lundi 17 août 2026

Moyen-Orient : Trump dans l’impasse, les peuples trinquent

 Moyen-Orient : Trump dans l’impasse, les peuples trinquent

Après avoir soutenu sans réserve la politique criminelle de Netanyahou à Gaza, puis au Liban, après avoir déclenché, à ses côtés, une guerre contre l’Iran en promettant, fanfaron, la chute de la république islamique, Trump n’en finit pas de manger son chapeau.

Publié le 12/08/2026

 

Malgré l’accord signé le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz n’est toujours pas rouvert. Le 5 août, les dirigeants iraniens annonçaient que les discussions étaient avancées avec le sultanat d’Oman, sans que les États-Unis en soient partie prenante, prévoyant que les deux pays se partagent le contrôle du trafic dans le détroit. Le 11 août, l’Iran posait six conditions aux États-Unis pour sa réouverture. Parmi celles-ci, la levée du blocus naval, le retrait de toutes les forces américaines déployées à proximité de l’Iran, la fin des agressions contre le Liban, la Palestine, l’Irak et les Houthis du Yémen ainsi que l’indemnisation intégrale par les États- Unis des dommages causés en Iran par les deux guerres successives.

D’un côté Trump ne peut pas accepter ces exigences iraniennes qui consacreraient un échec de l’impérialisme américain. De l’autre, il n’a pas les moyens politiques, à quelques mois des élections de mi- mandat, de déclencher une guerre totale contre l’Iran pour prendre par la force le contrôle du détroit. C’est pourquoi Trump tergiverse et répond par de nouveaux ultimatums. Ainsi, il demande à son tour à l’Iran « des compensations pour tous les gens qu’il a tués et blessés ». Pendant ces joutes verbales, des millions d’habitants de la région subissent les privations quand ce ne sont pas les bombes régulièrement lancées par l’armée américaine sur les ports iraniens.

Autre revers américain, l’Arabie saoudite a signé, le 7 août à la Mecque, un accord de défense avec le Pakistan et la Turquie, deux autres puissances régionales. Même si ces trois pays sont des alliés des États-Unis, cet accord signé sans le parrainage de Trump, marque la volonté de leurs dirigeants de ne pas dépendre entièrement des États-Unis pour leur défense.

Trump a embarqué malgré elles les riches monarchies du Golfe dans sa guerre contre l’Iran dont elles font les frais, en raison du blocage du détroit et du fort ralentissement du tourisme et des affaires.

Le 9 août, Netanyahou a déclaré qu’il « n’effectuera aucun retrait de Gaza tant que le Hamas ne sera pas désarmé », alors que le Hamas avait annoncé qu’il acceptait de rendre ses armes et de céder la gestion des ruines de Gaza à une autorité technique contrôlée par les États-Unis. Ce refus a été perçu comme une gifle au parrain américain, même si en pleine campagne pour les élections israéliennes, pour lesquelles Netanyahou veut séduire les sionistes les plus ultras, elle ne fait que mettre des mots sur une réalité : Israël, qui multiplie les interventions en Cisjordanie, n’a aucune intention de se retirer de Gaza. Tout le monde le sait, à commencer par les dirigeants américains, mais Netanyahou ne cherche même pas à ménager les apparences.

Ces revers successifs ne signifient ni que la domination américaine sur le Moyen-Orient est vraiment menacée, ni que les dirigeants israéliens imposent leur volonté à Trump. Ils montrent qu’il ne suffit pas à la première puissance impérialiste mondiale de noyer les peuples sous des déluges de bombes pour les soumettre. Ils montrent que le seul avenir que le prétendu « chef du monde libre » et les dirigeants des « démocraties » occidentales ont à offrir aux peuples du monde est une guerre sans fin.

                                                        Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2028)

Gaza : morts et vivants en enfer

Gaza : morts et vivants en enfer

Le 4 août, la population de Gaza a célébré les funérailles collectives de 112 des victimes d’une frappe israélienne. Le fait que ces victimes n’aient pu être enterrées que deux ans et demi après leur mort est une illustration de la barbarie de la guerre et de l’occupation menées par l’État d’Israël.

Publié le 12/08/2026

Le 22 novembre 2023, l’un des bombardements les plus meurtriers de l’armée israélienne dans le quartier de Sabra, à Gaza, avait fait près de 200 morts parmi les membres de deux familles, qui vivaient dans les mêmes immeubles. Depuis, la poursuite de la guerre, et de son cortège de bombardements, de destructions et des déplacements forcés incessants ont empêché les secours et les proches d’accéder aux victimes, restées ensevelies sous les ruines.

Le fragile cessez-le-feu a permis aux rescapés de revenir dans ce quartier rasé et c’est avec très peu de moyens, et souvent à mains nues, que les secouristes ont pu depuis la mi-juillet se mettre à rechercher les dépouilles. Sur les 153 morts emprisonnés sous les décombres, seuls 112 cadavres, parmi lesquels ceux de 37 enfants, ont pu être dégagés.

Les Nations Unies estiment que 61 millions de tonnes de gravats recouvrent l’ensemble de la bande de Gaza. Le ministère de la Santé du territoire estime que 7 400 personnes restent ensevelies dans ce champ de ruines.

Pour le dégager et enterrer dignement leurs morts, les Gazaouis ne disposent que d’une pelleteuse ! Quant aux vivants, ils doivent survivre dans des conditions effroyables, sous des tentes ou des abris de fortune infestés de rats. Depuis le cessez-le-feu, l’armée israélienne n’a jamais cessé ses bombardements et de nouvelles victimes s’ajoutent chaque jour aux dizaines de milliers de morts des presque trois ans de guerre. Le gouvernement israélien affame la population, ne laissant arriver qu’au compte- gouttes l’aide alimentaire et a détruit les infrastructures permettant d’accéder à l’eau.

Les grandes puissances impérialistes continuent à le déplorer en paroles, tout en laissant les mains libres à Netanyahou pour tenter d’anéantir les Palestiniens.

                                                            Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3028)

 

Taïwan : manœuvres en mer de Chine

 

Taïwan, point d’appui de l’impérialisme des EU face à la Chine

 

 

Taïwan a organisé des exercices d’évacuation à grande échelle, simulant une attaque de l’aviation chinoise, dans le cadre d’exercices militaires impliquant la marine et l’aviation.

         Cette île de culture chinoise est l’un des points d’appui de l’impérialisme américain dans sa longue tentative d’endiguer la montée en puissance de la Chine.

         Le gouvernement taïwanais ne donne pas d’autre option à sa population qu’à être aux avant-postes de ce conflit.

Transport aérien : le prix du low cost

 

À terre ou dans l’air, la grève est l’arme des travailleurs

 

 

Le week-end du 15 août, les salariés de la compagnie Easyjet étaient en grève. Celle-ci a dû annuler une centaine de vols. 

Cette compagnie est une pionnière du low cost, "bas coût" en anglais. Mais ces bas coûts ont un prix, les coups bas contre les salariés : salaires inférieurs à ceux de la profession, complétés éventuellement par des pourcentages sur les ventes à bord, horaires plus longs et multiples contraintes : asteintes à peine payées, disponibilité exigée avec réponse rapide du salarié en cas de besoin, horaires variant au gré des besoins, et tâches supplémentaires comme le nettoyage des avions par le personnel de bord lui-même. 

         C'est à ce prix que les avions font davantage de rotations, restant deux fois moins longtemps sur le tarmac et payant donc moins de droits aux aéroports.

         Et en plus, la compagnie doit être vendue ces jours-ci à un autre groupe financier, sans que les salariés aient eu d'information sur les changements éventuels pour eux. Face à toutes ces menaces, ils ont trouvé la bonne réponse : la grève, car quel que soit le coût, sans le travail de tous le personnel, un avion ne vole pas !