Blog de Lutte Ouvrière d'Argenteuil
Dominique MARIETTE
samedi 7 novembre 2026
Vie chère : les responsables et ceux qui paient
Vie chère : les responsables et ceux qui paient
Les entreprises de la grande distribution ont commandité un cabinet d’expertise pour travailler sur les marges des multinationales de l’agroalimentaire. C’est un nouvel épisode de la guerre entre les géants de ces deux secteurs.
Publié le 04/11/2026
Un rapport du Sénat du mois de mai 2026 dénonçait les marges de la grande distribution. Celles-ci sont concentrées entre quatre groupes : Leclerc, Carrefour, Intermarché et Coopérative U, renforcés par leurs alliances à l’échelle internationale. Le rapport concluait que sur 100 euros de valeur alimentaire, 8 revenaient à l’agriculteur, 14 à l’industriel et 40 au distributeur. La grande distribution était accusée d’être responsable des difficultés de l’agroalimentaire, des licenciements, fermetures d’usines et de la vie chère.
À l’approche des négociations sur les prix qui commenceront au 1er décembre, la grande distribution contre-attaque. Le résultat de l’enquête d’expertise montre que les Nestlé, Danone et autres Coca-Cola affichent des marges nettes moyennes de 13 %, soit quatre fois plus que la moyenne du secteur, qui s’établit autour de 3,5 %. Elle a aussi révélé que, entre 2022 et 2025, ces multinationales ont redistribué 94 % de leur résultat après impôt à leurs actionnaires alors que ceux des groupes de la grande distribution ont touché entre 30 et 50 %.
Ces résultats financiers des multinationales agroalimentaires ne s’obtiennent pas uniquement par la politique de hausse des prix mais aussi par des attaques contre les salariés. Une autre étude récente expliquait que les 1 300 licenciements programmés dans l’agroalimentaire venaient majoritairement de groupes rentables.
La grande distribution mène le même genre de politique, avec les fusions de magasins et les cessions de surface.
Dans les mois qui viennent, il faudra sans doute s’attendre à d’autres péripéties dans cette guerre pour le partage du profit qui oppose industriels et distributeurs. Mais une chose est sûre : ces profits se feront au détriment des salariés et des consommateurs, qui paieront le prix fort.
Inès Rabah (Lutte ouvrière n°3040)
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
Aujourd’hui samedi 7 novembre, de 10 heures à 10 heures 30 au marché des Coteaux,
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie,
-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 8 novembre, de 11h à midi au marché Héloïse.
Report au vu du mouvement
Vendredi 20 novembre
Cercle Léon Trotsky
« Les révolutionnaires et la démocratie bourgeoise »
À 20h00 Théâtre de la Mutualité 24, rue Saint-Victor, Paris 5e
Métro Maubert-Mutualité, Paris
(Participation aux frais 3 euros)
Un entretien sur un sujet important pour tous ceux qui militent pour la construction d’un parti révolutionnaire
14 novembre, 15 heures : Entretien à la librairie Le Presse-papier avec Rémy Adam pour son ouvrage « Le parti bolchévique ». Entretien animé par Dominique Mariette
La vente des entrées pour le prochain banquet à Argenteuil du 16 janvier 2027 a commencé. 17 euros, et 8 pour les enfants de moins de 14 ans.
États-Unis : Trump reçoit une claque électorale
États-Unis : Trump reçoit une claque électorale
Les élections de mi-mandat (midterms) ont donné lieu à une défaite cinglante du camp républicain, celui du président Trump. Son parti perd sa majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, qui constituent le Congrès fédéral des États-Unis.
Publié le 04/11/2026
L’ampleur du recul est telle que Trump semble avoir renoncé à contester le résultat des élections, bien qu’il prétende que si elles s’étaient faites sur son nom il aurait gagné. Pourtant, il s’est investi dans cette campagne appelant les électeurs à voter républicain comme si c’était un vote pour Trump. C’est bien sa politique, celle qu’il a menée depuis deux ans à la Maison Blanche, qui a été sanctionnée dans les urnes, et donc les candidats républicains qui la soutenaient.
Il est fréquent que les midterms tournent au désavantage du président en place, victime d’usure lorsque les électeurs ressentent l’écart entre les promesses électorales et la réalité. Dans le cas de Trump l’usure s’est accélérée ces deux dernières années sous l’effet de l’augmentation importante des prix des carburants, de l’alimentation et du logement, qui a signifié une baisse de pouvoir d’achat pour les classes populaires et même une partie de la petite bourgeoisie.
L’inflation était déjà l’écueil sur lequel la démocrate Kamala Harris, prenant la succession de Biden, s’était cassé les dents en 2024, permettant à Trump de l’emporter en promettant des baisses de prix. À présent, c’est le président républicain qui est rendu responsable des augmentations imposées par les plus grandes entreprises américaines - les majors pétrolières, les géants de la tech, les constructeurs automobiles, etc.
Trump s’est rendu aussi impopulaire du fait de la brutalité de sa police qui chasse les immigrés, de son soutien à la terrible guerre que l’État israélien mène aux Palestiniens et par l’impasse guerrière dans laquelle il s’est lui-même enfoncé en attaquant l’Iran.
Des millions d’électeurs ont adressé une claque à Trump en ne se déplaçant pas aux urnes ou en votant pour les démocrates, qui pourtant bénéficient d’une cote de popularité très basse, 28 %, encore plus faible que celle de Trump à 35 %. Mais le système bipartite est tel que le rejet des républicains ne pouvait que profiter aux démocrates.
Ces derniers remportent ainsi des succès remarqués dans des États, le Texas, le Kansas, la Caroline du Sud, où le vote républicain était majoritaire depuis longtemps, sans que cela signifie nécessairement que les électeurs se tournent vers les idées de gauche. Il est vrai que certains démocrates, élus ou réélus, dénoncent l’enrichissement démesuré des milliardaires et flirtent avec le terme « socialisme ».
Mais le rejet de Trump est tel que pratiquement n’importe quel candidat démocrate pouvait l’emporter dans ces élections, presque indépendamment de son profil politique. Ainsi Abdul El-Sayed, un médecin musulman, étiquetté progressiste, a gagné une élection sénatoriale disputée au Michigan, alors même que la démocrate qu’il avait battue lors de la primaire cet été soutenait le candidat républicain. Il est présenté comme particulièrement radical bien qu’il se dise partisan du capitalisme, parce qu’il dénonce les massacres à Gaza.
Pour le parti démocrate se pose la question du choix de son candidat pour l’élection présidentielle de 2028, où il devra ratisser le plus large possible et parier avant tout sur l’impopularité de Trump. Et si celui-ci perd le contrôle du Congrès et se retrouve obligé de composer dans une certaine mesure avec le parti démocrate, ce rééquilibrage politique ne résoudra pas la question de l’inflation et des salaires trop faibles, ni des catastrophes que l’impérialisme américain provoque dans le monde. Bien plus importantes seront les luttes, comme celle qui a mis la police de l’immigration ICE en échec à Minneapolis en début d’année, et celle pour la défense des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière.
Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3040)
Bus Île-de-France : attaques massives et généralisées
Bus Île-de-France : attaques massives et généralisées
Le 1er novembre, sept dépôts de bus de la RATP, et leurs 5 000 travailleurs ont été transférés dans deux filiales privées de RATP Cap. Finalement, les 19 000 travailleurs des bus de la Régie se retrouvent ainsi dispersés dans différentes filiales.
Publié le 04/11/2026
Le découpage en 48 lots du réseau d’Île-de-France a été étalé sur plusieurs années. Après appel d’offres, ces lots passent à des filiales privées, principalement de la RATP, la SNCF ou Transdev. Cette réorganisation permet à l’État et à la Région des économies sur les transports en commun, tout en permettant à des capitaux privés de faire des profits grâce au financement public. Mais, pour les usagers, cela signifie de plus en plus de bus supprimés en raison d’un nombre insuffisant de conducteurs, de véhicules et d’ouvriers pour les entretenir.
Pour les travailleurs des bus, chaque passage en filiale signifie une aggravation des conditions de travail et de rémunération, que l’employeur précédent soit public ou privé. Selon les filiales ce sont aussi des horaires de travail plus longs, des jours de repos supprimés, des temps de pause diminués, une remise en cause de primes, des plannings de travail faits au détriment de la vie personnelle. Il s’y ajoute le passage d’un à trois du nombre de jours de carence en cas de maladie, la limitation des congés d’été à trois semaines au lieu de quatre, des erreurs sur les décomptes de temps, la multiplication des sanctions, etc.
Du coup, plusieurs de ces passages en filiales ont provoqué des grèves. C’est le cas récemment dans les dépôts ex-RATP de Pleyel, Asnières, Ivry, Vitry, Fontenay- aux-Roses, et de Keolis à Argenteuil.
Les patrons des transports en commun mènent ainsi des attaques généralisées. Mais les travailleurs des bus, qui sont plusieurs dizaines de milliers en Île-de-France, peuvent représenter une force importante pour y riposter.
Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3040)
Argenteuil, fonctionnement des services communaux, un énorme gâchis
Sur ce plan aussi, remettre les pendules à l’heure
Il y aurait 47 % de travailleurs contractuels à la Ville d’Argenteuil parmi plus des 2500 travailleurs territoriaux. L’an passé, le taux de départ de ces derniers aurait été de 29 %, mutations, non renouvellement de travailleurs sous contrat, démissions pures et simples, on ne sait. Un record. Dans tous les cas, c’est énorme et indigne de la Ville qui a besoin de travailleurs titulaires assurant la continuité des tâches. C’est très difficile pour les travailleuses et les travailleurs de cette collectivité.
Mais parlons également des conséquences de cette rupture de continuité pour les habitants. Des travailleurs de la commune, dont des responsables, qui quittent le navire de gré ou de force et c’est tout un fonctionnement normal qui vole en éclat. Les dossiers s’accumulent et prennent du retard. Tous les habitants concernés par ces derniers en font la douloureuse expérience, dommageable à de nombreuses activités, scolaires, associatives, éducatives …
C’est indigne. Sur ce plan également, l’intérêt et la mobilisation de la population d’Argenteuil doivent se développer. Ils doivent se retrouver aux côtés des travailleuses et travailleurs eux-mêmes de la Ville qui en se mobilisant pour leur condition de travailleurs, pour les salaires, pour les effectifs, contre la précarité, contre l’ambiance néfaste dans nombre de services contribueront à remettre les pendules à l’heure dans ce service public utile et si essentiel pour la population. DM
vendredi 6 novembre 2026
5 novembre : des manifestations de très grande ampleur. Ce n’est qu’une étape, continuons la mobilisation
Une étape tellement encourageante pour développer la lutte
Oui, oui, et oui
La mobilisation qui a eu lieu hier a été exceptionnelle dans de multiples villes du pays. Elle l’était en tout cas à Paris où les cortèges très denses avec une grande majorité de jeunes exprimaient leur joie et leur bonheur de se retrouver ensemble. À nouveau, de multiples pancartes faites d’inventivité et de créativité démontraient le caractère politique du mouvement et la politisation croissante de la jeunesse mobilisée.
Combien étions-nous à Paris ? 150 000 ? 200 000 ? 250 000 comptés ? Davantage ? En tout cas, quatre heures pour le passage d’un flux interrompu de rangs serrés, et une circulation de même nature sur les trottoirs. Même chose en province. Alors, plus d’un million de manifestants au total à l’échelle du pays ?
Le gouvernement va organiser dans les prochains jours une « conférence sociale » avec les organisations syndicales qui sont loin d’avoir mobilisé leurs organisations hier. Même s’il n’y a rien à en attendre pour la satisfaction des revendications de la jeunesse et du monde du travail, la crainte qu’elle manifeste de la part du gouvernement est à mettre à l’actif du mouvement.
Comme le dit notre porte-parole Nathalie ARTHAUD : « Il faut continuer. Cette journée ne doit être qu’une nouvelle étape. Il faut augmenter la pression, et sur le gouvernement et sur le grand patronat. Profitons que l’on est nombreux pour organiser la suite, dans les entreprises aussi bien que parmi la jeunesse. Continuer de se rassembler, mettre sur la table tout ce qui ne va pas, formuler nos revendications, entraîner ceux qui restent observateurs… On ne lâche rien. »
DM
Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :
Aujourd’hui vendredi 6 novembre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;
-samedi 7 novembre, de 10 heures à 10 heures 30 au marché des Coteaux,
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie,
-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 8 novembre, de 11h à midi au marché Héloïse.
Report au vu du mouvement
Vendredi 20 novembre
Cercle Léon Trotsky
« Les révolutionnaires et la démocratie bourgeoise »
À 20h00 Théâtre de la Mutualité 24, rue Saint-Victor, Paris 5e
Métro Maubert-Mutualité, Paris
(Participation aux frais 3 euros)
Un entretien sur un sujet important pour tous ceux qui militent pour la construction d’un parti révolutionnaire
14 novembre, 15 heures : Entretien à la librairie Le Presse-papier avec Rémy Adam pour son ouvrage « Le parti bolchévique ». Entretien animé par Dominique Mariette
La vente des entrées pour le prochain banquet à Argenteuil du 16 janvier 2027 a commencé. 17 euros, et 8 pour les enfants de moins de 14 ans.

