Hafida Drici, 53 ans, employée à
l’aéroport de Roissy, est morte écrasée entre deux bus, lundi 13 juillet.
Elle travaillait chez Samsic comme régulatrice
de bus du côté des pistes. Hafida était une militante de la CGT, connue pour
son engagement et son dévouement, toujours prête à venir en soutien aux
travailleurs en grève dans les multiples entreprises de la zone aéroportuaire
où l’exploitation est féroce. Aux dernières élections municipales, elle avait
aussi accepté d’être sur la liste de Lutte ouvrière à Aulnay, où elle habitait.
En apprenant sa mort, le
sentiment partagé par ceux qui la connaissaient, comme par tous les
travailleurs du site qui connaissent la rapacité patronale, était que «
personne ne devrait perdre sa vie en allant travailler ! » Avant même que
l’enquête ne révèle, peut-être, d’ici plusieurs mois, les conditions et les
causes exactes de l’accident, chacun sait bien que la dégradation générale des
conditions de travail fait courir de plus en plus de risques à tous.
Pour les travailleurs, assurer
leur sécurité est un combat de tous les jours. En avril dernier, une centaine
de salariés de Samsic Airport Shuttle One, filiale du groupe où travaillait
Hafida, avaient d’ailleurs fait grève pour dénoncer les conditions de sécurité
: vétusté des bus, vitres cassées, pneus lisses… Les véhicules qui roulent côté
piste sont considérés comme de simples « engins » : cela permet aux patrons de ne
pas payer les taxes sur l’essence, d’échapper aux obligations sur les permis de
conduire et, surtout, de négliger l’entretien des véhicules.
Par manque de personnel, Hafida,
qui était régulatrice, devait aussi faire elle-même le plein d’essence. C’est à
cette occasion qu’elle est sortie de son bus, qui s’est mis à reculer et l’a
écrasée.
En juillet 2022, une
travailleuse de l’entreprise
de nettoyage Lady Bird était décédée, également
renversée par un véhicule.
Quelques mois plus tard, un chauffeur intérimaire s’était retourné avec son
bus, alors qu’il en était à sa 24e heure de travail consécutive ! À travers le
pays, on compte plus de cent blessés et deux morts au travail par jour, et la
plateforme de Roissy n’échappe pas à ce scandale.
Hafida se battait au quotidien
pour aider les travailleurs autour d’elle à s’organiser contre l’exploitation.
Le meilleur hommage à lui rendre, c’est de continuer son combat, comme l’ont
dit des dizaines de ses camarades lors d’un rassemblement pour elle, exprimant
leur tristesse et leur colère.