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 13 avril 2026

 Hongrie : une claque électorale qui doit encourager un sursaut ouvrier !

 Publié le 13/04/2026 

 

Malgré son contrôle de tous les rouages de l’État et des médias, Orban, l’homme fort de la Hongrie, indéboulonnable depuis 16 ans et vitrine de l’extrême droite européenne, vient d’être chassé du pouvoir, après avoir essuyé, ce dimanche, une lourde défaite électorale. 

Cette défaite est aussi celle de Trump, qui a mis tout son poids pour le faire gagner en envoyant son bras droit JD. Vance le soutenir dans la campagne électorale. C’est une défaite pour Poutine, qui en avait fait un allié des plus fidèles. Une défaite pour tous les tenants de l’extrême droite qui, comme Le Pen, faisaient d’Orban un modèle à suivre. 

Cette défaite a été possible parce que des millions d’électeurs des classes populaires se sont massivement exprimés, dans les villes comme dans les zones rurales, pour rejeter Orban. Et contrairement à ce que l’on entend, la plupart des ouvriers, des employés, des techniciens ou des artisans ne l’ont pas fait au nom de principes démocratiques abstraits, ni pour renforcer l’Union européenne contre Poutine ou Trump.

Ils ont rejeté Orban parce que celui-ci les a enfoncés dans la crise. En quatre ans, les prix ont augmenté de 40 % et le pouvoir d’achat des classes populaires s’est effondré. À l’opposé, l’argent a coulé à flots vers le monde des affaires avec des scandales de corruption retentissants, Orban arrosant tous ses proches. 

Un rejet électoral…

Cette réaction de rejet s’est exprimée par la voie électorale. Si elle reste dans ce cadre, rien de fondamental ne changera pour le monde ouvrier. Le remplaçant d’Orban, Peter Magyar, est un ancien dirigeant de son parti, le Fidesz, un homme du sérail tout aussi conservateur et anti-immigrés. Parce qu’il se dit favorable à l’Union européenne, au contraire d’Orban, il est décrit comme le Macron hongrois. C’est dire que les travailleurs n'ont rien à en attendre ! 

Les masses populaires qui ont voté pour lui en espérant une vie meilleure en seront vite déçues. Et ce, d’autant plus que le monde entier est embourbé dans la guerre et qu’il s’enfonce dans une crise de plus en plus grave à laquelle la Hongrie n’échappera pas plus que nous n’y échapperons ici. 

Pour défendre ses intérêts dans cette période de crise, le grand patronat se fait plus féroce et brutal. Car derrière toutes les guerres qui se mènent, il y a celle, cachée mais permanente, entre la bourgeoisie et le monde ouvrier. Et cela vaut dans tous les pays du monde. Alors, en Hongrie, les vainqueurs des élections ne méritent pas plus la confiance des travailleurs que ne la méritait Orban. Celui qui leur portera les coups a peut-être la tête du gendre idéal, mais il n’en est pas moins un ennemi. 

… et un encouragement à se mobiliser

Avoir dit leur colère dans les urnes et avoir chassé Orban doit encourager les travailleurs à se mobiliser. Car le seul moyen de faire avancer leurs intérêts est de s’exprimer sur le terrain social, contre l’inflation, pour l’emploi et les salaires. 

En Hongrie comme ici, la classe ouvrière ne doit pas remettre son sort entre les mains de tel ou tel politicien mais avoir l’objectif d’agir elle-même pour peser sur la vie politique.

La classe ouvrière hongroise a montré sa capacité de révolte et d’organisation dans le passé. En 1956, elle avait pris la tête d’une révolution contre le régime dictatorial imposé par le pouvoir stalinien en place en URSS. Ceux qui font aujourd'hui allusion à cette révolution la résument en disant que les « Hongrois voulaient virer les Russes ». Mais c’était plus que cela ! 

Les ouvriers avaient élu des conseils ouvriers dans les entreprises, non pas pour rétablir le patronat et le capitalisme, mais pour prendre eux-mêmes en main la direction de la société. Ils réclamaient le droit de grève, la liberté syndicale, la reconnaissance des conseils et le retrait de l’armée russe, principal soutien du régime. Ils voulaient la fin du régime policier et la reconnaissance du gouvernement d’Imre Nagy qu’ils soutenaient. 

Pour y parvenir, ils s’armèrent, organisèrent des milices ouvrières, prirent d’assaut les commissariats et résistèrent aux chars soviétiques envoyés contre eux. Ils ont ainsi fait vivre pendant plusieurs semaines ce pour quoi ils se battaient : un véritable pouvoir ouvrier démocratique.

Avec ce riche passé, les travailleurs hongrois ne sont pas condamnés à être les jouets de politiciens aussi véreux les uns que les autres, ils peuvent aussi écrire l’histoire. 

Cette protestation électorale sera-t-elle suivie de réactions ouvrières ? C’est ce que nous pouvons espérer de mieux pour nous tous !

                                                                              Nathalie ARTHAUD

mardi 7 avril 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 6 avril 2026

 Sauvons notre peau dans ce monde de fous qu'est le capitalisme !

 Publié le 06/04/2026

 

Dans un message grossier et insultant dont il a le secret, Trump a posé un nouvel ultimatum à l’Iran. Si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert, les États-Unis attaqueraient les principales infrastructures du pays pour « le faire revenir à l’âge de pierre ». 

Mettra-t-il ses menaces à exécution ou cherchera-t-il une porte de sortie pour limiter la crise pétrolière et le chaos qu’il a provoqués avec Israël en bombardant l’Iran ? 

Tout est possible, parce que même dans la crise et dans la guerre, ses amis capitalistes et milliardaires s’enrichissent comme jamais. L’économie mondiale et les échanges sont détraqués ? L’approvisionnement en pétrole est compromis ? Qu’à cela ne tienne, c’est une occasion de plus de spéculer et d’engranger des milliards ! 

Les proches de Trump, dont ses propres fils, ne se sont pas privés de le faire. Ils ont empoché un pactole en spéculant sur le pétrole et sont désormais soupçonnés de conflit d’intérêts et de délit d’initiés. Voilà la réalité de la guerre vécue par la bande de voleurs et de criminels qui nous gouvernent !

Les cours boursiers les empêchent peut-être de dormir, mais pas les morts. D’ailleurs qui les compte encore en Palestine, au Liban, en Iran, en République du Congo, en Ukraine ? 

Les dirigeants de ce monde, la classe capitaliste et ses représentants politiques, se moquent des conséquences de la guerre pour les peuples et pour les travailleurs comme nous. Notre malheur fait bien souvent leur propre bonheur. La hausse des carburants est un coup de massue pour le monde du travail, mais c’est une formidable manne pour les pétroliers et les raffineurs.

TotalEnergies joue les grands seigneurs en bloquant le prix de l’essence et du gazole. Il peut se le permettre, parce qu’en spéculant sur la hausse du cours du pétrole dès début mars, il a encaissé un milliard de dollars de profits exceptionnels.

Les raffineurs ont multiplié leur marge par quatre en un mois. Ils achètent le pétrole brut plus cher, mais ils en profitent pour augmenter les prix de l’essence, du gazole et du fioul dans des proportions bien plus grandes. Et, bien sûr, le cours de leurs actions s’est envolé avec +16 % pour TotalEnergies, +13 % pour Shell, +22 % pour BP. 

Ce sont des rapaces, des profiteurs de guerre et des spéculateurs, qui se jettent sur tous les malheurs du monde pour engranger plus d’argent. Ne nous laissons pas racketter par cette bande de voleurs ! 

Nombre de politiciens, à commencer par Le Pen et Bardella, ne veulent surtout pas s’en prendre aux profits patronaux et ne dénoncent que les taxes et la TVA. Ces taxes sont certes injustes parce qu’elles pèsent de la même façon sur les riches et les pauvres. Il faudrait les supprimer et forcer la grande bourgeoisie à compenser le manque à gagner pour l’État. Mais, actuellement, au moment même où les capitalistes du pétrole commettent un des plus grands casses du siècle, ne parler que de cela sert de diversion. 

Il faut faire payer les pétroliers et les multinationales. C’est à la grande bourgeoisie, aux actionnaires milliardaires qui tiennent l’économie, d’assumer les conséquences de la crise de leur système et des guerres qu’ils provoquent. Car c’est pour leur intérêt exclusif que leurs chefs d’État et amis, comme Trump, les fomentent. C’est pour leur assurer des marchés, le contrôle des matières premières, la domination des circuits commerciaux. 

Nous n’avons pas à accepter d’être victimes de leur économie, de leurs rivalités et de leurs politiques guerrières. Contrairement aux Palestiniens, aux Ukrainiens, aux Libanais et aux Iraniens, nous ne payons pas encore le prix du sang, mais nos dirigeants, qui sont à l’origine de toutes ces guerres, nous le feront payer un jour si nous ne nous révoltons pas. 

Alors, commençons par dire que nous n’acceptons pas d’être rançonnés, en plus d’être exploités ou licenciés. Profitons de la colère qui monte pour discuter, nous organiser, réfléchir à nos revendications et engager le combat.

Il faut confisquer les bénéfices des profiteurs de guerre pour les besoins de la population laborieuse et revendiquer l’expropriation de TotalEnergies, Exxon, BP ou Shell qui n’arrêtent pas de se gaver sur notre dos. 

Et comme la hausse de l’essence va inévitablement se répercuter sur tous les autres prix, il faut l’augmentation massive des salaires, des pensions et des allocations, et leur indexation sur les prix !

                                                                      Nathalie ARTHAUD

 

LUTTE OUVRIERE

RÉUNION PUBLIQUE

Jeudi 9 avril 2026 à 19 h.30

Espace Nelson Mandela

82, avenue du Gl Leclerc à Argenteuil

Se retrouver ensemble, les militants de Lutte ouvrière disponibles, les proches, ceux qui ont accepté de se retrouver sur notre liste lors des dernières élections, mais également d’autres militants et habitants secoués par bien des aspects de ces élections municipales à Argenteuil, calamiteuses, avec ses outrances, ses mensonges, ses illusions et ses manœuvres. Nous en discuterons et bien évidemment du contexte guerrier et de ses conséquences, car face à la guerre et la hausse des carburants, l’heure devrait être à la mobilisation du monde du travail pour la hausse générale des salaires et des pensions.

 

La Fête de Lutte ouvrière : samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai àPresles

Les 23, 24 et 25 mai se tiendra le grand rassemblement annuel de Lutte ouvrière dans le parc boisé de Presles, dans le Val-d’Oise. Ce seront trois jours de débats politiques, de spectacles, de jeux, d’animations, d’échanges, de découvertes lors de conférences scientifiques, de rencontres avec des d’historiens, des spécialistes du Moyen Âge ou de la préhistoire, des scientifiques. Sans parler des très nombreuses spécialités culinaires à goûter sans modération !

Renseignements, billetterie, programme : http://fete.lutte- ouvriere.org

 

 

mardi 31 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 30 mars 2026

 Essence : à bas les profiteurs de guerre ! Augmentation des salaires !

 Publié le 30/03/2026

Il faut maintenant débourser 15 à 30 euros de plus pour faire un plein. Une fois de plus, nous nous retrouvons rackettés avant même d’avoir commencé notre journée de travail ! Certains qui ont les plus petits salaires et habitent loin de leur lieu de travail perdent même peut-être de l’argent en allant travailler.

Le gouvernement a jeté quelques miettes aux pêcheurs, aux transporteurs routiers et aux agriculteurs afin d’étouffer leur grogne. Mais tant qu’il n’y aura pas de contestation de masse, il laissera TotalEnergies, Shell, ExxonMobil ou BP nous rançonner. 

Bien des travailleurs repensent au mouvement des Gilets jaunes qui avait jailli de façon spontanée en 2018. Mais, sans attendre un hypothétique mouvement ou tel ou tel appel syndical, nous devons nous préparer à agir. 

Dans les entreprises, nous avons la possibilité de nous réunir à 20, 50, 100 et parfois plus, et de réfléchir ensemble, non seulement à nos moyens d’action, mais aussi et surtout à nos objectifs. Car il ne s’agit pas de nous disperser dans un mouvement sans but clair, comme ce fut le cas pour les Gilets jaunes. 

Beaucoup d’idées circulent comme la baisse des taxes sur le carburant ou le blocage des prix de l’essence. Mais le fond du problème est de savoir qui paiera au final, car tout ce que la bourgeoisie ne paiera pas, nous le paierons. 

Le gouvernement peut décider un blocage des prix des carburants, mais, alors, il compensera le manque à gagner des compagnies pétrolières. Et ce que nous ne paierons plus en passant à la pompe, nous le paierons à la pharmacie ou à l’hôpital faute d’argent pour la santé. 

Il en serait de même avec la suppression de la TVA. C’est l’impôt le plus injuste car il fait payer la même chose aux riches et aux pauvres, et il mériterait de disparaître. Mais si l’argent collecté par la TVA n’était pas compensé par la bourgeoisie, ce serait une belle entourloupe ! 

Et le pire est à venir. On nous annonce une flambée des prix du gaz, des engrais, de l’alimentation, du plastique, et des pénuries, comme celle de l’hélium indispensable à la fabrication des ordinateurs et des smartphones. Par ricochet, tous les prix vont donc exploser. 

Le seul et unique moyen de ne pas être roulés dans la farine et d’assurer nos intérêts vitaux est que nos salaires, nos allocations et nos retraites suivent les hausses de prix et que nous nous organisions pour les contrôler nous-mêmes. 

Il faut donc se battre pour récupérer sur nos salaires l’équivalent du trou creusé par la flambée des prix de l’essence et de tous les autres produits. Si nous avons perdu 50 ou 100 € en mars, il nous faut 50 ou 100 € en plus sur notre salaire.

Tous les patrons répercutent les hausses de coûts sur leurs prix. Pour eux, il n’est jamais question de réduire leurs marges et d’amputer leurs bénéfices. Et il faudrait que nous, travailleurs, nous acceptions privations sur privations ? Tout cela pour que la grande bourgeoisie continue de nager dans l’opulence et pour que le gouvernement investisse des milliards dans la guerre ! 

Non, nous n’avons pas à être sacrifiés parce que les profiteurs de guerre font exploser leurs prix et leurs marges, en plus d’être engraissés par l’État ! 

Il n’y a pas 36 solutions, il faut faire payer le grand patronat. L’argent qui manque pour les salaires se trouve dans les milliards de profits qui s’accumulent dans les grands groupes industriels et financiers. 

On n’arrêtera la chute de notre niveau de vie qu’au travers d’un soulèvement des travailleurs contre la bande de voleurs, d’irresponsables et de criminels qui trouvent dans la guerre une immense source d’enrichissement et de spéculation. Les grèves, les manifestations, l’organisation collective sont nos seuls moyens de les empêcher de plonger l’ensemble du monde du travail dans la misère, les salariés comme les indépendants et les petits producteurs. 

Nous ne sommes pas encore en mesure d’empêcher les exploiteurs et les va-t-en guerre de mettre le monde à feu et à sang, de semer la mort et de nous mener, nous aussi, à la guerre. Mais essayons de transformer la colère qui monte sur le carburant pour engager le combat. 

Commençons par dire non à leur racket. Indexation des salaires sur l’inflation, mois après mois ! Confiscation des bénéfices des profiteurs de guerre pour les besoins de la population laborieuse ! 

                                                    Nathalie ARTHAUD

 

« Où allons-nous ? »

Une réunion Lutte ouvrière ouverte à tous

Jeudi 9 avril à 19 h.30

Espace Nelson Mandela à Argenteuil

 

mardi 24 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise du lundi 23 mars 2026

 Troupes françaises hors du Moyen-Orient ! À bas la guerre impérialiste !

 Publié le 23/03/2026

 

Dimanche, en France, les commentateurs ont retenu leur souffle dans l’attente des résultats du second tour des municipales, censés servir de rampe de lancement aux politiciens pour la présidentielle de 2027. Au Liban, en Iran, en Israël, dans les monarchies du Golfe, à Gaza, en Cisjordanie, en Ukraine… des dizaines de millions de femmes et d’hommes retenaient leur souffle, eux, en redoutant un énième bombardement. 

On a parfois le sentiment de vivre dans des mondes parallèles. Mais l’humanité, comme l’économie, est une et indivisible. Et les guerres qui font rage menacent en réalité tout le monde. Elles sont une catastrophe pour l’humanité tout entière. 

Contrairement à ce que dit le gouvernement, nous sommes impliqués dans toutes ces guerres. Macron, avec les autres dirigeants européens, soutient l’effort de guerre en Ukraine. Au Moyen-Orient, il intervient déjà du côté des États-Unis et d’Israël, en fermant les yeux sur les mensonges que ces derniers ont inventés pour justifier leur agression contre l’Iran. 

Le gouvernement français a envoyé le porte-avions Charles-de-Gaulle dans la région, et, depuis Abu Dhabi, des avions Rafale tirent des dizaines de missiles pour défendre l’espace aérien des Émirats arabes unis. Un soldat français a déjà été tué en Irak, et d’autres le seront demain. Et ce ne sera pas pour défendre la sécurité du monde ou la liberté, mais pour défendre les profits de l’armateur CMA CGM, de Dassault et de Total.

Que nous le voulions ou non, nous sommes comme tous les peuples de ce monde, embarqués dans une énième guerre impérialiste. Même si nous ne sommes pas encore tous unis sous les bombes, la terreur et les destructions, des dizaines de millions de personnes le sont, et nous sommes tous en train de plonger dans une crise aux conséquences incalculables.

Cela a commencé par l’explosion des prix de l’essence que l’on subit quand on passe à la pompe. Va en découler l’augmentation des prix des transports en général, des conteneurs aux compagnies aériennes. Est aussi annoncée la flambée du prix du gaz, des engrais et, par ricochet, des produits agricoles et ceux de l’industrie chimique. Et ce n’est que le début d’un chaos auquel aucun pays n’échappera, pas même les États-Unis de Trump qui sont pourtant les premiers fauteurs de cette guerre ! 

En Inde, un rationnement sur le gaz pour les particuliers a été instauré. Ne disposant pas de grandes réserves stratégiques, des pays au cœur de la chaîne de production mondialisée, comme le Vietnam ou le Bangladesh, ont dû mettre des usines et des installations à l’arrêt ou au ralenti. Quelles nouvelles tensions et rivalités vont naître de ce nouveau désordre ? 

Les peuples sont tous enfoncés dans la guerre et les crises par leurs gouvernants aussi rapaces que criminels. Comme nous, ils sont tous appelés à se sacrifier pour la guerre. À l’échelle mondiale, ce sont des milliers de milliards qui sont désormais engloutis par la guerre. C’est un gâchis et une folie sans nom quand on sait combien cet argent pourrait transformer la vie de milliards d’êtres humains s’il était investi dans des infrastructures élémentaires ! 

Ici, le grand patronat et le gouvernement rognent sur les salaires, les pensions de retraite, l’argent des hôpitaux. Mais ils ne comptent pas les missiles tirés, en ce moment, au Moyen-Orient, alors qu’ils coûtent un million d’euros pièce. Rien qu’une heure de vol d’un avion Rafale, c’est 20 000 euros, l’équivalent d’une année de salaire d’un ouvrier ou d’un employé au Smic ! Et ce n’est pas aux profiteurs de guerre, à Dassault, Safran, Airbus ou Thales que le gouvernement demandera de payer, mais à nous, travailleurs !

Aucun peuple, aucun travailleur n’a intérêt à se solidariser avec les dirigeants impérialistes occidentaux. Ces derniers ont lancé cette nouvelle guerre pour affaiblir un régime qui ne leur était pas soumis et pour maintenir coûte que coûte leur domination sur le monde. 

Les travailleurs qui triment pour des salaires indignes et laissent leur santé au travail connaissent le mépris de la classe capitaliste pour la vie humaine. Ils connaissent son fanatisme pour l’accumulation et la course aux profits. 

Alors, si nous avons une guerre à mener, c’est contre cette classe capitaliste et ses serviteurs politiques. Opposons-nous à leur politique impérialiste et va-t-en guerre ! 

                                                       Nathalie ARTHAUD

 

mardi 17 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 16 mars 2026

Cirque politicien dans un monde en flammes

 Publié le 16/03/2026

 


Malgré un nouveau record d’abstentions, les résultats du premier tour des élections municipales électrisent le monde politique. D’abord, parce que le suspense reste total pour nombre de grandes villes. Ensuite, parce que tous les partis veulent faire de ce scrutin une démonstration de force en vue de la présidentielle.

Cette agitation politicienne pour se présenter comme le plus fort ou le plus beau est très loin des intérêts des travailleurs, et elle est dérisoire.

Quels que soient ceux qui dirigeront les villes ou le pays, dans les prochains mois la situation sera plus difficile pour le monde du travail et les habitants des quartiers populaires. Pas seulement parce que le grand patronat va continuer de bloquer les salaires et accentuer l’exploitation, mais aussi parce qu’il y aura moins d’enseignants dans les écoles, moins de lits dans les hôpitaux, moins de constructions de logements abordables et moins d’argent destiné à tous les services utiles à la population, parce que l’argent passe dans la hausse des budgets militaires.

La nouvelle guerre déclenchée par Trump et Netanyahou au Moyen-Orient entraîne, en effet, le monde vers une guerre générale et aggrave la crise de l’économie capitaliste en faisant de nouveau flamber les prix du pétrole et du gaz et, indirectement, de tous les autres produits. Comme à chaque crise, l’État va voler au secours des capitalistes, et il nous présentera l’addition, que nous payons déjà en partie quand nous passons à la pompe.

Et surtout, le risque se précise de voir nos propres enfants envoyés mourir à la guerre pour les intérêts de Total, de Vinci ou de Dassault, dans le détroit d’Ormuz, au Liban, en Ukraine ou ailleurs.

Les partis de droite et d’extrême droite comme les partis de la gauche institutionnelle ne changeront rien de fondamental à l’évolution catastrophique du système capitaliste. Car ils se rangent tous derrière la politique du grand patronat qui exploite les travailleurs.

Si certains dénoncent l’impérialisme américain et l’engrenage guerrier qu’il a déclenché en attaquant l’Iran, ils sont tous d’accord avec Macron pour défendre les intérêts de l’impérialisme français.

Tous ces partis sont d’accord pour augmenter le budget militaire. Tous ont approuvé l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle au Moyen-Orient. Tous s’aligneront derrière le chef d’état-major des armées qui, devant le dernier congrès des maires, sommait la population « d’accepter de perdre ses enfants » et de « souffrir économiquement ». Alors, comment peuvent-ils prétendre protéger la population ?

Il n’y aura pas d’avenir heureux pour les travailleurs et les peuples opprimés dans le cadre de cette société capitaliste. Construire un parti communiste, révolutionnaire et internationaliste est indispensable pour combattre et vaincre la dictature du grand capital, aussi rapace qu’assassin.

Une telle construction exigera l’irruption des exploités sur la scène politique à travers leurs mobilisations, leurs luttes et des grèves de masse. Mais il faut travailler à son développement dès aujourd'hui, en rassemblant des travailleuses et des travailleurs conscients que leur camp représente une alternative à la domination de la classe capitaliste.

C’est ce à quoi s’emploie Lutte ouvrière et c’est pourquoi il y avait des listes Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs dans 243 communes, rassemblant 11 000 candidats. Ces listes ont recueilli quelque 74 600 voix, soit 1,20 % des suffrages en moyenne.  Elles ont obtenu 24 élus, dont des ouvriers de l’automobile, un conducteur de bus, une employée de la SNCF, des enseignants, un gardien d’immeuble ou encore une couturière…    

Ces résultats sont très modestes, mais nos listes ont exprimé le rejet des représentants des partis qui se disputent pour gérer un système capitaliste de plus en plus inégalitaire, réactionnaire et guerrier.

Elles ont affirmé leur appartenance à un camp et à une perspective : que le monde ouvrier refuse les divisions en son sein et se batte pour refonder la société sur des bases collectives. Elles ont exprimé le refus d’être sacrifié pour les profits des capitalistes dans une nouvelle guerre impérialiste mondiale. Elles représentent un encouragement et un point de ralliement pour celles et ceux qui n’acceptent pas l’exploitation, l’injustice et la plongée dans la barbarie.

Faire renaître un parti qui représente les intérêts de classe des travailleurs et se donne pour but l’émancipation de tous les exploités de cette planète est la seule issue et le véritable moyen de reprendre confiance. Le monde du travail représente une force immense à l’échelle internationale. Cette force s’ignore aujourd'hui, mais elle sera irrésistible si elle s’organise et a une politique pour changer la société de fond en comble !  

                                                                              Nathalie ARTHAUD