lundi 18 mai 2026

Cuba : un peuple étranglé par les États-Unis

 Cuba : un peuple étranglé par les États-Unis

Au moment où Trump est empêtré dans la guerre qu’il a déclenchée contre le régime iranien, il s’acharne contre la petite île de Cuba. Après avoir suggéré qu’un porte-avions américain pourrait l’assiéger « sur le chemin du retour d’Iran », il a signé le 1er mai un décret rallongeant la liste des sanctions.

Publié le 12/05/2026

Sous embargo depuis 1962, Cuba est asphyxiée depuis janvier par le blocus pétrolier américain qui la prive d’énergie en plus de toutes les autres denrées, dont les médicaments. Faute de pétrole, Cuba ne peut plus produire l’électricité indispensable à la vie quotidienne et au fonctionnement des hôpitaux. Les stations-service sont à sec et les transports réduits au minimum. Les principales compagnies aériennes internationales ont supprimé tous leurs vols, privant l’île de sa principale source de revenus et de son seul apport en dollars : le tourisme.

Déjà frappée de plein fouet par l’arrêt du tourisme provoqué en 2020 par la pandémie de Covid, l’économie cubaine, qui ne s’en était pas remise, est de nouveau à l’arrêt. Des dizaines de milliers de Cubains ont ainsi perdu leur emploi, ne pouvant plus faire vivre leur famille alors que les prix des rares denrées disponibles ont explosé. Un litre d’huile de tournesol coûte ainsi un quart du salaire moyen. La misère et l’absence de perspective accélèrent l’exil de la population : depuis 2020, deux millions de personnes, un quart de la population, ont quitté l’île, souvent de façon clandestine, pour tenter leur chance dans un pays d’Amérique Latine.

Si Trump s’acharne contre Cuba, et d’abord contre la fraction la plus pauvre de sa population qui subit de plein fouet l’embargo, ce n’est pas parce que le pays représenterait « une menace extraordinaire » comme il le répète. Depuis l’épisode des missiles soviétiques installés en 1962, rapidement démontés, Cuba n’a pas de force balistique et son armée ne dispose que de vieux équipements. Ce que Trump ne digère pas, dans le sillage de tous les présidents américains depuis Kennedy, c’est que le peuple d’un pays situé à 150 kilomètres de la Floride ait pu chasser une dictature pro-américaine pour la remplacer par un régime tenant tête à l’impérialisme qui a apporté quelques progrès et de la dignité à la population.

C’était il y a plus de 65 ans. Depuis, Fidel Castro et la génération qui avait alors pris le pouvoir et incarné aux yeux du monde entier cette indépendance vis-à-vis des États-Unis, ont disparu. Privée du soutien de l’Union soviétique, asphyxiée par l’embargo américain, subissant un régime autoritaire, l’île n’a cessé de s’enfoncer dans la pauvreté. Mais pour Trump et son administration, cela ne suffit pas. Ils veulent abattre un régime qui est l’héritier d’une révolte populaire, quitte à ce que Cuba redevienne « le bordel des États-Unis » que le pays était avant 1959.

                                                       Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3015)

Smic : pas de quoi se vanter

 

Il nous faut des centaines d’euros de plus mensuels pour tous

 

 

Le ministre du Travail Farandou a annoncé la revalorisation du smic, au 1er juin, de 2,4 %, soit à peine 35 € net pour une personne travaillant à temps plein.

         C’est la conséquence, sans aucun coup de pouce gouvernemental, de la hausse officielle des prix de 2,2 % au 1er avril. Alors que des prix ont augmenté bien au-delà des chiffres officiels, à commencer par les carburants. Ce qui n’empêche pas Farandou de parler de « bonne nouvelle ».

         Si maintenant le gouvernement trouve que l’inflation est une bonne nouvelle…

RSA : des milliards que les allocataires ne touchent pas

 RSA : des milliards que les allocataires ne touchent pas

Une nouvelle étude de la Drees, un service statistique ministériel, confirme l’ampleur du non-recours au RSA : en 2021, entre 33 et 37 % des foyers éligibles ne le percevaient pas. Pour 80 % d’entre eux, cela représente un manque à gagner supérieur à 200 euros par mois.

Publié le 12/05/2026

 

Le rapport explique cette situation par le manque de connaissance des droits, la complexité des démarches, aggravée par la dématérialisation, ainsi que par les « représentations sociales négatives associées au bénéfice de l’aide sociale ». En clair, les discours stigmatisant les allocataires contribueraient à maintenir les plus pauvres dans la misère en les décourageant de réclamer de faire valoir leurs droits. La dénonciation de la « fraude sociale » est en effet un refrain d’une partie de la classe politique, de Bardella pour qui elle « représente des dizaines de milliards d’euros », à Retailleau qui la qualifie de « cancer qui mine notre système de protection sociale », en passant par Lecornu selon qui elle constitue une « atteinte directe au pacte républicain ».

À ces campagnes de dénigrement s’ajoutent des contrôles et des sanctions toujours plus sévères, qui dissuadent nombre de travailleurs de faire les démarches de peur de commettre une erreur et d’être pénalisés. Car les allocataires du RSA ne sont pas des « profiteurs » : ce sont souvent des travailleurs licenciés et qui ne retrouvent pas d’emploi, des personnes que le patronat écarte car un handicap les rend moins rentables, ou encore des mères isolées que les bas salaires et les horaires de travail incompatibles avec ceux des crèches et des écoles empêchent d’accéder à un emploi. À tous ceux que les critères de rentabilité patronale rejettent, l’État accorde à peine de quoi survivre, sans même s’assurer s’ils perçoivent effectivement cette allocation.

Ainsi, 2,5 milliards d’euros par an ne sont pas versés. Les patrons, eux, ne sont jamais gênés de solliciter les dispositifs qui leur permettent de réduire leurs impôts ou de toucher des subventions publiques, et bénéficient même de conseils pour cela. L’ensemble de ces aides coûte même à l’État plus de 200 milliards d’euros par an. Mais cela n’émeut guère les responsables politiques, qui préfèrent présenter les allocataires du RSA comme des assistés afin d’opposer les travailleurs entre eux, tout en laissant les capitalistes continuer à puiser largement dans les caisses de l’État.

                                                      Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3015)

Argenteuil, des retraités de plus nombreux obligés de travailler, une enquête de l’Insee sur le travail des anciens

 

Le signe du profond recul de la condition ouvrière

 

 

Quelques habitants du quartier Carnot sont actuellement interrogés par l’INSEE, l’institut de la statistique. Nous sommes retraités, et cela intéresse l’organisme de savoir si nous travaillons encore. Ce n’est pas une question oiseuse. De plus en plus de retraités sont obligés de retrouvés une activité salariée. Il y a sans doute pour cela des motifs de différentes sortes, mais l’essentiel est que les difficultés s’aggravent pour des retraités dont les retraites sont non seulement très faibles pour certains d’entre eux mais sont de plus en plus dépréciées par l’inflation.

         Travailler après la retraite est donc une nécessité pour un nombre croissant de travailleurs retraités en France. En 2025, près de 580 000 retraités exerçaient officiellement une activité professionnelle, c’était 65% de plus qu’il y a 10 ans. Et ce n’est là qu'une vue uniquement de ceux qui travaillent officiellement.

         J’ai été interrogé une fois. Cela suffira pour l’enquête car j’ai plus de 70 ans (74) n’en déplaise à ce qui est dit sur notre blog qui s’est arrêté à 69 ans. En revanche, ceux qui ont moins de 70 ans auront de trimestre en trimestre encore à répondre quelques fois de leur situation.

         À 60 ans, on devrait pouvoir souffler un peu et échapper au travail salarié contraignant, comme j’ai pu en bénéficier pour ma part.

         Mais si la condition ouvrière et salariale continue à se dégrader, si l’inflation continue à rogner en profondeur le montant des retraites, on verra de plus en plus de travailleurs continuer à travailler, longtemps et de plus en plus longtemps.

         On partira sur le papier à 62 ans, 63, voire davantage si nous ne l’empêchons pas. Les travailleurs seront retraités… mais continueront à travailler. DM

Programme et indications sur la fête de Lutte ouvrière des 23, 24, et 25 mai à Presles dans le Val d’Oise

 

Pour tout savoir :

https://fete.lutte-ouvriere.org/caroussel

 

 

Le tout nouveau stand cette année de camarades de Corée du Sud

 

 

Cela fait plusieurs semaines que nous connaissons une situation météo où la fraîcheur rivalise avec les gouttes de pluie. Pas bon pour le moral !

Mais rassurez- vous, on va en sortir selon les prévisions météo grâce à la… fête de Lutte ouvrière. Assurément, dès la veille de cette fête des 23, 24, et 25 mai, dès jeudi, le temps se met au beau, et nous gagnons 10 degrés !

Le prix de l’entrée pour les trois jours est de 25 euros. Gratuité pour les enfants jusqu’à 14 ans accompagnés.

Un fabuleux programme à retrouver sur :

https://fete.lutte-ouvriere.org/pratique

Le dimanche, un car gratuit part même d’Argenteuil à 9 heures de

la mairie, retour départ de Presles à 19 heures.

Il reste des places. Pour réserver :

MDommarie@aol.com et 0699499864

dimanche 17 mai 2026

Liban : pendant le cessez-le-feu, la guerre continue

 Liban : pendant le cessez-le-feu, la guerre continue

« Les détails de l’incident sont en cours d’examen ». C’est ainsi que les responsables de l’armée israélienne ont commenté récemment la mort de sept habitants du village de Saksakiyeh, dans le sud du Liban, sous leurs bombardements, alors que l’accord de cessez- le-feu israélo-libanais a été signé sous l’égide du « champion de la paix » américain le 17 avril.

Publié le 12/05/2026

 

Les autorités libanaises ont dénombré, à la date du 10 mai, 2 869 morts et 8 730 blessés depuis le début de cette phase de la guerre menée par les dirigeants israéliens dans la région. Il faut y ajouter les 19 soldats israéliens tués. Chaque bulletin d’information annonce de nouveaux morts, plusieurs dizaines le seul 10 mai, neuf autres le 11 mai. Le prétexte invoqué, lorsque les dirigeants israéliens s’en donnent la peine, est la riposte aux tirs du Hezbollah vers le nord d’Israël. Mais, de toute façon, ils se savent soutenus par Trump qui, au nom de l’impérialisme américain, cautionne dans le cadre du « cessez-le-feu » « le droit [des responsables israéliens] de prendre à tout moment toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours ».

De toute façon, qui peut croire qu’il ne s’agirait que de « ripostes » à un parti libanais, fût-il soutenu par l’Iran, quand des centaines de milliers d’habitants du Liban sont visés, et souvent victimes, non seulement au sud du pays, où le gouvernement israélien se construit une zone tampon de près de 10 km de large, mais aussi dans la banlieue sud de Beyrouth et dans certaines localités de la plaine de la Bekaa ?

En à peine plus de deux mois, près de 200 000 villageois ont été chassés de leur maison, 62 000 habitations ont été détruites ou très endommagées. Des écoles, des bibliothèques publiques, des universités, des lieux de culte chrétiens ou musulmans ont été détruits, systématiquement, dans cette « zone tampon » que l’état-major israélien transforme en terre brûlée. Des secouristes y sont ciblés, ainsi que des journalistes qui cherchent des témoignages. Des terres sont rendues incultivables, au point que la vie devient impossible… sauf pour une population qui refuse de plier, et qui, comme à Gaza, revient dans les ruines. Ce sont à présent 68 villages que les forces armées israéliennes contrôlent, sur la moitié de la surface située au sud du fleuve Litani.

Cette occupation évoque la préparation d’une annexion, voulue par l’extrême droite israélienne, et à laquelle le partenaire principal, l’impérialisme américain, semble ne pas voir d’inconvénient, indéfectiblement au côté de son allié de Tel-Aviv dans son œuvre de destruction.

                                                        Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3015)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Aujourd’hui dimanche 17 mai : de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse.