samedi 18 avril 2026

RN : normalisation sauce bourgeoise

RN : normalisation sauce bourgeoise

Le 7 avril, Marine Le Pen a été l’invitée d’un dîner organisé par le club Entreprise et Cité, auquel participaient Bernard Arnault et une quinzaine de dirigeants parmi les plus puissants du CAC 40. Un véritable entretien d’embauche.

Publié le 15/04/2026

 

Autour de la table d’un prestigieux restaurant de la capitale se trouvaient, aux côtés de Bernard Arnault, propriétaire de LVMH et homme le plus riche de France, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, Catherine MacGregor, dirigeante d’Engie, et celui d’Accor, Sébastien Bazin, Jean-Dominique Senard, président de Renault, sans oublier un héritier de la famille Bolloré.

Pendant des décennies, le RN a cherché à se donner l’image de défenseur des classes populaires, celle d’un parti antisystème. Marine Le Pen s’est présentée aux élections à Hénin-Beaumont, dans le bassin minier, se posant en porte-parole des ouvriers frappés par les fermetures d’usine, sans jamais dénoncer le grand patronat licencieur et en pointant toujours du doigt la concurrence étrangère. Cela lui a permis de trouver une audience électorale en profitant du discrédit des autres partis. Mais cela obtenu, les dirigeants du RN, qui veulent gouverner, ont besoin de la reconnaissance des milieux patronaux. En 2025, le RN était ainsi invité pour la première fois à l’université du Medef.

Cette « normalisation » qui consiste à tisser des liens avec les milieux dirigeants du capitalisme français n’est pas un revirement politique. Le RN a toujours eu des attaches dans les milieux bourgeois, catholiques traditionalistes et réactionnaires. Mais l’élection présidentielle approche, et avec elle les choses sérieuses. Le RN sait qu’il lui faut la bénédiction de la grande bourgeoisie, et fait ce qu’il faut pour lui montrer patte blanche.

Lucas Pizet

 

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui samedi 18 avril, de 10 heures à 10 h.30 marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 19 mars :

-de 10 h.15 à 10 h.55 Intermarché du Centre ;

- et de 11 h. à midi marché Héloïse.

 

Iran : destructions et haine anti-impérialiste

 Iran : destructions et haine anti-impérialiste

Après la menace de Trump de « ramener l’Iran à l’âge de pierre », les armes se sont tues, sans doute très provisoirement. Mais avant le cessez-le-feu, les attaques se sont intensifiées.

Publié le 15/04/2026

Ces bombardements ont fait des milliers de victimes civiles. Ils ont visé un pont pas encore inauguré près de Téhéran, près duquel des familles pique-niquaient en se pensant à l’abri, l’université des sciences de Sharif et même une synagogue. Les secouristes du Croissant Rouge ne sont pas non plus épargnés, même dans leurs ambulances. Les bombes ont touché des sites industriels en fonctionnement, comme la centrale nucléaire de Boushehr, dont 200 employés russes ont dû être évacués. Près d’Ispahan, 15 ouvriers ont été tués lors d’une frappe sur une usine fabriquant des équipements de chauffage et de climatisation.

Des dépôts pétroliers, des industries gazières, des aciéries ont été touchés. Les deux plus grandes aciéries du pays sont à l’arrêt, endommagées par des bombardements. Celle de Mobarakeh, employant plusieurs dizaines de milliers de salariés, fournit en tôle d’acier des usines de l’automobile, d’électroménager, de la construction, qui vont se retrouver à court de matières premières et seront à leur tour mises à l’arrêt. La grande majorité des travailleurs a des contrats précaires, sans assurance ni protection. Des milliers se retrouvent sans revenu, licenciés quand leur usine s’arrête. La plupart des travailleurs qui ont encore un emploi doivent se déplacer pour gagner leur vie. Beaucoup sont contraints de rester dans les villes bombardées, faute d’argent, de moyens pour se déplacer ou de point de chute.

Quand le lieu de travail n’est pas touché par une bombe, c’est parfois le logement ou les proches. L’inflation a atteint au 20 mars le rythme record de 50 % annuel. Les décisions des employeurs face à la catastrophe économique s’y ajoutent car les patrons font toujours payer leurs déboires aux salariés, même quand ils ne licencient pas. Ainsi, une grande chaîne de magasins d’Ispahan a décidé de baisser les salaires pour compenser la baisse des ventes. De nombreuses familles iraniennes s’appuient sur le soutien de leurs proches, émigrés dans les pays du Golfe. Mais les quelque 500 000 Iraniens qui y vivent ont vu leur visa annulé et les établissements iraniens implantés à Dubaï ou ailleurs ont dû fermer suite à la guerre. Là encore, leurs employés se retrouvent sans revenu et sans rien à envoyer en Iran.

Même si le cessez-le-feu, précaire et fragile, a pu soulager la population qui était sous les bombes depuis plus de 40 jours, la furie impérialiste favorise une certaine union nationale. Des chaînes humaines autour des centrales électriques ont rassemblé des milliers de volontaires qui soutiennent le régime mais aussi de simples pacifistes, comme ce musicien venu jouer « pour la paix ». Une opposition aux négociations avec les États-Unis, vues comme une trahison, s’est même exprimée : certains reprochent aux dirigeants de ne pas « venger » les victimes iraniennes des bombardements israélo-américains et d’abandonner les combattants du Hezbollah en excluant le Liban du cessez-le-feu. La haine suscitée par l’impérialisme parmi la population donne au régime, malgré la traque des opposants qualifiés de « traîtres », malgré la poursuite des exécutions de prisonniers, le moyen politique de tenir et de résister aux exigences américaines.

                                                Élise Patach (Lutte ouvrière n°3011)

Chantiers des JO : entreprises condamnées

 

Travailleurs « sans papiers », la seule solution : régularisation !

 

 

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné des dirigeants d'entreprises à des peines allant jusqu'à 2 ans de prison ferme, pour emploi illégal de travailleurs sans papier sur les chantiers des JO 2024. Des travailleurs maliens étaient ballottés de chantiers en chantiers, sans contrats ni fiches de payes, et exposés à des conditions de travail dangereuses.

         Que de tels patrons margoulins opèrent sur les chantiers, tout le monde le sait. Ce système a donc fonctionné pendant six ans au vu et au su des donneurs d'ordre, dont le groupe GCC qui a bénéficié d'un contrat de 60 millions d'euros mais n’a été condamné qu’ à 540 000 euros d'amende.

         L'autosatisfaction des dirigeants politiques français avant, pendant et après les JO, a un goût amer.

Argenteuil, quartiers populaires, mauvaise passe pour la cité Champagne

Quand on s’attaque au pain des prolétaires, risque de surchauffe

 

 


 

La pétition exigeant que les éléments précis pour le calcul des charges soit remis aux locataires

Les difficultés et les mauvais coups s’accumulent sur les habitants de la cité Champagne des hauts des Coteaux.

         Une rénovation qui n’en finit pas et pose bien des problèmes pour un coût pour les locataires bien plus élevé que prévu.

         Des charges insupportables, sans que le bailleur AB Habitat daigne donner les éléments pour le contrôle de ces charges exorbitantes.

         Et ces derniers jours, cerise amère sur le gâteau, en l’occurrence sur le pain, fermeture par ordre municipal et dans la plus grande confusion juridique de la boulangerie de la cité Champagne établie pour le bonheur des habitants et des anciens en particulier depuis des années.

         Sera-ce la goutte d’eau qui fera déborder le vase ? On ne sait, mais cette accumulation de désagréments est en train de faire monter en flèche le mécontentement. DM