mardi 21 juillet 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du 20 juillet 2026

La politique Écologique conséquente, c’est de renverser le capitalisme

20/07/2026

 

Après avoir subi trois canicules en deux mois, nous voici confrontés à la multiplication des incendies et à une sécheresse historique. Ces phénomènes climatiques extrêmes se nourrissent les uns les autres dans un engrenage mortifère pour la nature, la faune et la flore.

À la crise sanitaire succèdent, maintenant, une nouvelle crise agricole et ce que certains appellent déjà la « guerre de l’eau ». Tous les départements ont déjà dû prendre des mesures locales de restriction d’eau, et plus de cinquante d’entre eux sont déclarés en situation de crise.

Nous sommes culpabilisés sur l’usage de la climatisation ou sur le fait de prendre l’avion. Eh bien, maintenant, on va nous faire la leçon sur notre consommation d’eau, regarder combien de fois on tire la chasse, combien de douches on prend et comment on arrose son jardin !

Renvoyer chacun à son comportement individuel est classique, quand il s’agit de dédouaner les premiers responsables, ceux qui dirigent la vie politique et économique. Le pire, c’est que pendant que l’on nous fait la morale, politiciens et capitalistes continuent leur politique destructrice de l’environnement.

La folle fuite en avant continue

En ce moment, le gouvernement tente de faire adopter une loi dite « d’urgence agricole » demandée par la FNSEA, le syndicat des plus gros agriculteurs. Outre la possibilité de réutiliser des pesticides interdits, notamment dans les champs de betteraves, cette loi prévoit le doublement des méga-bassines d’ici 2035. C’est une privatisation de l’eau par les plus gros producteurs, alors que celle-ci se fait de plus en plus rare et que des communes sont contraintes de la rationner.

Ces retenues artificielles ne sont une solution que pour la minorité d’agriculteurs qui irriguent et peuvent s’y raccorder, et elles aggravent l’état général de sécheresse pour tous les autres puisqu’elles prélèvent l’eau qui devrait alimenter rivières, prairies et nappes phréatiques.

Eh bien, au lieu de favoriser les productions agricoles les moins gourmandes en eau et anticiper sur l’avenir, c’est cette minorité de gros producteurs et exportateurs de maïs ou de blé que le gouvernement, la droite et l’extrême droite soutiennent ! Une fois de plus, le long terme et l’intérêt de l’écrasante majorité sont sacrifiés pour que le business de quelques-uns se perpétue !

 

Un permis de réchauffer la planète

Des tractations sont aussi en cours au sein de l’Union européenne, cette fois sous pression des industriels qui demandent un assouplissement de leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. À l’heure où il faudrait forcer les multinationales les plus polluantes à mettre des moyens dans leur transition énergétique, les gouvernants font marche arrière. Toujours et encore au nom de la compétitivité !

Les gouvernants prêchent la sobriété au petit peuple, mais ils commandent toujours plus d’engins de mort, de chars et d’avions de chasse gloutons en matériaux et en énergie. Partout se construisent des data centers, grands consommateurs d’électricité et d’eau, alors qu’on peine aujourd'hui à refroidir les réacteurs nucléaires.

L’économie capitaliste est incontrôlable. Elle n’a jamais été organisée pour répondre aux besoins de la grande masse de la population ni pour prendre soin de la planète. Et elle ne peut pas l’être car la compétitivité, la guerre commerciale et l’accumulation de profits passent toujours avant les nécessités vitales.

Ce qui est produit et la façon dont on produit se décident en fonction de ce qui peut rapporter et dépendent des aléas du marché et de la concurrence. Aujourd'hui, comme l’État en fait un choix prioritaire et aligne les milliards, il est plus payant de fabriquer des avions de chasse ou des hélicoptères de combat que des Canadair.

Contre le réchauffement et le capitalisme

Enrayer le réchauffement climatique nécessite d’organiser rationnellement l’économie, la production de l’énergie, les systèmes de transport et de communication. Cela nécessite une planification à l’échelle internationale pour en finir avec la surproduction dans certains secteurs et avec la pénurie dans d’autres. Cela exige la maîtrise collective par les travailleurs des moyens de production, c’est-à-dire la suppression de la propriété privée des grands moyens de production.

Ceux qui cherchent une politique susceptible de sauver la planète et l’humanité doivent se tourner vers les idées communistes révolutionnaires, les seules porteuses d’une société qui pourra introduire de la conscience, de la raison et de l’humanité dans les rapports économiques et sociaux.

                                                                Nathalie Arthaud

 

Travailleurs du Champagne : manifestation à Épernay

 

Des grandes maisons de champagne riches à milliards

 

 

Plus de 500 travailleurs du champagne se sont rassemblés à Épernay jeudi 9 juillet. Des arrêts de travail massifs et des grèves ont été observés en production avec des taux de 80 à 90 %.

Ces travailleurs entendaient s’opposer à la dénonciation, fin juin, par l’Union des Maisons de Champagne (UMC), dont les poids lourds sont LVMH, Pernod-Ricard et Vranken-Pommery, de l’accord régissant les primes de fin d’année. Ils veulent remettre en cause leurs modalités de calcul en introduisant des dégrèvements pour les absences de courte durée. Un objectif visé est d’empêcher les grèves. Les travailleurs perdent déjà le salaire correspondant à la durée de la grève, demain ce serait la double peine. Chez Deutz, la direction n’a pas attendu l’UMC pour passer à l’offensive puisque les ouvriers se sont vu retirer 100 euros de prime pour 15 minutes de grève !

L’attaque intervient à quelques semaines des vendanges, alors que ces dernières années, elles se sont faites dans des conditions terribles concernant l’hébergement, ou même avec des morts lors de la canicule de 2023. Alors que tout le monde a en mémoire ces « vendanges de la honte », l’UMC répond par une véritable provocation.

Avec l’aide de médias complaisants, les maisons de champagne crient misère car le champagne se vend un peu moins, oubliant qu’une des causes est qu’elles ont augmenté leurs prix en moyenne de 20 % au cours des dernières années. Les profits continuent néanmoins de couler à flots et la mesure décidée ne vise qu’à en faire suer encore un peu plus aux travailleurs.

D’autres actions sont donc en préparation et pourraient intervenir au moment clé des vendanges.

Laboratoires d’analyse : des travailleuses et travailleurs victime de la concentration financière des capitalistes

 

Un « produit » financier à haute rentabilité

 

Mais les travailleuses réagissent. Ici, au Mans, le 4 mai dernier

Les travailleurs de ces laboratoires sont 50 000, et les trois quarts – agents d’entretien, d’accueil, coursiers, assistants administratifs etc – sont payés au smic ou à peine au-dessus. La dernière augmentation de salaire, de 3 %, date de janvier 2024.

Leur situation s’est particulièrement dégradée en une quinzaine d’années au rythme de la concentration du secteur. Appuyés sur des fonds d’investissement, six grands groupes privés, Biogroup, Cerballiance, etc., ont mis la main sur le marché, transformé des laboratoires en sites de prélèvements qui sont regroupés ailleurs pour analyse, et mutualisé personnel et équipements. Les patrons, mettant en avant les exigences des financiers, ont sabré dans les salaires et les emplois, alors que la charge de travail augmente et que les horaires sont à rallonge. Quant aux patients, ils sont de plus en plus nombreux dans les files d’attente devant les laboratoires.

Au fil des ans, une simple offre de soins s’est transformée en simple produit financier. Le phénomène touche en fait le secteur de la santé en général, et ajoute à l’exploitation des salariés le pillage des caisses de la Sécurité sociale.