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vendredi 16 janvier 2026

Salaires : une lutte d’ensemble s’impose

 

Salaires : une lutte d’ensemble s’impose

Publié le 14/01/2026

 

 

Selon une enquête menée par une officine patronale auprès de 944 sociétés établies en France, 71 % des entreprises envisagent en 2026 d’accorder à leurs salariés exclusivement des augmentations individuelles « au mérite, promotionnelles ou exceptionnelles », un nombre doublé par rapport à l’année dernière.

Même si ce chiffre est à prendre avec précaution, cela signifie un progrès de la politique du « diviser pour régner », comme si le salaire était une récompense individuelle réservée aux plus méritants au gré de la hiérarchie. Et tant pis pour celles et ceux qui tombent malades, ou tout simplement n’arrivent pas à tenir la cadence, la fréquence des appels téléphoniques ou le nombre de dossiers à traiter ! Les chefs, ou managers dans le langage patronal, ont le feu vert pour agiter la carotte et accroître la pression, aux dépens des conditions de vie de chacun. De cette concurrence accrue entre travailleurs, il s’ensuit, comme l’écrivait Karl Marx à propos du salaire aux pièces, « une élévation de salaires individuels au- dessus du niveau général qui est accompagnée d’une dépression de ce niveau lui-même ».

Le capitalisme use toujours des mêmes méthodes de division. Les travailleurs doivent lui opposer la solidarité entre exploités, l’organisation et la mobilisation pour imposer que les salaires augmentent en suivant la hausse des prix.

                                                       Jean Sanday (Lutte ouvrière n°2998)

mercredi 24 décembre 2025

Argenteuil, « Mamie Tricot » et la diversité de notre classe. L’activité à mener pour resserrer son union, sa conscience, son organisation collective

De l’empathie à la solidarité, de la solidarité à la conscience

 

 

Le court texte que j’ai posté ces jours derniers sur Facebook à l’occasion de la disparition de « Mamie Tricot » a été largement vu, commenté, et majoritairement très apprécié. En tout cas, l’intérêt était là.

         Dans la galerie commerçante de Joliot-Curie, puis aux portes de Babou, puis ces dernières années près des tourniquets de l’entrée à la gare d’Argenteuil, cette femme avait su se faire connaître et obtenir du soutien. Elle savait finalement très bien que sans l’engagement collectif, les individus ne peuvent que peu de choses.

         Certes sur son franc-parler et ses chansons il y aurait bien des choses à redire, et comme je l’ai dit, nous fîmes connaissance sur ce plan, mais elle entendit, au moins en ma présence, ce que je pensais.

         Si « Mamie Tricot » a su se faire apprécier, c’est qu’elle était à l’image de la population de la Ville, celle qui des quartiers périphériques va prendre le train au petit matin pour de longues heures de transport et de travail. Et bien de ceux-là devaient se dire : elle prend elle aussi son bus de bon matin pour commencer son activité particulière pareillement à nous.

         Et puis, sa vie n’avait pas été facile. Pas besoin pour l’interroger pour le savoir. Elle s’était occupée jusqu’au bout de sa mère à Joliot-Curie et avait connu bien des désagréments.

         Une chose est sûre, elle était combative, et il lui en avait fallu bien du courage pour surmonter les difficultés, comme pour bien des femmes des milieux populaires.

         Alors quelles que soient leur origine, leur religion ou pas, leurs différences, bien des habitants se retrouvaient en empathie avec elle.

         Il lui manquait certes, comme à l’énorme majorité d’entre eux l’appartenance à un réseau collectif qui donne de vraies convictions, où les échanges permettent de rectifier lorsque l’on dit ce qui n’a pas de raison d’être. Pour elles, bien des paroles à l’emporte-pièce pouvaient être plus dites que véritablement pensées.

         À Argenteuil, l’énorme majorité de la population appartient au même monde du travail. Dans les circonstances demain de la reprise de l’action, cela permettra à ce dernier de passer de l’empathie sociale à la solidarité, et de cette dernière au rôle qu’il a à jouer pour changer la société. DM

 

mardi 25 novembre 2025

Argenteuil, quartier du Val-Nord : « On n’est pas des racailles » : à voir, revoir, et réfléchir

Pauvreté, mais dignité et volonté de rester debout

 

 

Il y a 20 ans et un mois, le 25 octobre 2005, le futur délinquant et emprisonné de 20 jours Nicolas Sarkozy organisait une opération d’autopromotion démagogique sur l’esplanade du quartier du Val-Nord d’Argenteuil. 20 ans plus tard, un jeune d'alors, aujourd’hui en particulier journaliste, qui y a grandi à la Haie normande, y est revenu et réalisé le documentaire « On n’est pas des racailles ».

         Ce terme de racailles a marqué de nombreux jeunes du quartier de l’époque qui « ont eu l’impression de se faire insulter », que Sarkozy « mettait tout le monde dans le même sac ».

         Il y aurait beaucoup de choses à dire sur et autour de ce documentaire. Bien sûr le mieux est de le voir et de le revoir, et d’aller faire un tour sur l’esplanade, acheter une viennoiserie à la boulangère qui est une mémoire du lieu, et boire un café non loin chez le bureau de tabac-journaux-café-et correspondant pour les nombreux colis dont il est l’intermédiaire.

         Plusieurs choses m’ont frappé dans le reportage. C’est d’abord l’engagement d’animateurs-médiateurs, agents communaux, agissant dans le quartier. C’est celui des encadrants du club de boxe éducative qui se tient au Studio. Mais c’est aussi la coupure qui transparaît entre cette esplanade et le quartier des Musiciens du Val. Mais le réalisateur évoque l’école Anatole France qu'il a fréquentée qui n’était pas celle des Musiciens (en l’occurrence pour ce dernier, le groupe scolaire Romain Rolland où j’ai enseigné une année).

         Justement, puisque j’évoque l’École, la coupure entre cette dernière et le quartier me semble, en tout cas aujourd’hui, très importante, alors que la liaison entre l’intérieur scolaire et l’extérieur devrait être essentielle.

         Il y a l’évocation des familles monoparentales qui sont très nombreuses dans le quartier, avec cette rencontre très émouvante entre le réalisateur et une de ses anciennes camarades de classe, mère de deux enfants. Celle-ci exprime ses difficultés, le dilemme heures supplémentaires ou maintien des allocations, mais aussi sa volonté de rester debout, ce résultat auquel elle parvient avec détermination et courage.

         Et puis ces femmes, restées anonymes dans le documentaire, membres ou pas du Comité de quartier, évoquant la solidarité des voisins, leurs actions collectives auprès du bailleur pour éviter les expulsions de locataires, pour qu’il n’y ait personne qui n’ait rien à manger. 

            En tout cas, face à la montée de l'individualisme, que de belles résistances.

         Toute cette dignité et volonté donne du courage, et vraiment beaucoup d’espoir pour ceux qui comme nous espèrent et militent pour la renaissance aussi des réseaux politiques de l’union ouvrière si nécessaire dans un quartier qui comme le dit un des intervenants est un quartier de la « classe ouvrière ». DM

 

https://www.france.tv/documentaires/documentaires-societe/7711878-on-n-est-pas-des-racailles.html