vendredi 14 août 2026

Pompiers : une colère justifiée

 Pompiers : une colère justifiée

Les neuf syndicats de sapeurs-pompiers appelaient ensemble à une journée de grève et à une manifestation à Paris, devant le ministère de l’Intérieur, jeudi 13 août à 14 heures.

Publié le 12/08/2026

Dans leur communiqué, on peut lire : « Les sapeurs-pompiers ne demandent ni admiration particulière, ni glorification permanente. Ils demandent simplement de pouvoir accomplir leurs missions dans des conditions compatibles avec les enjeux auxquels ils sont confrontés, avec des effectifs suffisants, des équipements adaptés et des moyens opérationnels à la hauteur. La situation actuelle n’est pas uniquement la conséquence d’un contexte climatique de plus en plus extrême. Elle résulte également de plus de vingt années de sous-investissement dans la Sécurité civile, d’alertes répétées restées sans réponse et de choix politiques qui ont progressivement affaibli notre capacité collective à faire face aux crises majeures. »

Les pompiers demandent donc que l’État mette les moyens suffisants, en matériel et en effectif, et tienne compte des besoins nouveaux engendrés par le changement climatique, dont les mégafeux de l’été ont été une illustration. Cette exigence plus que justifiée et cet appel à une grève qui, vu les circonstances, ne pourra être que symbolique, ont pourtant suscité la colère du président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (SdiS), Olivier Richefou. En tant que président du Conseil départemental de Mayenne, celui-ci avait déjà porté plainte contre les pompiers grévistes en 2025. Au lendemain du communiqué intersyndical, il a déclaré que non seulement les pompiers sont assez nombreux mais qu’ils sont bien payés pour ce qu’ils font. Pour un président des Sdis, on peut dire qu’il sait mettre de l’huile sur le feu.

Suite à cela, les syndicats demandent désormais qu’il démissionne ou qu’il soit démis de ses fonctions. Une revendication légitime qui ne devra évidemment pas faire oublier toutes les autres, sur les moyens, les effectifs, les salaires et les conditions de travail.

                                                                Paul Galois (Lutte ouvrière n°3028)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 14 août, de 11 h. à midi, carrefour Babou.

-samedi 15 août, de 10 h. 30 à midi centre cl cité Joliot-Curie.

Ebola : une épidémie de la misère

 

Un manque d’intérêt mortifère de l’industrie pharmaceutique

 

 

L’épidémie mortelle de virus Ebola continue de décimer les populations de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Officiellement reconnue le 15 mai par le gouvernement congolais, elle a déjà fait 1 960 morts sur 4 294 cas confirmés. Ce bilan minimum est en hausse très sensible par rapport à l'épidémie de ces derniers mois.

À ce jour, aucun vaccin n'a encore été développé, car le marché est considéré comme insuffisamment rentable vu la misère qui règne dans cette région d’Afrique. Les capitalistes de l’industrie pharmaceutique ne mettent des moyens que dans ce qui leur rapporte, pas forcément dans ce qui soigne.

Groenland : acte de brigandage impérialiste

 

Piraterie comme au vieux temps

 

Terre Jameson

Greenland Energy, groupe pétrolier texan dont les dirigeants sont des proches de Donald Trump, a installé du matériel de chantier en Terre Jameson, région du Groenland riche en pétrole en vue de son exploitation. L’entreprise américaine estime pouvoir en extraire 13 milliards de barils.

Le gouvernement groenlandais n’a pas autorisé les forages par ces entreprises et les en a averties. Et la population locale s’oppose fermement à ce chantier.

Greenland Energy a annoncé qu’attendre que les autorisations soient délivrées retarderait inutilement les opérations. Piller les richesses d’un territoire et d’une population en comptant sur l’appui d’un État impérialiste puissant, c’est une habitude chez les trusts pétroliers.

Incendies industriels : à Gandrange comme ailleurs, la vérité ne viendra pas du préfet

 Incendie à Gandrange : la vérité ne viendra pas du préfet

Dimanche 2 août, 30 000 habitants autour de Gandrange, en Moselle, ont été appelés à se confiner par la préfecture.

Publié le 12/08/2026

L’appel faisait suite à l’énorme incendie de l’entrepôt d’une filiale de Suez, la Safe (Suez Alternative Fuels & Energies), site classé Seveso seuil bas.

Selon la préfecture, il s’agissait d’une mesure de précaution et le nuage noir et très malodorant provoqué par cet incendie n’entraînait aucun risque de pollution. On a appris par la suite que l’entreprise avait été épinglée en septembre dernier par les services de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement pour des « manques et incohérences » dans son fonctionnement. Une nouvelle inspection était d’ailleurs programmée pour le mois prochain.

En tout cas, dimanche 2 août, l’arrosage automatique en cas d’incendie était « en maintenance », selon la direction de Suez. Il ne fonctionnait donc pas et le feu a pu détruire tout l’établissement et rejeter dans l’atmosphère… on ne sait quoi. En effet, deux jours plus tard, mardi 4 août, la préfecture appelait les riverains à ne pas utiliser l’eau souterraine, de pluie ou des cours d’eau, même pour arroser leur jardin ou abreuver leurs animaux. Elle pourrait être contaminée. Par quoi ? Mystère. Elle conseillait également de ne pas consommer fruits, légumes du jardin ou produits sauvages qui n’auraient pas été protégés des retombées de l’incendie ! Les fumées noires « inoffensives » ne l’étaient sans doute pas tant que cela !

On n’en saura sans doute pas plus sur cet incendie et ses conséquences, à moins que la population ne s’en mêle.

                                                   Étienne Hourdin (Lutte ouvrière n°3028)

Argenteuil, le musée d’Orsay, Monoprix, si près d’Argenteuil, mais si loin de ses habitants

 

Certes, l’Art, la mode, et l’ « art de vivre », un joli lien…

 

Jour d’été, Berthe Morisot, Bois de Boulogne, 1879

Dans le cadre des festivités initiées en septembre pour le 40ème anniversaire de son ouverture dans l’ancienne gare d’Orsay, le musée éponyme a initié un partenariat avec une enseigne que l’on n’attendait pas, Monoprix, qui a, c’est vrai, une place dans l’histoire récente de la mode et du design.

         Évoquer Monoprix c’est remuer à Argenteuil le couteau dans la plaie après la fermeture récente de son magasin local, mais nous pourrons toujours aller voir sur place ce qu’il en est de cette collaboration. Quant à la municipalité qui a également entrepris une collaboration avec le Musée, ce Monoprix-là la réveillera peut-être de son silence sur la disparition du magasin.

         De note côté, le Musée d’Orsay, cela nous rappelle une chose.

         Comme nous aurions aimé que ses dirigeants aient une véritable sollicitude à l’égard d’Argenteuil et de son Impressionnisme lorsqu’ils ont été mis au courant qu’un projet immobilier qui allait avoir des conséquences irrémédiables contre les vestiges du paysage local qui inspira le pinceau de Monet, de Sisley, de Renoir, et de bien d’autres…

         Mais entre les activités très artistiques et politiques au sein de ce monde bourgeois, et le soutien au combat émérite de simples habitants pour la conservation des restes d’un paysage patrimonial, ces gens-là ont choisi. Ce fut motus et bouche cousue.

         En attendant, le projet Fiminco a été relégué. L’occasion de répéter une nouvelle fois : bravo au Comité Jean Vilar. DM