Affichage des articles dont le libellé est démagogues. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est démagogues. Afficher tous les articles

vendredi 11 septembre 2026

Allemagne : dangereuse montée de l’extrême droite

 Allemagne : dangereuse montée de l’extrême droite

Petit Land de l’ancienne Allemagne de l’Est, la Saxe-Anhalt compte environ 2,1 millions d’habitants. Les résultats des élections régionales du 6 septembre dépassent largement ses frontières : en obtenant 44 % des suffrages, le parti d’extrême droite AfD a plus que doublé son score de 2021 et frôle la majorité absolue au Parlement régional.

Publié le 09/09/2026

Dans un contexte où la participation a fortement augmenté, atteignant 80 % – un record –, la CDU (conservateurs) s’effondre à 17 % (37 % en 2021). La défaite est d’autant plus spectaculaire que la CDU gouverne ce Land depuis 2002. Le résultat constitue un désaveu massif du gouvernement fédéral dirigé par Friedrich Merz de la CDU. Les autres partis (Die Linke, SPD, Verts), restent loin derrière, autour de 9 % chacun.

L’AfD disposera de 39 sièges, à un cheveu des 42 nécessaires pour gouverner seule. Aucun des autres partis représentés au Landtag n’entend officiellement former une coalition avec elle ; mais que se passera-t-il en coulisses ? Le BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht), scission de Die Linke aux positions proches de celles de l’AfD sur l’immigration, obtient un peu plus de 5 % et pourrait se placer en arbitre. Pour la première fois depuis 1945, un Land risque d’être gouverné par l’extrême droite.

Le succès de son candidat, Ulrich Siegmund, tient aussi à un marketing habile : présence permanente sur les réseaux sociaux, selfies avec les électeurs, kermesses, petits cadeaux et produits dérivés à son effigie. Il cultive une image de « type normal », qui contraste avec la radicalité de son programme.

Car, derrière le marketing, Siegmund prône des mesures violentes contre les migrants, dans un discours assimilant immigration et criminalité, des « milices citoyennes », des attaques contre les programmes scolaires et les enseignants « trop à gauche », une hostilité aux droits des personnes LGBT, la remise en cause du droit à l’avortement et la dénonciation d’une justice prétendument laxiste. Siegmund a participé en 2023 à la réunion secrète de Potsdam au cours de laquelle l’extrême droite avait discuté du projet de « remigration », c’est-à-dire l’expulsion de migrants ainsi que de citoyens allemands d’origine étrangère.

Parmi ses promesses sociales, l’AfD évoque des loyers abordables, une baisse des prix de l’énergie et davantage d’hôpitaux. Elle affirme que l’argent actuellement consacré à « l’aide à l’Ukraine » pourrait être utilisé pour les retraites et le pouvoir d’achat et réclame la levée des sanctions contre la Russie, permettant l’accès au gaz russe.

Les raisons de la colère sont réelles. Si Merz est devenu en un temps record le plus détesté des chanceliers, son arrogance n’est pas seule en cause : c’est aussi que son gouvernement mène une série d’attaques sans précédent contre les conditions de vie et de travail des couches populaires : santé, retraites, chômage, temps de travail, destruction de services utiles à la population, tout y passe.

Cela intervient dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat et d’inquiétude profonde quant à l’avenir, alors que tous les secteurs moteurs de l’économie et tous les grands groupes industriels, dont ceux de l’automobile et de la chimie, multiplient les annonces choc de fermetures d’usines et de licenciements par dizaines de milliers.

La Saxe-Anhalt, Land parmi les plus pauvres d’Allemagne, subit depuis des années un nombre particulièrement élevé de fermetures d’entreprises, un chômage supérieur à la moyenne nationale, une baisse de sa population, en particulier parmi les jeunes. Le vote AfD exprime donc aussi une volonté de sanctionner les partis qui gouvernent.

Prochainement, deux autres élections régionales auront lieu : en Mecklembourg-Poméranie à l’Est et à Berlin. Prenant la parole, le 7 septembre, au sujet du résultat électoral de la veille, Merz a annoncé qu’il continuera les « réformes » de son gouvernement CDU-SPD… simplement en y ajoutant de la pédagogie. De quoi pousser de nouveaux électeurs à délaisser la CDU au profit de l’extrême droite.

                                                     Alice Morgen (Lutte ouvrière n°3032)

mardi 8 septembre 2026

Allemagne : un succès électoral de l’extrême-droite, un piège pour les travailleurs

 

Les démagogues prospèrent sur la crise

  

D’où que l’on vienne, des travailleurs ! (Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte, 1875)

En Allemagne, l’AfD, un parti d’extrême droite qui a fait de la chasse aux immigrés l’axe principal de sa campagne, est arrivé en tête des élections régionales en Saxe-Anhalt.

         Il profite de la colère semée par des années de guerre de classe de tous les gouvernements au service de la bourgeoisie : restructurations, fermetures d’usines, recul des services publics...

         Comme le RN ici, l’AfD désigne les immigrés comme boucs émissaires. Ici comme là-bas, c’est un piège : les coups portés aux immigrés, qui forment une partie du monde du travail, préparent des reculs pour tous les travailleurs.

mardi 1 septembre 2026

Mayotte : le gouvernement cherche des États mercenaires

 

Un monde fait de barbelés pour les pauvres

 

 

Le Premier ministre Lecornu s’est rendu à Mayotte pour rajouter sa voix aux chœurs des politiciens réactionnaires contre les migrants. Il a annoncé que l’État français voulait payer les Comores et six États africains pour agir en gardes-frontières contre leur propre population, en ajoutant des barbelés pour barrer la route à ceux qui ne font que fuir les guerres et la misère.

samedi 15 août 2026

Migrants : xénophobie sans frontières

Migrants : xénophobie sans frontières

L’arrivée soudaine dans l’enclave espagnole de Ceuta de quelque 70 000 jeunes Marocains – dont la quasi-totalité est retournée immédiatement au Maroc – a continué d’alimenter la campagne xénophobe et antimigrants de nombreux dirigeants européens.

Publié le 12/08/2026

 

La palme revient à la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qui a rétabli les contrôles aux frontières pour les vols et les bateaux en provenance d’Espagne. En rétorsion, Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol, a annoncé la mise en place de contrôles d’identité pour les voyageurs venant d’Italie. Meloni et Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, une social-démocrate qui remue la même boue xénophobe et raciste que son homologue italienne d’extrême droite, ont publié une lettre ouverte aux instances de l’Union européenne (UE). Elles en appellent à « la protection de l’héritage chrétien de l’Europe », dénoncent la prétendue « immigration incontrôlée » et réclament la création de centres de retour dans des pays hors de l’UE, comme l’Albanie où l’Italie a construit de telles prisons dans le but d’y parquer les étrangers sans papiers.

De son côté, Friedrich Merz, le chancelier allemand, exige que l’Italie et la Grèce récupèrent les demandeurs d’asile arrivés en Allemagne après avoir débarqué dans l’un de ces deux pays. Il invoque l’accord signé le 12 juin entre tous les pays de l’UE tandis que Meloni en conteste les modalités. L’un et l’autre se refilent comme des patates chaudes ces femmes et ces hommes, qu’ils qualifient de « migrants secondaires », mais qui sont venus en Europe pour travailler et pouvoir faire vivre leur famille, souvent en fuyant la guerre ou la dictature.

Meloni, Frederiksen, Merz, tout comme Sanchez ou Macron, savent parfaitement que l’UE n’a rien d’une passoire mais tout d’une forteresse aux frontières parfois grillagées et électrifiées. Elle est dotée d’une agence de garde-frontières, Frontex, qui traque sans pitié les pauvres qui tentent de la rejoindre. Ils savent parfaitement que l’économie de cette riche citadelle ne pourrait fonctionner sans les bras et les cerveaux des travailleurs immigrés. Les secteurs les plus durs, dans l’agriculture, le bâtiment, l’industrie, le nettoyage, la santé et l’aide à la personne ne pourraient pas fonctionner sans ces travailleurs, qu’ils aient ou non des papiers en règle. Même Meloni a délivré quelque 900 000 permis de travail à des étrangers extra-européens depuis qu’elle est au pouvoir.

Toutes les déclarations des dirigeants européens sont des postures démagogiques destinées à faire des migrants les boucs émissaires des difficultés que vivent les classes populaires de leurs pays. Il serait suicidaire pour les travailleurs de tomber dans ce piège en se faisant les complices du refoulement de ces damnés de la terre qui, quels qu’en soient les risques pour eux- mêmes, continueront de tenter de passer les frontières. Peuplée de 450 millions d’habitants, l’UE regroupe les pays parmi les plus riches au monde, qui se sont développés et continuent de prospérer en exploitant une grande partie de la planète.

Ce ne sont pas quelques centaines de milliers, ni même quelques millions de migrants qui menacent les emplois, les logements, les hôpitaux, ce sont les capitalistes et les gouvernements qui les ferment ou les détruisent. C’est contre ceux-là que les travailleurs, immigrés ou pas, avec ou sans papiers, doivent unir leurs luttes.

                                                                 X. L. (Lutte ouvrière n°3028)