mardi 15 septembre 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 14 septembre 2026

 Non à la guerre entre travailleurs !

 14/09/2026

 

Le Pen est entrée en campagne et son axe politique est très clair : c’est haro sur les travailleurs immigrés. C’est une diversion, et c’est à vomir.

Qui nous rackette quand on passe aujourd'hui à la pompe à essence ? Les immigrés ou les rapaces qui sont à la tête de Total et Cie et qui encaissent des milliards ? Qui ferme usine après usine, privant de leur seul gagne-pain les travailleurs de toutes origines, sinon une bande de parasites et d’héritiers comme les Peugeot, les Agnelli, les Mulliez ? Qui écrase nos salaires et fait reculer nos conditions de travail, le voisin pauvre d’à côté au RSA ou les grands actionnaires qui n’ont jamais mis les mains dans le cambouis ?

Le Pen prétend résoudre le problème du logement. Mais sa « solution » n’est pas d’imposer à Vinci ou à Bouygues de construire ni de rénover plus de logements. Ce n’est pas de réquisitionner les logements vides. C’est d’instituer « la préférence nationale ». Elle veut priver de logement des aides à domicile, des ouvriers, des agents d’entretien…, enfin tous ceux indispensables à la marche de la société.

Les travailleurs immigrés pourront passer leur vie à construire et rénover les logements sociaux à s’en casser le dos, mais ils ne pourront pas y habiter ! Et quand Le Pen parle de supprimer les APL aux uns, ce n’est pas pour augmenter les allocations des Français qui en ont besoin, mais pour renflouer les caisses de l’État en lieu et place des plus riches.

Cette manière de diviser et d’opposer les travailleurs les uns aux autres, alors que nous partageons tous des conditions de travail et de vie de plus en plus dures, est révoltante.

Les travailleurs forment un seul camp

Il faudrait que les travailleurs se déchirent entre eux pour savoir qui aura droit à un logement, qui aura un salaire, qui aura une place en crèche ou qui sera correctement pris en charge à l’hôpital ? Et encore une fois, les travailleurs immigrés n’auraient que le droit de trimer ?

Si l’on raisonne ainsi, si l’on ne comprend pas qu’il nous faut nous attaquer aux seuls et uniques parasites et profiteurs, c’est-à-dire au grand patronat, nous reculerons encore.  

Les fils et filles de Bernard Arnault n’auront jamais à attendre des années pour accéder à un logement social. Ils possèdent plusieurs palaces et résidences secondaires dans différents pays.

Ils disposent de cliniques privées et de médecins particuliers, ils n’auront jamais à se mettre sur une liste d’attente pour se faire opérer. Lorsque nous, travailleurs, nous ne pouvons plus aller voir nos parents ou nos amis le week-end parce que l’essence est devenue trop chère, eux claquent des milliers d’euros en une seule soirée.

Nos seuls ennemis

En ce moment, un milliardaire imbu de lui-même, MC Pao, fait le tour des plateaux télé, dégoulinant de mépris pour le monde du travail. Il explique que son train de vie s’élève à 20 millions d’euros par an et qu’il peut dépenser 200 000 € en un dîner. Que son entreprise hospitalière, car il fait partie de ceux qui font leur beurre sur notre santé, va licencier des administratifs qui seront remplacés par l’intelligence artificielle. Et il ne s’agit là que d’un petit milliardaire par rapport à d’autres, plus discrets, qui accumulent des dizaines de milliards et nuisent à bien plus grande échelle.

C’est du côté de ces milliardaires qu’il faut regarder, car ce sont eux qui captent le fruit de notre travail, du travail commun des Français et des immigrés.

Le Pen veut que les travailleurs se fassent la guerre. C’est à nos exploiteurs qu’il faut la faire. Quelles que soient l’origine ou la couleur de peau, se lever à 4 heures du matin est épuisant pour tout le monde. Répéter mille fois le même geste sur une ligne de montage use les mêmes tendons et les mêmes nerfs. Contre les démagogues du genre de Le Pen et contre le patronat qui se servent de toutes les ficelles possibles pour nous diviser, il faut reprendre conscience de nos intérêts communs.

Reprendre le chemin de la lutte de classe

Pour ne plus être écrasé par le rouleau compresseur de la bourgeoisie, il faudra sortir de notre passivité. Le 29 septembre, les salariés de la fonction publique et les pompiers sont appelés à faire grève pour leur salaire et plus de moyens. C’est, en fait, le problème de tous les salariés.

D’autres aimeraient « reprendre les ronds-points », comme ce fut le cas pendant le mouvement des gilets jaunes. Si la volonté d’agir se répand vraiment dans le monde du travail, il faudra qu’elle se tourne contre les capitalistes qui nous condamnent à partager les miettes qu’ils veulent bien nous laisser.

                                …………………         Nathalie Arthaud

Israël : un boucher inquiété

 

Dans tous les cas, il a les mains couvertes de sang

 

 

Selon un journal israélien, Netanyahou aurait été averti, avant le 7 octobre 2023, que le Hamas préparait une attaque d’ampleur, et aurait évité de prendre des mesures, ce qu’il dément. En tout cas, l’attaque du Hamas lui a bien servi pour justifier auprès de la population israélienne le massacre de la population de Gaza et l’invasion du territoire, l’extension des colonies de Cisjordanie et l’impunité des colons qui assassinent des Palestiniens. Il s’y est ajouté le bombardement du Liban et son occupation militaire partielle, le tout avec le soutien affiché des Etats-Unis et la complicité de la France.

         Savait-il ou pas ? Dans tous les cas, il a les mains couvertes de sang.

Roussel 2027 : parler aux travailleurs, mais de quoi ?

 Roussel 2027 : parler aux travailleurs, mais de quoi ?

Dimanche 6septembre, les militants du PCF se sont prononcés pour une candidature de leur parti à l’élection présidentielle en la personne de leur dirigeant national, Fabien Roussel.

Publié le 09/09/2026

La question posée aux militants, et que certains posent encore, est celle de l’utilité d’une candidature du PCF, quand la seule perspective est d’avoir un candidat « de gauche », Mélenchon évidemment, qui puisse être opposé à Le Pen au deuxième tour. À cela, Fabien Roussel et la majorité des militants répondent que le PCF ne va pas diviser la gauche mais, au contraire, augmenter son influence. Et de dire qu’il faut s’adresser aux travailleurs qui ne votent plus et à ceux qui se fourvoient en votant RN, sous-entendant assez justement que ce n’est pas ce que fait LFI.

Ce langage ne peut qu’aller droit au cœur des militants des villes ouvrières où le PCF était naguère influent voire majoritaire, mais où les habitants des cités populaires ne vont plus voter, quand ils ne votent pas à l’extrême droite. Il touchera aussi les militants ouvriers des usines de ces mêmes villes et régions qui entendent jour après jour certains de leurs collègues de travail évoluer vers le vote Le Pen et, de plus en plus, s’en faire les propagandistes. C’est, en effet, pour l’ensemble des militants ouvriers, une nécessité urgente que de travailler à reconquérir le terrain perdu devant la montée de l’indifférence et des idées réactionnaires, qui ne se bornent pas d’ailleurs aux sornettes lepénistes.

Mais le moins qu’on puisse dire est que la direction du PCF n’aide pas les militants dans cette direction. En effet, non seulement elle ne reconnaît pas sa responsabilité dans la situation actuelle, mais elle propose de recommencer la même politique, avec le même vocabulaire, les mêmes illusions et la même perspective purement électorale qui ont été bien incapables d’arrêter la démoralisation et la croissance du RN en terre ouvrière, quand ils ne les ont pas suscitées. Par exemple, Roussel et ses porte-parole disent d’avance que les voix nouvelles qu’ils comptent conquérir se reporteront automatiquement au deuxième tour pour faire barrage à Le Pen, donc poursuivre une politique de rabatteur électoral qui les a fait descendre marche après marche jusqu’à faire voter Chirac et Macron. De même, Roussel prétend parler aux « travailleurs » et mettre en avant leurs problèmes, mais tient à s’adresser aux « Français », comme s’il avait quelque chose à dire au citoyen français Bernard Arnault et rien à proposer à l’ouvrier immigré. Les discours, les écrits de la direction du PCF sont infectés par ce poison patriotique, qui revient à appeler les opprimés à se ranger derrière l’État et la classe dominante. Et tout cela tend à se réduire à cette question de plus en plus délicate et dérisoire : avec qui faut-il s’allier pour conserver quelques positions du PCF ?

Pourtant, après avoir dit le premier mot « reconquérir les travailleurs », les militants ouvriers du PCF pourraient s’interroger sur le deuxième, « avec quel programme ? » Dans la situation actuelle, plus que jamais, on ne peut s’adresser utilement aux travailleurs que sur la base des idées de la lutte de classe révolutionnaire.

                                                       Paul Galois (Lutte ouvrière n°3032)

Espace : des milliards en orbite... pour les militaires

 

Sous le capitalisme, l’espace infini… de la guerre et des profits

  


Accueillis dans le décorum du Grand palais à Paris par Emmanuel Macron, 90 chefs d’États et de gouvernements ont participé au sommet international sur l’espace. Les discours émerveillés sur l’aventure spatiale ont rapidement laissé place à une avalanche de contrats visant à développer des flottes de satellites dont une grande partie doit renforcer les capacités militaires des pays européens. Des centaines de satellites pour des milliards d’euros vont faire les profits et le bonheur de Thalès ou d’Airbus, entre autres.

         La station spatiale internationale symbole de la capacité à s’organiser par-delà les frontières pour la recherche scientifique, va se retrouver avec un drôle de voisinage.