mardi 12 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 11 mai 2026

 Iran, Liban, Moyen-Orient… c’est tous les peuples de la planète que l’impérialisme menace

 Publié le 11/05/2026

La guerre que Trump a déclenchée en Iran est en train de devenir son chemin de croix. Cela fait maintenant des semaines qu’il cherche une porte de sortie sans la trouver. Car il ne suffit pas de crier « j’ai gagné, j’ai gagné » pour transformer un revers en victoire.  

Le mégalo de la Maison Blanche ne peut pas sonner la fin des hostilités sans présenter un trophée, ne serait-ce que symbolique, à la population américaine. Il n’en a pas. 

Malgré la puissance de feu conjuguée des États-Unis et d’Israël, le régime iranien a tenu. Avec le détroit d’Ormuz, il s’est même trouvé un nouveau moyen de pression redoutable. 

Alors, pour l’instant, le régime iranien ne lâche rien, ni sur le détroit d’Ormuz, ni sur le nucléaire. Il demande même que les États-Unis payent pour les destructions faites et il exige la fin de la guerre au Liban. Toutes choses bien légitimes.

En attendant, les hostilités se poursuivent

Le cessez-le-feu va désormais de pair avec une bataille navale dans le détroit d’Ormuz. Et chaque jour qui passe, l’engrenage guerrier menace et peut nous faire basculer dans un embrasement encore plus grand. 

Cela n’aurait rien pour déplaire à Netanyahou. Car, de son côté, Israël s’emploie à attiser la guerre. Au Liban, à Gaza et en Cisjordanie, l’armée israélienne fait quotidiennement des dizaines de morts. Elle est en train de détruire et de raser des dizaines de villages au sud du Liban. 

Netanyahou voudrait aussi reprendre les bombardements sur l’Iran. Il aurait, dit-il, un plan pour détruire toutes les installations énergétiques iraniennes en seulement 24 heures. Punir tout un peuple à cause de la politique de ses dirigeants en faisant des dizaines de milliers de morts, Netanyahou sait faire ! 

Macron dans le camp des États-Unis

Contrairement à ce que raconte le gouvernement, la France ne contribue pas à la désescalade. Macron a d’abord refusé de condamner l’agression de l’impérialisme américain. Et l’armée française intervient militairement pour détruire des drones iraniens, ce qui la place, de facto, dans le camp des États-Unis. Et maintenant, comble de l’hypocrisie, Macron envoie le porte-avions Charles-de-Gaulle vers le détroit d’Ormuz, le principal théâtre de guerre tout en se prétendant « non cobelligérant » ! 

La politique guerrière de l’impérialisme et la complicité active des puissances de seconde zone, comme la France, sont révoltantes. Révoltantes pour les crimes et les souffrances infligés aux Palestiniens, aux Libanais et aux Iraniens. Révoltantes, aussi, parce que cette politique plonge la planète entière dans une crise gravissime. 

Plus la guerre dure, plus le chaos s’amplifie

La flambée des prix du pétrole est en train de se répandre dans l’économie mondiale. Le manque d’engrais va provoquer des pénuries agricoles et des famines. Des milliers d’avions sont déjà cloués au sol à cause du prix du kérosène. C’est la catastrophe pour les transports, les industries gourmandes en énergie... Cette nouvelle vague d’inflation et d’instabilité engendre déjà des conséquences dramatiques pour les classes populaires et les travailleurs de tous les pays. 

Même si l’on ne voit pas encore naître de protestations déterminées et massives contre les chefs de l’impérialisme, c’est de ce côté-là qu’il faut placer ses espoirs. 

Trump n’a pas les mains complètement libres car il craint les réactions dans son propre pays. La population américaine est, en effet, majoritairement hostile à cette guerre, et pas seulement parce qu’elle en subit les conséquences avec l’inflation et son coût exorbitant. Mais parce que beaucoup d’Américains ont été choqués par la brutalité de Trump et ses déclarations promettant d’anéantir l’Iran. 

Des sondages ont relevé que l’impopularité de cette guerre est aussi grande que le fut la guerre du Vietnam. Celle-ci avait suscité un mouvement de masse, dans la jeunesse notamment. Et elle avait contribué à précipiter le retrait des États-Unis et la fin de cette horrible boucherie. Eh bien, c’est dans ce sens qu’il faut agir !

Le principal talon d’Achille des puissances impérialistes, c’est d’avoir besoin sinon du soutien de leur peuple, du moins de sa neutralité et de sa passivité. Elles ne doivent pas l’avoir, et il faut le faire savoir. Militaires français hors du Moyen-Orient et d’Afrique ! Non aux guerres impérialistes !

                                                              Nathalie ARTHAUD

Salaires : des débrayages aussi chez Airbus Atlantic Nantes

 

… Et pendant ce temps, des milliards de profits

 

 

Mercredi 6 mai, la direction a annoncé le montant de la prime de participation : 2057 €  contre 4473 € l’an dernier. Une baisse de plus de moitié qui touche tous les sites Airbus. Cette annonce, à Nantes aussi, a provoqué une surprise teintée de colère dans la mesure où le groupe a réalisé des bénéfices à hauteur de 5,2 milliards d’euros, et augmente de 6 % les dividendes aux actionnaires, soit plus de 2,5 milliards d’euros.

 Cette baisse de prime est prise comme une provocation. Elle fait suite à des NAO qui n’ont aboutit qu’à 0,9 % d’augmentation générale, soit 18 euros mensuels pour les petits salaires. Et ceci dans le contexte actuel d’envolée des prix du carburant qui touche beaucoup de salariés, habitant parfois très loin du site.

Le lendemain, jeudi 7 mai, à l’appel de la CGT, des débrayages d’une heure ont réuni une centaines de grévistes pour l’équipe du matin et 80 pour celle d’après-midi, tous secteurs confondus. Tout ceci dans un climat de montée en cadences de production pour les avions en fortes commandes et un esprit de caserne affiché par une maîtrise aux ordres.

Un appel à reprendre les débrayages d’une heure lundi 11 a été voté lors des rassemblements. La direction, de son côté, annonce une réunion le lendemain mardi. En attendant, les discussions vont bon train, sur les primes mais aussi sur l’inflation et les salaires qui ne suivent pas...

8 Mai 1945 : la France massacrait en Algérie

 

Regarder l’histoire en face… Et agir contre son renouvèlement…

 

 


À l’occasion de la commémoration du 8 mai 1945, la ministre française des Armées et des Anciens combattants s’est rendue en Algérie pour, dit-elle, « regarder l’histoire en face ». Le communiqué de l’Élysée évoque avec euphémisme les « événements tragiques » et la « répression » des manifestations réclamant l’indépendance à Sétif, Guelma et Kherrata ce jour-là. En réalité, avec les bombardements de villages et exécutions sommaires, le massacre colonial tua 20 000 Algériens en quelques semaines.

Quels massacres seront commis par l’impérialisme français à l’avenir grâce à son budget militaire en hausse ?

Guerre en Ukraine : bras de fer pour un cimetière militaire

 

Guerre, nationalisme, affaires, vont si bien ensemble

 

Coupe de bois dans la forêt de Markhalivka

Une partie des Ukrainiens s'oppose à la construction du gigantesque mémorial en hommage aux soldats morts face aux Russes, que le gouvernement veut imposer dans une zone naturelle forestière protégée et humide. Certains sont menacés de morts et taxés de suppôts des Russes.

La justice a jugé cette édification illégale à trois reprises, dont la Cour suprême le 29 janvier par un arrêt « définitif ». Or Zelensky a tout de même inauguré le cimetière. Constructions et inhumations s'y poursuivent.

Il s'agit exalter le nationalisme, mais aussi de faire de fructueuses affaires, entre le budget qui se chiffre par milliards et le bois des arbres déjà abattus sur des dizaines d'hectare qui a disparu subrepticement…