jeudi 19 mars 2026

Deuxième tour : les calculs du PS et de LFI

Deuxième tour : les calculs du PS et de LFI

Après avoir répété pendant des mois que LFI était infréquentable, Olivier Faure, secrétaire du PS, a dû se contorsionner. Il a affirmé au soir du 15 mars « il n’y aura pas d’accord national entre le PS et LFI », mais laissé la porte grande ouverte pour des tractations au niveau local en vue du second tour des élections municipales.

Publié le 18/03/2026

Les responsables locaux du PS ont bien compris le problème car, malgré – ou peut-être grâce à – la campagne d’ostracisation qu’elle a subi de la part d’un large front allant du RN jusqu’au PS, LFI a réalisé de bons scores dans plusieurs grandes villes et des banlieues populaires. Sa dénonciation du massacre à Gaza, son refus d’aider le gouvernement à passer son budget, à la différence du PS qui a voulu se montrer responsable en évitant une nouvelle dissolution, et peut-être même les formules provocatrices de Mélenchon ont visiblement apporté des électeurs à LFI, en particulier dans la jeunesse et parmi les classes populaires issues de l’immigration.

Ainsi, sur fond de forte abstention, LFI a gagné Saint-Denis dès le premier tour. Elle est arrivée en tête des listes de gauche à Roubaix, La Courneuve, Toulouse. Avec des scores au-dessus de 10 %, elle pouvait se maintenir dans 96 communes dont Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nantes ou Strasbourg. Dans toutes ces villes, la question des alliances entre LFI, qui récuse le qualificatif d’« extrême gauche » que lui a collé le ministère de l’Intérieur, et le reste de la gauche emmenée par le PS ou les écologistes, plus rarement le PCF, s’est immédiatement posée.

De nombreux dirigeants du PS, après avoir accusé Mélenchon et LFI d’encourager la violence politique et l’antisémitisme, n’hésitent pas à les réintégrer dans ce qu’ils appellent « l’arc républicain » car il s’agit maintenant de sauver leurs mairies. Ainsi à Toulouse, la liste du PS s’est intégrée à celle de LFI, tandis qu’à Nantes et Clermont-Ferrand, LFI a fusionné avec la liste dirigée par le PS. À Lyon, l’accord s’est conclu entre LFI et les écologistes, avec l’aval du PS présent dans la même liste. À l’inverse, à Paris et Marseille, les chefs de file du PS ont refusé toute alliance, et jouent les vertueux qui refusent « la tambouille électorale ». En fait ils font surtout le pari qu’ils ont ainsi plus de chances de gagner les voix des électeurs centristes qui ne veulent pas de la victoire de Rachida Dati à Paris ou du RN à Marseille, mais que la proximité avec LFI pourrait effrayer.

Si ces arrangements peuvent être approuvés par des électeurs qui craignent que leur ville bascule à droite ou à l’extrême droite, ils ne sont motivés que par les calculs des appareils et des politiciens. C’est évident pour ceux du PS, dont le retournement est spectaculaire. Mais les dirigeants de LFI ont les mêmes préoccupations. Ils tiennent eux aussi à avoir le maximum d’élus, à la fois pour montrer leur force en vue de la présidentielle de 2027 et pour disposer de maires et de conseillers municipaux permettant d’obtenir des sénateurs lors du renouvellement prévu en septembre prochain. Après avoir remis en selle, en 2024, l’ex-président Hollande, puis les ministres macronistes Darmanin ou Borne, réélus avec les voix du NFP sous prétexte de faire barrage au RN, tous se préparent à gouverner, aujourd’hui dans les municipalités, demain à l’échelle de l’État, en respectant et en servant les intérêts de la bourgeoisie.

                                                         Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3007)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Vendredi 20 mars : de 15 heures à 16 heures, marché du Val-Nord - Et de 17 h.15 à 18 heures 15 au carrefour Babou.

Samedi 21 mars : -de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux,

-de 11 h. à midi au marché de la Colonie,

-de 10 h.30 à midi, centre commercial Joliot-Curie.

Dimanche 22 mars, de 10 h.30 à 11 h.30, marché Héloïse.

 

Acharnement contre les militants propalestiniens : un communiqué de Lutte ouvrière

 Halte à l’acharnement contre les militants propalestiniens !

Publié le 17/03/2026

Mardi 17 mars, le vice-président d’EuroPalestine, Nicolas Shahshahani, a été emmené en garde-à-vue par huit policiers cagoulés qui ont d’abord fait irruption chez lui à six heures du matin et perquisitionné son logement. Après avoir retourné l’appartement sans rien trouver, ils ont mis en garde-à-vue le militant, qui serait accusé « d’apologie de terrorisme » pour des propos tenus lors d’une manifestation, le 7 octobre 2025.

Le 26 février, un procès pour les mêmes accusations visait cette fois la présidente d’EuroPalestine, Olivia Zémor.  L’acharnement du gouvernement contre toute voix s’élevant pour la défense des droits des Palestiniens et contre la politique impérialiste d’Israël s’illustre une fois de plus. 

Lutte ouvrière proteste contre ces méthodes policières et contre ces poursuites inadmissibles. Elle s’associe à la protestation des militants d’EuroPalestine et les assure de sa solidarité. Nicolas Shahshahani doit être libéré et les poursuites abandonnées. 

                                                                     Le 17 mars 2026

                                                                   Nathalie Arthaud / Lutte ouvrière

Accès à la santé : de pire en pire

 

Quand la société régresse

 

 


Trois personnes sur quatre renoncent à se faire soigner ! Ce chiffre donné par la Fédération Hospitalière de France illustre bien l’état de délabrement de la santé publique en France.

         Pourquoi autant de personnes renoncent à se faire soigner ? Déjà parce que le manque de médecins généralistes ou spécialistes fait que les délais d’attente sont trop longs et peuvent dépasser les six mois dans certains départements. Les tarifs et dépassements d’honoraires prohibitifs dissuadent aussi beaucoup de chercher à se faire soigner.

         Économies sur les services publics et les profits sur la santé font régresser la société.

Argenteuil, élections municipales, la municipalité confond 2026 avec 1926, et perd son calme.

 

« Paix sociale », façon municipale, veille d’élection

 

 

Cela donne la franche impression qu’ils perdent la boule et que la panique les gagne. En tout cas, c’est l’impression donnée par le premier tract diffusé rapidement par la liste de la municipalité sortante avant le second tour.

         Dimanche soir, elle se croyait déjà reconduite. Face à ses 37% du premier tour, ses adversaires de gauche avaient obtenu respectivement 25, 13, et 12 %, et l’on pouvait penser qu’ils se maintiendraient en vue du second tour. Et patatrac, les deux secondes se retirent et fusionnent en tout ou en partie avec la première de LFI arrivée la première. La donne s’en trouvait totalement changée, et l’assurance de la victoire pour la majorité sortante s’éloignait.

         La voilà donc sortant la grosse artillerie. Culpabilisant de façon peu délicate les habitants qui ne se sont pas déplacés le 15, et avançant l’hydre du démon LFIsme qualifié rien de moins de « parti de la haine et de la violence », et accusé de tous les mots, dont celui de responsable demain « de la perte de valeur de votre bien immobilier » ! Et l’on en passe.

         La municipalité revient un siècle en arrière avec l'air des bolcheviks au couteau entre ses dents, voire deux siècle auparavant quand le bourgeois voyait partout du rouge à vilipender !

            D'heure en heure, la campagne devient de plus en plus puante. Et l'on n'a pas fini.

         Cette outrance, cette haine, ce ridicule parfois, écœurent, et donnent une idée bien peu ragoûtante de cette cuisine politicienne.   DM