dimanche 8 novembre 2026

Nathalie Arthaud à ICI Edition Nord : "C'est à travers les mobilisations de masse que l'on a arraché de meilleurs conditions de vie" 6 min 47

Première revendication : Augmentez les salaires !

 

C’est le Capital et ses profits la solution !

 

 

Après la mobilisation réussie, le gouvernement annonce qu’il recevra le patronat et les syndicats le 9 novembre, pour discuter augmentations de salaires. Et revoilà le patronat qui pleure, dénonçant les charges insupportables qui pèseraient sur lui. Il propose donc de faire payer l’État, d’une façon ou d’une autre… Ce seraient donc les travailleurs eux-mêmes qui se paieraient leurs augmentations avec l’argent de leurs impôts.

         Ce n’est pourtant pas que les grands groupes capitalistes manquent d’argent : les profits sont toujours plus spectaculaires. Mais ceux qui les fabriquent doivent arracher ce qui leur est dû.

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

Aujourd’hui dimanche 8 novembre, de 11h à midi au marché Héloïse.

 

Report au vu du mouvement

Vendredi 20 novembre

Cercle Léon Trotsky

« Les révolutionnaires et la démocratie bourgeoise »

À 20h00 Théâtre de la Mutualité 24, rue Saint-Victor, Paris 5e

Métro Maubert-Mutualité, Paris

(Participation aux frais 3 euros)

 

Un entretien sur un sujet important pour tous ceux qui militent pour la construction d’un parti révolutionnaire

14 novembre, 15 heures : Entretien à la librairie Le Presse-papier avec Rémy Adam pour son ouvrage « Le parti bolchévique ». Entretien animé par Dominique Mariette

 

La vente des entrées pour le prochain banquet à Argenteuil du 16 janvier 2027 a commencé. 17 euros, et 8 pour les enfants de moins de 14 ans.

Jours de congé : attaque au CHU de Lille, la mobilisation continue

 

Sans nous, rien ne se ferait

  


Mardi 3 novembre environ 300 agents du CHU de Lille se sont rassemblés pour dire « non au vol de jour de repos ». 

Ce rassemblement fait suite à celui du 12 octobre où les agents s’étaient fortement mobilisés. En effet la direction profite d’un changement de logiciel pour modifier la méthode de calcul du temps de travail, ce qui occasionnerait des pertes de jours de repos. Malgré les assignations, les obligeant à rester dans le service bien que grévistes, de nombreux agents ont réussi à venir au rassemblement sur leurs temps de pause ou leur journée de repos.

Ils ont décidé d’envahir la séance du CSE qui devait voter la mise en place de ce vol. Dans cette salle réservée d’habitude à la direction, les grévistes ont chanté leurs slogans dans une ambiance conviviale et combative. 

Devant cette contestation la direction, grand seigneur, a bien voulu prendre le temps de répondre à quelques questions. Bien mal lui en prit, car une avalanche de remarques et de questions a fusé des hospitaliers qui trouvent honteux de perdre de repos alors que les équipes sont déjà épuisées ! Car au-delà des pertes de ces jours, plusieurs ont parlé de leurs conditions de travail dégradées et du sous-effectif. Les grévistes s’applaudissaient mutuellement, notamment quand l’une a déclaré « C’est grâce à nous, au travail des milliers de petites fourmis que l’hôpital tourne ! ». Voyant qu’elle ne pourrait pas tenir la séance, la direction est partie la tenir dans une autre salle, immédiatement suivie par les agents. 

Les agents ne sont pas prêts à laisser passer cette attaque et comptent bien remettre ça jusqu’à l’abandon du projet.

Leur république et notre classe sociale

 Leur république et notre classe sociale

La plupart des rassemblements organisés après l’attentat raciste de Trappes ont été placés sous le thème de « la république contre le racisme » et ont vu fleurir une profusion de drapeaux tricolores.

Publié le 04/11/2026

 

Ali Rabeh, le maire de Trappes a déclaré « la France, c’est nous ». Dans l’immense foule rassemblée à Trappes, beaucoup ont entonné « on est chez nous » pour faire un pied de nez à l’extrême droite qui utilise ce slogan dans un sens raciste et prétend que ce pays devrait être réservé aux Blancs, de préférence chrétiens. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a inventé le concept de « nouvelle France » en même temps que LFI faisait élire, au Parlement ou à la tête de nombreuses mairies, beaucoup de femmes et d’hommes issus de l’immigration. Ces formulations font mouche dans la jeunesse ou les banlieues populaires des grandes villes, et on le comprend car elles expriment le sentiment totalement juste que les immigrés et les enfants ou petits-enfants d’immigrés, qu’ils soient blancs, noirs, arabes ou autres, qu’ils soient musulmans, chrétiens, juifs, bouddhistes ou sans religion, font partie de plein droit de la population de ce pays, qu’ils contribuent à faire fonctionner au jour le jour.

Mais cette revendication d’unité derrière les prétendues « valeurs républicaines » est un piège. La France des habitants de Trappes, comme celle des autres villes populaires, n’est pas la même que celle des quartiers riches. La différence essentielle n’est pas la couleur de peau ou la religion pratiquée par les uns et les autres, elle est d’abord sociale. Les uns sont le plus souvent ouvriers, infirmiers, chauffeurs, maçons, auxiliaires de vie, quand les autres sont cadres supérieurs, notaires, magistrats ou... rentiers. Le revenu médian de Trappes est de 18 000 euros par an quand celui de Neuilly est de 56 000 euros.

La république sans cesse invoquée par les dirigeants politiques, y compris ceux de gauche, est l’oripeau derrière lequel se cachent un appareil d’État, une police, une justice, une armée, qui ont pour fonction de maintenir l’ordre social. Hier, sous des gouvernements de gauche ou de droite, leur république a organisé le pillage colonial, aujourd’hui, elle envoie encore des corps expéditionnaires en Afrique ou au Moyen-Orient pour assurer des contrats et des marchés à TotalEnergies, Dassault ou CMA CGM. Leur république, qui a fait tirer sur des travailleurs révoltés dans le passé, envoie toujours sa police contre les grévistes et les manifestants, qu’ils soient gilets jaunes ou jeunes de banlieues. Affirmer « l’unité » derrière cette république, c’est aussi se dire prêt à obéir à des gouvernements qui maintiennent ce système d’exploitation.

Cette république est parfois capable d’offrir quelques postes de préfets, commissaires, juges, hauts fonctionnaires, à des personnes issues de l’immigration et même, plus rarement, à certains qui ont grandi dans des quartiers populaires. Mais elle n’a que du mépris, de la relégation et des coups à offrir aux exploités, qu’ils soient blancs, noirs ou arabes.

                                                    Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3040)

Argenteuil, colère de la jeunesse : aider les lycéens à trouver leur voie

 

Reconstruire la liaison de conscience jeunes et anciens

Vrai, et tellement rageant (pancarte, Paris 7 novembre)

Voilà l’ennemi : la classe bourgeoise (Idem)

L’espoir (manifestation du 17 octobre)

Les jeunes qui continuent à exprimer leur colère, leurs aspirations et leurs revendications ont à trouver leur voie. Sur la manière d’exprimer leur colère et leur rage, sur quels moyens utiliser, sous quelles formes le faire ?

         À Argenteuil, ces derniers jours, des incidents dont au moins un concernant une enseignante du lycée Jean-Jaurès blessée par un tir de mortier (heureusement au final sans gravité) montrent que trouver sa voie, ne pas se tromper d’adversaire, utiliser les moyens adaptés pour se faire entendre n’est pas simple. En particulier pour les jeunes des lycées populaires de notre banlieue.

         Le territoire des problèmes avec la présence et l’allure démesurées de la police est pour l’essentiel devant les grilles des établissements. Mais les lycéens peuvent-ils véritablement s’organiser à l’intérieur des lycées ? Non. Quel soutien et quelles idées le monde des adultes peut-il leur proposer pour aider la jeunesse à trouver sa voie ?

         Si la mouvement général actuel de la jeunesse débouchait sur la mobilisation du monde du travail, c’est-à-dire celui des adultes qui sont aussi les parents de ces lycéens, il en irait totalement autrement.

         Certes, une fraction d’adultes, celle en particulier des enseignants des lycées d’Argenteuil et de Bezons véritablement mobilisés est non seulement solidaire du mouvement lycéen et régulièrement dans l’action pour des revendications finalement communes, mais tente d’aider à la réflexion de la jeunesse de leurs établissements. Pas simple, mais c’est déjà beaucoup, et c’est en tout cas dans cette direction qu’il faut poursuivre.

         Mais nous pouvons en ce moment mesurer l’effroyable recul de l’organisation du monde du travail, au niveau des entreprises de la ville comme au niveau des quartiers populaires de celle-ci.

         Alors, si des jeunes ont du mal à trouver la bonne voie et les moyens efficaces de l’action, n’oublions pas le « à qui la faute ». En tirant cette conclusion qu’il faut vite rejoindre ceux, et ils existent à Argenteuil, qui n’ont de cesse de reconstruire le mouvement ouvrier dans notre ville unissant jeunes et plus anciens dans le même combat pour le renversement d’une société qui sombre. DM