samedi 28 février 2026

Ukraine-Russie : quatre ans d’une guerre fratricide

 Ukraine-Russie : quatre ans d’une guerre fratricide

L’année écoulée a été la plus meurtrière en Ukraine, depuis ce 24 février 2022 où Poutine lança l’armée russe sur le pays. Et cela bien que, dans le même temps, les États-Unis, la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne aient multiplié les initiatives censées ouvrir la voie à un cessez-le-feu.

Publié le 25/02/2026

Depuis un an les sommets entre Trump et Poutine se succèdent, leurs émissaires semblent ne plus se quitter, en présence parfois de leurs homologues européens et ukrainiens. Mais quelle réalité peut bien avoir le mot paix pour les soldats au front ou pour les populations civiles, cet hiver encore privées de chauffage et d’éclairage, qui vivent dans la hantise des missiles et des drones, toujours plus perfectionnés dans l’art de tuer ?

Les raisons de cette guerre

« L’opération militaire spéciale » du Kremlin n’a pas atteint ses objectifs, se félicite Macron. Certes, Poutine n’a pas réussi à prendre Kiev en trois jours, ni à balayer le gouvernement Zelensky, comme le lui promettaient ses généraux. Et le régime russe apparaît embourbé dans cette guerre, dont les conséquences économiques, démographiques et sociales pèsent de plus en plus lourd sur la société russe, répètent médias et gouvernants occidentaux. Mais cette présentation de la situation masque un fait majeur : depuis l’effondrement de l’Union soviétique, voici 35 ans, les puissances impérialistes, États-Unis en tête, n’ont cessé de chercher à détacher l’Ukraine de la Russie. En lui faisant miroiter sa possible intégration à l’OTAN et à l’Union européenne, ils l’ont utilisée comme un pion destiné à contrer la Russie dans son propre pré carré.

En effet, la guerre de 2022, extension à toute l’Ukraine d’un conflit ayant commencé en 2014 dans l’Est industriel, le Donbass, n’a pas éclaté comme un éclair dans un ciel serein. Elle était inscrite depuis des décennies dans la politique de l’impérialisme visant à affaiblir la Russie, et cela sans prendre de risque, puisque c’étaient l’Ukraine et sa population qui se trouvaient en première ligne.

L’ignorer serait se condamner à ne rien comprendre au drame qui se déroule à l’est de l’Europe, selon un scénario que jusqu’au dernier moment la plupart des Russes et des Ukrainiens jugeaient impossible. Comment deux peuples, qui vivent entremêlés depuis des siècles, qui partagent une même culture, une même histoire, voire une même langue, dont de nombreuses familles ont des membres de part et d’autre d’une frontière qui n’avait jamais vraiment existé, auraient-ils pu se combattre ? Et pour quoi ?

Ceux qui parlent de paix, tout en chérissant la guerre

Si les négociateurs du Kremlin sont dépeints comme ne voulant céder sur rien, certains médias ont souligné que, en marge des pourparlers de paix à Genève, en Floride ou à Doha, se négocient des accords économiques bilatéraux massifs entre la Russie et Washington. L’été dernier, à peine Trump avait-il étendu la main sur les « terres rares » d’Ukraine que Poutine lui avait signalé que la Russie en possédait bien plus et qu’elle était prête à conclure des contrats d’exploitation commune avec des firmes américaines. En coulisse du sommet Trump-Poutine en Alaska, le géant pétrolier Exxon n’avait-il pas repris langue avec son partenaire russe pour exploiter des gisements gaziers géants dans l’île de Sakhaline ? Ce n’était que des mises en jambe. Depuis, les négociations tournent autour de l’invitation russe faite aux firmes américaines de coexploiter les richesses en gaz, pétrole, cuivre, titane, nickel, lithium, etc., de l’Arctique, et de lancer des projets communs dans l’aviation et le nucléaire. Selon l’agence économique Blomberg, ce « paquet » pèserait 12 000 milliards de dollars.

Ce sont des projets, qui restent conditionnés à la levée des sanctions économiques contre la Russie. Mais leur ampleur explique sans doute en bonne part pourquoi Trump fait autant pression sur son « allié » Zelensky pour qu’il accède aux exigences de Moscou. Et aussi, car il n’a pas qu’un fer au feu, pourquoi les satellites américains continuent à fournir des renseignements indispensables à l’armée ukrainienne : il ne s’agirait pas de la laisser en tête à tête avec des Européens, alliés mais concurrents des États-Unis.

Pour ce quatrième anniversaire de la guerre, les alliés européens de l’Ukraine l’ont à nouveau assurée de leur soutien contre Moscou, mais sans que cela débouche sur autre chose que l’habituel statu quo quant à un éventuel accord de paix.

Chasse au pactole

Si les Européens ont pris la relève des Américains pour les fournitures d’armes à l’Ukraine, ils sont bien en peine d’assurer sa sécurité face à la Russie, alors qu’ils le clament haut et fort. D’abord, ils n’auraient pas assez de militaires à envoyer sur le terrain, et de surcroît l’Allemagne et la Pologne ne veulent pas en entendre parler. Et puis, finalement, l’actuel statu quo fait bien l’affaire de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne qui sont devenus les principaux pourvoyeurs d’armes de Kiev. Leurs états-majors et leurs industriels de l’armement ont, dans l’Ukraine telle qu’elle est, un terrain d’exercice XXL pour développer leurs engins de mort, pour mettre au point de nouvelles techniques tels les drones. C’est aussi une vitrine géante pour exporter leur savoir-faire guerrier. Alors pourquoi pousseraient-ils à la conclusion de la paix, quand la guerre réclame toujours plus de chair à canon, donc de canons, drones, etc., made in France ou in Germany ?

Certes, Kiev n’a pas les moyens de poursuivre cette guerre. Mais ses « alliés » se font un plaisir de lui ouvrir une ligne de crédit permanente, via le FMI ou les institutions financières européennes. Personne n’ignore que, de quelque façon que se termine ou pas cette guerre, Kiev ne pourra jamais rembourser ces sommes monstrueuses. Mais, outre que cela fait d’ores et déjà les beaux jours des prêteurs occidentaux – avec la garantie de leurs États – cela place ces mêmes États en meilleure position pour « l’après », quand il s’agira de reconstruire ce pays dévasté. La dernière estimation évalue ce marché à 400 milliards de dollars !

Et dans les milieux patronaux, on ne se cache pas de lorgner ce pactole. Le 30 janvier, une note internationale du Groupe Crédit Agricole, neuvième banque mondiale en termes d’actifs, titrait sans détour : « Renforcer la contribution de l’Ukraine à la croissance du Groupe en Europe. » Nul besoin comme au JT de 20 heures de parler de démocratie, de courage de tout un petit peuple et de valeurs européennes, la note va droit au but : « Notre objectif est d’augmenter notre part de marché dans l’agriculture, le crédit automobile et les technologies de l’information. Et bien sûr, nous souhaitons jouer pleinement notre rôle dans le processus de reconstruction de l’Ukraine. » Se tailler une part d’un gâteau de 400 milliards de dollars, cela motive. « Bien sûr. »

                                                            Pierre Laffitte (Lutte ouvrière n°3004)

 

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui samedi 28 février, de 10 heures à 10 h.30 marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à 12 h.30 marché Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-de 14 h. à 16 h devant la mairie ;

Et de 17 h.30 à 19 heures proximité du carrefour Babou ;

-dimanche 1er mars :

-9 h30 à midi, carrefour Babou ;

-10 h à 10 h.55 Intermarché du Centre ;

-11 h. à midi marché Héloïse ;

-de 14 à 16 heures Carrefour Babou.

-lundi 2 mars, de 17 h.30 à 19 h.30 devant Intermarché du centre ;

-mardi 3 mars : carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-Mercredi 25 février : de 14 à 16 heures entrée de la mairie,

- et de 17 h.30 à 19 h.15 devant Auchan-Val Sud.

Hôpital d’Annonay – En grève contre le manque de moyens

Contre la politique d’économie, la seule réponse : la grève

  


Le personnel de l’hôpital d’Annonay est en grève depuis le 10 février contre le sous-effectif, les absences non remplacées et les contrats au rabais imposés aux derniers embauchés. Mardi 24 février, un rassemblement à l’appel des syndicats CFDT et CGT a réuni 150 personnes devant les bureaux de la direction.

         Les soignants présents ont dénoncé la politique d’économie du gouvernement aux dépens des hôpitaux. Mais ils dénoncent aussi la responsabilité de la direction locale. 

         Alors qu’elle répète que les caisses sont vides, elle a trouvé un budget équivalent à 650 jours de remplacement d’aide-soignante pour embaucher un nouveau directeur des ressources humaines.

         Même si son salaire exact reste inconnu, on peut être sûr que ce petit nouveau, lui, n’aura pas de mal à se soigner.

 

Argenteuil, l’affaire Monoprix : dire au moins que nous ne sommes pas d’accord

Argenteuil, le 27.2.26.

 


Bonjour, j’habite le quartier du Centre, j’utilise les services du magasin Monoprix, je suis solidaire des travailleuses et travailleurs de ce magasin. Il doit être vendu à l’enseigne Lidl. Certes, remettre en question ce genre de décision dont les salariés et les clients sont victimes relève dans le cadre de la sacro-sainte propriété capitaliste d’une gageure. Certes. Mais au moins, s’exprimer, dire que nous ne sommes pas d’accord. Marquer notre solidarité, cela au moins est le minimum à notre portée. C’est ce que j’ai fait par cette pétition que j’ai commencé à faire signer hier au soir à la porte du magasin. DM

 

Pour tout contact : MDommarie@aol.com

 

Les soussignés attachés au service rendu par le magasin Monoprix et au travail de ses employés demandent l’annulation de la vente de ce magasin à Lidl.

         Ce magasin joue un rôle positif important auquel les habitants du quartier sont particulièrement attachés. Plutôt que viser les achats d’une clientèle modeste, il faudrait une hausse des salaires et pensions permettant à tous l’accès aux produits de qualité proposés par ce magasin Monoprix. Le groupe Casino-Monoprix doit instamment revoir sa copie.

 

Nom                                              Rue                                         Signature

 

Argenteuil, journal de campagne, le sens du vote Lutte ouvrière : marquer la présence politique du monde du travail, faire entendre l’opposition ouvrière, tenter d’élire des communistes internationalistes au conseil municipal

 Votez pour les listes de Lutte ouvrière et Combat ouvrier !

266 listes Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs, seront présentes aux élections municipales des 15 et 22 mars. En Guadeloupe et en Martinique, il y aura six listes de Combat ouvrier.

Publié le 25/02/2026

Ces listes permettront de faire entendre l’opposition ouvrière à la dictature du patronat, à la dégradation de ses conditions d’existence et à la marche à la guerre.

Malgré la représentation tronquée et non proportionnelle, il sera même, dans certains cas, possible d’envoyer des communistes internationalistes au conseil municipal. Quel sera leur politique et leur rôle ?

Les municipalités n’ont absolument pas le pouvoir de changer la société et la vie des travailleurs. Le véritable pouvoir se situe dans les conseils d’administration des groupes capitalistes. Ce sont eux qui décident des prix, des salaires, des emplois, du maintien ou de la liquidation d’une entreprise sans devoir rendre aucun compte à la population, en fonction du sacro-saint profit.

Les communes, de plus, sont asphyxiées par la baisse des dotations de l’État alors que la construction ou l’entretien d’écoles, de routes, de logements, sont laissées à leur charge. Elles sont rançonnées par les grands groupes de travaux publics et les banques.

Mais ce que ni la loi ni le budget municipal ne permettent, la mobilisation des travailleurs, des habitants peut l’imposer. Alors l’action municipale d’élus de Lutte ouvrière sera de se mettre, sur toutes les questions, au service des intérêts de la population laborieuse. Ils pourront mettre au grand jour les petites et grandes combines pesant sur le dos des travailleurs de la commune – à commencer par ceux de la municipalité – et des habitants des quartiers populaires. En agissant, main dans la main, avec les travailleurs des entreprises et leurs syndicats, les associations de locataires, d’usagers, de sans-logis, de sans-papiers, ils pourront être le haut-parleur et le point d’appui de tous les luttes.

                                                   Christian Bernac (Lutte ouvrière n°3004)

 


 

vendredi 27 février 2026

Antisémitisme : Macron et l’art de la falsification

 Antisémitisme : Macron et l’art de la falsification

Ce n’est pas un hasard si, à la tête du gouvernement Macron- Lecornu, on se répand en déclarations aussi phraseuses qu’hypocrites pour condamner à grand bruit les « nouveaux antisémites » que seraient, indistinctement, ceux qui condamnent la politique du gouvernement israélien et les massacres commis à Gaza.

Publié le 25/02/2026

Entretien donné par Macron à Radio-J le 15 février, discours de Lecornu le 19 au dîner du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, ces interventions font écho à la proposition de loi de la députée Caroline Yadan qui, assimilant l’antisionisme à de l’antisémitisme, vise à faire tomber sous le coup de la loi toute critique de la politique criminelle de Netanyahou. Lecornu promet que cette loi sera examinée en avril. Et Macron a renchéri en proposant une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables de propos antisémites et racistes. Ce qui, dans le contexte actuel, menace en fait tous ceux qui prennent position contre la politique de l’État d’Israël.

Derrière les grandes déclarations d’amitié et les raisonnements spécieux de Lecornu qui prétend que « soutenir l’État d’Israël, ce n’est pas soutenir un gouvernement », et que ce serait seulement reconnaître « le droit du peuple juif à disposer de lui-même », on retrouve sans gratter profondément le scandaleux amalgame entre l’indignation nécessaire face au massacre infligé à la population de Gaza, et l’antisémitisme, vieux préjugé raciste qui a conduit aux pogromes et aux millions de morts des camps d’extermination.

Cet amalgame n’est pas nouveau. Il vient immédiatement comme une insulte jetée à ceux qui condamnent la politique de guerre aux Palestiniens, menée par les gouvernements israéliens, et particulièrement depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Il a servi à couvrir le soutien de Macron et des siens à un Netanyahou assassin de masse, enchaînant son propre peuple à sa politique criminelle. Et « pour que les choses soient claires » comme disent d’une même voix Macron et Lecornu, il s’agit de blanchir l’image de ce dernier, de faire disparaître les traces du sang des dizaines de milliers de morts de Gaza.

À moins d’un mois des élections municipales, l’équipe gouvernementale a choisi de marquer son soutien aux dirigeants réactionnaires du Crif, comme si ces derniers avaient le droit de se dire les représentants de tous ceux qui, tout en se définissant comme Juifs, rejettent la politique de Netanyahou. Ce faisant, Macron et ses partisans ne font que renforcer les préjugés racistes et antisémites, et contribuent tranquillement à alimenter la propagande de l’extrême droite.

                                                    Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3004)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 27 février, de 9 h.30 à midi au marché Héloïse ;

-de 16 heures à 16 heures 30 au marché du Val ;

-et de 17 h.30 à 19 heures devant la Maison de quartier du Val-Nord

-et de 17 h.30 à 19 heures, carrefour Babou :

-samedi 28 février, de 10 heures à 10 h.30 marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à 12 h.30 marché Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-de 14 h. à 16 h devant la mairie ;

Et de 17 h.30 à 19 heures proximité du carrefour Babou ;

-dimanche 1er mars :

-9 h30 à midi, carrefour Babou ;

-10 h à 10 h.55 Intermarché du Centre ;

-11 h. à midi marché Héloïse ;

-de 14 à 16 heures Carrefour Babou.

-lundi 2 mars, de 17 h.30 à 19 h.30 devant Intermarché du centre ;

-mardi 3 mars : carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-Mercredi 25 février : de 14 à 16 heures entrée de la mairie,

- et de 17 h.30 à 19 h.15 devant Auchan-Val Sud.