mardi 14 juillet 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 13 juillet 2026

 Ne marchons pas derrière le clairon qui sonne

Publié le 13/07/2026

                     © École polytechnique - J.Barande

Le défilé militaire du 14 juillet est paraît-il « hors norme » : davantage de soldats, de chars d’assaut, d’avions de chasse… Il s’agit « d’impressionner », nous dit-on.

Ah, là il y a de l’argent, là il y a des milliards, là il y a de la planification et de l’anticipation pour préparer la guerre ! Les gens meurent chez eux dans leur bouilloire thermique, les hôpitaux ne sont pas climatisés et les moyens pour lutter contre les incendies sont bien trop faibles, mais l’armée est choyée.

Nous faire accepter leurs choix guerriers

Un ancien général de l’armée de l’air a déclaré que : « Pour mieux défendre la paix, il faut montrer ses muscles ». Mais qui le gouvernement veut-il impressionner ? Poutine ? Il se moque bien de ce défilé. C’est nous, travailleurs et toute la population, que le gouvernement veut mettre en condition.

Certes, Poutine mène une guerre terrible contre la population ukrainienne et aussi contre sa propre population qu’il embrigade et dont il se sert comme de chair à canon. Mais, en face, le camp des puissances occidentales se comporte de la même manière, à la seule différence qu’il le fait avec la peau de la population ukrainienne, et, en même temps, il la dévalise sous prétexte « d’aider l’Ukraine ». Car derrière la guerre des tranchées, il y a une autre guerre, économique celle-là, où les grands industriels européens et américains pillent l’Ukraine, mettent la main sur ses terres agricoles réputées si fertiles ou sur ses richesses minières comme les fameuses terres rares…

Tous les pays sont engagés dans un réarmement massif. La raison fondamentale en est que l’économie capitaliste mondiale est plongée dans une crise économique profonde et que cette crise attise les rivalités entre grandes puissances. Et les rivalités économiques mènent inévitablement aux rivalités guerrières. La reprise des bombardements sur l’Iran est là pour nous le rappeler car l’enjeu est maintenant la gestion du détroit d’Ormuz où circulent 20 % du pétrole mondial.

Une coalition… d’intérêts rivaux

Diplomatie, guerre et business s’entremêlent. Le gouvernement français se vante d’être à la tête, avec le Royaume-Uni, d’une « coalition des volontaires », ces États qui se sont dit prêts à envoyer des troupes en Ukraine une fois qu’un cessez-le-feu aura été décrété. La France espère qu’en étant bien placée dans cette coalition, ses industriels de l’armement comme Thales, Dassault et autres obtiendront des contrats considérables. 

Mais, par exemple, les industriels allemands ne voient pas pourquoi ils n’auraient pas leur part du gâteau. Et, alors que les budgets militaires explosent, des collaborations entre grands groupes industriels capotent, comme les projets franco-allemands de l’avion de combat nouvelle génération ou du « char du futur ». Les rivalités entre capitalistes poussent le monde vers la guerre pour des intérêts qui ne sont pas ceux des peuples et des exploités.

Le bluff de Macron sur la prétendue « place de la France dans le monde » vise à nous impressionner et à nous conditionner aux « efforts de guerre ». Pour l’instant, contrairement aux Ukrainiens, aux Russes, aux Iraniens, aux Palestiniens, aux Libanais et à d’autres populations, les bombes nous épargnent. La guerre ne fait pas encore partie de notre quotidien. Mais nos dirigeants, nos capitalistes, nous y préparent et ils nous font déjà payer cette préparation. Ils nous font déjà payer les armes et les uniformes avec lesquels ils nous enverront combattre pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

Lutter contre la guerre, c’est lutter contre le capitalisme

Alors, on ne peut s’opposer vraiment à la guerre sans s’opposer au système économique qui l’engendre. Pour empêcher le capitalisme de nous y mener, il faudra le renverser. Pour les gouvernements qui préparent la guerre, les sentiments pacifistes des peuples sont un état d’esprit qu’il faut briser. Et ils savent comment faire monter les sentiments nationalistes et guerriers dans une opinion publique qui, au départ, voulait la paix. À son échelle, c’est à cela que sert le défilé « hors norme » du 14 juillet.

À nous de prendre conscience de ce qui se trame et de lutter pour enrayer cette marche à la guerre. Et le point de vue fondamental des travailleurs doit être, comme le disait le révolutionnaire allemand Karl Liebknecht lors de la guerre de 1914-1918 : « L’ennemi principal est dans notre propre pays ! »

Gouvernement : Hold-up sur le dos des travailleurs

 

Fardeau pour les travailleurs, cadeau pour les patrons !

 

 

Pour le budget 2027, le gouvernement va encore se servir dans les caisses de l'assurance-chômage : il va prolonger un arrêté de décembre 2023 qui autorise l'État à ne pas rembourser à l'Unedic l'intégralité des cotisations perdues à cause des exonérations accordées aux entreprises.

Depuis 2023, ce sont ainsi 12,5 milliards d'euros qui ont manqué dans les caisses et cela va continuer à augmenter. Les travailleurs payent eux doublement, par le biais des cotisations sur leurs salaires et des coups de rabot sur les allocations chômage. Le cadeau, c'est pour les patrons, le fardeau pour les travailleurs.

40e congrès du PCF : survivre électoralement ?

 40e congrès du PCF : survivre électoralement ?

Le 40e congrès du PCF se tenait les 3, 4, 5 juillet à Lille. Des divergences se sont exprimées, non pas sur le fond mais sur la stratégie à adopter pour survivre.

Publié le 08/07/2026

Cela fait bien longtemps que le PCF n’a plus de communiste que le nom. À l’opposé des perspectives révolutionnaires qu’il traçait lors de sa création en 1920, la seule politique qu’il a poursuivie depuis 90 ans a été de s’intégrer à l’ordre social de la bourgeoisie et de le défendre à chaque fois qu’il était menacé par l’intervention des travailleurs.

Les intervenants au congrès du PCF avaient donc ce problème en toile de fond : comment ne pas disparaître parmi les autres partis de gauche, LFI dont l’électorat a augmenté et le PS, en perte de voix mais structuré autour de nombreuses mairies de grandes villes. Cette concurrence est d’autant plus grande que, sur le fond, les illusions électorales qu’ils véhiculent sont les mêmes. Le PCF emballe cette illusion du terme ronflant « des jours heureux», d’autant plus ridicule que la période est à l’intensification de la guerre sociale menée par les capitalistes contre les travailleurs, dans un contexte où la guerre économique entre les grands trusts entraîne l’humanité vers la généralisation des conflits armés.

Enfin, le PCF a d’autant plus de difficultés à survivre que, dans son électorat populaire traditionnel, cette illusion a laissé la place à une forte abstention ou à une illusion électorale encore plus grave, portée par l’extrême droite. Dans le Pas-de-Calais, département très ouvrier, dix des douze circonscriptions ont, depuis 2024, des députés RN.

Dans ce congrès, une fois de plus, les discours étaient saturés de nationalisme, quels que soient les intervenants. Parmi les perles, celle d’un responsable de Loire-Atlantique : « Nous avons le patronat le moins patriote d’Europe, il a organisé le grand déménagement de notre industrie ». Prétendre que l’industrie appartiendrait aux travailleurs dans le cadre du capitalisme est un poison : c’est préparer les travailleurs à se battre, y compris les armes à la main, pour défendre la bourgeoisie française dans sa concurrence avec les autres bourgeoisies. Cette politique nationaliste menée par le PCF a pavé la voie depuis des décennies au RN et continue de le faire.

Plusieurs « stratégies » en vue des prochaines élections se sont exprimées au congrès. Toutes veulent résoudre la quadrature du cercle : pour exister il faut se présenter contre les autres, mais pour être élus il faut s’allier avec eux. Cela vaut pour LFI comme pour le PS. Le PCF a donc alternativement, depuis 1965, soutenu le candidat de gauche au premier tour ou présenté son propre candidat. De plus, aujourd’hui, la pression à l’unité est d’autant plus forte que Le Pen monte dans les sondages. Finalement, le congrès s’est prononcé pour la candidature de Fabien Roussel.

Alors, les électeurs du PCF pourront-ils voter pour leur candidat en avril 2027 ? Rien n’est moins sûr, car tout dépendra des garanties que Roussel pourra obtenir pour les législatives qui suivront l’élection présidentielle.

Autant de stratégies, ou plutôt d’arrangements qui ne sont en rien des perspectives pour les travailleurs mais des calculs pour sauver des postes et ne peuvent, une fois de plus, que décevoir et décourager les militants.

                                                     Kevin Villard (Lutte ouvrière n°3023)

Volkswagen : la guerre aux travailleurs

 


Mais 100 000 travailleurs : une force énorme !

 


 

La direction du groupe Volkswagen a laissé entendre qu'elle visait la fermeture de quatre usines en Allemagne et 100 000 suppressions d'emplois d’ici 2030. Le deuxième constructeur automobile mondial a engrangé 6,9 milliards d’euros de profits l'an dernier et distribué 2,6 milliards aux actionnaires. L'objectif de la saignée à venir est d'augmenter le dividende par action et la direction de Volkswagen ne s'en cache pas.

Ce n’est pas joué : les centaines de milliers de travailleurs du groupe et des entreprises sous-traitantes sont une force qui peut balayer ce plan pour garantir à tous un emploi et un salaire.   

Argenteuil, un Parc des berges ravagé par… la torpeur

 

« À Argenteuil ça coûte pas cher de ne rien faire » 

 

 

 

Ce parc concerne pourtant directement une quinzaine de milliers d’habitants du quartier voire davantage. Nombreux sont ceux parmi eux qui ne partent pas en vacances. Il aurait pu être au cœur d’initiatives estivales intenses. Le programme est maigre.

         Cela fait des années que les plantations d’arbres auraient dû être revues, les brumisateurs multipliés, une présence de l’eau développée.

         Quand la municipalité veut, elle veut. Mais quand elle ne veut pas… Et puis comme les Harpagons ne sortent pas leur bourse quand ça ne les intéresse pas, me vient à l’idée un slogan qui colle à la situation : « Argenteuil ça coûte pas cher de ne rien faire »… pour les quartiers populaires !

         Bon, il reste tout de même La guinguette. DM