Guerre et
spéculation
Immédiatement après les
bombardements israéliens sur l’Iran, le prix du baril de pétrole a bondi de 10
%. La guerre, qui apporte destructions et angoisse aux populations, offre aux
spéculateurs des opportunités d’enrichissement.
Publié le 18/06/2025
Le capitalisme est un système
instable par nature, basé sur la guerre de tous contre tous. Mais il connaît
régulièrement des périodes de plus fortes tensions guerrières, comme c’est le
cas actuellement. Les attaques d’Israël en Iran ont été l’occasion d’opérer une
opération spéculative sur le marché du pétrole. Ainsi, avant qu’un site
pétrolier iranien n’ait encore été touché par les bombardements israéliens, les
spéculateurs ont anticipé le risque que de telles installations soient
détruites, conduisant à une baisse de l’offre de pétrole sur le marché mondial,
et donc à une hausse du prix du baril.
Effectivement, l’Iran est le
septième producteur de pétrole, et le détroit d’Ormuz, dont il est riverain,
est un passage stratégique pour les cargaisons du Moyen-Orient vers l’Asie et
l’Europe. L’an dernier, JPMorgan a estimé qu’un blocage de cette voie d’accès
au golfe Persique pourrait faire grimper le prix du pétrole brut à 130 dollars
le baril.
Si les spéculateurs anticipent ce
risque, ce n’est pas par inquiétude pour les populations qui subiront les
hausses de prix à la pompe à essence. Dans leur langage, « risque » signifie
moyen de s’enrichir. Faisant donc le pari de la hausse du prix du pétrole, ils
en ont acheté en quantité. L’augmentation de la demande sur ces marchés a donc
effectivement fait monter le prix du baril, permettant à ces spéculateurs de le
revendre plus cher.
Heureux les spéculateurs qui
profitent de la guerre pour faire de bons coups en Bourse !
Joséphine Sina (Lutte ouvrière
n°2968)