jeudi 19 février 2026

Après la mort d’un identitaire : une campagne réactionnaire

Après la mort d’un identitaire : une campagne réactionnaire

Ministres et responsables politiques, du PS à l’extrême droite, ont déclenché une campagne contre LFI et la violence de ceux qu’ils appellent « l’ultragauche », à la suite de  la mort tragique à Lyon d’un militant identitaire, en marge d’une conférence de la députée européenne Rima Hassan.

Publié le 18/02/2026

 

Quentin Deranque, étudiant de 23 ans, était un militant catholique traditionaliste, royaliste proche de l’Action française et membre d’un groupe identitaire, venu assurer le service d’ordre des militantes d’extrême droite du groupe Némésis. Avec leurs méthodes provocatrices habituelles, celles-ci étaient venues perturber la conférence de la députée pro-palestinienne Rima Hassan organisée dans le campus de Sciences-Po Lyon. Plus tard, dans les rues voisines, Quentin Deranque a été mortellement blessé au cours d’une rixe opposant ces identitaires à un groupe, à ce stade non identifié, venu pour en découdre.

Le drame a été exploité sans délai par un large panel de politiciens, allant de l’extrême droite au PS, accusant LFI d’encourager la violence en politique : « les milices de Mélenchon tuent » (Marion Maréchal-le Pen) ; « C’est l’ultra-gauche qui a tué, pas la police » (Darmanin, ministre de la Justice) ; « LFI porte une responsabilité morale (…) en encourageant la violence » (Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement) ; « LFI brutalise le débat politique » (Raphaël Gluksmann). L’assistant parlementaire de Raphaël Arnault – le fondateur du groupe antifa La jeune garde, élu député LFI en 2024 et qui a dénoncé le meurtre - accusé sans aucune preuve d’être impliqué, a été interdit d’accès à l’Assemblée nationale par sa présidente. Le ministre de l’Enseignement supérieur envisage d’interdire les conférences de Rima Hassan dans les universités sous prétexte qu’elles représenteraient « un trouble à l’ordre public ». 

Si l’on ne peut que déplorer la mort de ce jeune homme sous les coups et condamner la méthode de ceux qui l’ont frappé, quels qu’ils soient, cette campagne est aussi écœurante qu’hypocrite. Elle évacue le fait que ce sont d’abord les nervis d’extrême droite qui agressent, frappent et parfois tuent. Le groupe féministe identitaire Néménis, dont la porte-parole est chroniqueuse sur Cnews, multiplie les provocations dans différentes villes en ciblant LFI. A Lyon, le média Rue89 a recensé plus de cent actes violents perpétrés par l’extrême droite depuis 2010 : une librairie anarchiste et un local du PCF ont été plusieurs fois saccagés ; des personnes dont la tête ne revient pas à ces nervis, couples mixtes, Arabes ou Noirs, homosexuels supposés, ont été plusieurs fois tabassées dans la rue ou à la sortie de soirées ; des militants connus ont été agressés ; en novembre 2023, le groupe Guignol Squad a attaqué une conférence sur la Palestine avec des barres de fer, blessant gravement trois personnes. Les deux tiers de ces agressions sont restées sans aucune suite judiciaire.

En instrumentalisant la mort de ce jeune identitaire, ceux qui accusent Mélenchon et la prétendue « ultra-gauche », cherchent à isoler LFI et à faire de ce parti un pestiféré, puisqu’il est un concurrent sur le terrain électoral et au sein du parlement. Par la même occasion, ils dédouanent l’extrême droite, au moment où les partis de droite s’en distinguent de moins en moins et pourraient bientôt gouverner avec elle. Les uns et les autres, PS compris, lui ouvrent ainsi un boulevard.

Mais au-delà des rivalités entre partis qui se disputent le pouvoir, cette campagne menace tous ceux qui refusent de se taire quand Netanyahou, soutenu par les dirigeants français et occidentaux, massacre les Palestiniens ou qui dénoncent le sort indigne réservé par l’État aux migrants. En dénonçant la « violence » d’une « ultra gauche » mal définie, il s’agit de faire oublier la violence exercée dans de vastes proportions par ceux qui gouvernement. En fait, cette campagne vise à intimider tous ceux qui refusent de marcher au pas dans cette période où ceux qui dirigent préparent ouvertement la guerre.

                                                           Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3003)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-jeudi 19 février : de 17 h.30 à 19 h.15 : entrée Côté Seine, rue PV Couturier ;

-vendredi 20 février, de 16 heures à 16 heures 45 au marché du Val ;

-de 17 h. à 18 h.30 devant Auchan, Val-Sud ;

-au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 21 février : de 9 h.15 à 10 h.45 entrée de la mairie ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 13 h45 à 14 h.50 heures et de 17 h.30 à 19 heures, carrefour Babou :

-dimanche 22 février, de 9 heures 30 à 12 heures et de 14 à 16 h. au carrefour Babou.

-lundi 23 février, de 17 h.30 à 19 h.30 devant Intermarché du centre ;

-mardi 24 février : à partir de 17 h.30, activités à la cité Champagne ;

-Mercredi 25 février : de 14 à 16 heures entrée de la mairie,

- et de 17 h.30 à 19 h.15 devant Auchan-Val Sud.

 

Contre l’extrême droite, un combat politique

 Contre l’extrême droite, un combat politique

Les événements de Lyon ont mis en lumière les actions de groupes d’extrême droite qui n’hésitent pas à venir perturber des réunions publiques et à agresser physiquement des adversaires politiques réels ou supposés.

Publié le 18/02/2026

Ces groupes, allant des identitaires aux nostalgiques du fascisme, sont nourris par la diffusion permanente dans les médias d’idées réactionnaires, xénophobes, nationalistes et sécuritaires. Même si le Rassemblement national, dans le cadre de sa dédiabolisation, se démarque ostensiblement de ces groupes peu présentables, ses succès électoraux grandissants et l’alignement de la plupart de ses concurrents sur sa démagogie, les encouragent et favorisent leur recrutement. La campagne médiatique et politique déclenchée après la mort du jeune identitaire, qui fait désormais figure de martyr, pourrait renforcer, non seulement les idées de l’extrême droite, mais aussi les agissements de ces nervis violents.

Cette mouvance représente un danger pour les organisations ou les partis qui contestent peu ou prou l’ordre social, pour ceux qui militent sur le terrain de la défense des droits des migrants, pour la fraction immigrée de la classe ouvrière, pour les militants syndicaux et plus généralement pour les travailleurs qui entrent en lutte, font grève, manifestent ou organisent des piquets de grève. Il serait illusoire et naïf de s’en remettre à la police ou la justice pour s’en prémunir.

Il est donc bien sûr vital que les manifestations, réunions, conférences et autres actions publiques se protègent contre ces menaces physiques par des services d’ordre capables de se faire respecter. Mais combattre l’extrême droite, faire reculer les idées xénophobes et empêcher de nuire les groupes identitaires prêts à attaquer, représente un tout autre enjeu. C’est une lutte qui ne se gagnera pas en répondant sur le même terrain, par des batailles rangées entre gros bras, qui ne sont pas les méthodes du mouvement ouvrier. Elle ne peut remporter des succès qu’au travers de la lutte de classe et du combat social. L’extrême droite a été nourrie par les trahisons des partis de gauche qui prétendaient représenter les classes populaires et qui leur ont fait supporter toutes les conséquences de la crise du capitalisme quand ils sont passés au pouvoir. C’est ce qui a entraîné leur discrédit, leur perte d’influence et cela se traduit aujourd’hui, au sein de la classe ouvrière, par l’absence de perspectives, le fatalisme, la résignation et l’absence de luttes collectives.

La lutte contre la progression de l’extrême droite ne peut être séparée du combat pour que les travailleurs retrouvent la confiance dans leur force collective et la conscience d’avoir des intérêts communs par-delà leur diversité, et finalement des perspectives pour changer cette société. C’est une tâche fondamentale pour ceux qui se réclament du communisme et de la révolution.

                                                                X. L. (Lutte ouvrière n°3003)

Salaires : toujours moins

 

Mettre en branle notre force, car sans nous il n’y a rien

 

 

Dans les entreprises où ont déjà eu lieu les Négociations annuelles obligatoires (NAO), les patrons limitent les augmentations de salaires à 1,7 % en moyenne contre 2,3 % en 2025, 3,5 % en 2024 et 4,6 % en 2023. Bref en baisse continue et tout à fait insuffisant face à la hausse des prix.

         Le patronat mène la guerre sociale aux travailleurs. Seule notre force collective par la lutte pourra le faire reculer.

Élections municipales : 14 février à Paris : le meeting des listes Lutte ouvrière d’Île-de-France

 

Le meeting de soutien aux listes Lutte ouvrière d’Île-de-France, samedi 14 février à Paris, a été un succès. Devant une salle enthousiaste de 1 200 personnes, Marielle Saulnier, qui conduit la liste à Paris, a pris la parole, ainsi que nos porte-parole Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier, respectivement têtes de liste à Pantin et à Poissy. On trouvera ici des extraits de leurs interventions, dont l’intégralité est publiée sur le site internet de Lutte ouvrière.