Salaires :
individualiser pour mieux régner
D’après une enquête parue en
août, les hausses de salaires de 2026 en France atteindraient en moyenne 3
%, et les entreprises n’envisageraient rien de plus l’an prochain.
Publié le 19/08/2026
Une étude du ministère du Travail
du 6 août évoque plutôt 1,9 % d’augmentation du salaire mensuel de base
dans le secteur privé, à partir des chiffres du deuxième trimestre.
Cette différence entre les
chiffres s’explique sans doute par le fait que la plupart des augmentations
sont distribuées de façon individuelle, et très peu sous forme de hausses
générales… qui frôlent trop souvent 0 %. Individuelles ou collectives, ces
hausses de salaires n’empêcheront pas la majorité de la population de
s’appauvrir.
Entre les classifications, les
anciennetés, les primes diverses et variées et les augmentations au bon vouloir
de la direction : les patrons ont bien organisé les choses pour masquer
l’exploitation et faire croire aux travailleurs qu’ils sont en concurrence les
uns avec les autres. Y compris lorsque l’on effectue le même travail, au même
poste, les fiches de paie n’ont parfois rien à voir. Chacun reçoit une
justification individuelle pour expliquer sa paie différente du voisin…
Résultat, la paie est trop faible pour subvenir à l’ensemble des besoins. Elle
est partout rognée par la cherté croissante de la vie.
En définitive, c’est le patron
qui verse et décide de l’ensemble des salaires. Car les augmenter véritablement
voudrait dire rogner son profit à lui. En temps de crise en particulier, le
patronat fait tout ce qu’il peut pour céder le moins possible et maintenir ses
profits. On peut dire que, pour les grandes entreprises, c’est plutôt réussi.
Aucune de celles du CAC 40 n’accuse de perte au premier semestre et,
avec une hausse des bénéfices de 34 %, ça c’est de l’augmentation !
Charles Legoda (Lutte ouvrière
n°3029)