Mélenchon :
un illusionniste en campagne
Jean-Luc Mélenchon a réuni
plusieurs milliers de personnes dans le centre de Saint-Denis, dimanche
7 juin, lors de son premier meeting de campagne pour l’élection
présidentielle de 2027.
Publié le 10/06/2026
Le meeting, une réussite par l’affluence
et son écho médiatique, était une opération pour s’imposer comme seul candidat
de la gauche capable de se qualifier au second tour de l’élection
présidentielle. Ainsi, en conclusion de son intervention, Mélenchon a lancé : «
La primaire est finie ! C’est nous qui avons gagné l’honneur de marcher en
première ligne », pour bien signifier qu’à Saint-Denis, la messe était
dite. Et de présenter ainsi le vote pour sa personne comme le vote utile pour
faire barrage à l’extrême droite.
Comme les seules troupes de LFI
ne suffiront pas, Mélenchon s’est fait rassembleur du « peuple » – mot sans
cesse répété – en évoquant même à de multiples reprises les rois de France
puisque Saint-Denis est aussi leur nécropole : « Voyez la basilique. Notre
pays s’est inventé ici même ! » Sur la question du droit du sol, Mélenchon
a même réussi le tour de force d’opposer au RN… le roi François 1er.
Bien sûr, dans la foule
rassemblée, beaucoup ont retenu du discours du dirigeant de LFI ses charges
contre le racisme, contre l’extrême droite, ces « obsédés de la race »,
l’appel à la solidarité avec les peuples opprimés et agressés par les
États-Unis et Israël. Il a aussi mis en avant quelques promesses, peu
nombreuses et somme toute assez limitées. Ainsi, une fois à l’Élysée, Mélenchon
s’est engagé à fixer le smic à 1 700 euros net, un niveau vers lequel le
salaire minimum se dirige de toute façon et qui restera bien insuffisant pour
vivre correctement.
« Un grand changement est à
portée de main », s’est exclamé Mélenchon, qui prétend ainsi que
des bulletins de vote suffiront à s’opposer à la dégradation des conditions de
vie, à la montée vers le pouvoir de l’extrême droite et à la marche à la
guerre. Il n’a jamais évoqué le pouvoir des capitalistes auquel se heurte toute
mesure remettant en cause leurs intérêts. Alors, comment croire qu’un grand
changement soit possible sans s’en prendre à ce pouvoir et sans le renverser ?
Pour son premier meeting, le candidat Mélenchon n’a fait que renouveler un de
ces tours d’illusionniste dont la gauche réformiste a donné de nombreux
exemples.
Boris Savin (Lutte ouvrière n°3019)