Aide
sociale à l’enfance : une catastrophe programmée
Une vidéo montrant un enfant de
huit ans tondu par une éducatrice et une émission de télévision dénonçant la
prostitution des mineures ont remis dans l’actualité la situation
catastrophique de l’aide sociale à l’enfance (ASE).
Publié le 17/12/2025
La succession, ces dernières
années, de récits d’enfants maltraités, de protestations d’éducateurs sans
moyens ou de juges sans solution et même de jeunes morts d’avoir été confiés à
l’ASE avait finalement débouché sur une enquête parlementaire. Son rapport,
rendu le 1er avril 2025, est accablant. Parmi
les 400 000 enfants placés à l’ASE, on trouve les trois quarts des 20
000 jeunes qui se prostituent, et la moitié des enfants suivis en hôpital
psychiatrique. Une bonne partie d’entre eux deviennent des jeunes adultes sans
domicile fixe.
Les parlementaires ont également
relevé que le passage par l’ASE entraîne une perte de 20 ans d’espérance
de vie et nombre d’autres statistiques aussi révoltantes. En outre, les moyens
alloués à cette institution sont tellement réduits que des juges pour enfants
se trouvent souvent sans solution de placement et donc contraints de renvoyer
l’enfant en danger au foyer même où il est menacé. Les éducateurs sont en
permanence débordés et des jeunes gens sont, de fait, laissés à eux-mêmes dans
des foyers voire dans des chambres d’hôtel. Les députés soulignent évidemment
que le transfert depuis 1983 de l’aide à l’enfance aux départements, suivi de
la réduction constante depuis trente ans des moyens accordés à ces derniers,
place l’ASE dans l’impossibilité matérielle de faire face.
Le rapport n’a pourtant eu pour
conséquences que de nouveaux discours. Le 1er décembre,
le ministre de la Justice Darmamin et sa collègue à la Santé Rist ont annoncé
un projet de loi pour refonder la protection de l’enfance. Il devrait être
présenté au gouvernement puis aux députés au printemps 2026. « Nous
garantirons à ces enfants un véritable projet de vie » peut-on lire dans ce
projet. Mais il est spécifié, en préambule, que cette loi n’ouvre pas
d’enveloppe budgétaire spécifique, ce qui réduit à rien les promesses
ministérielles.
D’autre part, le 11 décembre, les députés ont voté à l’unanimité des présents un
texte garantissant un avocat à chaque
enfant soumis à l’assistance éducative.
C’est se décharger à peu de frais de leurs responsabilités et soulager aisément
leur conscience : l’ASE n’a même pas de quoi fournir un sandwich à chaque
enfant placé sous sa garde, alors un avocat…
En France, depuis juillet 2024,
douze enfants placés sont
morts, des milliers se sont prostitués parfois simplement pour avoir de quoi
manger, la plupart ont été maltraités et tous ont peur du lendemain. Dans le
même laps de temps, les crédits militaires ont été augmentés, les aides aux
grandes entreprises poursuivies, les profits des milliardaires confortés.
Ceux qui font les lois et votent
les budgets ont certainement une explication à ce curieux paradoxe. Qu’ils
essaient donc d’en convaincre les 400 000 enfants placés sous la
protection de l’État et donc sous la leur.
Paul Galois (Lutte ouvrière n°2994)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui samedi 20 décembre : de 11 heures à
11 h.45 au marché Héloïse ;
Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18
h.15. ;
-samedi 20 décembre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des
Coteaux ;
-de 10 h.30 à 11 h.45, centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
-dimanche 21 décembre, de de 11 h. à midi au marché
Héloïse.