mercredi 6 mai 2026

L’éditorial de Nathalie Arthaud du lundi 4 mai 2026 en vidéo : Profit total pour les uns, sang et larmes pour les autres – 3 min 5 -

Cuba étranglé par l'impérialisme

 

Le crime d’avoir voulu imposer son indépendance et sa dignité

 

 

Le taux de mortalité infantile à Cuba a augmenté de 148 % depuis le durcissement de l'embargo décidé par Trump en 2017. Et celui décidé sur les produits pétroliers de ces derniers mois aggrave la situation : en plus d'une situation alimentaire qui devient catastrophique, 96 000 interventions chirurgicales ont été reportées, 32 000 femmes enceintes sont désormais jugées à risque. 

Quel crime a commis la population de Cuba pour l'impérialisme américain ? D'avoir, par une révolution, voulu imposer son indépendance et sa dignité contre Washington. 

Manœuvres militaires françaises : Pour l'instant des balles à blanc

 

Aujourd’hui, un jeu. Demain : l’horreur

 

 

Macron, embarqué dans un blindé ou dans un hélicoptère, a joué à la guerre pour le dernier jour de l'exercice militaire Orion. Les manœuvres ont duré des mois sur le territoire français et mobilisé 10 000 soldats de 24 pays différents. 

« C’est un signal clair envoyé tout à la fois à nos alliés et à nos adversaires », s'est réjoui le président. C'est surtout le signal que l’État prépare la guerre pour défendre les capitalistes français. Et ce n'est ni Macron ni ses semblables qui y seront envoyés. 

Audiovisuel : l’objectivité version Bolloré

 Audiovisuel : l’objectivité version Bolloré

La commission parlementaire sur l’audiovisuel public, créée en octobre2025 à linitiative des députés UDR, vient de clore ses travaux et les députés ont voté la publication de son rapport.

Publié le 28/04/2026

L’UDR est le parti de droite d’Éric Ciotti qui se veut le pont entre la droite dite classique et le RN de Le Pen-Bardella. Selon le rapporteur de la commission, le ciottiste Charles Alloncle, son objet était l’examen des comptes de ce service public et l’évaluation de son objectivité, en particulier dans le domaine politique. Son objet réel, quelque peu différent, est rapidement apparu : mener un procès à charge contre les animateurs et les journalistes des chaînes publiques, globalement considérés comme des suppôts de la gauche caviar, avec l’exigence d’économiser un milliard d’euros, soit le quart de la subvention publique.

Les accusations politiques sont évidemment risibles, car les chaînes publiques soutiennent sans coup férir, et les yeux fermés, l’ordre social et le pouvoir du capital. Certes les journalistes du service public ne sont pour la plupart pas des électeurs de l’extrême droite et il leur arrive parfois de le dire ou de le laisser entendre, ce que Alloncle voudrait leur interdire. Mais, à ce jour, et à la différence de celles du groupe Bolloré, les chaînes publiques ne passent pas tout leur temps d’antenne à déblatérer sur les migrants, les islamistes et la terreur d’extrême gauche. Elles donnent même encore l’occasion de s’instruire par d’intéressantes émissions et c’est aussi une des choses qui gênent l’extrême droite.

La commission a dénoncé les bénéfices réalisés par des sociétés privées qui vendent des émissions aux chaînes publiques. Leurs profits sont certes coquets et les producteurs-animateurs célèbres ne pointent pas aux restos du cœur, pas plus d’ailleurs que les hauts cadres de la télévision. Alloncle, Ciotti, Le Pen et Bolloré sont d’autant plus sourcilleux sur les quatre milliards de l’audiovisuel, et les quelques-uns qui en vivent largement, qu’ils applaudissent aux 60milliards du budget militaire et aux 171milliards daides aux entreprises qui, tous, finissent dans les coffres des grands groupes privés.

Quel que soit son résultat, la commission aura été un tremplin pour Alloncle, son parti et les idées réactionnaires qu’il partage avec le RN et le groupe Bolloré. Les médias de ce dernier lui ont d’ailleurs tressé des couronnes tout au long des débats et ses services lui ont adressé des « argumentaires » pour faciliter son travail. Ce n’est pas par simple proximité idéologique. Alloncle propose en effet que le service public laisse une plus grande part du marché publicitaire au privé et réduise les retransmissions des grands événements sportifs. Et à qui donc iraient alors le Tour de France, les Jeux Olympiques et la coupe du monde de football ?

Les bénéfices pour Bolloré, les bonnes émissions pour personne, Pascal Praud, matin, midi et soir pour tout le monde, quelle radieuse perspective a voulu ouvrir cette commission !

                                                               Paul Galois (Lutte ouvrière n°3013)

Argenteuil, Manuel Vals et L’affaire Abdallah, quand il y a une mauvaise carte à jouer…

 

Au service total de la bourgeoisie française et de l’impérialisme

 

 

Le documentaire de Pierre Carles sur les évènements qui ont conduit le militant anti-impérialiste Georges Ibrahim Abdallah à rester plus de 40 ans en prison a été projeté durant plusieurs séances ces jours derniers à Argenteuil. Voir ci-dessous ce que notre hebdomadaire Lutte ouvrière en écrit dans sa dernière livraison. C’est à voir absolument, et nous espérons qu’une nouvelle projection aura lieu prochainement dans la Ville.

         À la fin du documentaire, nous retrouvons une « personnalité » qui a marqué pour le pire l’histoire de la gauche locale à Argenteuil, Manuel Valls. En 2012, il est ministre de l’Intérieur et il va contribuer à ce qu’une nouvelle demande de liberté conditionnelle pour Georges Ibrahim Abdallah soit une nouvelle fois rejetée. Il est vrai que dans cette affaire, il se trouve aux côtés de Hollande et de Fabius qui, interrogés dans le documentaire, ne se souviennent plus…

         Comme je le disais dans le titre, quand il y a une mauvaise carte à jouer, le carriériste forcené qui passa par Argenteuil dans les années 1980-1990, fut toujours là. DM

 

À voir : “l’affaire Abdallah”

Un documentaire de Pierre Carles, visible dans quelques cinémas car les télévisions l’ont refusé, retrace le long combat de Georges Ibrahim Abdallah pour sortir des prisons françaises où il a passé plus de 40 années de sa vie.

Publié le 28/04/2026

Militant des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), qui combattaient dans les années 1970-80 pour la libération de la Palestine, Georges Abdallah, arrêté en 1984, condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour complicité dans l’exécution d’un responsable des services israéliens et d’un attaché militaire américain, a été maintenu dans les geôles de la république française jusqu’au 7 juillet 2025.

Si le documentaire permet d’entrevoir la force de caractère d’un militant qui s’affirme communiste et qui n’a jamais renié ses convictions, il est surtout instructif sur le fonctionnement de l’appareil d’État français et sa subordination aux exigences des dirigeants américains. Il jette une lumière crue sur le comportement des ministres et des présidents successifs ainsi que sur les journalistes vedettes des années 1980. Confrontés en 1986 à une vague d’attentat à Paris, les ministres de Chirac, Pasqua et Pandraud, ont fait circuler la thèse invraisemblable que ces attentats étaient dus aux frères de Georges Abdallah. Ce mensonge d’État pourtant éventé a lourdement pesé sur le verdict.

À partir de 1999, Georges Abdallah s’est heurté à l’acharnement de l’État français qui sous la pression des États-Unis a refusé toute libération conditionnelle. Le documentaire souligne le cynisme sans borne des hommes d’État de la bourgeoisie avec une palme pour les socialistes Fabius, Valls et Hollande.

                                                   Xavier Lachau  (Lutte ouvrière n°3013