CAC 40 :
le ruissellement… vers le haut
Les plus grandes sociétés
françaises ont publié leurs bénéfices du premier semestre, en augmentation de
plus de 40 % pour celles du CAC 40.
Publié le 05/08/2026
À un pôle de la société,
l’immense majorité de la population vit de plus en plus durement une crise
économique marquée par les hausses de prix, les plans de licenciements, les
salaires qui stagnent et les annonces régulières d’économies sur les services publics.
De l’autre côté, une poignée de riches actionnaires affichent tous les ans de
nouveaux records de bénéfices.
TotalEnergies a donc accumulé
plus de 9,5 milliards de bénéfices en six mois, une hausse de 72 % sur un
an. Pour Safran, c’est 21 % de plus, 1,9 milliard, et 2,6 milliards
pour CMA-CGM, en hausse de 31 %. Un total de plus de 74 milliards d’euros
a été encaissé par les entreprises françaises cotées en Bourse. Ce beau pactole
permettrait de résoudre bien des problèmes brûlants de cet été, de rénover les
hôpitaux, les écoles, d’équiper les pompiers en matériel récent, camions et
Canadair, et de recruter largement pour compléter leurs effectifs insuffisants.
Mais dans la société actuelle
c’est inenvisageable car les capitalistes ont la main sur ces sommes et ont
d’autres objectifs. Une part de cette richesse créée par le travail ira
directement sur les comptes des grandes fortunes au travers des dividendes, et
le reste leur servira à préparer des bénéfices encore plus faramineux au
prochain semestre.
La recette pour réaliser ces
bénéfices est simple : elle est de faire produire plus, à moins nombreux et
moins cher, autrement dit d’aggraver l’exploitation. Le chiffre d’affaires de
Stellantis par exemple, a été de 81,6 milliards d’euros au premier semestre
2026. Ce qui n’empêche pas le groupe de continuer à fermer des usines comme
celle de Douvrin, dans le Nord, transférant une partie de sa production sur
Trémery. Il a aussi pris prétexte cette année du lancement d’une petite voiture
à Pomigliano, en Italie, pour y négocier 350 suppressions de postes, et ce
ne sont que quelques exemples.
Ces milliards sont le fruit du
travail réalisé par des millions de travailleurs ici et ailleurs. Qu’ils
s’accumulent dans les caisses des capitalistes représente un immense gâchis
pour toute la société.
Antoine Stein (Lutte ouvrière
n°3027)