samedi 11 avril 2026

Titres de séjour : le renouvellement rendu impossible

 Titres de séjour  : le renouvellement rendu impossible

Le ministre de l’Intérieur , Laurent Nuñez, a déclaré samedi 4 avril avoir présenté au Premier ministre Lecornu un plan d’embauche de 500 vacataires dans les préfectures, afin de réduire les délais de traitement des demandes liées aux titres de séjours.

Publié le 08/04/2026

Le problème n’est vraiment pas nouveau. Les délais pour la demande ou le renouvellement d’un titre de séjour, dont les travailleurs étrangers dépendent pour pouvoir continuer à avoir un emploi, vivre et faire vivre leur famille, se sont allongés. Même en s’y prenant des mois à l’avance, il n’y a aucune garantie que l’administration réponde avant l’expiration du titre de séjour précédent. Les préfectures délivrent des « attestations de prolongation d’instruction », qui arrivent elles-mêmes à expiration et qu’il faut donc tenter de renouveler… Par ailleurs ces attestations de prolongation ne permettent pas de sortir du territoire, rendant impossible à ces travailleurs de rendre visite à leur famille ou à leurs amis dans leur pays d’origine, même en cas de problème grave.

Des centaines de milliers de travailleurs étrangers voient donc arriver la date d’expiration de leur titre de séjour d’un, quatre ou même dix ans avec l’angoisse de ne pas arriver à le faire renouveler à temps et de perdre leur emploi. C’est une menace qui pèse sur toute une fraction du monde du travail, et qui se concrétise avec de plus en plus de contrats suspendus voire de licenciements, sous ce prétexte.

Amnesty International avait souligné le problème dans un rapport en novembre, et la CGT a organisé depuis près d’un an des actions pour dénoncer cette situation. Les préfectures font la sourde oreille, et encore, quand il y a des oreilles, car le plus souvent il est de toute façon impossible de les joindre. Les possibilités de rendez-vous physiques ont été réduites au minimum, les lignes téléphoniques également, l’essentiel se passe sur des plateformes internet où le dossier déposé peut rester des mois « en cours d’instruction », voire simplement « déposé », sans qu’il soit possible d’en savoir plus.

Le plan d’embauche de 500 vacataires, dont il n’est même pas dit qu’il sera validé par le Premier ministre, ne suffira pas à inverser la tendance. D’autant que les pouvoirs publics sont en permanence à l’offensive contre l’ensemble du monde du travail, et que s’en prendre aux travailleurs étrangers est de plus en plus à leur agenda.

                                                       Malik Rieux (Lutte ouvrière n°3010

 


Méditerranée : naufrage et décompte macabre

 

Méditerranée : naufrage et décompte macabre

Dimanche 5 avril, une nouvelle embarcation a fait naufrage, au large des côtes libyennes. Sur 105 migrants à bord, seuls 32 ont pu être secourus par des navires marchands et débarqués sur l’île de Lampedusa.

Publié le 08/04/2026

Le rythme des morts en Méditerranée ne cesse de s’accélérer. Selon l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), plus de 500 migrants auraient perdu la vie en seulement 40 jours, du 1er janvier au 10 février 2026. Ces chiffres sont les plus importants depuis dix ans, et ils donnent la mesure du drame : depuis 2014, l’OIM a recensé 6 546 morts dans l’Atlantique – la route des îles Canaries – et 34 266 en Méditerranée. Et encore, l’organisation ne compte que les morts officiellement renseignés. Les estimations des associations d’aide aux migrants sont bien plus élevées.

La Méditerranée est devenue un tombeau pour les opprimés qui tentent d’échapper aux guerres et à la misère. Ils se heurtent aux frontières érigées autour de l’Union européenne à l’aide de barbelés, de murs, de surveillance, de gardes-frontières qui n’hésitent pas à repousser les embarcations, voire à les faire couler, tandis que les navires humanitaires sont criminalisés et empêchés de venir en aide aux migrants. Dans les pays de départ, notamment en Libye et en Tunisie, la répression se renforce contre les exilés venus d’Afrique subsaharienne, sous l’œil complice de l’UE, bien contente de cette sous-traitance.

Tandis que les pays riches laissent mourir devant leur porte ceux qui aspirent à une vie meilleure, ils sont en même temps capables de déployer des moyens humains et matériels considérables pour mener leurs guerres au Moyen-Orient. Révoltant.

                                               Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°3010)

Une grève dans le chocolat : des profits à 80%, des miettes de cacao pour les travailleurs

 Perpignan : Les travailleurs de Cémoi en grève pour les salaires

Publié le 10/04/2026

Le groupe CEMOI rassemble plusieurs entreprises agroalimentaires spécialisées dans la production de chocolat et de confiseries, et possède une quinzaine d’établissements dans le monde, dont 9 usines et deux entrepôts en France.

En 2025, CEMOI a dégagé 192 millions d'euros de bénéfices, en hausse de 35% par rapport à 2024, mais pour la direction il n'était pas question de lâcher autre chose que des miettes aux travailleurs.

Lors des négociations salariales annuelles, la direction a annoncé la couleur : 0,9% d'augmentation générale (moins de 30 euros), des augmentations individuelles selon le bon vouloir des chefs et limitées à 0,4 %, et seulement 150 euros de prime annuelle.

Avec l'augmentation du coût de la vie que chacun peut mesurer, autant dire que le compte n'y était pas du tout.

C'est un sentiment d'indignation que les travailleurs ont ressenti face à l'intransigeance patronale, qui campe sur ses positions et pleure la bouche pleine, les revendications portant notamment sur 1,7 % d’augmentation générale et 1500 euros de prime.

C'est dans ce contexte que l'appel à la grève des syndicats de l'usine de Perpignan (environ 400 salariés) à compter du mardi 07 avril a rencontré un écho favorable auprès des travailleurs de la production, mais aussi ceux du siège social, installé à quelques kilomètres.

Et depuis mardi, la majorité des travailleurs des trois équipes de semaine sont en grève. La détermination est certaine, et les travailleurs discutent en AG de l’organisation de leur mouvement. Un piquet de grève a été mis en place, de même qu’une caisse de grève. La  reconduction de la grève a été voté jeudi pour vendredi.

Budget militaire : toujours plus de sacrifices

Milliards pour la destruction au prix des services utiles à la population

 

 


Le gouvernement veut trouver 36 milliards d'euros supplémentaires pour le budget militaire d'ici 2030. Cette somme s'ajouterait au budget déjà colossal de 413 milliards d'euros prévu initialement par la loi de programmation militaire 2024-2030.

         Le Haut Conseil des Finances Publiques a averti le gouvernement que cette hausse nécessitera « un fort ajustement du reste des finances publiques ». En d'autres termes, ces milliards seront détournés des services utiles à la population, et ce seront les plus pauvres qui paieront fortement cet « ajustement ».

 

Argenteuil, la police, un sujet à ne pas discuter ? Eh bien si, parlons-en quand c’est nécessaire

 

Quand la disproportion est au rendez-vous, il faut la discuter

 


 

Si vous voulez que votre post sur Facebook soit retenu par les algorithmes et diffusé largement, il y a un sujet qui y contribue : la police ! C’est ce que j’ai pu vérifier une nouvelle fois à propos de la brève portant sur la présence policière disproportionnée aux abords de la mairie d’Argenteuil mardi dernier alors que moins d’une centaine de membres du service municipal des écoles protestait contre leurs conditions de travail.

         Certes si vous écrivez sur la police, ne vous attendez pas à recevoir uniquement des fleurs. C’est plutôt la tendance contraire que vous subirez. Ses défenseurs inconditionnels mèneront la charge sans guère de discernement ni de nuance. Il est vrai, en l’occurrence, la charge n’est faite que de mots et la douleur n’est que limitée.

         Dans le post en question, je ne critiquais pas la nature fondamentale de la police dont la fonction principale est de maintenir l’ordre au service de la classe dominante, aux côtés de sa tâche seconde de tenter de faire respecter la tranquillité publique. Je ne dénonçais pas une bavure telles celles qui se produisent mais dont il est très difficile de faire entendre l’écho. Non, je disais uniquement que l’engagement policier ce matin-là était disproportionné. C’est tout, mais c’était apparemment déjà trop.

         Pour terminer, je rappelle que parmi les agentes manifestant ce matin-là, il y avait de très nombreuses ATSEM, ces femmes qui jouent un rôle irremplaçable aux côtés des enseignants dans les classes des écoles maternelles. Parents policiers ou pas, tous bénéficient d’une activité essentielle de ces travailleuses pour aider à ce que les bambins prennent le meilleur départ à l’école. Se retrouver à leur côté contre les coupes claires qu’elles subissent et la dégradation de leurs conditions de travail devrait être une évidence pour tous. DM

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui samedi 11 avril, de 10 heures 15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 12 mars :

-de 10 h.15 à 10 h.55 Intermarché du Centre ;

- et de 11 h. à midi marché Héloïse.

 

 

La fête de Lutte ouvrière des 23, 24, et 25 mai prochains, un bel intermède dans ce monde de brute

 

La Fête de Lutte ouvrière : samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai àPresles

Les 23, 24 et 25 mai se tiendra le grand rassemblement annuel de Lutte ouvrière dans le parc boisé de Presles, dans le Val-d’Oise. Ce seront trois jours de débats politiques, de spectacles, de jeux, d’animations, d’échanges, de découvertes lors de conférences scientifiques, de rencontres avec des d’historiens, des spécialistes du Moyen Âge ou de la préhistoire, des scientifiques. Sans parler des très nombreuses spécialités culinaires à goûter sans modération !

Renseignements, billetterie, programme : http://fete.lutte- ouvriere.org

 

 

vendredi 10 avril 2026

TotalEnergies, profiteur de guerre

Les profiteurs de guerre : TotalEnergies

En pariant sur la fermeture du détroit d’Ormuz, la division «trading» (spéculation) de TotalEnergies a réalisé un profit de guerre exceptionnel denviron un milliard de dollars en quelques semaines.

Publié le 08/04/2026

 


Dès les premiers jours des bombardements américains et israéliens, cette filiale du groupe pétrolier basée à Genève appelée ­Totsa, a acheté la majeure partie des cargaisons de pétrole brut du Moyen-Orient qui devaient être livrées en mai. Ses traders anticipaient la flambée à venir des cours boursiers, qui s’est produite ensuite, lorsque le détroit d’Ormuz a été bloqué. Totsa a alors revendu au prix fort ce pétrole indispensable à l’économie de plusieurs pays d’Asie.

C’est par déduction que la presse économique a compris la manoeuvre et pu la rendre publique: le trust lui-même na rien divulgué. Telle est une des conséquences du secret commercial. Dans le monde capitaliste, des ressources essentielles pour les populations du monde, telles que le pétrole pour l’énergie ou le blé pour l’alimentation, deviennent des produits boursiers qui s’achètent et se vendent sur des places financières, à des milliers de kilomètres de leur lieu de production ou d’utilisation. Ces ressources sont alors soumises aux aléas de la spéculation dans l’opacité la plus totale.

Toujours d’après la presse économique, cette opération aurait été facilitée par l’implantation de TotalEnergies au Moyen-Orient. Cette entreprise, fleuron de l’impérialisme français, y réaliserait environ un tiers de sa production mondiale d’hydrocarbures et bénéficie de nombreuses relations avec les dirigeants locaux. Au Qatar, elle est même le premier partenaire étranger de la compagnie nationale, qui exploite le gisement gazier North Dome-South Pars, le plus grand du monde.

Cette implantation remonte aux lendemains de la Première Guerre mondiale, lorsque le dépeçage de l’ancien empire ottoman permit aux capitalistes anglais et français de mettre la main sur de nombreux gisements, en Irak et dans le Golfe. La Compagnie française des pétroles, (CFP), l’un des deux ancêtres de TotalEnergies, s’installa au Qatar en 1935 et à Abou Dhabi en 1939.

En matière de profits de guerre, TotalEnergies n’en est pas à son coup d’essai. L’entreprise a réalisé le bénéfice le plus élevé de son histoire en 2023, avec 21milliards deuros. Ce record était largement la conséquence de la flambée du cours du pétrole ayant suivi la guerre en Ukraine. S’enrichir sur le sang et la mort des populations en guerre, ainsi que sur le racket de celles qui ne sont pas en guerre mais ont besoin d’énergie au quotidien, est d’ailleurs le fonds de commerce de tous les trusts pétroliers.

La réquisition immédiate de ces profits de guerre et l’expropriation de ces trusts ne seraient que justice.

                                    Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°3010)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 10 avril, de 15 heures 30 à 16 heures 30, marché du Val-Nord,

Et de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou :

-samedi 11 avril, de 10 heures 15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 12 mars :

-de 10 h.15 à 10 h.55 Intermarché du Centre ;

- et de 11 h. à midi marché Héloïse.

 

La fête de Lutte ouvrière des 23, 24, et 25 mai prochains, un bel intermède dans ce monde de brute

 

La Fête de Lutte ouvrière : samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai àPresles

Les 23, 24 et 25 mai se tiendra le grand rassemblement annuel de Lutte ouvrière dans le parc boisé de Presles, dans le Val-d’Oise. Ce seront trois jours de débats politiques, de spectacles, de jeux, d’animations, d’échanges, de découvertes lors de conférences scientifiques, de rencontres avec des d’historiens, des spécialistes du Moyen Âge ou de la préhistoire, des scientifiques. Sans parler des très nombreuses spécialités culinaires à goûter sans modération !

Renseignements, billetterie, programme : http://fete.lutte- ouvriere.org