vendredi 28 août 2026

Nathalie Arthaud, candidate Lutte ouvrière - le camp des travaileurs

Budget : catalogue de menaces

Budget : catalogue de menaces

Lorgnant du côté des revers essuyés par ses prédécesseurs, Lecornu prend les devants pour lancer le budget 2027, annonçant en filigrane de nouvelles attaques contre la population laborieuse.

Publié le 26/08/2026

 

Dans une lettre envoyée le 22 août aux députés et sénateurs, il se fait pressant. « Choisir d’attendre l’élection présidentielle pour adopter un budget pour 2027, écrit-il, c’est choisir le désordre. » Car il suppose, avec quelque raison, qu’en ces mois de campagne électorale, les uns et les autres, aux manettes ou dans l’opposition, ne se précipiteront pas pour porter les mauvaises nouvelles, autrement dit de nouvelles attaques contre ceux qui font l’activité du pays, les travailleurs.

Présentant la dette de l’État et le déficit budgétaire comme une vérité incontournable, et dont il n’est pas question de discuter l’origine, le Premier ministre entend faire voter un projet de loi de finances et un projet de loi de finances de la Sécurité sociale qui rassureraient les marchés financiers, selon leur vocabulaire. Sinon, Lecornu prédit l’apocalypse, sous forme d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt de la dette, d’une croissance en berne et d’une crise économique aggravée.

Il juge donc utile de préparer « l’opinion », autrement dit ceux qui vont trinquer. Appuyé par son ministre des Finances, Roland Lescure, Lecornu propose de « poursuivre le redressement de nos finances publiques » et promet de ne pas « sacrifier les investissements qui garantissent notre souveraineté : défense, sécurité, justice, énergie, industrie, recherche, adaptation au changement climatique ». Merci donc pour les industriels de l’armement, merci pour toutes les déclinaisons de crédits impôt recherche. On aura compris que le rabotage se fera une fois de plus aux dépens de la classe ouvrière.

Comme s’il ne suffisait pas de l’inflation qui érode le pouvoir d’achat, de la hausse vertigineuse des prix du carburant ou des fruits et légumes, des baisses d’allocations, pour les chômeurs notamment, des menaces sur le droit à la santé, la vilaine petite musique des attaques contre les 18 millions de retraités se fait à nouveau entendre. « La question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d’être posée » susurre un ministre. « On peut envisager de ne pas les augmenter autant que l’inflation », ajoute-t-il. Ne pas augmenter les retraites de base de ce que l’inflation a volé en 2026 aux retraités permettrait d’économiser environ 3,6 milliards d’euros… selon leurs calculs, et faire participer ceux que ces messieurs appellent des privilégiés, les retraités « aisés » touchant 2 000 euros brut par mois, qui seraient donc doublement volés.

Ce bruit de fond ciblant les travailleuses et travailleurs retraités ne fait d’ailleurs pas oublier la vieille rengaine visant à les priver des 10 % d’abattement avant impôt. Tout est bon pour tenter de détourner l’attention des véritables privilégiés, les intouchables milliardaires.

                                                   Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3030)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 28 août, de 17h15 à 18h15 Carrefour Babou ;

-samedi 29 août, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 30 août : de 11 h. à midi au marché Héloïse.

Grève des ouvriers des usines Hyundai de Corée du Sud

 

Partout, la force des travailleurs, c'est la grève !

 

 

Le 20 août, 40 000 des 73 000 salariés des usines de Corée du Sud du constructeur automobile Hyundai ont fait grève une journée à l’appel de leur syndicat.

Cette journée de grève a arraché à la direction une augmentation du salaire de base de 100 000 wons (72 euros), du maintien de 100 % du salaire lorsque l’âge de la retraite passera de 60 à 65 ans et d’une promesse d’embauches. Ce qui a suffi au syndicat pour appeler à la reprise du travail et signer un accord avec la direction qui sera soumis au vote des salariés le 31 août.

Il n’en reste pas moins que les travailleurs de Hyundai montrent la voie : la force des travailleurs, c'est la grève ! 

“La bataille de Gaulle” : une propagande cocardière

 À propos de “La bataille de Gaulle” : une propagande cocardière

En ce moment sur les écrans, la superproduction qu’est La Bataille de Gaulle ne reprend pas le mythe habituel de la lutte « des démocraties contre le fascisme » mais c’est pour faire l’éloge de l’union patriotique incarnée par le général.

Publié le 12/08/2026

Si les deux épisodes montrent bien que l’essentiel de la bataille du général visait à faire une place à l’impérialisme français, aux côtés des alliés anglo-saxons, ils le font évidemment en chantant ses louanges.

Le réalisateur, ancien conseiller de Dominique de Villepin, montre un de Gaulle d’abord très isolé. Alors qu’il est réfugié à Londres en juin 1940 après avoir refusé l’armistice, la quasi-totalité du personnel politique de la Troisième République, ainsi que le patronat, se sont ralliés sans état d’âme à Pétain. De Gaulle, lui, fait le choix de représenter les intérêts de la bourgeoisie française, au même titre que Pétain… mais dans le camp adverse. Il lance ses premières recrues à l’assaut des colonies françaises d’Afrique pour obtenir des ralliements parmi les gouverneurs coloniaux. Il peut en tirer quelques troupes sans poids militaire réel, qu’il envoie se battre jusqu’au suicide contre une armée allemande bien plus puissante, pour montrer la volonté combattante de la « France libre » et obtenir que Churchill, puis Roosevelt le reconnaissent comme un représentant crédible de l’impérialisme français.

Lorsque l’armée américaine débarque en Algérie fin 1942, sans en avertir de Gaulle, c’est encore avec les représentants de Vichy que Roosevelt négocie. Le général reste encore quantité négligeable pour les dirigeants américains, et le film montre comment, à l’approche du débarquement de Normandie en 1944, ils envisagent de placer la France sous une administration américaine, l’AMGOT, avec sa propre monnaie et ses propres préfets. Si les dirigeants américains finissent par abandonner ces plans, c’est parce qu’ils ont compris que de Gaulle sera la meilleure carte à jouer pour maintenir l’ordre social après la chute du régime de Pétain.

Et si cela apparaît possible, c’est que le PCF offre à de Gaulle sa capacité à encadrer la classe ouvrière. Cet aspect est largement passé sous silence dans le film, à part une allusion à l’intégration du PCF dans le Conseil national de la résistance. Les dirigeants américains et la bourgeoisie française consentirent en effet à l’alliance avec ce parti car Staline s’était montré, lui aussi, préoccupé d’éviter que la chute du nazisme n’entraîne des mouvements révolutionnaires en Europe ou dans les colonies.

De Gaulle utilisa le PCF pour restaurer le pouvoir de la bourgeoisie, en lui évitant d’affronter la révolte populaire. Le PCF se chargea en effet, avec la CGT qui lui était liée, d’encadrer la classe ouvrière, de lui imposer de nouveaux sacrifices pour remettre en route la machine économique du patronat. Le terme de « Résistance » cachait la réalité de cette politique, contraire aux intérêts des travailleurs et des peuples colonisés.

Si on voit dans le film le général Leclerc intégrer une compagnie formée de communistes et d’anarchistes espagnols aux côtés de ses troupes coloniales, la « Libération » n’a pas été la victoire pour laquelle les uns et les autres étaient prêts à se sacrifier. La fin de la guerre signifia le maintien de l’ordre social, en France comme ailleurs, de la domination sur les colonies et même du pouvoir de Franco en Espagne. En 1945, les armées de Leclerc allaient partir en Indochine pour y rétablir brutalement l’administration coloniale française.

La préoccupation de De Gaulle dans son combat « pour la France » était la défense des intérêts de la bourgeoisie française et de son empire, dans le cadre d’un nouvel ordre mondial sous domination américaine. La politique « patriotique » du PCF rallié à de Gaulle, abandonnant toute perspective indépendante pour les travailleurs et les opprimés, rendait un grand service à la bourgeoisie. Quant aux prétendus acquis sociaux du CNR, ils n’étaient que la menue monnaie payée par la bourgeoisie pour maintenir l’asservissement de la classe ouvrière.

Aujourd’hui, ce film qui dénonce l’hégémonie des États-Unis rencontre logiquement un large écho. Mais son message prônant l’union sacrée autour de la défense de la patrie, salué par les politiciens de tous bords, de Retailleau à Roussel en passant par Mélenchon et Villepin, survient à point dans l’actuel contexte guerrier. Il fait partie du piège habituel destiné à faire accepter au bon peuple l’idée de se sacrifier pour la gloire d’un autre impérialisme, bien français celui-là.

                                              Serge Fauveau (Lutte ouvrière n°3028)

Argenteuil, Journées européennes du patrimoine, du travail en perspective à Argenteuil

 

« Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer »,

 


 

 

 

Les journées européennes du patrimoine sont une occasion bien utile de s’instruire. Ces journées des 19 et 20 septembre prochains auront un relief particulier à Argenteuil. Voir le lien ci-dessous. De nombreuses animations sont prévues, avec cela dit déjà un petit reproche. Elles sont trop nombreuses à concerner la Maison impressionniste du boulevard Karl Marx et le site de l’Abbaye.

         Ces visites et animations sont répertoriées sur le thème « Patrimoine en danger » bien dans la lignée d’un des deux thèmes retenus pour ces deux journées européennes du patrimoine 2026 : « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ».

         À Argenteuil, cet intitulé est particulièrement au cœur de la problématique locale qui à ce jour est très loin des préoccupations municipales. Si deux lieux précédemment cités sont l’objet d’une activité certaine, il manque une vision communale d’ensemble sur ce patrimoine local. Nulle réflexion sur les fouilles archéologiques nécessaires. Surtout, un certain nombre d’éléments patrimoniaux dont Argenteuil n’a pas pourtant pléthore, ne sont pas légalement protégés ou sont mal conservés. Je pense au vieil hospice de la rue Pierre Guienne, à la mosaïque de l’ancienne imprimerie Coulouma où furent imprimés les premiers tomes de la collection La Pléiade, à la salle des fêtes Jean Vilar de l’architecte réputé Novarina, à la fresque d’Édouard Pignon « L’homme du XXème siècle », …

         Alors « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer », nous sommes vraiment au cœur du sujet à Argenteuil. DM

 

https://95.agendaculturel.fr/festival/journees-du-patrimoine-argenteuil.html