mardi 3 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 2 mars 2026 : Iran, ils nous mènent à la guerre généralisée

 Iran, ils nous mènent à la guerre généralisée

2/03/2026

L’Iran est sous les bombardements israéliens et américains. En représailles, l’Iran frappe Israël et les monarchies du Golfe, Dubaï, l’Arabie saoudite, Barheïn, le Qatar. Le Sud Liban et Beyrouth sont bombardés par Israël… En lançant leur guerre contre l’Iran, Trump et Netanyahou ont mis le feu à toute la région.

Les États-Unis et Israël ont déclenché une nouvelle guerre aux conséquences incalculables. Il y a déjà plusieurs centaines de morts en Iran, dont une centaine de petites filles tuées par l’explosion de leur école. Et combien d’Israéliens tomberont, victimes de cette politique ?

On a vu les gouvernements israélien et américain à l’œuvre dans la bande de Gaza. L’armée israélienne s’est acharnée à détruire et à massacrer pendant presque deux ans, tuant 70 000 hommes, femmes et enfants. Ce sont des incendiaires et des assassins !

De nombreux Iraniens se sont réjouis de la mort de leurs bourreaux, à commencer par celle d’Ali Khamenei, tué dans les premières heures de la guerre. On les comprend, mais ceux qui présentent cette guerre comme le moyen de libérer la population d’un régime haï sont des menteurs.

Ceux qui bombardent les peuples ne sont jamais des libérateurs. Les États-Unis ne l’ont été ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Syrie. L’armée française ne l’a été ni en Libye ni au Mali. Leur but n’a jamais été de défendre les peuples mais de les soumettre à leurs intérêts par les armes.

Les États-Unis veulent avoir un régime à leur botte en Iran. De même qu’ils le veulent pour Cuba, le Venezuela, l’Amérique latine, le Groenland. De même qu’ils le voulaient en Ukraine, ce qui a entraîné la guerre avec la Russie.

Cette guerre n’a rien de préventif. Elle est une étape de plus dans le cheminement vers la guerre mondiale. Et, à leur échelle, nos propres dirigeants apportent leur contribution à l’engrenage guerrier, puisqu’avec Merz et Starmer, Macron a proposé ses services à Trump et Netanyahou pour « des actions défensives » contre l’Iran. Comme si le régime iranien était à l’origine de cette guerre !

Pour l’heure, la Chine se tient à distance des combats que l’impérialisme américain mène pour rester le maître du monde, mais elle est dans son collimateur. Et elle finira bien par être impliquée.

Tant que l’humanité sera gouvernée par des bandes de voleurs et de criminels, prêts à tout pour servir les plus riches, la guerre sera notre seul et unique horizon. C’est de la folie et un gâchis humain monstrueux.

L’humanité court à sa destruction au moment même où elle atteint un degré de développement extraordinaire. Nous sommes en 2026. Nous n’avons jamais disposé d’autant de richesses à partager. Nous n’avons jamais eu autant de moyens techniques et de possibilités pour répondre à nos besoins. Les savoirs et les progrès accumulés permettent aux peuples de communiquer, d’échanger et de coopérer par-delà les frontières, les mers et les océans. Mais c’est guerres sur guerres, destructions sur destructions, cadavres sur cadavres !

On nous précipite vers la guerre généralisée parce que partout, dans tous les pays, ceux qui dirigent sont aveuglés par l’accumulation insensée de richesses et la course aux profits. Il s’agit toujours de défendre les intérêts particuliers de vautours qui n’ont jamais fait qu’exploiter et piétiner les travailleurs !

Nous voyons arriver la guerre depuis des mois, sinon des années. Tous les pays se réarment à marche forcée. L’arsenal qui s’accumule atteint une puissance et un degré inédits dans la sophistication et l’art de tuer. La propagande guerrière, le nationalisme et la militarisation de la société avancent partout à grands pas. Et nous savons que les travailleurs seront les premiers à payer cette guerre, parce que ce sont toujours leurs enfants qui sont envoyés en première ligne.

Nous nous sentons incapables de l’empêcher. C’est un drame car le monde du travail est justement la seule force qui aurait les moyens d’y faire obstacle. Le temps qu’il se relève, prenne conscience de son poids dans la société et mette la classe des exploiteurs et des va-t’en guerre hors d’état de nuire, combien de morts seront encore à déplorer ?

Il est donc urgent de travailler à l’organisation des travailleurs contre une classe capitaliste qui met en péril l’humanité tout entière et qui ne mérite plus de diriger. Il faut que les travailleurs décident de prendre leur sort en main et de gérer eux-mêmes la société. Le plus tôt sera le mieux !

                                                                    Nathalie ARTHAUD

 

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui mardi 3 mars : de 10 h.30 à midi : centre cl de la cité Joliot-Curie ;

-carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 19 h.15. ;

-de 11 h. à 12 h.15 devant Intermarché du centre ;

-de 15 h.30 à 17 h.30 : esplanade du Val-Nord ;

-Mercredi 4 mars : de 14 à 16 heures entrée de la mairie,

- et de 17 h.30 à 19 h.15 devant Auchan-Val Sud.

Inégalités salariales : la révolution ira plus vite

Sur place, voire régression

 

 

Une étude de l’Insee indique que les inégalités salariales entre hommes et femmes sont toujours de 14 % en moyenne. Comme il est hors de question d’obliger les entreprises à combler l’écart, et qu’elles ont de nombreux moyens de contourner la règle, presque rien ne change. L’Insee lui-même indique qu’à ce rythme, il faudrait cinquante ans pour résorber l’écart.

         Dans une société basée sur l’exploitation, les inégalités de toutes sortes ne peuvent que perdurer. Lutter contre passe obligatoirement par la lutte contre la société capitaliste !

 

Fin de vie : droit individuel et différences de classe

Fin de vie : droit individuel et différences de classe

Mardi 24 février, les députés devaient, une fois de plus, voter un projet de loi sur le droit au suicide assisté, pour certains malades et dans certaines conditions.

Publié le 25/02/2026

En toute logique, le texte contient également la possibilité que la famille et l’équipe soignante décident d’aider à mourir un patient inconscient ou hors d’état de choisir.

Cette question de la fin de vie, posée individuellement depuis la nuit des temps, est devenue un problème social en raison des progrès de la médecine. Il existe ainsi, depuis 1999, une médecine de soins palliatifs qui, lorsqu’on sait qu’on ne peut plus améliorer l’état du patient, tente, à tout le moins, de diminuer ses souffrances et de le conduire dignement vers la fin. La question se pose donc alors, forcément, du passage du palliatif à l’aide à mourir. Elle a été posée concrètement, de nombreuses fois, par les familles de malades maintenus des mois durant dans le coma, sans espoir d’en revenir. Certaines familles se sont battues pour qu’on arrête les soins, d’autres, bien moins souvent, ont voulu qu’on les poursuive contre vents, marées, médecins et mêmes juges.

À part quelques fanatiques religieux, de toutes obédiences, l’écrasante majorité de la population considère que l’acharnement thérapeutique, le maintien en vie d’un mourant, sans aucun espoir d’amélioration et quelles que soient ses souffrances, est une horreur. Et, de fait, 25 années de débats sans conclusion, montrent surtout la puissance des idées réactionnaires, en particulier catholiques, dont le poids augmente au fur et à mesure qu’on monte dans la hiérarchie politique et sociale, jusqu’aux évêques et aux patrons de presse de droite extrême, Dassault et Bolloré. C’est uniquement l’influence de cette minorité réactionnaire qui fait qu’on est encore à discuter la loi.

Ces farouches partisans de la vie jusqu’au bout sont, de plus, d’une hypocrisie sans nom. Tout le monde sait, même eux, que les médecins pratiquent déjà, par obligation, l’arrêt de soins. Ainsi, le docteur Peillon a été radié de l’ordre des médecins le 17 février, pour avoir écrit dans un livre et expliqué dans les médias la situation réelle : urgentiste, seul dans son hôpital, il a décidé par exemple de ne pas mettre sous respirateur un patient de 90 ans, grabataire, atteint d’une maladie d’Alzheimer à un stade avancé et souffrant d’une pneumonie aiguë. Combien de médecins ou d’équipes de soignants sont placés, tous les jours, devant de telles questions ? Et comment y répondre ?

Aujourd’hui, la conduite à adopter dépend moins de la loi que de l’état du patient et des possibilités concrètes. Y a-t-il un lit et un équipement disponibles ? Si le matériel manque, si le personnel est trop peu nombreux ou en cas d’épidémie, comment choisir entre les patients ? En temps normal, il est certainement préférable d’envoyer les malades en fin de vie en unité de soins palliatifs et de les entourer de toute l’attention possible, mais encore faut-il que cette unité existe et soit accessible. Or, sur cette question comme sur d’autres, les pouvoirs publics, depuis 25 ans, ont offert plus de promesses que de crédits. Et les parlementaires qui s’opposent à cette loi, ainsi il faut le dire que la plupart de ceux qui la soutiennent, ont participé à la réduction continue des budgets de santé publique.

Enfin, dans une société ou tout, y compris l’existence, se mesure en espèces sonnantes, quelle pression s’exercera sur des vieillards, des malades incurables, des personnes souffrant de handicaps ou invalides, sans moyens financiers, pour qu’ils « libèrent » des places ? Reconnaître le droit individuel à mourir dignement apparaît comme une évidence et ceux qui le combattent, comme de fieffés réactionnaires. Mais même s’il finit par être reconnu, ce droit, comme tous ceux attachés à la personne dans une société de classe, s’exercera différemment suivant le montant des revenus et la position sociale.

                                                   Paul Galois (Lutte ouvrière n°3004)