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vendredi 13 février 2026

Syrie : les Kurdes assiégés

 Syrie : les Kurdes assiégés

Malgré l’accord de cessez-le-feu signé le 30 janvier entre les troupes d’al-Charaa et les FDS à majorité kurde, les tensions sont multiples dans le Nord-Est de la Syrie où se poursuit le siège de deux villes kurdes, Hassaké et Kobané.

Publié le 11/02/2026

 

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont été créées en octobre 2015 pour officialiser l’alliance entre les milices kurdes de Syrie liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de Turquie et certaines tribus arabes. Les FDS constituèrent alors l’essentiel des troupes au sol engagées avec le soutien des États-Unis et de la coalition occidentale pour combattre l’État islamique (Daesh) qui s’était imposé sur un vaste territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak. Elles subirent les plus grandes pertes humaines pour le reconquérir. En 2019, à peine Daesh vaincu et sa capitale Raqqa reprise, les États-Unis lâchèrent une première fois les FDS. Ils laissèrent l’armée turque – qui n’avait cessé de traquer les combattants kurdes, en particulier ceux du PKK – prendre une large bande de territoire le long de sa frontière, au prix de milliers de morts.

Les FDS n’avaient alors pu maintenir leur pouvoir sur le Nord-Est syrien que grâce à leur accord avec Bachar al-Assad et les tribus arabes vivant sur les rives de l’Euphrate, et grâce à l’aval des États-Unis. Cela permit aux chefs des FDS de prendre le contrôle des postes frontières et des champs gaziers et pétroliers de cette région, avec la rente mais aussi la corruption et les trafics qui en découlaient.

La gouvernance de cette région du Rojava par les FDS a certes permis pour un temps aux Kurdes, privés de droits nationaux et réprimés par les États voisins où ils constituent de fortes minorités, de vivre relativement en sécurité. À la différence des autres appareils militaires et seigneurs de guerre qui se sont imposés au fil des années sur le chaos laissé par les multiples interventions militaires américaines au Moyen-Orient, les FDS se veulent laïques et progressistes, intégrant par exemple des troupes de femmes combattantes. Mais, en échange de cette position, très fragile, les FDS ont dû continuer à assumer les tâches les plus ingrates pour le compte de l’impérialisme.

Ainsi, jusqu’à ces derniers jours, les FDS administraient d’immenses camps d’anciens djihadistes prisonniers et leurs familles. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, anciens combattants mais aussi femmes et enfants, de nationalité syrienne, irakienne, française, allemande, britannique, sont encore détenues dans une dizaine de camps. Ceux de Roj et Al-Hol regroupent plus de 28 000 civils, dont 8 500 étrangers, dans des conditions indignes. Des enfants sont nés et ont grandi dans ces camps parce que la plupart des pays européens refusent de rapatrier leurs ressortissants même mineurs ayant rallié Daesh, de gré ou de force. Ils continuent de croupir au Rojava.

La reprise en main du Nord-Est syrien par les troupes d’al-Charaa, soutenu par la Turquie et les États-Unis et lui-même djihadiste fraîchement défroqué, pose la question de l’avenir de ces prisonniers. Les États-Unis organisent le transfert vers l’Irak de quelque 7 000 d’entre ceux qu’ils considèrent comme les plus dangereux, sans se soucier ni du sort des autres prisonniers ni des conséquences encourues dans un Irak ruiné par des décennies de guerres américaines.

Quant à la population kurde de Syrie, elle est une nouvelle fois victime du cynisme sans borne des dirigeants impérialistes qui piétinent les droits des peuples tout en les manipulant quand cela les sert. Mais elle subit aussi les conséquences de la politique des dirigeants kurdes, eux-mêmes disposés à offrir leurs services à n’importe qui lui permettra de contrôler un territoire.

                                                        Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3002)

 

 

mardi 27 décembre 2022

Attentat du Centre culturel kurde de Paris. Un acte odieux nourri des discours anti-migrants des Le Pen, Zemmour, Darmanin et autres.

Un attentat qui a été encouragé

                                                                                   

                                                                 Un peuple sans État

On comprend la tristesse et la colère des Kurdes, durement frappés par l’attentat qui a tué trois personnes le 23 décembre au Centre culturel kurde de Paris. Celle-ci est d’autant plus vive qu’il y a dix ans, trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan étaient assassinées à Paris par les tueurs de l’État turc.

L’homme qui a tué a-t-il agi seul ou sa main a-t-elle été armée par l’État turc ? On ne le sait pas. Mais il est certain que cet assassin est un raciste récidiviste. Il y a un an, il attaquait des migrants dans un camp à Paris. Alors ce geste n’est pas seulement celui d’un « déséquilibré », mais un attentat encouragé par le climat xénophobe et raciste. Ce climat est nourri par les discours de haine et la politique anti-migrants des Le Pen, Zemmour, Darmanin et autres.

C’est pourquoi Lutte ouvrière est solidaire des manifestations organisées pour dénoncer cet attentat odieux.

 

 

dimanche 25 décembre 2022

Assassinat raciste de trois Kurdes à Paris, un communiqué de Nathalie ARTHAUD hier matin

Après l’assassinat raciste de trois Kurdes à Paris

Communiqué

24/12/2022

Lutte ouvrière partage la tristesse et la colère des Kurdes, durement frappés par l’attentat qui a tué trois personnes hier dans le Centre culturel kurde rue d’Enghien à Paris. Celle-ci est d’autant plus vive qu’il y a dix ans trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan étaient assassinées à Paris par les tueurs de l’État turc.

L’homme qui a tué hier a-t-il agi seul ? Sa main a-t-elle été armée par l’État turc ? Toutes ces questions sont encore sans réponse. Mais une chose est certaine, l’homme qui a perpétré cet attentat est un raciste récidiviste. Il y a un an, armé d’un sabre, il attaquait des migrants dans un camp à Paris.

Alors, il ne s’agit pas du geste d’un « déséquilibré » mais d’un attentat raciste. Les crimes racistes ne surviennent pas par hasard. Ils se produisent dans un climat xénophobe alimenté en permanence par des propos nationalistes et racistes. Par leurs discours de haine et par leur politique anti-migrants, les Le Pen, Zemmour, Darmanin, encouragent de tels crimes.

C’est pour dénoncer tout cela que Lutte ouvrière est solidaire des manifestations organisées pour dénoncer ce dernier attentat raciste, dont celle qui aura lieu à Paris aujourd'hui à 12h, place de la République.

                                                                       Nathalie Arthaud