lundi 30 mars 2026

Moyen-orient : L’armée française en guerre

 L’armée française en guerre

Macron, ses ministres et leurs porte-parole nuancent leurs prises de position sur la guerre en cours dans le Golfe en fonction des besoins.

Publié le 25/03/2026

Pour le grand public, celui qui écoute les actualités, qui redoute la guerre et, éventuellement, qui vote, le gouvernement évoque la défense des ressortissants français. Il souligne que Trump ne demande l’avis de personne. Macron parle de n’intervenir que lorsque les hostilités auront cessé et prêche pour la paix universelle, le respect du droit et toute cette sorte de choses.

Sur la scène diplomatique, le ton change quelque peu. Les grandes puissances européennes, France en tête, ont signé le 19mars une déclaration commune, accusant lIran de bombarder des pays innocents, de menacer la paix du monde et dinterrompre le commerce mondial. Le texte ne comprend en revanche pas un mot pour condamner l’intervention conjointe États-Unis-Israël, ces deux pays n’étant même pas cités. On ne peut plus clairement choisir son camp et se préparer à intervenir du côté américain.

Sur le terrain, c’est encore plus net. L’armée française participe de fait déjà aux combats. Tous les jours, des avions Rafale s’envolent, armés et prêts à tirer. Ils auraient, d’après les autorités militaires, déjà abattu des dizaines de drones et de missiles iraniens. Les systèmes de détection français, radars, satellites ou embarqués repèrent les tirs venus d’Iran. Et qui sait s’ils ne guident pas ceux allant vers l’Iran ?

Le ministère des Armées recense ainsi les forces françaises dans la région. Les 900 hommes cantonnés à Abou Dhabi, répartis entre la base navale, la base aérienne et les blindés, sont les plus directement concernés. Il y aurait désormais douze Rafale et le personnel requis sur place. Il y a aussi 600 hommes, des blindés et dix Rafale en Irak, au titre de l’opération Chammal de lutte contre Daesh. Il y a des conseillers au Liban, les 1 500 militaires de la base de Djibouti, le groupe aéronaval autour du porte-avions en Méditerranée orientale, d’autres navires encore dans l’océan Indien. Il y a, mais le ministère ne les recense pas, tous les spécialistes et formateurs qui accompagnent les engins vendus par des industriels français aux armées des pays du Golfe, des Rafale aux frégates, des radars aux missiles, des canons aux véhicules blindés. Il y a enfin tous ceux aux missions plus obscures qui existent pourtant et sont sous les armes. Un soldat des forces françaises a été tué en Irak, d’autres ont été blessés, mais qui dira sur qui ou sur quoi tirent aujourd’hui les forces françaises ?

L’armée française a d’ores et déjà dépensé dans ses opérations prétendument défensives de quoi rénover bien des collèges et embaucher nombre d’infirmières : elle tire des missiles à 1million deuros lunité et chaque heure de vol de Rafale est facturée 20 000euros. En opération, le Charles-de-Gaulle coûte un million d’euros par jour, dépensant donc en dix jours ce que l’État verse chaque année aux associations de sauveteurs en mer. Ce n’est probablement qu’un début, car l’armée française sera inévitablement entraînée en cas d’élargissement du conflit. L’état-major s’y prépare déjà et la classe politique fourbit sa propagande guerrière et ses arguments patriotiques.

L’invocation de la défense de la démocratie, toujours frauduleuse venant de l’armée française, est carrément risible lorsqu’elle s’applique aux dictatures théocratiques et moyenâgeuses du Golfe, qui n’ont rien à envier à celle de l’Iran. Le respect des traités et du droit, par une ex-puissance coloniale, est tout aussi mensonger. Les traités de défense mutuelle avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis sont l’expression diplomatique des liens économiques et militaires entre les financiers et les industriels français et leurs homologues du Golfe. C’est la garantie de leurs bénéfices mutuels, chiffrés en milliards d’euros. En même temps que l’ordre impérialiste en général, ce sont ces bénéfices que l’armée française défend là-bas, en même temps d’ailleurs qu’elle les arrondit.

                                                   Paul Galois (Lutte ouvrière n°3008)

Armée américaine : En quête de chair fraîche

L’avenir n’est pas celui de chairs à canon anéanties

 

 

L’armée de terre américaine a relevé l’âge de recrutement de 35 à 42 ans et elle assouplit les critères de recrutement. Elle a besoin de recruter de la chair à canon.

         Ne laissons pas l’avenir des jeunes et moins jeunes aux mains des dirigeants de l’impérialisme. Pour se débarrasser des guerres, débarrassons-nous du système capitaliste qui les produit.

 

Narcotrafic : Les mensonges de Trump

Des justifications fallacieuses mais tellement faciles

  


Les États-Unis et l’Équateur se sont vantés d’avoir mené conjointement une opération militaire, détruisant des bâtiments qu’ils disaient appartenir à un groupe de narcotrafiquants. Or d’après les témoignages des paysans locaux, il s’agissait d’une ferme et certains fermiers équatoriens auraient été emmenés par les militaires et torturés.

         Tout comme certains bateaux coulés par la marine américaine au large de la Colombie ou du Venezuela n’étaient que des bateaux de pêcheurs.

         Ces opérations antidrogue très médiatisées ne sont qu’un prétexte pour démontrer la puissance de l’impérialisme américain dans ce qu’il estime être son pré carré.

 

Centre d’accueil pour demandeurs d’asile Cada Adoma – Saint-Genis-Laval : grève contre des méthodes indignes

Cada Adoma – Saint-Genis-Laval : grève contre des méthodes indignes

Des salariés du centre d’accueil pour demandeurs d’asile Adoma de Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, se sont mis en grève mardi 17 mars. Une vingtaine de personnes – dont des travailleurs d’un autre centre – sont venues les soutenir lors d’un rassemblement à Lyon.

Publié le 25/03/2026

Ces travailleurs ont fait grève car leur direction a annoncé qu’ils devraient accueillir, régulièrement et à partir du 1er avril, des groupes de 50 personnes en provenance des rues et des squats parisiens, en transit vers d’autres types d’hébergement. Ils sont choqués par le traitement inhumain prévu par la direction : obligation de porter des masques et des gants pour recevoir ces groupes, uniformes imposés aux personnes accueillies (survêtements et chaussures « Crocs ») pendant plusieurs jours pour décontaminer leurs vêtements, cohabitation à deux dans des chambres de 9 m², etc.

La volonté de toutes ces personnes de venir à Lyon n’est pas évidente, et elles ne savent pas qu’au bout de trois semaines, elles seront envoyées hors de la métropole lyonnaise, loin des possibilités de travailler et des connaissances qui pourraient les aider. De plus, pour les accueillir, il faudra libérer des places alors que le foyer est plein, notamment de familles avec enfants ou de gens atteints de maladies lourdes. Quelles solutions va-t-on leur proposer ? Combien vont se retrouver à la rue ?

Un autre motif d’indignation a été la tentative de récupération de cette protestation par plusieurs candidats aux élections municipales, s’opposant au nouveau dispositif, non pas à cause des conditions indignes mais parce qu’ils présentaient ces nouveaux arrivants comme une menace pour la sécurité.

Les travailleurs du site, eux, font ce travail par conviction et réclament les moyens financiers et humains permettant de trouver des solutions dignes pour tous. Ils ne veulent pas cautionner et participer à cette politique, assumée par les autorités, qui vise à maltraiter les étrangers pour les dissuader de venir. Ils ont pu exprimer leur colère à leur direction lors de cette journée de mobilisation, et ne comptent pas en rester là !

                                         Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3008)