Cuba :
étranglée par l’impérialisme
Le blocus économique permanent
que les États-Unis imposent à Cuba s’est renforcé ces dernières semaines par
l’interruption presque totale de la livraison de pétrole.
Publié le 18/02/2026
Un
pétrolier russe dans un port de Cuba
Le pétrole du Venezuela n’est
plus livré depuis que, début janvier, les États-Unis ont enlevé le président et
menacent sa remplaçante d’un sort pire si elle ne se soumet pas à leurs
diktats. La marine américaine arraisonne les pétroliers qui ne respectent pas
l’embargo décrété par les États-Unis. Autre fournisseur de Cuba, le Mexique est
de même obligé d’arrêter ses exportations de pétrole vers l’ile des Caraïbes.
Cuba vit donc au rythme
d’économies énergétiques forcées qui rendent la vie de ses 11 millions
d’habitants très difficile. Les transports et l’électricité fonctionnent de
façon intermittente. Il devient très compliqué de faire le plein. Le fonctionnement
des hôpitaux est réduit. L’économie tout entière est étouffée, de ce qu’il
reste du tourisme à l’agriculture et aux usines qui transforment la canne en
sucre.
L’hostilité de l’État américain
envers Cuba n’est pas une des lubies de Trump. Elle a été constante sous tous
les présidents des États-Unis, républicains comme démocrates, depuis
67 ans. Car en 1959, sans avoir la permission de l’impérialisme américain
qui considère les Caraïbes comme son arrière- cour, une guérilla s’était
transformée en révolution populaire pour renverser le dictateur à la botte de
Washington qui dirigeait Cuba.
Fidel Castro, Che Guevara et
leurs compagnons avaient pris le pouvoir et, appuyés par la population cubaine,
ils avaient pu refuser de céder aux pressions des États-Unis au cours des
années suivantes. Ils avaient résisté à des tentatives d’assassinat, de
corruption et même à une tentative de débarquement, à la grande satisfaction de
nombreux opprimés de par le monde.
Soumis à un embargo économique,
le régime castriste avait pu faire fonctionner l’économie et même développer
l’accès à l’éducation et à la santé en nationalisant certaines entreprises
américaines. Il s’était tourné vers l’URSS, le rival des États-Unis à l’époque
de la guerre froide, pour survivre économiquement. Certains pays d’Amérique
latine l’avaient aussi aidé à rompre son isolement pour signifier au puissant
impérialisme américain qu’il ne pouvait pas tout se permettre. En échange Cuba
avait fourni des médecins que sa priorité donnée à la santé lui permettait de
former en bien plus grand nombre que ses voisins soumis aux multinationales
américaines.
Depuis la disparition de l’URSS,
il y a 35 ans, les difficultés économiques se sont aggravées dans cette
île, marquée par le sous-développement dû à des siècles d’oppression coloniale,
d’exploitation esclavagiste et des décennies de soumission au puissant voisin
américain. Malheureusement, les efforts du régime castriste pour se maintenir
malgré tout l’ont conduit à renforcer ses côtés autoritaires.
Les États-Unis utilisent le
prétexte du manque de démocratie dans cette île assiégée par un ennemi
infiniment plus puissant, prétendant agir dans l’intérêt de la population.
C’est un mensonge accrédité par les plus réactionnaires des Cubains émigrés en
Floride. Mais tout en privant Cuba de pétrole, Trump fait aussi pression sur le
Nicaragua pour qu’il empêche les Cubains fuyant le désastre économique en cours
de passer par son territoire pour rejoindre les États-Unis.
L’objectif de l’impérialisme
n’est évidemment pas la défense de la liberté et de la démocratie à Cuba. Il
est de réaffirmer sa prédominance sur tout le continent américain, si possible
en faisant tomber le régime issu de la révolution de 1959 pour le remplacer par
des dirigeants qu’il choisira. Il veut refaire de l’île ce qu’elle était avant
cette date : une de ses semi-colonies.
Lucien
Détroit (Lutte ouvrière n°3003)