Nouvelle-Calédonie : la politique coloniale sur la place publique
Jeudi 29 janvier, la publication par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) d’un rapport dénonçant les violences et les discriminations à l’encontre des Kanaks avant, pendant et après leur explosion de colère de mai 2024, a déclenché la colère des représentants et partisans de l’État français.
Publié le 11/02/2026
Le 13 mai 2024, la jeunesse kanake et océanienne s’était insurgée contre le dégel du corps électoral, qui visait à consolider le pouvoir de la droite loyaliste en rendant minoritaires les Kanaks dans leur propre pays. La colère était à la mesure de l’oppression subie depuis plus de 170 ans par ces peuples océaniens. Dans cet archipel de seulement 260 000 habitants, le gouvernement déploya plus de 3 000 policiers et gendarmes. 2 500 Kanaks et Océaniens furent arrêtés et placés en garde à vue, plus de 500 furent déférés et plus de 300 jugés en comparution immédiate. Dans le même temps, des descendants de colons, des Caldoches, et des métropolitains d’extrême droite formèrent des milices armées sur des barrages avec la complicité à peine voilée des autorités françaises. De mai à septembre, il y eut 14 morts, dont 11 Kanaks.
Dans son rapport, la CNCDH ne fait pas de révélations. Tout ce qu’elle y dénonce a déjà été observé et décrit. Les partisans du maintien au sein de l’État français sont montrés sous leur vrai visage, celui d’une caste colonialiste prête à tout pour maintenir sa domination, ayant conduit, comme le dit la CNCDH, une politique « essentiellement répressive » à l’encontre « quasi exclusivement » des Kanaks sous la forme d’une « intervention policière militarisée », au moyen de « véhicules blindés et tirs opérés depuis des hélicoptères à l’encontre de civils ».
Au-delà des événements, la CNCDH dénonce les mesures de rétorsion collective annoncées par les dirigeants anti-indépendantistes de la province Sud à l’encontre des Kanaks, comme les mesures restreignant l’accès à l’aide médicale, aux bourses scolaires, à l’école, à la cantine ou aux logements.
La sortie de ce rapport a provoqué une levée de boucliers de la part de la droite loyaliste et des représentants de l’État français. Ainsi Sonia Backès, présidente de la province Sud, a dénoncé un rapport qui « rend coupables les victimes et victimise les coupables ». Et tous de justifier « la conscience parfaitement tranquille », selon les mots du procureur de la République, la répression qui aurait permis « d’éviter un coup d’État », ou pire encore « la guerre civile ». Un tel cynisme est coutumier des représentants de la bourgeoisie française et caldoche.
Quoi qu’il en soit, loin des recommandations de la CNCDH, le gouvernement maintient sa politique coloniale. Le 19 janvier, Macron et le gouvernement ont signé avec la droite et certains partis kanaks l’accord Élysée-Oudinot qui se veut complémentaire de l’accord de Bougival signé l’été 2025. En instaurant de nouveaux verrous institutionnels, ces accords visent à enterrer définitivement la question de l’indépendance en créant un État de Nouvelle-Calédonie au sein de l’État français. La bourgeoisie française tient à tout prix à maintenir sa domination sur la Nouvelle-Calédonie, quitte à s’appuyer pour cela spécifiquement sur les Caldoches et leurs représentants d’extrême droite contre les Kanaks. Alors que les tensions entre grandes puissances vont s’accroissant, la bourgeoisie française considère l’archipel calédonien, sa base militaire, sa zone économique exclusive comme un point d’appui indispensable pour maintenir son rang au sein des puissances impérialistes. Les Kanaks payent dans leur chair cette domination.
Serge Benham (Lutte ouvrière n°3002)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-vendredi 13 février, de 16 heures 15 à 17 heures au marché du Val ;
-au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;
-samedi 14 février : de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de Joliot-Curie ;
-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 14 février, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;
-et de 11 heures à midi au marché Héloïse ;
-lundi 15 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.
Bien d’autres permanences peuvent être organisées dans le cadre de notre campagne.


