Liban : pendant le cessez-le-feu, la guerre continue
« Les détails de l’incident sont en cours d’examen ». C’est ainsi que les responsables de l’armée israélienne ont commenté récemment la mort de sept habitants du village de Saksakiyeh, dans le sud du Liban, sous leurs bombardements, alors que l’accord de cessez- le-feu israélo-libanais a été signé sous l’égide du « champion de la paix » américain le 17 avril.
Publié le 12/05/2026
Les autorités libanaises ont dénombré, à la date du 10 mai, 2 869 morts et 8 730 blessés depuis le début de cette phase de la guerre menée par les dirigeants israéliens dans la région. Il faut y ajouter les 19 soldats israéliens tués. Chaque bulletin d’information annonce de nouveaux morts, plusieurs dizaines le seul 10 mai, neuf autres le 11 mai. Le prétexte invoqué, lorsque les dirigeants israéliens s’en donnent la peine, est la riposte aux tirs du Hezbollah vers le nord d’Israël. Mais, de toute façon, ils se savent soutenus par Trump qui, au nom de l’impérialisme américain, cautionne dans le cadre du « cessez-le-feu » « le droit [des responsables israéliens] de prendre à tout moment toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours ».
De toute façon, qui peut croire qu’il ne s’agirait que de « ripostes » à un parti libanais, fût-il soutenu par l’Iran, quand des centaines de milliers d’habitants du Liban sont visés, et souvent victimes, non seulement au sud du pays, où le gouvernement israélien se construit une zone tampon de près de 10 km de large, mais aussi dans la banlieue sud de Beyrouth et dans certaines localités de la plaine de la Bekaa ?
En à peine plus de deux mois, près de 200 000 villageois ont été chassés de leur maison, 62 000 habitations ont été détruites ou très endommagées. Des écoles, des bibliothèques publiques, des universités, des lieux de culte chrétiens ou musulmans ont été détruits, systématiquement, dans cette « zone tampon » que l’état-major israélien transforme en terre brûlée. Des secouristes y sont ciblés, ainsi que des journalistes qui cherchent des témoignages. Des terres sont rendues incultivables, au point que la vie devient impossible… sauf pour une population qui refuse de plier, et qui, comme à Gaza, revient dans les ruines. Ce sont à présent 68 villages que les forces armées israéliennes contrôlent, sur la moitié de la surface située au sud du fleuve Litani.
Cette occupation évoque la préparation d’une annexion, voulue par l’extrême droite israélienne, et à laquelle le partenaire principal, l’impérialisme américain, semble ne pas voir d’inconvénient, indéfectiblement au côté de son allié de Tel-Aviv dans son œuvre de destruction.
Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3015)
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
-Aujourd’hui dimanche 17 mai : de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre ;
-et de 11 h. à midi au marché Héloïse.

