jeudi 30 juillet 2026

Incendies : la faillite d’un gouvernement et d’un système

 Incendies : la faillite d’un gouvernement et d’un système

En Gironde et dans les Landes, il a été difficile de contenir les deux incendies qui se sont déclarés les 22 et 23juillet au nord du bassin dArcachon et vers Biscarosse.

Publié le 29/07/2026

 

Au 26juillet, la préfecture avait fait évacuer plus de 220 000 personnes habitant louest et le sud-ouest de la Gironde, y compris plusieurs communes de lagglomération bordelaise.

Au Porge et dans les communes avoisinantes, et vers Biscarosse, plus de 200 habitations n’ont pas pu être sauvées des flammes. Des dizaines de pompiers ont été blessés et deux sont morts dans un autre incendie à proximité de l’aéroport de Mérignac en début de semaine. Suivant les vents, la fumée a recouvert l’agglomération bordelaise, rendant l’atmosphère difficilement respirable. Des dizaines de milliers de travailleurs ont été mis au chômage partiel, en particulier dans les zones évacuées interdites d’accès.

Le gouvernement et la préfecture ont parlé pour se dédouaner de feux « hors de contrôle » et de conditions météorologiques exceptionnelles. Mais si les deux feux ont pris une telle ampleur, c’est bien parce que les pompiers n’ont pas eu les moyens de les éteindre lorsqu’ils ont commencé. Le 22 et le 23juillet, seulement deux Canadair, un Dash larguant des produits retardants et deux AirTractor capables de larguer de petits volumes deau étaient à l’œuvre. Or, pour combattre de tels incendies, les Canadair sont essentiels mais il en faut au moins quatre se relayant en permanence sur une zone visée pour arriver à un résultat.

Pour masquer sa faillite, le gouvernement a fait intervenir à grand renfort de communication un Airbus A400M transformé en bombardier d’eau ou de retardant, mais ce n’est que de l’affichage. Selon tous les spécialistes, un tel avion est bien moins efficace qu’un Canadair. Or, avec ceux qui sont en maintenance, il n’y avait le 23 et 24juillet que cinq Canadair disponibles sur les douze de la flotte du pays. Dans ces conditions, les chefs pompiers n’ont pu que faire des choix, abandonnant tel ou tel front, d’autant plus que, dans le Var et en Corse, les flammes ont fait aussi au même moment des dégâts. C’est ce défaut de moyens qui a fait de ces feux des incendies incontrôlables.

Le sentiment d’abandon d’une partie de la population s’est augmenté du fait que le gouvernement a affecté beaucoup de ressources à la protection des sites industriels, ceux d’ArianeGroup et de Dassault, du Laser Mégajoule et du camp militaire de Souge, dégarnissant là encore les autres fronts. Des habitants du Porge accusent la préfecture de les avoir laissés tomber pour protéger la presqu’île du Cap-Ferret et les résidences secondaires pour riches qui s’y trouvent.

Pour pallier l’incurie gouvernementale, la population de Gironde et des Landes a surtout pu compter sur le dévouement et la détermination des pompiers et sur elle-même. Des agriculteurs du département et des départements voisins, des résidents locaux se sont mis à disposition avec leurs citernes, leurs tracteurs et leurs tuyaux d’arrosage. Des travailleurs ont taillé des coupe-feu aux abords des forêts et des maisons. Des dizaines de milliers d’évacués ont pu compter sur des proches et, dans les centres d’hébergement, des centaines de volontaires permettent à ceux qui n’ont pas d’autre solution de trouver un refuge.

Alors, bien des habitants du département sont en colère. À la suite du mégafeu qui avait ravagé la forêt des Landes et de Gironde en 2022, les responsables politiques, dont Macron en personne, avaient multiplié les promesses, notamment d’achat de Canadair. Quatre ans après, aucun matériel supplémentaire n’est en activité. C’est un choix politique et non technique car, en Gironde même, les usines Dassault produisent chaque mois trois Rafale, près de trois Falcon, des jets pour riches.

Le réchauffement climatique, conséquence de l’anarchie capitaliste, augmente les risques d’incendie, mais la classe politique aux ordres de la grande bourgeoisie ne voit pas de problème. Dimanche 26juillet, le ministre de lIntérieur Laurent Nuñez estimait dans les médias que les budgets de la protection civile étaient suffisants. Le 27 juillet, Macron a affirmé à Bordeaux que lheure n’était pas venue de faire « le retour d’expérience de ces feux » et qu’il fallait rester « unis » derrière le gouvernement face aux incendies. Gagner du temps et passer à autre chose est une tactique vieille comme le monde.

                                               Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2026)

Macron en Gironde : brasser du vent n’éteindra pas les incendies

 

La priorité de ces messieurs est ailleurs, du côté de leur classe

 

 

En visite en Gironde où fait rage un incendie catastrophique, Macron a applaudi les pompiers et vanté « l’unité de la nation ».

Son appel au patriotisme visait surtout à éteindre le feu des critiques et de la colère provoquées par le manque de moyens criant dont disposent les pompiers. Manque de moyens que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, nie de façon cynique.

Pas sûr que les pompiers et toute la population qui leur apporte une aide matérielle indispensable, apprécient les discours de ces politiciens qui programment des économies sur le dos des services de lutte contre les incendies.

Incendie et exploitation : La direction de la Poste de Gironde a joué avec la santé

 

Exploiteurs jusqu’au bout

 

 

En Gironde, la direction de La Poste entend imposer aux 314 collègues évacués dans le département qu’ils posent des jours de récupération ou des congés payés s'ils sont absents de leur travail. C’est révoltant. Etre évacué, ce n'est pas être en vacances !

     Quant aux facteurs, la direction régionale a voulu leur faire reprendre la distribution de courrier dans les zones non évacuées, alors même que la PIC de Cestas est fermée et que l’ARS, l’Agence régionale de santé, mettait l’ensemble du département en alerte rouge concernant la toxicité de l’air.

      Ainsi, par exemple, à Pessac, commune limitrophe de Cestas évacuée samedi soir, un manager a ordonné le maintien de la distribution des publicités, en affirmant « on verra selon la qualité de l’air », au mépris des consignes de l'ARS. Une position encore plus scandaleuse quand on sait que c’est sans masque FFP2 que la direction entendait faire sortir les facteurs, la direction admettant avoir des stocks mais attendant les consignes pour les distribuer.

      La forêt brûle, l’atmosphère est toxique, mais La Poste entend faire prendre un bol d’air aux facteurs.

Chili : l’extrême droite au service des usuriers

 

Des étudiants piégés par les serviteurs des riches et des banques

 

 


Le président d’extrême droite, José Antonio Kast exige que 550 000 bénéficiaires d’un crédit universitaire, avec garantie de l’État, remboursent leur emprunt.

Sous la dictature de Pinochet, l’enseignement supérieur a été privatisé. Pour payer leurs études, de nombreux jeunes ont dû emprunter et se sont trouvés piégés avec des sommes à rembourser qui augmentaient au rythme de l’inflation. Ainsi, le montant à rembourser pour des études d’infirmière pouvait passer de 11 000 à 22 000 euros. Ils ont été nombreux à ne pas pouvoir rembourser et à compter sur la garantie de l’État.

L’ex-président de gauche Gabriel Boric, n’a pas effacé leur dette. Avec Kast qui lui a succédé, les saisies sur compte en banque se multiplient. Quant aux banques qui ont racketté ces milliers d’étudiants, elles ne sont pas inquiétées.