lundi 9 février 2026

Iran : Trump et Khamenei, ennemis et complices

 Iran : Trump et Khamenei, ennemis et complices

Après avoir promis aux Iraniens une aide s’ils manifestaient, puis détourné le regard pendant que les pasdarans massacraient les manifestants, Trump a déployé une armada pour obliger le régime à négocier un accord sur le nucléaire.

Publié le 04/02/2026

 

 

Après un concours de propos belliqueux, Trump menaçant de bombarder l’Iran, l’ayatollah Khamenei promettant de riposter par une guerre régionale, le président iranien Pezechkian a autorisé l’ouverture de négociations, qui pourraient démarrer en Turquie. Le cynisme de Trump, représentant en chef des puissances impérialistes, est sans limite.

Ce qui le gêne n’est pas le fait que les dirigeants de la république islamique ont provoqué un bain de sang pour mater une révolte populaire qui menaçait leur pouvoir, et continuent de traquer tous ceux, en particulier les médecins, qui ont aidé les blessés à échapper à leurs bourreaux. Ce n’est pas non plus que ce régime est une féroce dictature, anti-ouvrière et réactionnaire, qui permet aux familles bourgeoises iraniennes de s’enrichir en vendant les ressources pétrolières du pays, en plaçant leur fortune à l’étranger, en exploitant les travailleurs et en laissant les classes populaires dans le dénuement.

Ce que Trump reproche à ce régime, c’est de vendre son pétrole à la Chine et d’entretenir des relations avec la Russie malgré l’embargo décrété par les États-Unis. C’est d’armer le Hezbollah libanais ou les Houthis du Yémen, de développer un arsenal militaire et de vouloir se doter de l’arme nucléaire en refusant de se soumettre aux États-Unis. Au Moyen-Orient comme en Amérique latine, en Iran comme au Venezuela, les dirigeants américains veulent des régimes à genoux devant leurs exigences.

Il faut rappeler que c’est Trump lui-même, lors de son premier mandat, qui a déchiré l’accord signé en 2015 entre l’Iran, les États-Unis et l’Union européenne, qui imposait un contrôle international sur les installations nucléaires en échange d’une levée de l’embargo. Trump avait estimé que cet accord n’était pas assez contraignant. Et les dirigeants européens lui ont emboîté le pas, réactivant eux-aussi les sanctions économiques qui étranglent la population.

Aujourd’hui le régime est affaibli : il l’est à l’extérieur, suite aux coups portés au Hezbollah et au Hamas par l’armée israélienne, à la chute de Bachar al-Assad en Syrie, aux bombardements israélo-américains, sur Téhéran et les sites nucléaires en juin ; il l’est aussi à l’intérieur, avec la grave crise économique qui a été le déclencheur de la dernière révolte et la haine profonde que suscitent des dirigeants qui dégoulinent du sang de leur propre population. Si Trump accentue la pression, ce n’est pas pour venir au secours de celle-ci, mais pour obtenir la soumission des dirigeants iraniens. Cette pression ira-t-elle jusqu’à provoquer une crise du régime, voire son effondrement ? Quelle que soit la réponse, pour le peuple iranien, toute intervention militaire américaine ajoutera des morts aux morts et toute « solution » apportée par l’impérialisme ne pourrait aboutir qu’à remplacer une dictature par une autre.

                                                     Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3001)

Prix : le ruissellement… vers le haut

Prix : le ruissellement… vers le haut

Au 1er février encore, certains prix ont augmenté. Lentement mais sûrement, les charges qui pèsent sur les budgets populaires s’alourdissent.

Publié le 04/02/2026

Ainsi les frais bancaires, qui font partie des dépenses obligatoires des travailleurs, augmentent de 3 %, selon l’enquête annuelle de l’association de consommateurs CLCV. Cela s’ajoute à l’augmentation de 2025, déjà de 3 % en moyenne, mais de beaucoup plus pour les frais de tenue de compte qui, après +8 % l’an dernier, augmentent de 6 % au 1er février 2026. Les péages d’autoroute augmenteront, eux, de 0,86 % en moyenne, de même que certains paquets de cigarettes.

Le gouvernement tempère en communiquant largement sur une baisse des factures d’électricité, qui sera très loin de compenser les hausses vertigineuses de ces dernières années, mais oublie la hausse continue des prix des produits alimentaires. Chacun peut le constater : les salaires n’augmentent pas aussi vite que le coût de la vie.

Mais l’argent des ménages populaires ne disparaît pas. Il ne sert pas non plus à augmenter les salaires des travailleurs des autoroutes ou des employés de banque, ni ceux des travailleurs de la grande distribution. Il enrichit directement les patrons des grandes entreprises qui fixent les prix. Les péages alimentent les profits des grandes sociétés d’autoroutes, Vinci, Cofiroute, et autres ; les frais bancaires arrivent directement dans les coffres-forts de la BNP, de la Société générale, du Crédit mutuel ; les prix dans les grandes surfaces enrichissent les industriels de l’agro-alimentaire et de la grande distribution. Autrement dit, l’augmentation des prix sort de la poche des familles ouvrières pour enrichir encore le très grand patronat.

Contrairement à un mythe largement relayé, ce ne sont pas les grands patrons qui permettent aux travailleurs de vivre, c’est toute la population laborieuse qui est rackettée pour gonfler les profits des capitalistes.

                                                     Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°3001)

 


Accords UE-Inde : au bénéfice des patrons

Simples marchandages entre brigands

 


 

L’Inde et l’Union européenne viennent de signer un accord réduisant les droits de douane sur l’automobile, l’aéronautique et les spiritueux européens entrant en Inde, et sur le textile, l’acier, les services indiens entrant en Europe. Des accords militaires, non détaillés, accompagnent également ce traité.

         Outre que cet accord ouvre au patronat européen un vaste marché, il lui bénéficie doublement : les patrons du textile ont par exemple une partie de leur chaîne d’approvisionnement en Inde.

         Présentés comme une défense économique face à la Chine et aux États-Unis, ces accords, loin de protéger les travailleurs d’où qu’ils soient, ne sont que des marchandages entre brigands.