vendredi 30 octobre 2026

Attentat raciste de Trappes : ceux qui poussent au crime

 Attentat raciste de Trappes : ceux qui poussent au crime

Après la mort à Trappes dans les Yvelines, le 23 octobre, de Pengo Bossio Wangi, tombé sous les tirs d’un homme de 39 ans, qui a également blessé gravement une enfant de 12 ans et trois autres personnes, de nombreux rassemblements se sont tenus le 26 octobre pour exprimer l’effroi et la colère face à ce crime raciste.

Publié le 28/10/2026

 

Macron a osé prétendre que cet attentat raciste était un « tournant dans la vie de notre nation ». Quel tournant ? Il a oublié les meurtres perpétrés en 2025, celui d’Aboubacar Cissé poignardé dans une mosquée ou celui d’Hichem Miraoui tué par son voisin. Cette même année, 9 700 crimes et délits à « caractère raciste » ont été enregistrés par la police et la gendarmerie ! La réalité est que des jeunes et des moins jeunes, parce qu’ils sont noirs ou arabes, sont régulièrement confrontés au racisme.

Des crimes comme celui de Trappes ne surviennent pas par hasard. Que son auteur soit déséquilibré ou non, ce sont bien en effet les idées racistes qui ont motivé son passage à l’acte. Ils se produisent dans un climat alimenté en permanence par des propos racistes et xénophobes. Par leurs discours de haine et par leur politique antimigrants, les Le Pen, Retailleau, Darmanin et autres, les ministres actuels et leurs prédécesseurs, favorisent le passage à l’acte d’individus tels que le meurtrier de Pengo Bossio Wangi.

Le RN emploie le terme de « racaille » pour désigner les jeunes des quartiers populaires issus de l’immigration. En 2022, Bardella avait comparé la commune de Trappes à « une petite république islamique en miniature, capitale européenne du jihad », Le Pen de son côté l’avait qualifiée de « territoire perdu de la République sous le poids d’une immigration massive et ininterrompue ». Mais il n’y a pas que l’extrême droite qui tient de tels propos ; un Bayrou, alors Premier ministre, n’avait-il pas parlé de « submersion migratoire » ? Toutes ces déclarations répétées contre les migrants et les musulmans attisent la haine raciste.

C’est une arme que tous ces politiciens utilisent à dessein, non seulement pour leurs calculs électoraux de bas niveau, mais pour tenter de détourner la colère des classes populaires en cette période d’aggravation de la crise économique, et de diviser les travailleurs qui, qu’ils soient français ou immigrés, font tout fonctionner dans la société et sont confrontés aux mêmes exploiteurs. Le racisme est une arme entretenue par les capitalistes pour maintenir leur domination. S’en remettre à l’appareil d’État, à sa police et à sa justice, eux-mêmes gangrénés par ces préjugés, pour combattre les actes racistes et en attendre une protection est une dangereuse illusion. C’est dans le combat collectif contre le grand patronat responsable de la crise, du chômage et des bas salaires, que reculeront toutes les idées de division, le nationalisme, la xénophobie et le racisme.

                                                      Aline Retesse (Lutte ouvrière n°3039)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 30 octobre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 31 octobre, de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 1er novembre, de 11h à midi au marché Héloïse.

 

Samedi 07 novembre

Cercle Léon Trotsky

« Les révolutionnaires et la démocratie bourgeoise »

À 15h00 Théâtre de la Mutualité 24, rue Saint-Victor, Paris 5e

Métro Maubert-Mutualité, Paris

(Participation aux frais 3 euros)

 

Un entretien sur un sujet important pour tous ceux qui militent pour la construction d’un parti révolutionnaire

14 novembre, 15 heures : Entretien à la librairie Le Presse-papier avec Rémy Adam pour son ouvrage « Le parti bolchévique ». Entretien animé par Dominique Mariette

 

La vente des entrées pour le prochain banquet à Argenteuil du 16 janvier 2027 a commencé. 17 euros, et 8 pour les enfants de moins de 14 ans.

Assassinat de Trappes : Le rassemblement du Havre

Le rassemblement du Havre

Publié le 28/10/2026

 


Lundi 26 octobre, sur le parvis de l’Hôtel de ville du Havre, cinq cents personnes se sont rassemblées contre les crimes racistes de Trappes. Il y a seulement un an et demi, un rassemblement avait déjà eu lieu pour dénoncer l’horreur de l’assassinat d’Aboubakar Cissé à la Grande-Combe.

Le choc, l’émotion, la violence du racisme et de ceux qui le propagent, tout cela fut dit à nouveau.

Mais le rassemblement est petit à petit sorti de la tristesse et du deuil. Un micro a commencé à circuler et de très nombreux jeunes, pour la plupart mobilisés sur leurs lycées, ont décrit ce qu’ils vivaient, le racisme, le sentiment de relégation et de rejet, pour dire « Stop ! Ça suffit ! »

L’idée que si les travailleurs immigrés s’arrêtaient de travailler dans le pays, plus rien ne marcherait, a fait l’unanimité. Avec cette conscience d’être indispensables, il a été question de se mobiliser dans les mouvements en cours.

Une première fois, un organisateur a proposé de mettre un terme au rassemblement, mais les jeunes n’avaient pas tout dit, et le micro a continué à circuler pendant une bonne heure. On se sentait unis par la combativité, et pas seulement par le chagrin. On s’est promis de se retrouver beaucoup plus nombreux pour la manifestation de samedi 31 octobre et pour la grève du 5 novembre.

                                                    Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3039)

 

24 octobre : le gouvernement en échec

 24 octobre : le gouvernement en échec

Les 410 000 manifestants samedi 24 octobre, selon le ministère de l’Intérieur, ont déjoué les manœuvres d’intimidation et les interdictions.

Publié le 28/10/2026

 

Toute la semaine précédente, les grands médias d’information – et pas seulement ceux d’extrême droite – avaient fait donner l’artillerie lourde. Les reportages sur les commerces saccagés ont tourné en boucle, les légendes horrifiques sur les croquemitaines de l’ultragauche et de LFI ont saturé les plateaux de télévision et les ondes radio.

Une seule question a semblé intéresser commentateurs et prétendus spécialistes : comment les forces de répression ont-elles pu se faire déborder le 17 octobre et comment se préparer à ne pas revivre le même épisode le 24 ? Derrière ces simulacres de débats, l’objectif est d’assimiler tout manifestant à un casseur ou un pilleur et de faire disparaître derrière un écran de fumée les revendications. Ce qui a « débordé » les prévisions du gouvernement et de son renseignement intérieur c’est une colère de plus en plus large contre la dégradation des conditions de vie.

Jeudi 22 octobre, à l’issue d’un conseil de sécurité à l’Élysée, Macron avait annoncé que, « pour protéger nos centres- villes, en particulier nos commerces et nos bâtiments publics, la recommandation générale, c’est pas de manifestation dans les jours à venir ».

Dans plus d’une centaine de villes, des arrêtés préfectoraux ont immédiatement interdit les rassemblements, en particulier dans les grandes agglomérations, Rouen, Lyon, Marseille – dans cette dernière ville la manifestation a été finalement autorisée. Dans des dizaines d’autres, les préfets ont interdit l’accès au centre-ville.

Ces interdictions ou entraves à manifester se sont ajoutées aux couvre-feux locaux imposés depuis le 18 octobre. Dans le même temps, le ministère de l’Intérieur a annoncé une augmentation des effectifs de police et de gendarmerie mobile déployés dans les rues le 24 octobre.

Ces mesures autoritaires, les quelque 10 000 gardes à vue depuis le début du mouvement lycéen et les procès expéditifs ne visent évidemment pas à défendre le « petit commerce ». Elles ont pour but de vider les rues, de dissuader d’aller aux manifestations et d’éviter une extension de la contestation.

Et pour le coup, malgré les obstacles et les menaces, celle-ci a trouvé son chemin.

                                                         Boris Savin (Lutte ouvrière n°3039)

Loi « casseurs-payeurs » : la matraque n’empêchera pas la révolte

 

Juguler la révolte ? Ils l’attisent

 

 

Le Sénat a approuvé le projet de loi « casseurs-payeurs » en le rendant encore plus répressif. Il prévoit jusqu'à 10 000 € d'amende si l'on reste dans un cortège à côté duquel des dégradations ont lieu et des saisies sur les allocations familiales, les APL, le RSA, l'allocation de rentrée scolaire ou la prime d'activité. Il sera plus facile aux autorités d’interdire des manifestations et de punir d’emprisonnement ceux qui y participeraient. Il y aurait aussi des peines d'interdiction du territoire pour les étrangers, et d’autres mesures encore. 

         Alors que les conditions de vie ne cessent de se dégrader, ceux qui gouvernent se dotent d’un arsenal de plus en plus répressif en espérant juguler la révolte. Mais celle-ci finira par éclater et les mesures policières pourraient bien y contribuer.

Argenteuil, hôtel de ville, la « maison commune » ouverte à tous, vous voulez rire

 

Une mairie tendance « Blockhaus »

 

 

L’assassinat de Pengo Bossio Wangi, tombé sous les tirs d’un homme de 39 ans, qui a également blessé gravement une enfant de 12 ans et trois autres personnes, a conduit à de nombreux rassemblements qui se sont tenus le 26 octobre pour exprimer l’effroi et la colère face à ce crime raciste inspiré par l’extrême-droite, du RN à certains cadors de la droite, et des médias qui leur sont leurs porte-voix. Une initiative a été appelée ce jour-là dans l’urgence à Argenteuil, se rassembler devant la mairie pour exprimer son émotion, sa solidarité et sa colère. Mais à 18 heures, les présents ont trouvé closes les entrées du parc de la mairie et honteusement se sont retrouvés sur le trottoir étroit boulevard Léon Feix.

         C’est indigne de la part de la municipalité. Elle peut toujours prévoir une minute de silence sur ce drame de Trappes lors du prochain conseil municipal de mardi (dont on peut s’inquiéter du préambule du maire au vue du communiqué de celui-ci), cela n’effacera pas cette tache.

         Lutte ouvrière sera bien sûr présent ce soir-là pour exprimer notre colère et dénoncer les déclarations répétées contre les migrants et les musulmans qui alimentent la haine dont se nourrissent les apprentis fascistes et les meurtriers.

         Nous y reviendrons dans les jours qui viennent pour appeler à la présence massive des habitants mardi soir à l’hôtel de ville, mais présentement, nous voudrions insister sur un aspect de la gestion municipale à Argenteuil qui au niveau de l’accès aux locaux communaux est marquée par un mot, celui de « fermeture ».

         Un hôtel de ville devrait être un lieu ouvert et accueillant aux habitants qui permette non seulement de venir y déposer leurs doléances et questionnements mais soit aussi un lieu d’échange. Quand la société connaît un problème majeur ou une tragédie, il est bien évidemment le lieu de rencontre idoine pour le faire. Les mairies devraient être des « maisons communes » À Argenteuil, nous en sommes aux antipodes.

         Loin de là, la municipalité d’Argenteuil se considère comme un propriétaire quelconque, certes à bail, mais dans ce cas, de locaux communaux. Cela aussi alimentera les révolutions, en l’occurrence ces Bastilles locales qu’il reste à prendre. DM