Blog de Lutte Ouvrière d'Argenteuil
Dominique MARIETTE
mercredi 30 septembre 2026
ISF : micro-impôt pour méga-fortunes
Une égratignure ! Pas besoin de sparadrapt
La Cour des comptes évoque l’idée d’un retour de l’impôt sur la fortune. Dans une période de restrictions budgétaires il s’agirait en fait d’un symbole pour pouvoir afficher que, si l’État est bien déterminé à serrer la corde au cou des travailleurs, il est aussi prêt à tirer un peu sur le nœud papillon des capitalistes.
Mais avec une proposition de taxer à 0,5 % les plus grandes fortunes, pour un total de recettes attendu de 1,4 milliard d’euros par ans, on est bien loin d’entamer les plus de 200 milliards de subventions annuelles que le gouvernement leur verse.
Sodexo : les travailleurs ne veulent pas passer à la trappe
Sodexo : les travailleurs ne veulent pas passer à la trappe
Le 26 août, Sodexo a annoncé son intention de supprimer près de 1 100 emplois en France. Face à cette attaque, la CGT a organisé, le 22 septembre, un rassemblement devant le siège du groupe, à Issy-les- Moulineaux.
Publié le 23/09/2026
Avec Carrefour, Auchan, Monoprix… on a été habitué à ce genre d’annonce dans le secteur des services et du commerce. Mais à chaque fois, les directions se donnaient la peine de surjouer et d’inventer des difficultés économiques. Là, la direction de Sodexo le dit tout net : le but est que le groupe rapporte plus à ses actionnaires ! Il a réalisé près de 700 millions d’euros de bénéfice net en 2025 et distribué 400 millions d’euros de dividendes au titre de cet exercice. Au titre de 2024, les actionnaires avaient reçu 1,37 milliard d’euros ; Sodexo leur en promet plus, en mettant 1 100 travailleurs au chômage et en forçant ceux qui restent à faire leur travail !
Lors du rassemblement, un représentant syndical a dénoncé l’hypocrisie d’un groupe qui se vante de soutenir les Restos du Cœur, tout en bloquant les salaires et en projetant des licenciements qui risquent précisément d’envoyer des travailleurs à ces Restos.
Des représentants du PCF, de LFI et du NPA-Révolutionnaires étaient présents. Nathalie Arthaud est également venue apporter son soutien aux salariés mobilisés. « Je suis venue partager votre révolte. Vous m’avez invitée comme candidate à la présidentielle et je suis censée vous proposer des solutions. Eh bien, je n’en ai pas d’autre que ce que vous faites aujourd’hui : s’affronter à ce grand patronat exploiteur et licencieur ! », a-t-elle déclaré.
Sans les travailleurs, pas un repas ne serait préparé ni servi, pas un contrat ne serait honoré et pas un euro de profit ne serait réalisé. La direction compte sur eux pour faire ses profits ; ensemble, ils sont une force sur laquelle compter pour défendre leurs emplois !
Claire Dunois (Lutte ouvrière n °3034)
Violences sexuelles, Loi « intégrale » : et les moyens ?
Loi “intégrale” : et les moyens ?
Le 21 septembre, a commencé à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles. Mais, en dépit des intentions de ses auteurs, le manque de moyens alloués risque de vider cette loi de tout contenu.
Publié le 23/09/2026
La loi part du constat que « les violences sexuelles et sexistes constituent l’une des atteintes aux droits humains les plus massives et les plus tolérées en France ».
En effet, une femme sur deux a déjà été victime de ces violences, dont la moitié sont commises dans le cadre familial. Un autre marqueur social est le fait que, chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, soit un enfant toutes les trois minutes. Trois enfants par classe sont victimes d’une telle violence et, dans 80 % des cas, au sein de la famille.
Ces chiffres montrent combien la société, basée sur les rapports d’exploitation et de domination, garde des éléments de barbarie. Seul un enfant victime sur dix révèle les faits au moment où ils se produisent. Et seulement 2 % des victimes sont orientées vers des soins. L’immense majorité doit donc gérer seule les terreurs et les traumatismes qui en découlent jusqu’à l’âge adulte.
Face à ce fléau, les moyens humains, en particulier de professionnels, pour la détection, l’écoute, l’accompagnement, le soin des victimes sont totalement insuffisants. Ils sont souvent aussi hors de prix pour elles ou leur famille.
Quant aux suites judiciaires, le meurtre de la jeune Lyhanna a mis sur la place publique le désintérêt, cumulé à l’absence de moyens, de la police et de la justice quant à la protection des jeunes victimes de prédateurs. De fait, seuls 3 % des agresseurs en matière de violences sexuelles sont condamnés ; le chiffre tombe à 1 % dans le cas d’inceste.
Le 15 septembre, quand le Premier ministre, Lecornu, a annoncé allouer 1,5 milliard d’euros à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et 2,6 milliards pour la protection de l’enfance, cela a été salué comme un premier pas par les associations. Mais le soir même, son cabinet annonçait que cela correspondait en fait aux moyens déjà engagés et pas du tout à leur augmentation.
Les associations ont aussitôt indiqué que, si le budget alloué aux violences sexuelles est ainsi inchangé, l’ensemble de la loi « intégrale », sera vidé de sa substance.
Mais pour le gouvernement la lutte contre les violences sexuelles et sexistes se limite à faire des discours et des communiqués pour la galerie.
Christian Bernac (Lutte ouvrière n°3034)
Argenteuil, marchés populaires, des difficultés communes aux commerçants et aux clients
C’est par la lutte que le pouvoir d’achat reprendra des couleurs
Dimanche 27 septembre
Nombre de commerçants des marchés populaires de la Ville font grise mine. Leur chiffre d’affaires est à la baisse. Il dépend largement du pouvoir d’achat des clients-travailleurs et retraités, et celui-ci est grignoté depuis des mois par l’inflation.
À cet élément particulièrement prégnant s’en ajoutent d’autres importants qui concernent en particulier le marché Héloïse. La reconfiguration du marché avec son entassement a entraîné le départ de commerçants bien installés depuis longtemps et qui étaient des éléments moteurs du marché. À cela, il faut ajouter le poids des travaux en cours sur la Ville, en particulier ceux du pont d’Argenteuil, alors que depuis des lustres la renommée populaire du marché Héloïse par exemple attirait des acheteurs venus de loin.
Les édiles devraient venir constater de visu les difficultés actuelles de ces marchés populaires. Les commerçants tirent la langue. Les clients attendent les prix de fin de marché. Mais les édiles sont absents.
En tout cas, la preuve est faite que les intérêts du monde du travail de la production et des services, et ceux des commerçants sont liés. Qu’ils se retrouvent demain en commun dans les luttes nécessaires pour les salaires, les pensions, et le pouvoir d’achat. DM
mardi 29 septembre 2026
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 28.9.26.
Le 29 septembre et après, faisons éclater notre colère !
28/09/2026
Mardi 29 septembre, une journée de grève est organisée dans la fonction publique. Les pompiers s’y sont donné rendez-vous et des syndicats du privé (chimie, métallurgie…) s’y sont joints.
D’autres appels inspirés des Gilets jaunes, comme le 17 octobre, circulent. Eh bien, il faut en être car nous ne nous ferons respecter qu’en nous battant le plus unis possible !
Halte au racket !
La hausse des carburants nous étrangle tous. Certains travailleurs ont remplacé la voiture par la trottinette électrique. D’autres dorment sur le parking de leur entreprise pour faire moins d’aller-retour. On en est déjà tous à réduire nos déplacements au strict minimum.
Et combien va-t-il falloir débourser pour remplir sa cuve de fioul ? Un salaire et demi, deux salaires ? Les sacrifices ont des limites et nous les avons largement dépassées !
Macron et le gouvernement veulent nous endormir en expliquant que nous n’y pouvons rien parce que nous serions victimes d’une guerre non choisie. Quels menteurs ! La flambée du carburant est décidée et voulue par les compagnies pétrolières qui profitent de la guerre pour spéculer et vendre plus cher. Elles en profitent même pour faire exploser leurs marges de raffinage !
En plafonnant ses prix, TotalEnergies joue au grand seigneur. Mais la major annonce plus de 10 milliards de profits en six mois, 72 % de plus que l’an passé. Preuve qu’elle pourrait parfaitement bloquer ses prix bien plus bas et qu’elle se gave sur notre dos comme les autres. La moindre des choses serait de réquisitionner ces surprofits pour faire baisser le prix à la pompe. C’est le seul moyen de stopper ce racket et d’endiguer l’inflation qui se généralise.
Indexer les salaires et les pensions
Tous les prix augmentent, dans la chimie, la construction, l’alimentation… Les plus grandes entreprises expliquent déjà qu’elles sont obligées de répercuter leurs hausses de coût sur leurs prix. Et nous salariés, nous serions les seuls, avec les petites entreprises, à devoir subir ce racket ?
La seule façon de protéger notre pouvoir d’achat est d’arracher des hausses de salaires pour rattraper l’inflation et d’obtenir leur indexation sur les prix.
Les baisses de taxes ne seraient qu’un jeu de dupes. Car qui serait censé compenser les pertes pour les caisses de l’État ? Pas les profiteurs actuels, pas les actionnaires qui s’en mettent plein les poches ! Car faire payer le grand patronat n’est pas du tout au programme du gouvernement et même pas de ceux qui, comme Le Pen, plaident pour de telles baisses. Alors, d’une façon ou d’une autre, cela retomberait sur nous.
Il n’y a pas d’autre solution. Il faut, pour l’ensemble du monde du travail, l’indexation de ses revenus sur l’inflation. C’est vital pour nous tous, pour les salariés du privé comme du public. Ça l’est pour les retraités qui ne sont certainement pas des privilégiés. Et ça l’est pour ceux qui sont obligés de vivre d’allocations parce qu’ils ont été licenciés ou parce qu’ils sont handicapés.
Non aux attaques gouvernementales !
Au lieu de cela, le gouvernement prévoit de geler les salaires de la fonction publique au prétexte de la dette. Comme si l’Éducation nationale, les hôpitaux, les collectivités territoriales n’étaient pas déjà les royaumes des bas salaires et des emplois de plus en plus précaires !
Lecornu veut aussi faire payer « les retraités aisés ». Mais il ne s’agit pas de Bernard Arnault. Selon le premier ministre, on commence à être « aisé » avec une pension de 2 000 €. Il fallait oser.
Ce n’est ni aux travailleurs, ni aux retraités, ni aux malades ou aux locataires de payer pour la dette de l’État ! Et ne croyons pas le gouvernement quand il parle « d’efforts partagés » !
Est-ce que les capitalistes acceptent de réduire leurs profits et leurs dividendes parce que les guerres s’étendent et que la crise s’approfondit ? Est-ce qu’ils sont prêts à payer un peu plus d’impôts à cause de la dette ? C’est le contraire, ils veulent toujours plus !
Le grand patronat, les plus riches parasites et assistés du pays imposent leurs intérêts égoïstes à toute la population. Il faut que les femmes et les hommes qui triment dur, et sont indispensables au fonctionnement de la société imposent les leurs.
De meilleurs salaires et pensions et plus de moyens pour les pompiers et les services publics ne sont pas des dépenses mais un progrès pour la société ! Alors, soyons nombreux en grève et en manifestation !
Nathalie Arthaud
Opérateurs téléphoniques : profits à haut débit
L’opacité protégée pour le Capital
L'association Familles Rurales a engagé quatre actions de groupe contre Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Elle reproche à ces fournisseurs d'accès à internet de ne pas notifier dans leurs contrats le débit minimal et le débit effectivement disponible de leurs box.
Conséquence : les abonnés se retrouvent depuis des années sans données chiffrées claires et opposables pour contester les débits insuffisants fournis : un préjudice global évalué à plusieurs milliards d'euros.
Le secret des affaires et l'opacité protègent les capitalistes, pas les consommateurs


