mardi 18 août 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 17 août 2026

 Désastre climatique : aux responsables capitalistes de payer !

17/08/2026

 

La baisse relative des températures procurera, peut-être, un répit aux habitants de logements bouilloires thermiques et aux travailleurs confinés dans des services et des ateliers surchauffés. Les incendies faibliront, peut-être, et les pompiers pourront souffler un peu avant la prochaine crise.

Mais quel bilan est tiré de ces semaines de cauchemar ? Le gouvernement n’a pas été avare de belles paroles sur l’héroïsme des uns et des autres et la magie de l’unité nationale. Mais aux pompiers, dont le manque de moyens est criant et qui étaient en grève le 13 août, le ministre de l’Intérieur Nunez n’a rien de concret à proposer.

Lecornu et une brochette de ministres se sont déplacés lundi à Mérignac, près de Bordeaux, promettant des mesures d’urgence pour la reconstruction et la relance de l’activité dans les territoires les plus touchés par les incendies. Mais on sait d’expérience que les aides et les subventions profiteront avant tout aux grandes entreprises dans tous les secteurs, de l’agriculture au tourisme.

Quant à ce qui serait indispensable pour lutter contre ces incendies nombreux et dévastateurs, ce n’est pas le problème du gouvernement. Il prétend ne pas pouvoir « chiffrer précisément » ce qui pourrait être dégagé pour les pompiers, notamment pour les postes nécessaires. Après les Canadair, promis par Macron mais jamais budgétés, le gouvernement n’a pas d’argent non plus pour des équipements élémentaires et indispensables, comme les cagoules filtrantes efficaces, à 50 euros l’unité.

 

Ils veulent nous faire payer la facture

Comme l’ont souligné les représentants des pompiers, qu’il s’agisse des incendies, de la santé, de l’éducation ou de tout autre besoin de la population, la réponse des dirigeants oscille toujours entre « les caisses sont vides » et « ce n’est pas un problème de moyens ». 

En même temps, le gouvernement prévient : tout cela va coûter cher et il faudra bien trouver les milliards quelque part. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, estime le coût de la canicule et de la sécheresse entre 10 et 15 milliards d’euros.

La population paie déjà au prix fort ces catastrophes par des conditions de travail et de vie encore plus éprouvantes et en passant à la caisse au supermarché. L’annonce des conséquences de la sécheresse sur les récoltes, présentes et à venir, fait en effet grimper les prix dès aujourd’hui. Et les hausses actuelles s’ajoutent aux précédentes, les prix des fruits et légumes ayant augmenté en moyenne de 62 % ces dix dernières années.

Sous prétexte que le budget de l’État serait encore plus difficile à boucler, de nouvelles attaques sont prévues contre le monde du travail. Lescure, le ministre de l’Économie, remet sur la table le gel des retraites comme une « piste d’économie ». Elle serait, à l’entendre, rendue nécessaire par les effets de la canicule, des guerres et du blocage du détroit d’Ormuz.

Mais si les caisses de l’État sont vides, celles du grand patronat débordent. Les bénéfices nets du roi du pétrole TotalEnergies, pour le seul premier semestre 2026, s’élèvent à plus de 11 milliards : de quoi couvrir le coût de la canicule annoncé par Barbut. Et les résultats affichés par les grandes entreprises du CAC 40 ont encore battu des records… Voilà où sont les milliards nécessaires pour faire face aux dégâts !

 

Ôter aux capitalistes leur pouvoir de nuisance

Il serait d’autant plus légitime de prendre sur les profits capitalistes pour faire face aux conséquences du bouleversement climatique que leur économie en est responsable.

La production et le transport de marchandises à travers le monde, l’organisation et le choix des modes de production d’énergie, la gestion des ressources en eau sont des questions vitales pour l’humanité. Pourtant, aucune n’est envisagée autrement que sous l’angle : combien cela rapportera aux actionnaires ? Dans quel secteur investir pour faire plus d’argent ? Leur seule morale est « après mes profits, le déluge ! », ce qui exclue d’organiser et de planifier l’économie.

La concurrence pour le partage des ressources et des marchés est aussi à l’origine des guerres qui menacent de se généraliser et du réarmement pour lequel les États, dont la France, savent trouver des dizaines de milliards.

Cette minorité capitaliste, parasite et irresponsable, plonge l’humanité dans la barbarie et le chaos. Les travailleurs, qui font tout tourner, ont les moyens de s’y opposer en prenant le pouvoir et en dirigeant eux-mêmes la société.

                                                                           Nathalie Arthaud

Afghanistan, une célébration macabre

 

Des droits des femmes qui ne pèsent pas lourd

 

 

Le régime des talibans a célébré ses cinq ans de pouvoir. Dans ce pays devenu une prison pour toutes les femmes, la pauvreté et la malnutrition font des ravages.

Mais ses dirigeants se félicitent d’avoir tenu malgré leur mise au ban officielle par les grandes puissances américaine et européennes. Et le régime redevient maintenant un interlocuteur pour ces grandes puissances.

À l’heure où elles cherchent de nouveaux circuits commerciaux à la suite du blocus du détroit d’Ormuz, les droits des femmes ne pèsent pas lourd dans la balance.

Loi d’urgence agricole : au bonheur des capitalistes

Serviteurs attentifs de la bourgeoisie… agricole ou autre

 


 Oui, pesticides !

Le Conseil constitutionnel a validé la loi dite d’urgence agricole, votée par l’Assemblée nationale en juillet. Elle contient toutes les dispositions que la loi Duplomb prévoyait initialement : autorisation de pesticides cancérogènes qui avaient été interdits en France, développement de mégabassines…

La FNSEA, qui représente les intérêts des plus gros exploitants agricoles, est satisfaite. Et pour le gouvernement, c’est ça qui compte…

 

Noyades : chaleur en hausse, piscines en baisse

 

Une situation qui pourrait si facilement trouver une solution

 


 

En France, 274 personnes sont mortes de noyade depuis la 1re canicule de mai, mais de nombreuses villes disposent de moins en moins de bassins aquatiques, que ce soit pour se rafraîchir ou pour apprendre à nager.

Ainsi, alors qu'en 1995 Marseille comptait 22 piscines, il n'y en a plus que 14 aujourd'hui pour 880 000 habitants. La piscine Nord, située dans l'un des quartiers les plus populaires, est fermée depuis 15 ans. Résultat, certains collèges marseillais comptent jusqu'à 80 % d'élèves de 6e ne sachant pas nager.

Voilà qui prépare de futures noyades.