LR au bord de la crise de
nerfs
Bruno Retailleau a été vexé comme un pou du fait,
affirme-t-il, que Sébastien Lecornu, à la veille de l’annonce, le
5 octobre, de son ex- nouveau gouvernement, « [lui] a caché
qu’il y aurait la nomination de Bruno Le Maire ».
Publié le 08/10/2025
Retailleau s’est vengé en se désolidarisant de son
ancien collègue chez les Républicains, poussant Lecornu à jeter l’éponge et à
donner sa démission.
La prétendue incompatibilité entre les deux Bruno
de la droite et autres raisons laborieusement avancées par l’ex- futur-ex
ministre de l’Intérieur ne font qu’illustrer les gesticulations des LR pour
exister en tant que parti politique doté d’un programme que les commentateurs
puissent différencier de celui de son concurrent, le RN.
Elle en est donc réduite là, la « grande famille
gaulliste », de RPF en LR, en passant par l’UNR, l’UDR, le RPR, l’UMP… Après
avoir fourni de nombreuses têtes d’affiche réactionnaires à la bourgeoisie
française pendant des décennies, elle n’a donc plus que ces dérisoires moyens
pour rappeler à ses mandants qu’elle existe encore ? Certes, elle n’a recueilli
aux dernières élections législatives que 7,4 % des voix, mais elle dispose tout
de même, grâce aux alliances électorales, de 50 députés. Le Sénat lui est
acquis, ainsi que des régions et bien des élus locaux.
Et pourtant, visiblement, la fébrilité gagne.
C’est que déjà des rats ont quitté le navire, des Ciotti et même des Sarkozy
lorgnent clairement vers le RN, et semblent suivre une pente inexorable. Depuis
longtemps, sous la pression de son concurrent d’extrême droite, LR penche de
plus en plus dans cette direction. Et de réclamer, comme l’a fait Retailleau,
que « toute la politique des visas » soit attribuée à son ministère et que
l’Aide médicale d’État (AME) soit durcie. Et de diaboliser les travailleurs
immigrés anciens ou récents, au point que la droite tend progressivement à
effacer ses frontières avec le RN. Ses têtes d’affiche, Bertrand, Wauquiez,
Pécresse ou Bellamy, doivent pour se différencier de la bande concurrente
inventer des postures, du haut de sa région ou de sa clique, bouder, ou jouer
le grain de sable qui bloque la mécanique politique dans la mesure où le grand
patronat le tolère.
La « droite la plus bête du monde », comme l’avait
qualifiée il y a près de 70 ans Guy Mollet, dirigeant de la SFIO, en est
réduite à se chercher un créneau, une petite place dans le caniveau. Mais voilà
que déjà Le Pen, Bardella et Zemmour y règnent en maîtres.
Viviane
Lafont (Lutte ouvrière n°2984)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui samedi 11 octobre, de
10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial
de la cité Joliot-Curie ;
-de 11 heures à midi au marché de la
Colonie ;
-dimanche 12 octobre, de 11 h. à
midi au marché Héloïse ;
-lundi 13 octobre, centre
commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.