mardi 23 juin 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 22 juin 2026

 N’attendons pas le coup de chaud, imposons nos conditions !

22/06/2026


Cette seconde canicule, encore plus chaude et plus longue que celle du mois de mai, nous oblige, de nouveau, à user du système D et à serrer les dents. Dans l’impréparation la plus totale, des écoles et des collèges sont obligés de fermer. Des convocations de Bac sont modifiées. Des dizaines de trains sont supprimés quand ils ne tombent pas en rade au milieu du trajet… Au final, c’est débrouillez-vous !

Il y a plus de 20 ans déjà, après la canicule de l'été 2003 qui avait fait près de quinze mille morts, l'État avait juré "plus jamais ça" et promis la climatisation dans les écoles et les hôpitaux. Mais les écoles bouilloires sont légion avec des fenêtres sans volets et parfois impossibles à ouvrir. Et combien de chambres d’hôpital sont encore sans ventilation ni climatisation ?

Le gouvernement renvoie chacun à sa responsabilité, mais il est incapable d’assumer les siennes. Et surtout, n’attendons pas qu’il protège les travailleurs, car malgré cette situation extrême, il y a une chose qui ne change pas, c’est qu’il faut aller travailler coûte que coûte ! 

Travailler : un enfer pour beaucoup

L’enfer commence souvent dans le transport quand on se retrouve piégé dans un bus, un train, un RER sans climatisation où les malaises de passagers se multiplient. Et l’enfer continue au travail.

La majorité des usines sont des fours. Les ateliers sont confinés et mal ventilés. Travailler dans une fonderie, une boulangerie industrielle, suivre des cadences infernales sur une ligne de montage ou soulever des charges lourdes tout en portant des équipements de sécurité chauds et encombrants devient une véritable torture quand la température dépasse les 30°C et atteint les 40°C.

Les chantiers du BTP, quasiment toujours exposés à la chaleur ou à la poussière, ne sont pas interrompus pendant les épisodes de canicule puisque le code du travail n’indique aucune limite maximale de température.

Même dans les bureaux, il est fréquent, y compris dans les grandes entreprises qui se targuent d’être à la pointe de la technologie, qu’il n’y ait ni climatisation ni ventilation. C’est pire dans les cuisines des restaurants et les petits commerces où la chaleur est quasi intenable.

Cette exposition à la chaleur tue. Elle tue directement – plusieurs dizaines de décès sont répertoriés chaque année – et elle tue à petit feu, en créant ou en aggravant des maladies cardiaques ou respiratoires.

Face à ce danger, la seule obligation de l’employeur est de fournir de l’eau fraîche en quantité suffisante et de renouveler l’air des locaux, ce qui n’est même pas fait pour des millions de travailleurs. Si les horaires de travail sur les chantiers sont parfois modifiés en période de canicule, si des pauses supplémentaires sont accordées dans les ateliers les plus durs, c’est le plus souvent après que les travailleurs l’ont imposé. 

Ne laissons pas les chefs et les patrons décider du moment où cela devient intenable !

On nous dit qu’il faut boire, passer du temps dans des pièces fraîches, ralentir. Tous ces conseils vaudraient partout… sauf au travail, là où nous nous épuisons deux fois plus vite ?

Une mesure d’urgence serait au moins de réduire la journée de travail et baisser les cadences. Si nous nous épuisons deux fois plus vite, travaillons deux fois moins et travaillons plus lentement.

Dans les ateliers transformés en bouilloires, il faut arracher des congés exceptionnels, payés par le patronat évidemment. Celui-ci est prompt à assurer son propre confort et s’il est incapable d’assurer la sécurité de ses salariés, c’est à lui d’en assumer les conséquences.

Le patronat et le gouvernement se préoccupent de la production et de leurs profits et ils ne raisonnent qu’en fonction d’eux. À nous de nous occuper de notre santé et de nous organiser pour la protéger !

L’incurie de l’État et l’irresponsabilité patronale sont au cœur du système capitaliste. Contrairement à ce que l’on entend, l’État ne sert pas à organiser la vie sociale, anticiper et investir pour préparer l’avenir. Sa raison d’être est d’assurer toutes les conditions nécessaires pour que la bourgeoisie accumule toujours plus de profits.

C’est pourquoi tous les gouvernements laissent les industriels faire ce qu’ils veulent : polluer, émettre les gaz à effet de serre à qui mieux mieux, et imposer à tous leur organisation économique et sociale aberrante.  La fuite en avant imposée par la course aux profits va bientôt nous forcer à vivre sous les 50°. N’acceptons pas de crever au travail pour une organisation sociale aussi folle ! 

                                                                             Nathalie Arthaud

Canicule, éducation : L’État n’a pas pour rôle de protéger la population. La preuve.

 

Ils s’en lavent les mains

 

 


Des parents qui fournissent des ventilateurs, qui peignent les baies vitrées de peinture blanche… Dans les écoles, où la température peut monter jusqu'à 35 ° dans les classes, les initiatives des familles tentent de pallier à l'incurie et à l'irresponsabilité des pouvoirs publics.

Le ministre de l'Education nationale se contente de fermer des écoles, obligeant les parents à se débrouiller pour la garde des enfants. Après le Covid, la même leçon se répète : l’État n’a pas pour rôle de protéger la population et c’est celle-ci qui doit trouver des solutions.

Drogue : poudre aux yeux

 

Beaucoup de salive pour pas grand-chose

 

 

Le Premier ministre Sébastien Lecornu poursuit une campagne anti-drogue avec leçons de morale, des spots publicitaires ciblant les consommateurs comme des complices des narcotrafiquants et de la répression tous azimuts.

Mais se pencher sur les causes de la consommation massive de stupéfiants et des addictions, véritable problème de santé publique, n’est pas son problème. Sans parler bien sûr de s’attaquer aux circuits financiers de ces trafics, l’argent sale qui alimente les banques et une partie de l’économie.

         En imposant à des ministres, hauts fonctionnaires et leurs collaborateurs de se soumettre à des tests salivaires, Lecornu fait surtout de la communication. À moins que ce ne soit l’aveu que le problème vient d’en haut...


Argenteuil, vente du Monoprix. Lidl : la culture du profit. Certes, elle n’est pas la seule. Une correspondance de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 Lidl : la culture du profit

Publié le 17/06/2026

Le 9 juin, le géant de la grande distribution Lidl a réuni 3 800 cadres à l’Accor Arena de Bercy à Paris, pour présenter la stratégie du groupe

La direction a accueilli les cadres d’un : « Si vous n’adhérez pas au projet, vous pouvez partir ». Précédemment, au mois de mai, Lidl avait signé un accord avec Paris La Défense Arena, la plus grande salle de spectacle couverte d’Europe. Ce partenariat, négocié à coups de millions d’euros, permettra à Lidl de devenir le « supermarché officiel » de la salle, de s’y afficher partout et d’intégrer les places de spectacles au programme fidélité de son application.

Dans sa communication, Lidl assure que grâce à ce partenariat, « 15 millions de Français ont désormais le pouvoir de vibrer plus fort ». Mais dans les entrepôts et les rayons ou derrière les caisses, c’est plutôt l’exaspération qui fait vibrer les travailleurs. Lidl France fait partie du groupe Schwarz, dont le propriétaire, Dieter Schwarz, est le plus riche des capitalistes allemands, sa fortune frôle les 58 milliards d’euros. Mais pour les travailleurs, les salaires sont bas, la charge de travail est élevée à cause du sous-effectif et ils subissent le mépris permanent des cadres.

Alors que l’entreprise débourse des millions pour que son nom s’affiche en gros dans une salle de spectacle, la prime d’intéressement annuelle des salariés n’a cessé de baisser. Ses dérisoires 1 200 euros étaient déjà tombés à 800 euros l’an dernier, pour se résumer à 200 euros cette année ! Quant à la prime de participation, cela fait des années qu’elle n’existe plus. Pour les travailleurs, il n’y a vraiment rien à applaudir dans ce spectacle patronal.

                                                Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3020)

Argenteuil, quartier du Val-Nord, un nouveau mauvais coup pour le quartier

 

Inverser la tendance pour un quartier très périphérique

 

1970 ?

Un incendie a eu lieu la semaine passée dans un parking sous l’esplanade du quartier du Val-Nord. Il a eu des conséquences néfastes pour la médiathèque du quartier qui est fermée jusqu’à nouvel ordre.

         Ce quartier de travailleurs est sous-équipé au niveau des équipements publics utiles à la population et dans une situation très périphérique par rapport au cœur de la Ville. Les quelques commerçants ont bien du courage pour faire face. La situation actuelle de canicule n’arrange rien avec de nombreux logements qui n’ont pas bénéficié d’une véritable isolation thermique.

         En tout cas, cette fermeture de la médiathèque est un très mauvais coup pour la jeunesse du quartier qui a besoin de sollicitude, d’aide, de soutien, de lieux collectifs, et de culture. DM