mardi 24 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 23 février 2026

 Une campagne infecte en faveur de l’extrême-droite

23/02/2026


Le décès du militant royaliste et identitaire, Quentin Deranque, frappé à mort au cours d’une rixe opposant son groupe d’ultra droite à des « antifas », donne lieu à une campagne réactionnaire aussi écœurante que dangereuse.

Une véritable meute réunissant le Rassemblement national, la droite, le gouvernement, une partie du Parti socialiste et la plupart des médias s’est lancée aux trousses de La France insoumise au prétexte qu’elle compte dans ses rangs le fondateur de la Jeune garde dont deux ex-membres sont mis en cause.

Alors que LFI, les « antifas » et l’extrême gauche sont accusés d’avoir une responsabilité morale dans la mort du jeune identitaire et de propager la violence en politique, on assiste au blanchiment du RN, réhabilité dans le camp des démocrates et des républicains, et à la banalisation des idées d’extrême droite. Même les références à Hitler et à Pétain, le chef de la collaboration avec l’Allemagne nazie, sont revenues à la mode.  

Martine Vassal, candidate de droite à la mairie de Marseille, a repris la devise pétainiste « Travail, famille, patrie ». En voulant hurler plus fort que les autres loups, la macroniste Aurore Bergé a taxé LFI de « parti anti-France ». C’est ainsi que Pétain qualifiait les communistes et les Juifs qu’il faisait arrêter et condamner à une mort certaine lors de la Deuxième Guerre mondiale.

L’Assemblée nationale a fait une minute de silence pour Quentin Deranque, dont on sait qu’il était venu appuyer des militantes d’extrême-droite décidées à perturber une conférence sur la Palestine. Mais combien de victimes tuées par des racistes n’ont même pas droit à une information au journal télévisé ? Et, bien des fois, comme pour le meurtre de Djamel Bendjaballah près de Dunkerque en 2024, le caractère raciste du crime n’est même pas reconnu !

Le ministre de l’Intérieur, prompt à interdire des rassemblements de solidarité avec la Palestine, a aussi autorisé l’ultradroite à rendre hommage à son nouveau martyr. Les nervis spécialisés dans la chasse aux travailleurs immigrés, aux militants de gauche, aux homosexuels et aux musulmans ont ainsi pu tranquillement défiler samedi après-midi dans les rues de Lyon. Après avoir passé la semaine à taguer et vandaliser des locaux de la gauche et de certains syndicats, ils se sont montrés avec leurs chants et leurs saluts nazis.

Derrière tout cela, il y a de sordides calculs politiciens. Pour le gouvernement, il s’agit d’isoler Mélenchon du reste de la gauche pour neutraliser un concurrent important à la présidentielle de 2027. Quant à la droite, elle vient de trouver un super prétexte pour s’allier avec l’extrême droite dans un front républicain inversé destiné à marginaliser LFI.

Cette campagne nous mène droit à un gouvernement du genre de celui de Trump, encore plus violemment hostile aux travailleurs, aux pauvres, aux immigrés, encore plus dévoué aux seuls milliardaires. Alors, il ne faut pas marcher !

Puisqu’il est question de violence, parlons de celle, véritable, qui ravage la société, la violence des guerres et des bombes.

Tous ceux qui se disent effarés par la brutalisation du débat politique y sont-ils opposés ? Pas du tout, ils ont soutenu cette violence-là. Ils ont même combattu ceux qui la qualifiaient, pour Gaza, de génocide, comme si 70 000 hommes, femmes, enfants, ensevelis sous des tonnes de bombes, ce n’était pas assez ! Chaque jour qui passe, ces « non-violents » nous expliquent qu’il faut se préparer à faire la guerre et à mourir pour la patrie, comme les Ukrainiens. Mais ce genre de massacre organisé par l’État et l’armée n’est jamais considéré comme de la violence.

De même, pour eux, la guerre sociale que les capitalistes nous mènent n’est pas de la violence. Mais alors, qu’est-ce que l’exploitation quotidienne avec son cortège de souffrances, de blessures et de maladies et ses 1000 morts au travail par an ?

Les bas salaires, la précarité et les licenciements sont autant de violences imposées à des millions de femmes et d’hommes. Et quand il arrive aux travailleurs de se révolter et de manifester, c’est encore par de la violence qu’ils sont reçus, comme cela a été le cas avec les gilets jaunes.

Alors, ne nous laissons pas intimider par cette campagne ! Les travailleurs révoltés contre l’ordre social actuel ont raison de le dénoncer et de s’inquiéter de son évolution de plus en plus raciste et réactionnaire. Car la solution ne viendra pas du panier de crabes politicien, mais des travailleurs eux-mêmes, de leur capacité à s’unir et à reconnaître dans leurs camarades de travail, quelles que soient leur origine, leur couleur de peau ou leurs croyances, des camarades d’exploitation et de combat.   

                                                                   Nathalie Arthaud 

Salaires : Pour les salaires, tous ensemble !

 

Tant qu’ils ne seront pas contraints, ils feront la sourde-oreille !

 


 

Alors que la saison des négociations obligatoires sur les salaires n’est pas bouclée, des débrayages et des grèves ont lieu de façon dispersée dans des entreprises concernées et dans d’autres, parfois pour une journée, parfois dans la durée.

Les patrons aimeraient bien que les miettes qu’ils proposent soient acceptées sans réaction. Mais les salaires n’ont jamais suivi la flambée des prix, en particulier alimentaires. De vraies hausses de plusieurs centaines d’euros et l’indexation des salaires sur l’augmentation réelle des prix doivent devenir l’objectif pour l’ensemble du monde du travail. 

Impôts : secret de Polichinelle

 

Des lois faites pour les riches par leurs serviteurs

 


 

Éric Lombard, après avoir quitté son poste de ministre de l’Économie et des finances, avait annoncé que des milliers de millionnaires ne payaient aucun impôt sur le revenu. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait prétendu que c’était faux.

Or, des sénateurs ont pu accéder aux chiffres de Bercy et révéler que 18 525 riches, malgré le fait qu’ils aient au minimum 1,3 millions d’euros de patrimoine, n’ont payé aucun impôt sur le revenu en 2024. Les lois sont bien faites pour les bourgeois.

De Montchalin, que tout le petit monde politique encense en disant qu’elle connaît ses dossiers sur le bout des doigts, se révèle une idiote ou une menteuse, mais surtout une défenseure acharnée des riches. Qualité qui la désigne pour présider la Cour des comptes.

Argenteuil et la nature, le privilège d’un territoire largement préservé où les édiles n’y sont pour pas grand-chose. Et un bilan très limité en la matière. Bilan 2020-2026 (21). Le 27.8.25.

 

Un bilan très limité dans une ville marqué par la nature

 

Photo Région Ile de France, la butte d'Orgemont

Pour la municipalité, à Argenteuil, « la nature gagne du terrain ». Elle nous ressort à l’appui, la Canopée, la Plataneraie, et le chemin de halage, des espaces sans doute transformés, mais sans guère de plus de « nature ». Pour le « patrimoine arboré et diversifié », c’était une occasion de rappeler le rôle essentiel des agents territoriaux. C’est raté, comme quasiment dans toutes les rubriques du Bilan.

         Deux écoles anciennes doivent bénéficier d’un aménagement végétal, c’est bien, et cela devrait être une priorité d’investissements pour l’ensemble des groupes scolaires de la Ville. Mais le nombre de parc de quartier et leur aménagement n’a pas augmenté, alors que c’est essentiel pour les enfants.

         Dans tous les cas, il s’agit de rappeler que la commune a la chance de bénéficier d’une situation exceptionnelle sur le plan des espaces non urbanisés. Les buttes d’Orgemont et des Châtaigniers, comme résultat de l’exploitation passée du gypse, des carrières ou des milliers de travailleurs donnèrent de leur sueur et de leur sang.

         Au terme de dizaines d’années de remblayage, l’extension de la butte d’Orgemont aux promeneurs est excellente une excellente chose attendue depuis longtemps. C’est chose faite, la municipalité n’y est pratiquement pour rien. Certes, aux abords, quelques aménagements, et le travail d’agents territoriaux.

         La préservation et l’aménagement possible de la Plaine rurale de la route de Cormeilles sont le résultat de l’abandon de la deuxième tranche de construction de la Zone à Urbaniser en Priorité du Val-Nord. Le jardin de mon grand-père, exproprié il y a 80 ans, est toujours retourné à belle nature. Cet aménagement n’avance pas.

         Il y a un espace qui est sous-employé par la Ville, cette butte d’Orgemont qui permettrait de concentrer bien plus d’évènements que les deux ou trois actuellement organisés. Pourquoi, le Forum des associations n’y aurait-il pas lieu ? Dans un quartier périphérique, ce serait super.

Donc un bilan positif pour cet aspect, mais finalement tout à fait limité. DM. (À suivre. Argenteuil, le logement, une crise toujours plus prégnante pour de nombreux Argenteuillais. Un bilan 2020-2026 bien limité (22)