mardi 28 juillet 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du 27 juillet 2026

CEUX QUI DIRIGENT LA SOCIÉTÉ NOUS MÈNENT À LA CATASTROPHE

27/07/2026

Les feux de l’été semblent immaîtrisables, comme si notre société était au bout de ses moyens face à une nature déchaînée. Mais c’est faux. Si les pompiers manquent de crédits, si la flotte de Canadairs est vétuste et ridiculement faible, c’est parce que l’État n’a pas jugé nécessaire d’y mettre les moyens. Pourtant, en Gironde, à quelques dizaines de kilomètres des flammes, il y a des usines Dassault où trois avions de chasse Rafale sortent chaque mois des lignes de production. N’aurait-il pas fallu imposer à Dassault de mettre en place une ligne pour des Canadairs ? Mais cela ne lui rapporterait pas assez de bénéfices !

L’impuissance face à ces feux est le fruit d’une société capitaliste incontrôlable et destructrice, car elle est guidée avant tout par la recherche du profit maximum et immédiat pour la grande bourgeoisie.

 

Les prix des carburants s’enflamment aussi

Un autre incendie nous menace, celui des prix des carburants qui viennent d’atteindre des records. Grand seigneur, le groupe TotalEnergies a annoncé qu’il allait plafonner ceux de l’essence et du diesel à 1,99 et 2,25 euros le litre ! Au même moment, le groupe annonce au monde de la finance que ses résultats sont hors normes. Pour le seul premier semestre 2026, il a fait 11,4 milliards d’euros de bénéfices net. Si on compare ces chiffres à ceux de l’an dernier sur la même période, c’est près de 50 % de plus. Sur ces six mois, les prix des carburants ont augmenté de 40 centimes le litre.

Interrogée sur le sujet, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, s’est déclarée contre le « Total bashing », comme si elle défendait une victime ! Elle a ajouté : « C’est une chance d’avoir en France un grand énergéticien mondial capable d’assurer notre approvisionnement ». Non seulement, elle cautionne ce racket, mais à l’écouter, il faudrait en plus lui en être reconnaissants ! Ces dirigeants politiques, dès qu’ils sont au gouvernement, défendent inconditionnellement, les capitalistes, aussi riches et parasitaires soient-ils.

Le pétrole est en hausse à cause de la guerre que mènent les États-Unis contre l’Iran et du blocage du détroit d’Ormuz. Et le blocage d’un autre détroit, celui de Bab-el-Manded, par les Houthis du Yémen alliés de l’Iran, pourrait aggraver la situation, en réduisant l’exportation de pétrole, notamment en provenance d’Arabie saoudite. Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a lui même convenu que la spéculation sur les prix du pétrole suite au conflit au Moyen-Orient était une source considérable de « bons coups » financiers. « Nos activités de trading de pétrole brut et de produits raffinés ont beaucoup de succès », a-t-il avoué !

 

Le parasitisme des groupes pétroliers

Mais la réalité est aussi que le commerce du pétrole est depuis longtemps dans les mains d’un cartel de trusts pétroliers dont TotalEnergies fait partie et qui a à sa tête les groupes américains Exxon Mobil, Chevron, l’anglo-néerlandais Shell et le britannique BP. Cette position de monopole met ces compagnies en situation de créer elles-mêmes les pénuries ou, en tout cas, de profiter des évènements internationaux pour le faire. Leur politique alors peut se résumer ainsi : produire et vendre moins mais beaucoup, beaucoup plus cher.

Et il n’y a pas que le prix de l’essence, ceux des fruits et légumes aussi ont augmenté. Mais les prix de l’énergie sont à la base de l’économie et leur hausse est l’annonce d’une nouvelle hausse pour presque tous les produits et services.

Là encore, ceux qui profitent des augmentations sont les grands groupes en situation de monopole, capables de s’entendre pour avoir une politique de prix concertée, comme les groupes de l’automobile, du transport maritime, de l’acier, de la chimie, de la grande distribution, etc. Les petits commerçants, eux, hésitent à augmenter leurs prix de peur de perdre des clients, et préfèrent parfois rogner sur leur marge au risque d’être poussés à la faillite.

 

Les travailleurs doivent contrôler l’économie

En bout de chaine, ceux qui n’ont que leurs bras, leur énergie, leur tête à vendre, c’est-à-dire les travailleurs, paieront, eux, toutes ces hausses de prix par un effondrement de leur pouvoir d’achat. Face à cette menace d’une nouvelle inflation, s’impose une revendication commune à tous : l’augmentation massive des salaires, des retraites et des pensions et leur indexation sur les prix ! Il sera vital aussi d’imposer le contrôle des prix par les travailleurs eux-mêmes.

C’est à nous de contrôler la façon dont cette société est dirigée. Ceux qui nous gouvernent nous mènent à la catastrophe et seule la classe des travailleurs peut les en empêcher.

                                                                                   Nathalie Arthaud

 

Incendies en Gironde, un article de Lutte ouvrière-Gironde du 26.7.26.

 

Le manque de moyens ont fait de ces feux des feux incontrôlables. Bien des habitants sont en colère

 

 

En Gironde et dans les Landes, les pompiers peinent à contenir les deux incendies qui se sont déclarés mercredi et jeudi au nord du bassin d’Arcachon et vers Biscarosse. Dimanche, la préfecture avait fait évacuer plus de 200 000 personnes habitant l’ouest et le sud-ouest de l’agglomération bordelaise. Au Porge et dans les communes avoisinantes, vers Biscarosse, près de 200 habitations n’ont pas pu être sauvées des flammes. Des dizaines de pompiers sont blessés – deux sont morts mardi dans un autre incendie à proximité de l’aéroport de Mérignac - et depuis vendredi, la fumée recouvre, suivant les vents, l’agglomération bordelaise, rendant l’atmosphère difficilement respirable.

Le gouvernement, la préfecture, parlent de feux « hors de contrôle » et de conditions météorologiques exceptionnelles. Mais si les deux feux sont devenus difficilement arrêtables, c’est bien parce que les pompiers n’ont pas eu les moyens de les éteindre lorsqu’ils ont démarré. Ils étaient d’une part en nombre bien insuffisant et d’autre part, jeudi et vendredi, seulement deux Canadairs, un Dash larguant des produits retardant et deux AirTractor capables de larguer de petits volumes d’eau étaient à l’œuvre. Or combattre de tels incendies, les Canadairs sont essentiels mais il en faut au moins quatre se relayant en permanence sur la zone visée pour arriver à un résultat. Avec seulement deux Canadairs, les pompiers ne peuvent qu’essayer de retarder la progression de l’incendie en humidifiant les abords.

Pour masquer sa faillite, le gouvernement a fait intervenir un Airbus A400M transformé en bombardier d’eau ou de retardant. C’est de l’affichage. Un tel avion a un temps de rotation beaucoup plus long qu’un Canadair et est donc bien moins efficace. Le fait est que sur les 12 Canadairs de la flotte française, 5 sont en maintenance et 2 sont affectés à la Corse. Dans ces conditions, les pompiers ne peuvent que faire des choix, abandonnant tel ou tel front, d’autant plus que dans le Var et en Corse, les flammes font aussi des dégâts. Ce sont ces moyens en défaut qui ont fait de ces feux des feux incontrôlables.

Pour pallier l’incurie gouvernementale, la population de Gironde et des Landes ne peut compter que sur le dévouement et la détermination des pompiers et sur elle-même. Ainsi bien des agriculteurs et des locaux se sont mis à disposition avec leurs citernes, leurs tracteurs et leurs tuyaux d’arrosage. Des travailleurs ont taillé des coupe-feux aux abords des forêts et des maisons. Des dizaines de milliers d’évacués ont pu compter sur des proches et dans les centres d’hébergement, des centaines de volontaires permettent à ceux qui n’ont pas d’autre solution de trouver refuge.

Alors, bien des habitants sont en colère. A la suite du mégafeu qui avait ravagé la forêt des Landes et de Gironde en 2022, les politiciens avaient multiplié les promesses d’achat de Canadairs notamment. Quatre ans après, aucun matériel supplémentaire n’est en activité. C’est un choix politique, pas technique car en Gironde même, les usines Dassault produisent chaque mois 3 Rafale et près de 3 Falcon, des jets pour riches. Le réchauffement climatique aggrave les risques d’incendie, mais la classe politique aux ordres de la grande bourgeoisie ne voit pas de problème, à l’image du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez qui dimanche estimait que les budgets de la protection civile étaient suffisants. Révoltant ! Lutte ouvrière Gironde le 26.7.26.

Chômage des jeunes : ce n'est pas le problème du gouvernement

Il faut que cela devienne le problème des jeunes eux-mêmes

 

 


Alors que le taux de chômage des jeunes était de 21 % au premier trimestre, l’Union nationale des missions locales, qui contribuent à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes travailleurs, proteste contre une baisse de 13 % de leur financement qui se profile dans la préparation du budget de l’État 2027.

Mais le gouvernement a déjà fait ses choix : la jeunesse, il la préfère sous l’uniforme, marchant au pas.