mercredi 27 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 25 mai 2026

 Une possible trêve… entre deux guerres

 Publié le 25/05/2026

Les États-Unis et l’Iran seraient proches d’un accord de paix. Ce serait, bien sûr, un immense soulagement pour la population iranienne et pour nous tous ici.

Pour les Iraniens, ce serait la fin de l’angoisse des bombardements et la remise en marche de l’économie qui s’est effondrée sous les coups des destructions et des fermetures des grands complexes industriels. La levée du blocus réduirait peut-être les pénuries et l’inflation, même si elle ne supprimera pas la dictature que plusieurs millions d’Iraniens ont contestée il y a moins de cinq mois.

Pour nous, ici, cela signifierait la réouverture du détroit d’Ormuz et un desserrement des cours du pétrole. Cela n’empêchera pas l’inflation de se répandre dans toute l’économie car le mal est fait : les prix sont repartis à la hausse et les circuits économiques vont mettre beaucoup de temps pour se rétablir. Mais la pression va se relâcher… dans l’attente d’une autre crise.

Le monde ne sera pas devenu plus pacifique.

Si accord de paix il y a, il sera entre Washington et Téhéran, pas entre Tel Aviv et Téhéran. L’État israélien, fort du soutien américain et de son impunité internationale, veut continuer d’imposer sa domination sur toute la région. La guerre continue donc au Liban, la colonisation et l’oppression des Palestiniens se poursuit à Gaza et en Cisjordanie.

Même entre les États-Unis et l’Iran, cet accord ne serait qu’un répit entre deux guerres. Car aucune des raisons qui ont poussé Trump à bombarder l’Iran n’ont disparu. Le régime des Gardiens de la révolution n’a rien lâché sur le nucléaire, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne se soumet pas.

Si un accord est imminent, c’est que les États-Unis ont accepté de manger leur chapeau en entérinant certaines conditions de ce régime.

Trump a embarqué les États-Unis dans le même type d’impasse et de défaite qu’ils ont déjà connues au Vietnam, en Irak et en Afghanistan : la plus grande puissance mondiale peut bombarder et semer la dévastation des mois et des années durant, cela ne lui donne pas pour autant les moyens de conquérir un pays et de briser un régime.

Ce cuisant revers n’empêchera cependant pas Trump de fanfaronner, et il ne changera rien à la volonté américaine de régenter le monde. Le psychopathe de la Maison Blanche est confronté à l’hostilité de la population américaine face à sa guerre. Il a besoin de calmer le jeu pour ne pas risquer de subir une défaite électorale dans six mois, lors des élections de mi-mandat. Mais il reste le chef suprême de l’impérialisme déterminé à consolider à tout prix la domination des capitalistes américains partout sur la planète.

Une nouvelle époque de guerre mondiale

L’humanité est de nouveau confrontée à une époque de guerre mondiale. Parce que le capitalisme étouffe dans ses frontières nationales et parce que la compétition pour le contrôle des marchés, des matières premières et des circuits commerciaux continue. Les États-Unis sont à l’offensive parce qu’ils ont peur de voir leur leadership menacé, en particulier par la Chine. Alors, ils ne tolèrent plus les régimes qui ne sont pas complètement à leur botte en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique.

Et ce n’est pas parce que Trump et Xi Jinping se sont serrés la main à Pékin, il y a 10 jours, que les choses vont s’arrêter là. Les États-Unis et la Chine se préparent pour leur grande confrontation, et tous les États sont en train d’amasser un arsenal capable de faire sauter plusieurs fois la planète.

Alors non, la guerre entre les États-Unis et l’Iran ne sera pas qu’une parenthèse. Elle a accru l’instabilité du monde, accru le militarisme et accru la crise économique aussi.

Ce n’est pas dans des poignées de mains et dans les accords de paix entre tyrans que le capitalisme montre son vrai visage. Il le montre dans le fracas des bombes et la sordide comptabilité des morts. Il le montre dans les combats meurtriers pour conquérir le moindre mètre carré en Ukraine.

Il le montre dans la destruction méthodique de Gaza, dans le supplice des Palestiniens, les villages libanais dynamités et rayés de la carte, dans les guerres sans fin qui ravagent l’Afrique. Il le montre dans les souffrances infinies des familles qui perdent leurs proches, leurs maisons, leurs terres.  

Le capitalisme et la société bourgeoise font beaucoup pour cacher leur férocité et leur violence derrière le droit et les institutions internationales. Il faut dénoncer tous ces mensonges et se battre pour renverser ce système barbare.

                                                          Nathalie Arthaud

Les conseils du FMI déjà tellement dans la réalité

 

Le FMI s’inquiète pour rien

 

 

Le Fonds monétaire International (FMI), souhaite que l’Etat français « assainisse » ses finances publiques, et recommande de « réorienter les dépenses courantes et sociales vers les dépenses prioritaires ». En clair, attaquer encore plus les chômeurs, les retraités et les malades pour arroser toujours davantage les capitalistes, et en premier ceux de l’armement.

         Ce représentant des grandes banques n’a pourtant pas de quoi s’inquiéter : c’est ce que fait déjà le gouvernement et ce qu’il compte bien continuer.

L’impérialisme français à la manœuvre contre le… Vanuatu

Contre grand ou petit pays, toujours les dents de l’impérialisme

  


A l’approche de nouvelles discussions, les dirigeants de l’archipel de Vanuatu et les dirigeants français se disputent le contrôle de deux ilots inhabités. Située entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie, indépendante depuis 1980, Vanuatu conteste la frontière que l’impérialisme français veut lui imposer à des milliers de kilomètres de Paris.

         L’armée française n’en est pas à attaquer Port-Vila, la capitale, mais ces objectifs aux relents coloniaux dans le Pacifique sont tout autant à condamner que la volonté de l’impérialisme américain de dicter la marche du monde.

 

Travailleurs migrants : la surenchère des démagogues

 

Travailleurs de tous les pays unissons -nous !

 

« Moratoire sur l’immigration » pour Darmanin, « quotas d’immigration » pour Attal, « immigration choisie » pour Philipe, « Je suis contre l’immigration de travail » pour Ruffin : pour faire parler d’eux et attirer l’électorat du RN, les candidats à l’élection présidentielle font du Le Pen et multiplient les déclarations visant les travailleurs immigrés. Cette concurrence électorale s’est déjà traduite par la prolifération de lois qui pourrissent la vie des immigrés.

         En accusant les travailleurs immigrés de tous les maux, tous visent à diviser le monde du travail, et à le rendre plus faible face aux patrons. Ne tombons pas dans le piège !