dimanche 15 février 2026

Amiante : la justice se hâte lentement

 Amiante : la justice se hâte lentement

L’ancien directeur du technicentre de maintenance SNCF de Saintes, en Charente-Maritime, passe en procès depuis le 10 février pour avoir exposé des salariés à l’amiante.

Publié le 11/02/2026

Depuis que la médecine a clairement établi la nocivité de l’amiante en 1906, il a fallu neuf décennies aux autorités françaises pour interdire l’usage de cette fibre, en 1996. Avec la complicité de l’État et la complaisance de certains scientifiques ainsi que de certains syndicalistes, les industriels de l’amiante avaient retardé au maximum cette interdiction pour réaliser des profits le plus longtemps possible. Peu leur importait que les risques de maladie de l’appareil respiratoire soient pris par des ouvriers qui ignoraient le plus souvent le péril mortel qui les guettait.

Dès les années 1990, environ 3 000 travailleurs en activité ou en retraite mouraient chaque année en France des suites d’une exposition professionnelle à l’amiante, parfois des dizaines d’années auparavant. Aujourd’hui encore, trente ans après l’interdiction de l’amiante, ces décès restent très nombreux.

C’est en 2001 que des travailleurs du technicentre SNCF de Saintes ont porté plainte contre leur employeur qui n’avait pas respecté la nouvelle législation et avait continué à leur cacher les risques qu’il leur faisait prendre. Sous l’aiguillon du patronat, opposé par principe à toute remise en cause de son autorité sur les entreprises, même publiques, la machine de l’État a continué à faire assaut de lenteur : un seul cadre de la SNCF, âgé aujourd’hui de 79 ans, a été mis en examen. Le procès vient de s’ouvrir, vingt-huit ans après les faits commis entre 1998 et 2000 !

Quand les autorités judiciaires ou autres disent que les victimes sont leur priorité, elles devraient ajouter : sauf si ce sont des travailleurs dont le patron est mis en cause.

                                                      Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3002)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-dimanche 14 février, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 heures à midi au marché Héloïse ;

-lundi 15 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Bien d’autres permanences peuvent être organisées dans le cadre de notre campagne.

Justice, police, une célérité et une exigence à géométrie variable. L’affaire de Viry-Châtillon

 Le droit de mentir et de falsifier

D’après Mediapart, la justice s’apprête à classer sans suite la plainte contre la police de six jeunes hommes accusés à tort d’avoir incendié deux voitures de police à Viry-Châtillon le 16octobre 2016.

Publié le 11/02/2026

Lors de cet incendie criminel, quatre policiers avaient été blessés dont un grièvement brûlé. L’enquête, largement médiatisée, menée par leurs collègues avait été bâclée pour incriminer des jeunes de la cité de La Grande Borne à Grigny. En première instance, puis en appel, sur les treize accusés, cinq jeunes ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 18 ans de prison et huit ont été acquittés. Une partie d’entre eux ont alors porté plainte contre la police pour falsification de procédure.

En effet, ils ont, pour trois d’entre eux, passé quatre ans en prison pour rien, d’autres ayant écopé d’un an de détention provisoire, alors qu’ils étaient innocents. Comme a témoigné l’un des jeunes arrêtés à tort et qui a fait quatre ans et trois mois de prison : « Ils ne cherchaient pas les coupables mais des coupables. »

Et de fait, les policiers ont tronqué les interrogatoires, allant même jusqu’à les falsifier. Ils ont harcelé les jeunes en garde à vue pour leur faire avouer leur présence et leur complicité. Les audiences, qui sont nécessairement filmées, n’ont été que partiellement retranscrites. Un des jeunes a nié pendant des heures avoir été présent lors de l’attaque mais, à l’issue de la garde à vue, il a fini par dire, sur les conseils de son avocat commis d’office, qu’il ne se souvenait plus de rien. C’est cela qui a été retenu contre lui lors du premier procès. Pire, un témoignage qui le disculpait n’a même pas été versé au dossier.

En 2021, malgré les éléments qui incriminaient les policiers, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, leur avait renouvelé son soutien. « Quoi qu’il arrive et quoi qu’on dise […], je les défends et je les défendrai. » Et c’est exactement ce qui s’est passé. Alors que quatre plaintes pour « faux en écritures publiques », « violences volontaires » et « escroquerie au jugement » ont été déposées par les avocats des jeunes innocentés, la justice ne s’est pas du tout hâtée pour entendre les policiers incriminés.

Depuis 2021, l’affaire est passée entre les mains de cinq juges successifs. Il a fallu attendre 2023 pour que les policiers soient enfin auditionnés. Aucun d’entre eux n’a été mis en examen. Le principal témoin dont les policiers s’étaient servi pour accuser les jeunes n’a même pas été entendu. C’est ainsi que la procédure va certainement aboutir à un non-lieu.

Selon qu’il s’agit de prouver la culpabilité des jeunes des quartiers ou celle des policiers, la justice n’a ni la même célérité, ni la même exigence.

                                                    Aline Urbain (Lutte ouvrière n°3002)

Ballon rond : dans la famille des milliardaires réactionnaires...

 

Drôle de sire

  

Crédit photo : André Zahn. Attribution-Sharealike-2.0.Germany

 Le milliardaire britannique Sir Jim Ratcliffe, patron du géant de la chimie Ineos et co-propriétaire de Manchester United, a fait le buzz en déclarant que la Grande-Bretagne était en train de se faire « coloniser » par les immigrés.

         À quelle place serait son club de foot sans ses joueurs étrangers ? Quand il a délocalisé sa compagnie à Monaco pour payer moins d’impôts, était-ce de la « colonisation » ?

         Un grand capitaliste qui déverse des insanités réactionnaires, c’est un spectacle qui devient banal... mais est toujours aussi écœurant.

Argenteuil, journal de campagne de la liste « Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs » : notre liste déposée a été validée.

 

Le camp des travailleurs. L’exprimer !

 


 Une partie de notre liste, photo prise le 16.1.26.

Déposée lundi dernier, la liste « Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs » pour les élections municipales à Argenteuil des 15 et 22 mars a obtenu son récépissé définitif, c’est-à-dire sa validation. La véritable campagne commence désormais.

         Notre liste est composée totalement de travailleurs, avec un majorité d’actifs mais aussi une forte proportion de travailleurs retraités. Ils habitent dans tous les quartiers d’Argenteuil. Actifs ou retraités, ils subissent les conséquences du recul de la condition ouvrière, au niveau des revenus, du logement, et des services publics qui leur sont nécessaires. De toutes origines, de toutes catégories, ils ont en commun d'appartenir au "camp des travailleurs", et d'en vivre la condition.

         Ouvriers, techniciens, agents territoriaux à la retraite, formatrices, ingénieurs, travailleurs du spectacle, enseignants, agents des hôpitaux, conducteur de bus, étudiant, AESH, agents commerciaux, employés, livreur, agent de lycée, agent de propreté, monitrice en ESAT… notre liste est à l’image du monde du travail de la Ville.

         Nous diffuserons rapidement cette liste. Après cette étape de validation heureusement terminée, une nouvelle phase de notre campagne commence. Elle attend et espère votre soutien. DM

Promesses ou réflexion pour préparer l’avenir, il faut choisir. Argenteuil, journal de campagne des élections municipales.

Concentrer nos échanges sur l’essentiel

 

 

Ces messieurs des listes candidates parlent de leurs projets respectifs sur lesquels il y aurait bien des aspects à discuter. Ils parlent d’Argenteuil, mais jamais, oui, jamais précisément, de la population elle-même, de sa situation, et de ses inquiétudes. De sa situation quant à son pouvoir d’achat, son état de santé, ses problèmes de logement…, bref les problèmes essentiels qui concernent leur vie. Ils n’ont à la bouche qu’Argenteuil, mais guère voire pas du tout ses habitants.

         Certes, ce n’est pas à l’échelle locale, quoi qu’en disent certains, que ces problèmes essentiels peuvent se régler. Mais les élections municipales comme les autres permettent de les poser, de discuter, et de faire partager la seule voie qui permettra de conduire à la solution de ces problèmes. La lutte et l’organisation du monde du travail menant à une hausse drastique des salaires et pensions, et à une amélioration radicale des services publiques, de santé, de construction de logements, d’éducation. Ces discussions sont essentielles pour préparer l’avenir. Elles sont le cœur de la campagne des listes « Lutte ouvrière- Le camp des travailleurs » à Argenteuil comme dans les 250 autres villes du pays.

         Les discussions que nous avons eues ces jours derniers confirment que de nombreux habitants sont contents d’entendre ce langage et d’en discuter. DM