vendredi 10 avril 2026

TotalEnergies, profiteur de guerre

Les profiteurs de guerre : TotalEnergies

En pariant sur la fermeture du détroit d’Ormuz, la division «trading» (spéculation) de TotalEnergies a réalisé un profit de guerre exceptionnel denviron un milliard de dollars en quelques semaines.

Publié le 08/04/2026

 


Dès les premiers jours des bombardements américains et israéliens, cette filiale du groupe pétrolier basée à Genève appelée ­Totsa, a acheté la majeure partie des cargaisons de pétrole brut du Moyen-Orient qui devaient être livrées en mai. Ses traders anticipaient la flambée à venir des cours boursiers, qui s’est produite ensuite, lorsque le détroit d’Ormuz a été bloqué. Totsa a alors revendu au prix fort ce pétrole indispensable à l’économie de plusieurs pays d’Asie.

C’est par déduction que la presse économique a compris la manoeuvre et pu la rendre publique: le trust lui-même na rien divulgué. Telle est une des conséquences du secret commercial. Dans le monde capitaliste, des ressources essentielles pour les populations du monde, telles que le pétrole pour l’énergie ou le blé pour l’alimentation, deviennent des produits boursiers qui s’achètent et se vendent sur des places financières, à des milliers de kilomètres de leur lieu de production ou d’utilisation. Ces ressources sont alors soumises aux aléas de la spéculation dans l’opacité la plus totale.

Toujours d’après la presse économique, cette opération aurait été facilitée par l’implantation de TotalEnergies au Moyen-Orient. Cette entreprise, fleuron de l’impérialisme français, y réaliserait environ un tiers de sa production mondiale d’hydrocarbures et bénéficie de nombreuses relations avec les dirigeants locaux. Au Qatar, elle est même le premier partenaire étranger de la compagnie nationale, qui exploite le gisement gazier North Dome-South Pars, le plus grand du monde.

Cette implantation remonte aux lendemains de la Première Guerre mondiale, lorsque le dépeçage de l’ancien empire ottoman permit aux capitalistes anglais et français de mettre la main sur de nombreux gisements, en Irak et dans le Golfe. La Compagnie française des pétroles, (CFP), l’un des deux ancêtres de TotalEnergies, s’installa au Qatar en 1935 et à Abou Dhabi en 1939.

En matière de profits de guerre, TotalEnergies n’en est pas à son coup d’essai. L’entreprise a réalisé le bénéfice le plus élevé de son histoire en 2023, avec 21milliards deuros. Ce record était largement la conséquence de la flambée du cours du pétrole ayant suivi la guerre en Ukraine. S’enrichir sur le sang et la mort des populations en guerre, ainsi que sur le racket de celles qui ne sont pas en guerre mais ont besoin d’énergie au quotidien, est d’ailleurs le fonds de commerce de tous les trusts pétroliers.

La réquisition immédiate de ces profits de guerre et l’expropriation de ces trusts ne seraient que justice.

                                    Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°3010)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 10 avril, de 15 heures 30 à 16 heures 30, marché du Val-Nord,

Et de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou :

-samedi 11 avril, de 10 heures 15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 12 mars :

-de 10 h.15 à 10 h.55 Intermarché du Centre ;

- et de 11 h. à midi marché Héloïse.

 

La fête de Lutte ouvrière des 23, 24, et 25 mai prochains, un bel intermède dans ce monde de brute

 

La Fête de Lutte ouvrière : samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai àPresles

Les 23, 24 et 25 mai se tiendra le grand rassemblement annuel de Lutte ouvrière dans le parc boisé de Presles, dans le Val-d’Oise. Ce seront trois jours de débats politiques, de spectacles, de jeux, d’animations, d’échanges, de découvertes lors de conférences scientifiques, de rencontres avec des d’historiens, des spécialistes du Moyen Âge ou de la préhistoire, des scientifiques. Sans parler des très nombreuses spécialités culinaires à goûter sans modération !

Renseignements, billetterie, programme : http://fete.lutte- ouvriere.org

 

 

 

Moyen-Orient : une trêve entre deux guerres

 

L’impérialisme, c’est éventuellement la paix… des cimetières

 

 


Alors qu’il menaçait quelques heures plus tôt de détruire la civilisation iranienne, Trump a accepté un cessez-le-feu de deux semaines. Le détroit d’Ormuz pourrait rouvrir rapidement et des négociations devraient être menées avec le régime des mollahs. De son côté, le gouvernement israélien poursuit ses bombardements au Liban. Près de 300 morts recensés dans la seule journée de mercredi.

         Rien ne dit que la trêve tienne longtemps, et en attendant la population iranienne compte ses morts et essaye de survivre. Tant que l’impérialisme régnera sur le Moyen-Orient, il ne connaîtra pas la paix, tout au plus celle des cimetières.

Iran : la rage de l’impérialisme

 Iran : la rage de l’impérialisme

Au matin du 8 avril, le monde a appris qu’un cessez-le-feu était conclu pour deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, comportant la fin des bombardements en échange du déblocage du trafic dans le détroit d’Ormuz. Trump avait changé de ton, parlant d’un bon accord et le présentant comme une victoire. Ce qui sera loin de convaincre.

Publié le 08/04/2026

Alors que l’Iran continuait de lui tenir tête, Trump avait multiplié les sorties outrancières agrémentées de la vulgarité qui caractérise le personnage. « Ouvrez ce putain de détroit, bande de tarés », avait-il proféré le 6 avril.

Trump a multiplié les menaces, promettant de « ramener l’Iran à l’âge de pierre », de le détruire « en une seule nuit », de rendre « définitivement inutilisables » toutes les centrales électriques du pays, ainsi que de démolir « chaque pont en Iran ». Ces déclarations donnaient surtout l’image d’un dirigeant qui s’excite et gesticule d’autant plus qu’il est incapable de parvenir à l’objectif qu’il s’était vanté d’atteindre.

Après plus d’un mois de bombardements, le pouvoir iranien ne s’est pas effondré. Alors qu’il était vomi par toute une partie de sa propre population après la répression terrible des manifestations du début d’année, il semble avoir retrouvé un certain soutien auprès d’une partie des Iraniens, hostiles à l’intervention américaine. Et face au blocage du détroit d’Ormuz et à ses conséquences catastrophiques sur toute une partie de l’économie mondiale, Trump est apparu totalement impuissant.

Même la supériorité américaine n’apparaît plus aussi écrasante depuis que, vendredi 30 avril, un avion de chasse F-15 a été abattu dans le ciel iranien. À cet affront à la puissante technologie militaire américaine s’est ajoutée la peur pour le gouvernement américain de voir un des deux pilotes de cet avion capturé. Si le régime iranien avait pu exhiber ce prisonnier aux yeux de la planète entière, cela aurait représenté une humiliation supplémentaire pour les États-Unis. C’est pourquoi l’armée américaine a déployé des moyens gigantesques pour récupérer ce pilote sur le territoire iranien.

Des négociations ont en fait eu lieu pendant que Trump s’agitait, le Pakistan servant d’intermédiaire. Rien ne dit que le cessez-le-feu débouche sur une cessation durable de la guerre. Les dirigeants israéliens, pour leur part, ont annoncé qu’ils continueraient leur offensive au Liban. Les états-majors négocient en faisant parler les armes au maximum, avec la peau des populations. Selon une organisation humanitaire basée aux États-Unis au moins 3 500 personnes auraient été tuées en Iran depuis le début de la guerre, dont 1 600 civils, et 244 enfants.

Trump, à la tête de la première puissance mondiale, voulait faire une démonstration de force. Pour le moment, il a surtout démontré qu’il ne suffit pas de déverser des tonnes de bombes sur un peuple pour imposer sa loi. Et c’est déjà un revers.

                                                           Pierre Royan (Lutte ouvrière n°3010)

Fisc : fraudeurs de haut vol

Quand on est riche, fisc et fric ne font pas bon ménage

 

Pas question de lâcher le grisbi  

Plus de 13 000 foyers très fortunés n’ont acquitté aucun impôt sur le revenu en 2024. Parmi ceux que le fisc a contrôlés, la moitié étaient en fraude. Autrement dit, non seulement la loi leur permet largement d’échapper à l’impôt, mais en plus ils font de fausses déclarations.

         Ce sont pourtant toujours les allocataires du RSA ou les salariés en arrêt maladie qui sont accusés de « profiter du système ». En réalité, ce système est fait pour protéger les plus riches et faire payer les autres.