Blog de Lutte Ouvrière d'Argenteuil
Dominique MARIETTE
vendredi 10 juillet 2026
OTAN : les marchands d’armes comblés
OTAN : les marchands d’armes comblés
Organisé les 7 et 8 juillet à Ankara en Turquie, le sommet de l’OTAN a été une nouvelle occasion de justifier l’augmentation des dépenses militaires des pays membres.
Publié le 08/07/2026
Sur fond de guerre en Ukraine et sous prétexte de se protéger contre « la menace russe », le discours des dirigeants européens depuis le retour de Trump au pouvoir est une véritable rengaine. Il faudrait empêcher le retrait des États-Unis de l’OTAN, comme en menace le président américain sous prétexte que l’Europe doit « prendre sa défense en main ». Et pour cela il faudrait satisfaire ses exigences en augmentant les dépenses consacrées par chaque État à ses armées.
Ainsi, lors du sommet de 2025, les États membres s’étaient engagés à consacrer 3,5 % de leur PIB aux dépenses militaires et 1,5 % à leurs dépenses dites de sécurité d’ici 2035. Tandis que Trump distribue les bons et les mauvais points, le secrétaire général de l’OTAN, le néerlandais Mark Rutte, a mis en avant les 139 milliards d’euros supplémentaires consacrés aux armées, dans l’année écoulée, par les pays membres de l’Alliance atlantique autres que les États-Unis. C’est une hausse de 20 % ! Dans tous les pays, alors que, quand il s’agit de financer les services utiles à la population, les dirigeants répètent que les caisses sont vides et la dette publique abyssale, les milliards jaillissent par dizaines pour l’armement.
Le sommet d’Ankara a été l’occasion d’annoncer de nouvelles commandes : drones de surveillance de la firme américaine Northrop, avions de transport et de ravitaillement d’Airbus, avions de reconnaissance GlobalEye de Saab, missiles Patriot de l’américain Raytheon. L’enjeu principal de toutes les discussions des chefs de l’OTAN autour de la sécurité de l’Europe, de l’aide à fournir à l’Ukraine et de la répartition des efforts entre États, est de savoir quelles firmes emporteront les plus gros contrats. Avec 64 % des achats européens, une proportion en hausse, les marchands d’armes américains tiennent le haut du pavé.
Chaque gouvernement défend bien sûr ses champions nationaux. Le projet d’avion de combat européen SCAF a été enterré car il faisait de l’ombre à l’avionneur français Dassault. À la veille du sommet de l’OTAN, le gouvernement allemand a annoncé que son budget militaire passera de 110 à 180 milliards d’euros d’ici 2030. Sur la même période, le chancelier Merz veut consacrer 600 milliards d’euros à des investissements massifs dans l’industrie militaire. Pour les financer, Merz va emprunter, creusant la dette publique, et pour le justifier, il a affirmé « on ne peut pas se défendre contre Poutine avec un déficit zéro ». Mais Poutine n’est que l’ogre du conte pour enfants. Les dépenses militaires sont d’abord destinées à ranimer la croissance économique anémiée par la crise.
Au-delà de préparer les guerres qu’engendrent les rivalités impérialistes, l’enjeu immédiat de la course à l’armement qui s’accélère partout dans le monde est d’assurer les profits de Rheinmetall ou ThyssenKrupp Marine en Allemagne, de Dassault ou Thales en France, et de leurs concurrents de diverses nationalités.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3023)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :
-Aujourd’hui vendredi 10 juillet, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;
-samedi 11 juillet, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,
-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 12 juillet, de 11 h. à midi au marché Héloïse.
Incendies : Canadair au compte-gouttes
La guerre gouvernementale du feu n’aura pas lieu
Début juillet, les incendies ont déjà brûlé 1 650 hectares dans les Pyrénées-Orientales et 300 dans la Drôme. La France dispose d’une flotte de Canadair insuffisante et vieillissante ; deux nouveaux appareils ont bien été commandés, mais les livraisons sont attendues seulement vers 2032-2033.
Pour préparer la guerre, les milliards tombent vite. Pour lutter contre les incendies, il faut patienter.
Canicule : la débrouille plus efficace que les ministres
Le monde du travail doit prendre les initiatives nécessaires
L’inaction de l’État n’est plus à prouver et n’est pas une surprise pour les habitants des quartiers populaires, qui connaissent la dégradation systématique des services publics. Ce n’est donc pas grâce au numéro Vert canicule qu’ils ont tenu bon pendant les périodes de chaleur record, mais souvent grâce à l’entraide qu’ils ont pu construire au quotidien, au bon sens. La débrouille collective s’est mise en route sans tarder.
Les piscines sont payantes ? Des jeunes d’une cité ont installé une piscine gonflable en bas de l’immeuble pour les plus petits. Des écoles sont mal équipées ? Les parents ont apporté des ventilateurs aux professeurs et posé des écrans sur les fenêtres. Des enfants ne sont pas accueillis à l’école ? Les mères se sont retrouvées en bas de l’immeuble pour leur permettre de jouer entre 21 heures et 1 heure du matin à la « fraîche ». Les patrons font travailler les facteurs et les agents d’entretien ? Les habitants leur ont apporté de l’eau fraîche pendant leur service.
Quel que soit le temps qu’il fait, dans la classe ouvrière les solutions viennent plus et plus vite de ses propres rangs que de l’État.


