vendredi 6 février 2026

Permis de conduire : circulez, il n’y a rien à voir !

 Permis de conduire : circulez, il n’y a rien à voir !

Un amendement au budget, voté en catimini par les sénateurs, supprime pour un grand nombre de travailleurs la possibilité de financer l’obtention du permis de conduire en utilisant leur compte personnel de formation (CPF).

Publié le 04/02/2026

Désormais, la possibilité d’utiliser le CPF ne sera plus accordée qu’aux demandeurs d’emplois ou en cofinancement avec l’entreprise, sans qu’on sache très bien à quelle hauteur et sous quelles modalités. La restriction va au-delà puisque l’aide de 500 euros aux apprentis inscrits aux cours de conduite disparait également et que le dispositif d’aide de 1 200 euros par France Travail, pour passer le permis, devrait être supprimé le 1er avril prochain.

Avoir le permis B est indispensable pour trouver du travail dans bien des secteurs ruraux et des petites villes, et même dans les grandes agglomérations, mieux desservies en transports en commun ; c’est un critère de recrutement des agences d’intérim et de nombreux employeurs. Le permis B, qui revient en moyenne à 1 500 à 2 000 euros, est la première formation demandée via le CPF. En 2023, il représentait 23 % des formations financées, soit 1,5 million de demandes.

Les sénateurs qui ont présenté cet amendement, et le gouvernement qui l’a intégré au budget, osent justifier la suppression de cette possibilité au prétexte qu’elle « crée un effet d’aubaine » et ne servirait pas vraiment à l’insertion des chômeurs car une majorité de ceux qui utilisent leur compte formation pour financer leur permis ont déjà un emploi ! Le salaire dudit emploi, et les dépenses qu’il permet ou non de couvrir, n’ont visiblement pas été évoqués.

L’enseignement de la conduite et sa validation devraient faire partie des programmes scolaires. En attendant, pouvoir utiliser le CPF à cet effet serait bien la moindre des choses.

                                                   Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3001)

 

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 6 février au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

États-Unis : l’ICE dans ses œuvres

États-Unis : l’ICE dans ses œuvres

Les deux meurtres, dans les rues de Minneapolis, d’opposants à la politique violemment anti-immigrés de Trump ont provoqué une indignation contre les auteurs des coups de feu, qui appartiennent à deux agences fédérales : l’ICE et la CBP, la police des frontières.

Publié le 04/02/2026

L’ICE a été créée en 2002, quelques mois après les attentats ayant détruit les tours jumelles du World Trade Center à New York. Selon le gouvernement américain cette agence devait protéger les États-Unis du terrorisme, mais l’ICE fut tournée dès le départ contre les immigrés n’ayant rien à voir avec les islamistes qui avaient fait s’écraser des avions sur des immeubles. Une dizaine d’années après sa création, sous la présidence du démocrate Obama, les expulsions d’immigrés ont atteint un record.

Dès son retour à la Maison-Blanche il y a un an, Trump a mis en œuvre la chasse aux immigrés bien plus bruyamment que ses prédécesseurs démocrates. Il a fait voter par le Congrès une augmentation considérable du budget de l’ICE, qui à présent dépasse celui de l’armée espagnole ! Ainsi l’ICE a pu doubler ses effectifs en 2025, atteignant 22 000 agents. Cette année, elle devrait en recruter 10 000 de plus. La CBP n’est pas en reste : elle s’équipe de drones militaires de surveillance « reaper » à 30 millions de dollars pièce.

« ICE recrute des Américains patriotes et courageux pour expulser les criminels étrangers, meurtriers, violeurs, terroristes, pédophiles en situation irrégulière dans nos rues », prétend son site internet. Pourtant, elle arrête des parents amenant leurs enfants à l’école, des ouvriers sur leur chantier ou dans leur usine, des jardiniers qui s’occupent d’espaces verts, des journaliers qui attendent des employeurs potentiels sur des parkings, etc. Bad Bunny, chanteur star qui s’exprime en espagnol, a refusé d’organiser des concerts aux États-Unis en disant craindre que l’ICE vienne y arrêter son public…

Bien des Américains, au nom à consonance hispanique, ont été arrêtés et envoyés en centre de rétention avant même d’avoir pu faire reconnaitre leur citoyenneté. Des personnes habitant depuis l’enfance aux États-Unis ayant un travail et une vie de famille, ont été raflées et expulsées. Les contrôles aux aéroports, censés protéger du terrorisme, deviennent des pièges : des immigrés vivant parfaitement légalement aux États-Unis, y sont arrêtés comme de criminels au prétexte qu’ils n’ont pas payé une amende routière. D’autres, convoqués après des années de démarches pour se voir délivrer un permis de résidence permanent, la « carte verte », sont embarqués sous les yeux de leur conjoint et de leurs enfants.

Ces policiers, qui traitent leurs cibles en ennemis d’État, se sentent assurés par le gouvernement de l’impunité en cas de brutalités, même filmées. Ils n’hésitent pas à tirer, quitte à mentir en prétendant avoir été menacés par de dangereux criminels. En 2025, l’ICE a tué trois personnes et la CBP cinq, avant qu’en ce début 2026 chacune de ces agences tue un citoyen américain à Minneapolis.

Dans les centres de rétention, les prisonniers sont entassés dans des conditions indignes : en 2025, 32 personnes sont mortes sous la garde d’agents de l’ICE et déjà au moins six autres depuis début 2026.

Trump traite chaque jour les travailleurs immigrés de criminels. Non seulement il veut diviser, mais il se sert des ces troupes paramilitaires pour semer la terreur dans les quartiers populaires et étouffer toute contestation. Mais, dans l’agglomération de Minneapolis, peuplée de trois millions d’habitants, il est tombé sur un obstacle. Révoltés par les pratiques de l’ICE, au moins 34 000 personnes se sont inscrites dans des groupes voulant entraver son action et qui commencent à agir pour protéger leurs quartiers. Cette mobilisation est bien la seule chose positive qu’aura amenée la politique de Trump.

                                               Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3001)

 

Transports : Limoges : Les "sans train" expriment leur colère

 

« On veut des trains, pas des rafales ou des drones »

 

 

Samedi 31 janvier, 700 personnes se sont rassemblées à la gare de Limoges pour manifester contre la destruction des transports ferroviaires, en particulier des petites lignes. Venues de Nouvelle Aquitaine, d'Occitanie ou d'Auvergne, elles subissent toutes les conséquences des décisions de l'Etat ou des régions, de droite ou de gauche, qui jugent la pertinence des lignes du seul point de vue de la rentabilité ou se renvoient la balle sur qui doit payer les travaux de maintenance.

                   Pourtant, partout, ces lignes sont indispensables à des dizaines de milliers d'usagers, en particulier pour aller travailler. Dans la manifestation, une pancarte disait « on veut des trains, pas des rafales ou des drones », pointant l'austérité appliquée aux services à la population à côté des milliards qui coulent à flot pour préparer la guerre.

         Pour avoir un vrai transport public, des dessertes utiles à la population, bien cadencées et confortables, il faudra que les travailleurs prennent la direction de la société.