Crans-Montana :
40 morts pour que le bar rapporte
Les 40 morts et 116 grands brûlés
victimes de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana le 1er
janvier ne sont pas victimes de la fatalité.
Publié le 07/01/2026
Ces victimes sont celles de deux
patrons français, qui possèdent deux autres établissements dans le canton du
Valais, avides de faire de l’argent à tout prix, quitte à mettre en jeu la vie
de leurs clients ; mais le drame est aussi le résultat de la complaisance des
autorités locales chargées de veiller aux règles de sécurité.
Les faits sont accablants. Espace
accueillant plus de 400 personnes sans respecter les règles de sécurité
établies en Suisse, plafond tapissé d’un produit connu pour être aussi
inflammable que l’essence et produisant des gaz hautement toxiques, absence
d’issues de secours répondant aux normes imposées, absence d’alarme incendie et
d’extracteurs de fumées, d’extincteurs, etc. Et que dire des autorités de
Crans-Montana, une des stations les plus luxueuses de Suisse, qui depuis des
années, alors qu’elles ont la responsabilité de veiller aux normes de sécurité,
ont laissé faire ? Le président du conseil communal de Crans-Montana a dû
reconnaître au moins « des manquements » lors d’une conférence de presse.
Tout était ainsi réuni pour la
survenue d’une catastrophe, comme d’anciens employés de ce bar-dancing en ont
témoigné. Mais il aura fallu que tout soit dénoncé et redénoncé, au fil des
jours suivant l’incendie meurtrier, dans des médias internationaux produisant
de multiples témoignages de spécialistes de la sécurité, voire de responsables
d’autres établissements, pour que la procureure chargée de l’enquête décide
d’inculper les deux propriétaires. L’homme avait déjà été condamné il y a vingt
ans par un tribunal français, et sa peine avait été assortie d’un interdiction
de gérer une société en France.
Dans ce monde où l’argent est
roi, en Suisse comme partout ailleurs, le fait de posséder quelques millions de
francs suisses, d’euros ou de dollars, donne droit aux honneurs et à la
respectabilité, et au droit d’ouvrir un tel établissement au mépris de la vie
des clients. Une bonne partie des victimes sont des enfants de familles
fortunées, mais cela n’a rien changé. Il fallait avant tout que Le Constellation
rapporte à ses propriétaires !
Correspondance inquiétante, le
drame survient au moment même où, en France, est publié un décret qui annule
une partie des obligations de sécurité concernant les établissements
accueillant du public !
Paul Sorel (Lutte ouvrière n°2997)