mardi 3 février 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 2 février 2026 : Minneapolis : vive la résistance et l’organisation de la population !

Minneapolis : vive la résistance et l’organisation de la population !

2/02/2026

En envoyant sa police de l’immigration, la sinistre ICE, dans les villes dirigées par des Démocrates, Trump croyait pouvoir brutaliser et déporter les immigrés en toute impunité, et flatter sa base d’extrême droite. Il croyait pouvoir dresser les travailleurs les uns contre les autres et mettre tout le monde au pas. Cela ne se passe pas comme prévu, et c’est tant mieux !

Oh, les bandes de nervis masqués et armés jusqu’aux dents ont semé la terreur, et ce n’est pas fini ! À Minneapolis, les 3 000 policiers de l’ICE ont envahi les rues et multiplié les arrestations violentes. Portes de maison défoncées en toute illégalité ; vitres de voitures brisées ; personnes jetées à terre et molestées, femmes enceintes et personnes handicapées inclues ; descente dans un lycée ; arrestation d’un enfant de cinq ans… Les cow-boys d’ICE ont multiplié les exactions.

Ils ont tué à bout portant une mère de famille de 37 ans, Renee Good, et un infirmier du même âge, Alex Pretti, qui tentaient tous deux de s’interposer et de protéger les immigrés. Ils les ont assassinés pour briser toute volonté de résistance. Mais celle-ci est là, et bien là !

La résistance qui gêne Trump et ses brutes racistes ne provient pas de la justice ou des autorités démocrates. Elle ne vient pas non plus des entreprises qui n’ont pas de scrupule à mettre à la disposition de l’ICE. Un des fleurons français des services informatiques, Capgemini, a ainsi signé un contrat de plusieurs millions via sa filiale américaine pour donner la localisation des immigrés aux gros bras de Trump !

La résistance vient de la population elle-même, des habitants, du voisinage, de femmes et d’hommes qui pourraient continuer leur vie en fermant les yeux, mais ne supportent pas tant d’inhumanité.

Pour discréditer Renee Good et Alex Pretti abattus par les policiers, Trump les désigne comme des « activistes et des professionnels de la rébellion » et même comme « de dangereux terroristes ». C’est grotesque et les images de ces meurtres filmés en direct le prouvent.

La réalité que le milliardaire de la Maison Blanche veut cacher, c’est que la solidarité, ça existe ! Le racisme, le mépris et l’individualisme crasse sont revendiqués en haut de la société et donnent le ton sur les plateaux télé. Mais dans les quartiers populaires où les travailleurs vivent toutes origines mélangées, des liens de voisinage, d’amitié et de solidarité se tissent au jour le jour. Et ces liens-là sont plus forts que la propagande xénophobe.

Les manifestations contre l’ICE se multiplient aux États-Unis, et elles rassemblent de plus en plus de jeunes. Mais la mobilisation va au-delà du fait de manifester. Ce sont des voisins qui se serrent les coudes et qui se protègent mutuellement, quelles que soient leurs origines et leur situation, malgré la peur.

Au quotidien, les habitants font le guet, avertissent du passage de la police à coups de sifflets, s’interposent, filment les arrestations, manifestent devant les centres de rétention. Ils vont rassurer et réapprovisionner ceux qui se terrent de peur d’être arrêtés et déportés à des milliers de kilomètres de leur famille. Cela ne met pas un terme aux arrestations d’immigrés, mais cela rend les rafles massives bien plus difficiles.

Pour nous ici, c’est la démonstration de ce que peuvent faire des femmes et des hommes ordinaires à partir de leurs propres moyens. Oui, face à l’arbitraire de l’État, à l’autoritarisme grandissant et aux coups patronaux, bien des choses sont en notre pouvoir, à condition de ne pas rester isolés et de nous organiser !

Il y a dans la société, bien plus de solidarité et de conscience que ce que l’on veut nous faire croire.

Aux États-Unis, mais ici aussi, de nombreux travailleurs ont compris que le racisme et les discours contre les étrangers et les musulmans n’ont qu’un but : diviser et affaiblir le monde du travail dans son ensemble. Les violences exercées contre les travailleurs immigrés servent à intimider tout le monde, à commencer par ceux qui auraient envie de revendiquer et protester contre toutes sortes d’injustices et contre l’exploitation.

C’est cette conscience d’être tous visés et de devoir réagir de façon unie qui peut nous protéger de l’évolution réactionnaire de la société. Car nous avons aussi ici, avec Retailleau, Le Pen et Bardella, nos propres petits Trump.

N’attendons rien de la justice ou des dirigeants politiques. Tout dépend de notre capacité d’agir.

Alors, partout dans le monde, mais aussi dans nos entreprises et nos quartiers populaires : vive la solidarité et le courage de ceux qui résistent à l’autoritarisme, au racisme, à l’exploitation !

                                                                     Nathalie Arthaud

 

Licenciements et indemnités de départ, les profiteurs ont de quoi payer leur dû aux travailleurs. Une grève en Moselle

Mahle Behr – Hambach : la grève fait reculer le patron

Après l’annonce brutale, fin octobre, de la fermeture, à l’été 2026, de l’usine Mahle Behr d’Hambach, en Moselle, les travailleurs ont fait grève huit jours à partir du 8 janvier.

Publié le 28/01/2026

Parmi les 186 travailleurs de ce site de fabrication des condenseurs de systèmes de climatisation pour Ford et Audi, beaucoup sont âgés de 50 ou 55 ans. La menace du chômage est d’autant plus pesante. À l’appel de l’intersyndicale (CFE/CGC, CGT et FO), ils ont arrêté le travail le 8 janvier, indignés par les propositions dérisoires faites par la direction dans le cadre du PSE. Ils exigent 30 000 euros de prime de licenciement, 2 500 euros par année d’ancienneté, ainsi que 16 mois de congé de reclassement.

Dès le premier jour de grève, l’usine était à l’arrêt complet, 20 à 50 travailleurs se relayaient au piquet et tenaient bon en dépit de la pluie, du froid et même de la neige. La direction a beau pleurer, Mahle Behr est un équipementier automobile qui compte 65 000 salariés et 130 sites de production dans le monde, alors, comme l’a affirmé un ouvrier : « des sous, ils en ont », expliquant « qu’une pièce qui ici coûte 18 euros à produire se retrouve vendue 450 euros en garage ».

Une semaine après le début de la grève, la direction a fini par en rabattre, cédant une prime de 20 000 euros et 2 000 euros par année d’ancienneté, soit le double de ce qu’elle présentait quelques jours avant comme sa dernière et meilleure offre.

Les travailleurs sont bien conscients que c’est leur grève, unanime et déterminée, qui a obligé la direction du groupe, dont un représentant s’est déplacé pour l’occasion depuis l’Allemagne, à faire ces concessions. Et si les syndicats ont accepté de signer l’accord sans même avoir consulté l’ensemble des travailleurs, nombre d’entre eux pensent que la poursuite de la grève aurait pu contraindre le groupe à lâcher davantage. Ils ont appris que seule leur lutte peut arracher les indemnités et garanties de reclassement qui leur sont dues par ce patron licencieur, mais aussi qu’elle doit être organisée et dirigée par eux-mêmes.

                                     Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3000)

 

Racisme : une classe intéressée à la diffusion de ce poison

 

Des démagogues intéressés à la division du monde du travail

 

 

La CGT a publié un rapport dénonçant de nombreux propos racistes, mais aussi homophobes et sexistes, tenus à la Cour nationale du droit d'asile. Et ce n’est pas nouveau. En 2025, un juge a dû être démis de ses fonctions car il avait été candidat du RN aux législatives. En 2023, un autre avait été suspendu à cause de ses propos racistes sur les réseaux sociaux.

         Face au scandale, la Cour a annoncé un plan de « formation ». Or le racisme et les préjugés de tous types contre les migrants ne sont pas pour l’essentiel un problème d’éducation : ils sont diffusés, amplifiés, utilisés à tout va par une ribambelle de politiciens. Pour mener sa politique de restrictions vis-à-vis des étrangers, l’État a besoin de serviteurs prêts à la mettre en place sans scrupule.