mardi 20 octobre 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 19 octobre 2026

 UNE RÉVOLTE LÉGITIME À LAQUELLE LES TRAVAILLEURS PEUVENT DONNER UNE DIRECTION

19/10/2026

D’après le gouvernement nous avons été plus de 550 000 à manifester le 17 octobre, deux fois plus que lors de la manifestation lycéenne du 6 octobre. C’était, dans toutes les villes, une véritable marée humaine. Des jeunes et des moins jeunes ont réclamé des conditions d’enseignement dignes et dit leur ras-le-bol d’en être réduits à la survie permanente.

Mais ce ne sont pas leurs revendications ni l’élan enthousiaste de ces immenses cortèges qui sont commentés. Ce sont les batailles rangées avec la police, les pillages de magasins et les saccages de lieux publics dans plusieurs villes.

Ces deux aspects ne sont pas séparés. Ils reflètent une même rage provoquée par la montée des inégalités et des injustices. Et de fait, de plus en plus de jeunes et de travailleurs se disent que pour être entendus, il faut casser et affronter la police.

Que le pouvoir soit sourd et muet face aux souffrances des classes populaires et qu’il faille se battre avec détermination pour arracher ne serait-ce que le minimum vital est certain. Mais ce qui compte le plus, c’est que cette lutte devienne l’affaire de millions de personnes. Et la casse pour la casse ne nous y aide pas.

Les travailleurs connaissent trop le prix des choses, et ce qu’il leur en coûte pour les fabriquer et les entretenir, pour ne pas être écœurés de voir des bâtiments et des petits commerces saccagés. Et comment ne pas voir que ces violences font le jeu du pouvoir ?

 

Politique de la matraque

Le gouvernement profite de cette ambiance de guerre civile qu’il a contribué à créer. D’abord en laissant pourrir la situation, ensuite en multipliant les provocations et les violences policières parce qu’il n’a rien à proposer à la jeunesse. Macron l’a encore montré dans son allocution de dimanche soir. À part des coups de menton autoritaires et la menace d’interdire les manifestations, il n’a rien à proposer !

Le gouvernement ne veut rien céder aux classes populaires, pas un centime. Alors qu’il fait cadeau de 2,5 milliards aux grandes entreprises richissimes en diminuant la surtaxe sur les profits dans son budget, alors que les compagnies pétrolières s’engraissent sur notre dos par milliards. Il sait répondre aux revendications… quand elles viennent de la grande bourgeoisie, des actionnaires et des milliardaires !

Alors, quand les jeunes n’obtiennent rien pour améliorer les conditions d’études, quand nous en sommes, nous travailleuses et travailleurs, à ne plus rien pouvoir nous payer et à nous priver de déplacements, oui, il y a de quoi être en rage, et de quoi se lever pour donner une suite au 17 octobre.

Beaucoup de femmes et d’hommes dans le monde du travail ne croient pas à la possibilité de gagner et ne se lancent pas dans la lutte. Les affrontements avec la police contribuent aussi à faire peur. Mais il faut réaliser que nous, les travailleurs, nous représentons, collectivement, une force sans comparaison avec les cortèges que l’on a vus jusque-là dans les rues.

 

La force et les capacités d’organisation sont du côté des travailleurs

Nous avons mille fois plus les moyens de peser sur le gouvernement et le grand patronat que tous ceux qui montent des barricades et croient s’attaquer au capitalisme en brisant des vitrines, car nous sommes au cœur du système productif.

Notre travail est à l’origine des profits et des capitaux. Cela nous donne un immense pouvoir qu’il faut utiliser pour défendre nos intérêts et faire avancer toute la société.

On doit tirer les leçons des faiblesses du mouvement des gilets jaunes. Il est possible de faire plus efficace que les manifestations du samedi et l’occupation des ronds-points, et il est possible de contrôler notre lutte si nous utilisons nos armes de travailleurs : la grève et les occupations d’entreprises.

Les plus grandes victoires ont été remportées lorsque la lutte s’est déplacée au cœur des entreprises. Quand elle ne visait pas seulement le pantin qui occupe l’Élysée, mais aussi ses maîtres, les capitalistes.

Si mai-juin 1968 a marqué l’histoire et ouvert des perspectives aux travailleurs, aux femmes et aux jeunes, c’est que les journées de barricades et de voitures brûlées au quartier latin ont débouché sur une grève générale de trois semaines faisant se lever 10 millions de travailleurs.

L’entrée du monde du travail dans la contestation peut décider de l’avenir et du succès de la mobilisation qui ébranle le pays. Discutons-en dans les entreprises, organisons-nous pour aller dans ce sens.                              

                                                                    Nathalie Arthaud

Procès de Rima Hassan : Non à la mise au pas derrière Netanyahou

 

Un procès politique scandaleux

  


Le procès en correctionnel de Rima Hassan, eurodéputé LFI, pour "apologie de terrorisme" après un tweet dans lequel elle revendiquait le droit, et même le devoir de résistance pour les Palestiniens a commencé. Elle risque sept ans de prison et dix ans d'inéligibilité.

         C'est un député RN qui avait réclamé des poursuites et le ministre de l'Intérieur avait suivi. C’est un procès politique scandaleux car il vise à intimider et à bâillonner ceux qui dénoncent l'extermination des Palestiniens par l'armée israélienne avec la complicité des dirigeants occidentaux.

Champion du pipeau et en course pour le pipeline

Il ment et il louche vers…

  


Macron entame une tournée dans des pays du Golfe persique producteurs de pétrole et de gaz. Il prétend que le voyage est destiné à peser sur les prix à la pompe en France. Le mensonge est grossier : il est accompagné de représentants d'Engie et de TotalEnergies, deux des plus gros profiteurs de la flambée des prix de l'énergie, qui lorgnent sur les ressources de cette région.

         Présenter l'intérêt du capital comme l'intérêt général, c’est vraiment ça le job d'un président de la République

 

Nouveaux nés et jeunes enfants en péril au CHU Limoges

Ainsi va l’effondrement de la santé publique

 

 

Depuis jeudi 15 octobre le service de réanimation néonatale de l’HME (hôpital de la mère et de l’enfant) du CHU de Limoges fonctionne sans aucun réanimateur.  7 réanimateurs soit la totalité de l’effectif sont en arrêt maladie majoritairement pour cause de Burn-Out, provoqué par une surcharge intenable d’activité, les effectifs médicaux n’étant pas à la hauteur de la charge de travail. Le service reçoit les nouveaux nés des 3 départements limousins mais aussi d’Indre et de départements au-delà et prend aussi en charge les adolescents jusqu’à 16 ans.

         Des bébés ont dû être transférés vers les CHU de Bordeaux, Poitiers et Bayonne avec ce que l’éloignement provoque d’angoisse et de souffrance pour les parents ! Certains cas très graves difficilement transportables sont pris en charge par des médecins « senior » dont ce n’est pas la spécialité ! Pour les grossesses à risque, le personnel anticipe également des transferts vers d’autres CHU.

         L’ARS (Agence régionale de Santé) et la direction du CHU se contentent de dire « Nous mettons tout en œuvre pour garantir la continuité des soins » !

         Depuis des décennies les gouvernements successifs ne cessent de faire des économies dans la santé sur les personnels non-médicaux comme médicaux. Le sous-effectif et la surcharge de travail dans les services d’urgence sont connus. Mais cette politique d’économie met aussi en péril la vie des bébés et des jeunes enfants !