mardi 24 mars 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise du lundi 23 mars 2026

 Troupes françaises hors du Moyen-Orient ! À bas la guerre impérialiste !

 Publié le 23/03/2026

 

Dimanche, en France, les commentateurs ont retenu leur souffle dans l’attente des résultats du second tour des municipales, censés servir de rampe de lancement aux politiciens pour la présidentielle de 2027. Au Liban, en Iran, en Israël, dans les monarchies du Golfe, à Gaza, en Cisjordanie, en Ukraine… des dizaines de millions de femmes et d’hommes retenaient leur souffle, eux, en redoutant un énième bombardement. 

On a parfois le sentiment de vivre dans des mondes parallèles. Mais l’humanité, comme l’économie, est une et indivisible. Et les guerres qui font rage menacent en réalité tout le monde. Elles sont une catastrophe pour l’humanité tout entière. 

Contrairement à ce que dit le gouvernement, nous sommes impliqués dans toutes ces guerres. Macron, avec les autres dirigeants européens, soutient l’effort de guerre en Ukraine. Au Moyen-Orient, il intervient déjà du côté des États-Unis et d’Israël, en fermant les yeux sur les mensonges que ces derniers ont inventés pour justifier leur agression contre l’Iran. 

Le gouvernement français a envoyé le porte-avions Charles-de-Gaulle dans la région, et, depuis Abu Dhabi, des avions Rafale tirent des dizaines de missiles pour défendre l’espace aérien des Émirats arabes unis. Un soldat français a déjà été tué en Irak, et d’autres le seront demain. Et ce ne sera pas pour défendre la sécurité du monde ou la liberté, mais pour défendre les profits de l’armateur CMA CGM, de Dassault et de Total.

Que nous le voulions ou non, nous sommes comme tous les peuples de ce monde, embarqués dans une énième guerre impérialiste. Même si nous ne sommes pas encore tous unis sous les bombes, la terreur et les destructions, des dizaines de millions de personnes le sont, et nous sommes tous en train de plonger dans une crise aux conséquences incalculables.

Cela a commencé par l’explosion des prix de l’essence que l’on subit quand on passe à la pompe. Va en découler l’augmentation des prix des transports en général, des conteneurs aux compagnies aériennes. Est aussi annoncée la flambée du prix du gaz, des engrais et, par ricochet, des produits agricoles et ceux de l’industrie chimique. Et ce n’est que le début d’un chaos auquel aucun pays n’échappera, pas même les États-Unis de Trump qui sont pourtant les premiers fauteurs de cette guerre ! 

En Inde, un rationnement sur le gaz pour les particuliers a été instauré. Ne disposant pas de grandes réserves stratégiques, des pays au cœur de la chaîne de production mondialisée, comme le Vietnam ou le Bangladesh, ont dû mettre des usines et des installations à l’arrêt ou au ralenti. Quelles nouvelles tensions et rivalités vont naître de ce nouveau désordre ? 

Les peuples sont tous enfoncés dans la guerre et les crises par leurs gouvernants aussi rapaces que criminels. Comme nous, ils sont tous appelés à se sacrifier pour la guerre. À l’échelle mondiale, ce sont des milliers de milliards qui sont désormais engloutis par la guerre. C’est un gâchis et une folie sans nom quand on sait combien cet argent pourrait transformer la vie de milliards d’êtres humains s’il était investi dans des infrastructures élémentaires ! 

Ici, le grand patronat et le gouvernement rognent sur les salaires, les pensions de retraite, l’argent des hôpitaux. Mais ils ne comptent pas les missiles tirés, en ce moment, au Moyen-Orient, alors qu’ils coûtent un million d’euros pièce. Rien qu’une heure de vol d’un avion Rafale, c’est 20 000 euros, l’équivalent d’une année de salaire d’un ouvrier ou d’un employé au Smic ! Et ce n’est pas aux profiteurs de guerre, à Dassault, Safran, Airbus ou Thales que le gouvernement demandera de payer, mais à nous, travailleurs !

Aucun peuple, aucun travailleur n’a intérêt à se solidariser avec les dirigeants impérialistes occidentaux. Ces derniers ont lancé cette nouvelle guerre pour affaiblir un régime qui ne leur était pas soumis et pour maintenir coûte que coûte leur domination sur le monde. 

Les travailleurs qui triment pour des salaires indignes et laissent leur santé au travail connaissent le mépris de la classe capitaliste pour la vie humaine. Ils connaissent son fanatisme pour l’accumulation et la course aux profits. 

Alors, si nous avons une guerre à mener, c’est contre cette classe capitaliste et ses serviteurs politiques. Opposons-nous à leur politique impérialiste et va-t-en guerre ! 

                                                       Nathalie ARTHAUD

 

lundi 23 mars 2026

Argenteuil, élections municipales, la liste de la municipalité sortante élue au soir du second tour. Le monde du travail doit se réorganiser.

 

Contre une bourgeoisie à l’offensive, contre ses serviteurs « à droite toute », les travailleurs doivent s’organiser

 


Pour la lutte, la solidarité, la culture, la conscience

 

Dans les circonstances locales, les aventures électorales, les manœuvres, l’outrance et la réaction, la liste du maire sortant l’a emporté lors du second tour.

         Dans une ville populaire comme Argenteuil, cela fait 25 ans que la droite marque la vie locale.

         Une fraction notable du monde du travail ne va plus voter, n’est même plus inscrite sur les listes électorales, nombre de travailleurs originaires des pays de l’Union européenne ne savent pas qu’ils peuvent voter aux élections locales, et surtout nos frères travailleurs étrangers ne disposent toujours pas de ce droit élémentaire.

         Mais tout cela traduit surtout la désorganisation politique de notre classe, une organisation qui en un demi-siècle n’a fait que s’accélérer. Et c’est bien là le problème central.

         Certes, les élections, comme d’habitude ont vu fleurir les équipes électorales qui vont disparaître pour l’essentiel au lendemain de ce second tour. Les militants apparaîtront alors peu nombreux, dans une période où les travailleurs et les habitants des quartiers populaires vont avoir pourtant à trouver les réponses à leurs inquiétudes, et devront agir.

         Et cela, non seulement dans le cadre d’une conjoncture inquiétante, la marche à la guerre, la montée de l’inflation et ses conséquences. Les difficultés de la situation locale s’ajouteront aux difficultés générales. Si la situation économique s’aggrave, cela va avoir rapidement comme conséquence une population plus pauvre et plus fragile. À cela s’ajoute le fait que les collectivités locales seront encore davantage en ligne de mire d’un État au service prioritaire du Capital.

         Les luttes s’imposeront, c’est elles qui peuvent vite redonner conscience, espoir et engagement. Les plus conscients doivent tirer maintenant la conclusion que la reconstruction des réseaux militants d’un futur parti révolutionnaire des travailleurs est la seule voie à suivre dans les entreprises et les quartiers.

S’il est une leçon à tirer localement dès maintenant des élections municipales à Argenteuil est que les travailleurs doivent reconstruire ces réseaux militants. Certes, ce n’est pas une situation spécifique à Argenteuil, mais elle y est évidente.

         En tout cas, les militants de Lutte ouvrière, après le 22 mars, comme ils l’ont fait avant, élection ou pas, poursuivront en ce sens cette activité vitale pour l’avenir de tous. Rejoignez-nous pour participer à cette œuvre commune. DM

 

Où allons-nous ?

Une réunion Lutte ouvrière ouverte à tous

Jeudi 9 avril à 19 h.30

Espace Nelson Mandela à Argenteuil

Pendant quelques jours, le présent blog sera peu ou pas alimenté. Il reviendra dans son format normal samedi 28.3

Résultats du second tour à Argenteuil

  

Résultats du second tour à Argenteuil

 Droite : 13 893, 43 élus

Liste conduite par le candidat LFI ! 11 267 voix, 12 élus

Près de 53% d’abstention

55 736 électeurs inscrits sur une ville de 110 000 habitants

26 232 votants

dimanche 22 mars 2026

Détroit d’Ormuz : les conséquences d’une interruption

 Détroit d’Ormuz : les conséquences d’une interruption

Les effets de la guerre au Moyen-Orient ne se limitent pas aux zones de combat : une grande partie de la population mondiale commence déjà à en payer le prix à travers les hausses de prix et les pénuries, provoquées en particulier par le blocage du détroit d’Ormuz.

Publié le 18/03/2026

Les cours étant mondiaux, tous les pays du monde sont touchés par la hausse du prix de l’énergie, même ceux qui ne dépendent pas complètement du pétrole et du gaz du Moyen-Orient, comme la France, et même ceux qui en produisent : au Nigeria, le prix à la pompe a augmenté d’environ 20 % en une semaine. Mais, dans certaines régions, le risque de pénurie s’ajoute à l’augmentation des prix.

Il est possible que les États-Unis aient comme objectif, dans cette guerre, de compliquer l’accès de la Chine au pétrole et au gaz du Moyen-Orient ; quoi qu’il en soit, cette stratégie pèse déjà sur d’autres pays qui en sont dépendants. En Inde, les difficultés d’approvisionnement en gaz de cuisine ont conduit des restaurants à fermer et à réduire leur activité, voire certains à utiliser du bois ou du charbon de bois. En Asie du Sud-Est, certains gouvernements imposent une réduction de la consommation d’énergie : aux Philippines, la semaine de travail a été ramenée à quatre jours dans les administrations publiques, et en Birmanie le régime a introduit des restrictions de circulation avec des jours alternés selon les plaques d’immatriculation.

Le pétrole et le gaz ne servent pas seulement à se chauffer ou à rouler, mais sont indispensables dans de nombreuses chaînes de production, en particulier les engrais agricoles. Or l’Inde importe 40 % de son urée et des engrais à base de phosphate depuis le Moyen-Orient ; l’Égypte et une grande partie de l’agriculture africaine en dépendent également et, s’ils n’y ont plus accès, les rendements baisseront. Et même si les belligérants relâchent la pression sur le détroit ou si les armateurs trouvent des voies alternatives et si une petite partie des exportations reprend, le renchérissement du coût du transport entraînera de toute façon une augmentation des prix qui se répercutera sur les prix alimentaires dans des régions où des dizaines de millions de femmes et d’hommes ne mangent déjà pas à leur faim.

En déclenchant la guerre contre l’Iran, l’impérialisme américain a provoqué, sur une grande partie de la planète, une crise qui ne fait probablement que commencer. Si cette guerre n’est pas encore mondiale dans sa géographie, elle l’est déjà dans ses effets.

                                                        Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3007)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Aujourd’hui

Dimanche 22 mars, de 10 h.30 à 11 h.30, marché Héloïse.

Guerre : l’impérialisme français engagé

 Guerre : l’impérialisme français engagé

Le gouvernement français persiste dans le mensonge servi sur la guerre en Iran : l’arsenal naval français en Méditerranée, en mer Rouge et au large du détroit d’Ormuz ne serait déployé que pour des opérations défensives, pas pour faire la guerre.

Publié le 18/03/2026

Le boniment ne sera d’aucune consolation pour le soldat tué et ses six camarades blessés par une attaque de drone dans la région d’Erbil en Irak, à une centaine de kilomètres de la frontière iranienne. Depuis septembre 2014 en Irak, puis septembre 2015 en Syrie, la guerre contre l’État islamique a permis à l’armée française de s’installer aux confins du Kurdistan irakien et d’y rester sous prétexte de lutte contre le terrorisme.

L’attaque contre les soldats français a été revendiquée par un groupe armé pro-iranien actif en Irak, Ashab al-Khaf, qui a annoncé qu’en représailles au déploiement du porte- avions Charles-de-Gaulle « tous les intérêts français en Irak et dans la région sont sous le feu de nos attaques ». Quant à Macron, il a annoncé le 15mars avoir exhorté le président iranien Massoud Pezeshkian « à mettre fin immédiatement aux attaques inacceptables que l’Iran mène contre les pays de la région, qu’elles soient directes ou via des proxis, comme au Liban et en Irak ». Il ne semble pas s’être adressé de la même façon à Trump et Netanyahou, qui ont déclenché les hostilités.

Ainsi, pour l’heure, Macron continue-t-il de prétendre que la guerre n’est pas « notre guerre », de dire que l’offensive menée au Liban par Israël doit trouver une issue négociée, et d’affirmer que le gouvernement français n’est préoccupé que de la sécurité de ses ressortissants dans la région et de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ou en mer Rouge.

La ficelle est grossière car l’armée française est présente partout au Moyen-Orient au titre d’accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis ; elle est présente en Jordanie et en Irak, et bien sûr au Liban. Au total, près de 4 000 militaires français sont déployés en permanence au Moyen-Orient si l’on inclut la base de Djibouti et, dans l’embrasement de cette région, ils ne restent pas l’arme au pied. Dès sa déclaration télévisée du 4mars, Macron a affirmé que des drones iraniens avaient été abattus par les forces françaises « en légitime défense […] dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés ». Le gouvernement français se prépare à avancer cet argument pour entraîner l’opinion publique à soutenir l’escalade guerrière.

L’instrumentalisation de la mort du soldat français en Irak va dans le même sens. Comme de coutume, on parle du sacrifice d’un homme pour la France. En fait, le petit impérialisme français a trop d’intérêts au Moyen-Orient, trop de marchés et de bons clients à préserver pour se tenir à l’écart de l’offensive décidée par Washington.

                                                  Boris Savin (Lutte ouvrière n°3007)

Affaire Bolloré : les corrompus et ceux qui les payent

 

Vous croyez qu’il dormira un jour en prison ?

  


Le milliardaire Bolloré sera jugé en France pour l’affaire dite « des ports africains », qui date de 2010. Il lui est reproché d’avoir versé des pots de vin au président togolais contre le prolongement de la concession du port de Lomé et des avantages fiscaux.

         Bolloré avait d’ailleurs reconnu les faits et était prêt à payer une amende de 12 millions d’euros pour effacer l’ardoise.

         Le procès se tiendra donc, 15 ans après les faits. Mais pas d’inquiétude : Bolloré n’est pas près de dormir en prison…