dimanche 13 septembre 2026

Prix alimentaires : la grande distribution se sucre

 Prix alimentaires : la grande distribution se sucre

Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a appelé le 5septembre les consommateurs à accepter une hausse des prix alimentaires.

Publié le 09/09/2026

Il s’agirait, selon ce grand patron, de soutenir l’agriculture alors que celle-ci a sévèrement pâti de la canicule cet été.

Il est certain que les conséquences de la crise climatique sont catastrophiques pour la production agricole. Les récoltes sont moins fournies, les fruits et légumes plus petits. Mais en laissant entendre qu’une hausse des prix serait un acte de solidarité avec les petits agriculteurs, Arnaud Rousseau se moque du monde. Lui-même affirme que, sur une boîte de haricots verts de 440 grammes vendue 2,50euros, moins de 13 centimes seraient reversés aux agriculteurs, le reste étant réparti entre les autres acteurs de la chaîne, coopératives, transporteurs, industriels et distributeurs. Alors à qui profiterait une hausse des prix ? Eh bien, notamment, à des profiteurs comme lui : Arnaud Rousseau n’a rien d’un agriculteur ; il est à la tête, entre autres, du groupe Avril, qui se charge de transformer la production agricole en milliards de profits…

Parmi les profiteurs, il y a aussi toute la chaîne de distribution. En mai dernier, un rapport du Sénat pointait les marges des distributeurs, accusés de pratiques « prédatrices ». Selon ce rapport, sur 100euros dachats alimentaires, 8 vont aux agriculteurs, 14 aux industriels, 35 aux importations et 40 à la distribution. Même quand les distributeurs font des opérations dites à prix coûtant, c’est aux producteurs qu’ils imposent de baisser leurs prix, comme l’a rapporté la presse, après que l’opération promotionnelle de l’enseigne U sur les tomates a été annulée car les producteurs auraient vendu à perte.

Des milliers de capitalistes s’enrichissent du travail des agriculteurs. Avec la crise agricole, il est certain qu’ils chercheront à en faire supporter les conséquences aux agriculteurs, déjà étranglés, et aux consommateurs. En juillet, l’association Familles rurales a démontré que les prix des légumes frais ont déjà doublé en dix ans et augmenté de 10 % entre 2025 et 2026. Pour une famille de quatre personnes, le coût mensuel atteint en moyenne 162euros, et peut grimper à 262euros pour une consommation bio.

Dans cette société, les petits agriculteurs sont condamnés à la faillite, pressurés par toute la filière, et les familles populaires amenées à se serrer la ceinture. Ces intermédiaires qui s’engraissent sur les uns comme sur les autres ne méritent que d’être expropriés.

                                                      Serge Benham (Lutte ouvrière n°3032)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-dimanche 13 septembre, de 10 h.25 à 10 h.55

Et de 11h à midi au marché Héloïse.

Gaz : les prix explosent

 

Les prix décollent, les profits des capitalistes de l’énergie aussi

 

 

Après une hausse de 5,6 % du prix repère de vente du gaz au 1er septembre, la Commission de régulation de l’énergie annonce une nouvelle hausse de 6,3 % au 1er octobre. Pour les 6 millions de ménages concernés par ce prix repère, cela fera une hausse de la facture de près de 30 % depuis le mois d’avril. À l’approche de l’hiver, ils ont de quoi être inquiets.

         Comme pour l’essence, les distributeurs accusent le blocage du détroit d’Ormuz par la guerre entre les USA et l’Iran. Or, seuls 20 % du gaz passe par ce détroit.

         Ce sont les spéculateurs qui négocient les prix sur les grandes places boursières et qui les font grimper. Ce sont les capitalistes de l’énergie qui empochent les bénéfices par milliards.

Patrons à l'offensive : lutte de classe chez Clarebout

Exploitation et licenciements transfrontaliers

  


La direction du site de production de frites de Mouscron en Belgique près de la frontière a renvoyé les près de 400 salariés chez eux, puis cadenassé les portes et positionné des vigiles, avant d’annoncer le lendemain la fermeture du site aux délégués syndicaux !

         L’usine où travaillent des travailleurs belges et frontaliers serait trop vieille et moins rentable que les autres du groupe. Et alors ?

         Le groupe américain Simplot, qui a racheté Clarebout Patatoes en 2025, a fait 11 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2024 – il ne publie pas le montant de ses bénéfices – il est évident qu’il a largement les moyens d’investir pour rénover l’entreprise et maintenir les emplois. Mais dans une période où la demande des produits de la pomme de terre serait inférieure à leurs prévisions, les actionnaires garantissent leur profit sur le dos des salariés.

         La direction de Clarebout dit elle-même qu’elle renvoyé tous les travailleurs chez eux, craignant leurs réactions. Oui, c’est dans ce sens-là qu’il faut aller : se faire craindre par les patrons ! Et pas d’une usine seule, mais toute la filière, car d’autres sites sont menacés, et finalement tous les travailleurs.

         Car entre licenciements, travail précaire, retraites minables, chômage sous pression, on a tous des problèmes semblables, qui nécessitent une lutte d’ensemble.

 

Enseignement, union nationale, 11 novembre 1918 : célébrer le massacre ou ceux qui l’ont combattu ?

11 novembre : célébrer le massacre ou ceux qui l’ont combattu ?

À compter de cette année, l’Éducation nationale exige qu’une cérémonie de commémoration du 11 Novembre, jour officiel de la fin de la Première Guerre mondiale (1914-1918) soit organisée dans chaque école élémentaire, collège et lycée du pays.

Publié le 09/09/2026

Pour ce faire, le gouvernement a baptisé cette journée : « Commémoration de la victoire et de la paix, hommage à tous les “Morts pour la France” », rendant obligatoires une minute de silence et le chant de La Marseillaise et conseillant vivement le dépôt d’une gerbe de fleurs, la tenue de discours et autres simagrées.

« Morts pour la France », les millions de soldats qui ont perdu la vie dans la boue des tranchées de cette guerre ? Et les presque autant de civils morts des suites des privations, maladies, bombardements et massacres ? Certainement pas : la guerre que le gouvernement veut obliger les jeunes, et bien sûr le personnel enseignant, à célébrer, avait pour cause la volonté des puissances impérialistes, dont la France, de se repartager le monde, et donc les colonies, les marchés, les ressources et les populations.

C’est bien sûr une opération de propagande assez grossière, comme il y en eut tant avant 1914, dans tous les pays qui se préparaient à envoyer à la mort leur jeunesse. La « classe 14 », c’est-à-dire la génération qui avait 20 ans en 1914, abreuvée de discours sur la nécessité de défendre la patrie et la liberté, fut d’ailleurs celle qui paya le plus lourd tribut à la guerre : un jeune sur cinq, voire sur quatre, y laissa la vie. C’est à propos d’elle qu’Anatole France écrivit : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »

En choisissant la référence à la grande boucherie de 14-18, les dirigeants savent ce qu’ils font. Ils veulent accoutumer les esprits à l’idée d’une guerre et préparer la jeunesse à se sacrifier dans un prochain conflit impérialiste. Et, quoi qu’ils racontent aujourd’hui, les enjeux seront les mêmes : il ne s’agira nullement de défendre les populations, mais d’enrichir les capitalistes et de défendre leur droit de dominer des régions et des peuples.

Il y eut des opposants à la guerre de 14-18 et à cette saignée de toute une génération dans les tranchées. Des militants la combattirent et préparèrent la révolution, seul moyen d’en finir avec la guerre. La fin de cette première guerre impérialiste vit exploser la plus grande vague révolutionnaire du vingtième siècle.

C’est à ces combattants contre les guerres et leurs responsables qu’il faut rendre hommage… et il faut surtout s’inspirer de leurs idées.

                                                      Marlène Stanis (Lutte ouvrière n°3032)