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lundi 2 novembre 2026

Argenteuil, contre tous les racismes et ceux qui poussent au crime, rassemblons-nous demain

 

Mardi 3 novembre

18 heures devant la mairie d’Argenteuil

  


 

Le 23 octobre, Pengo Bossio Wangi tombait sous les tirs d’un homme de 39 ans, qui a également blessé gravement une enfant de 12 ans et trois autres personnes.

         Cet attentat est le dernier d’une longue suite de meurtres perpétués. En 2025, Aboubacar Cissé était poignardé dans une mosquée et Hichem Miraoui était tué par son voisin. Cette même année, 9 700 crimes et délits à « caractère raciste » ont été enregistrés par la police et la gendarmerie ! La réalité est que des jeunes et des moins jeunes, parce qu’ils sont noirs ou arabes, sont régulièrement confrontés au racisme.

         Des crimes comme celui de Trappes ne surviennent pas par hasard. Que son auteur soit déséquilibré ou non, ce sont bien en effet les idées racistes qui ont motivé son passage à l’acte. Ils se produisent dans un climat alimenté en permanence par des propos racistes et xénophobes. Par leurs discours de haine et par leur politique antimigrants, les Le Pen, Retailleau, Darmanin et autres, les ministres actuels et leurs prédécesseurs, favorisent le passage à l’acte d’individus tels que le meurtrier de Pengo Bossio Wangi.

         En 2022, Bardella avait comparé la commune de Trappes à « une petite république islamique en miniature, capitale européenne du jihad », Le Pen de son côté l’avait qualifiée de « territoire perdu de la République sous le poids d’une immigration massive et ininterrompue ».

         C’est une arme que tous ces politiciens utilisent à dessein, non seulement pour leurs calculs électoraux de bas niveau, mais pour tenter de détourner la colère des classes populaires en cette période d’aggravation de la crise économique, et de diviser les travailleurs qui, qu’ils soient français ou immigrés, font tout fonctionner dans la société et sont confrontés aux mêmes exploiteurs. Le racisme est une arme entretenue par les capitalistes pour maintenir leur domination.

         C’est dans le combat collectif contre le grand patronat responsable de la crise, du chômage et des bas salaires, que reculeront toutes les idées de division, le racisme, la xénophobie, l’islamophobie et la négrophobie.

                                                                               Lutte ouvrière

 

Des organisations et partis de gauche appellent à se rassembler pour s’élever contre tous ces racismes. Lutte ouvrière appelle à se joindre à ce rassemblement.

Mardi 3 novembre

18 heures devant la mairie d’Argenteuil

vendredi 11 septembre 2026

Allemagne : dangereuse montée de l’extrême droite

 Allemagne : dangereuse montée de l’extrême droite

Petit Land de l’ancienne Allemagne de l’Est, la Saxe-Anhalt compte environ 2,1 millions d’habitants. Les résultats des élections régionales du 6 septembre dépassent largement ses frontières : en obtenant 44 % des suffrages, le parti d’extrême droite AfD a plus que doublé son score de 2021 et frôle la majorité absolue au Parlement régional.

Publié le 09/09/2026

Dans un contexte où la participation a fortement augmenté, atteignant 80 % – un record –, la CDU (conservateurs) s’effondre à 17 % (37 % en 2021). La défaite est d’autant plus spectaculaire que la CDU gouverne ce Land depuis 2002. Le résultat constitue un désaveu massif du gouvernement fédéral dirigé par Friedrich Merz de la CDU. Les autres partis (Die Linke, SPD, Verts), restent loin derrière, autour de 9 % chacun.

L’AfD disposera de 39 sièges, à un cheveu des 42 nécessaires pour gouverner seule. Aucun des autres partis représentés au Landtag n’entend officiellement former une coalition avec elle ; mais que se passera-t-il en coulisses ? Le BSW (Bündnis Sahra Wagenknecht), scission de Die Linke aux positions proches de celles de l’AfD sur l’immigration, obtient un peu plus de 5 % et pourrait se placer en arbitre. Pour la première fois depuis 1945, un Land risque d’être gouverné par l’extrême droite.

Le succès de son candidat, Ulrich Siegmund, tient aussi à un marketing habile : présence permanente sur les réseaux sociaux, selfies avec les électeurs, kermesses, petits cadeaux et produits dérivés à son effigie. Il cultive une image de « type normal », qui contraste avec la radicalité de son programme.

Car, derrière le marketing, Siegmund prône des mesures violentes contre les migrants, dans un discours assimilant immigration et criminalité, des « milices citoyennes », des attaques contre les programmes scolaires et les enseignants « trop à gauche », une hostilité aux droits des personnes LGBT, la remise en cause du droit à l’avortement et la dénonciation d’une justice prétendument laxiste. Siegmund a participé en 2023 à la réunion secrète de Potsdam au cours de laquelle l’extrême droite avait discuté du projet de « remigration », c’est-à-dire l’expulsion de migrants ainsi que de citoyens allemands d’origine étrangère.

Parmi ses promesses sociales, l’AfD évoque des loyers abordables, une baisse des prix de l’énergie et davantage d’hôpitaux. Elle affirme que l’argent actuellement consacré à « l’aide à l’Ukraine » pourrait être utilisé pour les retraites et le pouvoir d’achat et réclame la levée des sanctions contre la Russie, permettant l’accès au gaz russe.

Les raisons de la colère sont réelles. Si Merz est devenu en un temps record le plus détesté des chanceliers, son arrogance n’est pas seule en cause : c’est aussi que son gouvernement mène une série d’attaques sans précédent contre les conditions de vie et de travail des couches populaires : santé, retraites, chômage, temps de travail, destruction de services utiles à la population, tout y passe.

Cela intervient dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat et d’inquiétude profonde quant à l’avenir, alors que tous les secteurs moteurs de l’économie et tous les grands groupes industriels, dont ceux de l’automobile et de la chimie, multiplient les annonces choc de fermetures d’usines et de licenciements par dizaines de milliers.

La Saxe-Anhalt, Land parmi les plus pauvres d’Allemagne, subit depuis des années un nombre particulièrement élevé de fermetures d’entreprises, un chômage supérieur à la moyenne nationale, une baisse de sa population, en particulier parmi les jeunes. Le vote AfD exprime donc aussi une volonté de sanctionner les partis qui gouvernent.

Prochainement, deux autres élections régionales auront lieu : en Mecklembourg-Poméranie à l’Est et à Berlin. Prenant la parole, le 7 septembre, au sujet du résultat électoral de la veille, Merz a annoncé qu’il continuera les « réformes » de son gouvernement CDU-SPD… simplement en y ajoutant de la pédagogie. De quoi pousser de nouveaux électeurs à délaisser la CDU au profit de l’extrême droite.

                                                     Alice Morgen (Lutte ouvrière n°3032)

mardi 8 septembre 2026

Allemagne : un succès électoral de l’extrême-droite, un piège pour les travailleurs

 

Les démagogues prospèrent sur la crise

  

D’où que l’on vienne, des travailleurs ! (Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte, 1875)

En Allemagne, l’AfD, un parti d’extrême droite qui a fait de la chasse aux immigrés l’axe principal de sa campagne, est arrivé en tête des élections régionales en Saxe-Anhalt.

         Il profite de la colère semée par des années de guerre de classe de tous les gouvernements au service de la bourgeoisie : restructurations, fermetures d’usines, recul des services publics...

         Comme le RN ici, l’AfD désigne les immigrés comme boucs émissaires. Ici comme là-bas, c’est un piège : les coups portés aux immigrés, qui forment une partie du monde du travail, préparent des reculs pour tous les travailleurs.

dimanche 23 août 2026

Salaires : individualiser pour mieux régner

 Salaires : individualiser pour mieux régner

D’après une enquête parue en août, les hausses de salaires de 2026 en France atteindraient en moyenne 3 %, et les entreprises n’envisageraient rien de plus l’an prochain.

Publié le 19/08/2026


 

Une étude du ministère du Travail du 6 août évoque plutôt 1,9 % d’augmentation du salaire mensuel de base dans le secteur privé, à partir des chiffres du deuxième trimestre.

Cette différence entre les chiffres s’explique sans doute par le fait que la plupart des augmentations sont distribuées de façon individuelle, et très peu sous forme de hausses générales… qui frôlent trop souvent 0 %. Individuelles ou collectives, ces hausses de salaires n’empêcheront pas la majorité de la population de s’appauvrir.

Entre les classifications, les anciennetés, les primes diverses et variées et les augmentations au bon vouloir de la direction : les patrons ont bien organisé les choses pour masquer l’exploitation et faire croire aux travailleurs qu’ils sont en concurrence les uns avec les autres. Y compris lorsque l’on effectue le même travail, au même poste, les fiches de paie n’ont parfois rien à voir. Chacun reçoit une justification individuelle pour expliquer sa paie différente du voisin… Résultat, la paie est trop faible pour subvenir à l’ensemble des besoins. Elle est partout rognée par la cherté croissante de la vie.

En définitive, c’est le patron qui verse et décide de l’ensemble des salaires. Car les augmenter véritablement voudrait dire rogner son profit à lui. En temps de crise en particulier, le patronat fait tout ce qu’il peut pour céder le moins possible et maintenir ses profits. On peut dire que, pour les grandes entreprises, c’est plutôt réussi. Aucune de celles du CAC 40 n’accuse de perte au premier semestre et, avec une hausse des bénéfices de 34 %, ça c’est de l’augmentation !

                                                     Charles Legoda (Lutte ouvrière n°3029)

samedi 8 août 2026

Les frontières, une arme pour les patrons

 Les frontières, une arme pour les patrons

Le drame de Ceuta révèle une réalité révoltante : les frontières ne protègent pas les êtres humains, elles les trient.

Publié le 05/08/2026

 

Elles laissent passer l’argent, les marchandises, les capitaux, les riches et les puissants. En revanche, elles arrêtent, emprisonnent et parfois tuent celles et ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre.

Si des hommes, des femmes et des jeunes risquent leur vie pour franchir une frontière, ce n’est pas par plaisir. Ils fuient la misère, le chômage, la guerre, l’absence d’avenir. En général, on ne quitte pas ses proches de gaieté de cœur, mais si on est riche, on peut circuler librement, acheter villas, riads et même des terres là où l’on souhaite, notamment au Maroc. Sous le capitalisme, le compte en banque décide du droit de vivre.

Les gouvernements, les patrons et leurs relais politiques voudraient faire croire qu’il n’y a pas assez de logements, de soins ou de travail pour tout le monde. C’est un mensonge, qu’ils entretiennent pour diviser et essayer de cacher que la cause des maux subis par les travailleurs provient toujours de leurs propres capitalistes, de leurs propres gouvernements et non de « l’étranger ».

De Le Pen à Mélenchon, les politiciens de la bourgeoisie parlent de « réguler les flux » et de « protéger les frontières ». Mais en quoi cela pourrait- il protéger les populations, et les travailleurs ?

Qu’ils fassent quelques centaines ou plusieurs milliers de kilomètres pour trouver un travail ou fuir la misère, ils le font pour trouver une vie meilleure. Les réglementations, les frontières, les passeports et les expulsions sont des armes dans les mains du patronat. La liberté de circulation et d’installation devrait être un droit élémentaire.

                                              Christian Chavaux (Lutte ouvrière n°3027)

jeudi 6 août 2026

Ceuta : les mensonges des politiciens

 Ceuta : les mensonges des politiciens

La situation à Ceuta a donné lieu à une instrumentalisation éhontée de la part des dirigeants de la droite et de l’extrême droite, à l’image de ce que font des gouvernants européens.

Publié le 05/08/2026

Le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen. Emmanuel Macron et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, eux, ont annoncé fièrement un renforcement des contrôles à la frontière avec l’Espagne. Tous savent pourtant très bien qu’aucun des jeunes Marocains entrés à Ceuta pour en être refoulés presque aussitôt par les autorités espagnoles, n’avait la moindre chance d’atteindre la péninsule espagnole et encore moins la France ou l’Italie.

Les politiciens le savent, mais lorsqu’il s’agit de faire diversion pour détourner les travailleurs de leurs véritables ennemis, tous les moyens sont bons, et la concurrence est rude. Bruno Retailleau et le Rassemblement national s’accordent pour dénoncer les régularisations décidées par le gouvernement espagnol au printemps dernier, en prétendant que sans elles, les personnes tentant de venir en Europe ne le feraient pas. C’est évidemment un mensonge, car aussi bien en Europe qu’aux États-Unis par exemple, des millions de travailleurs sont déjà condamnés à vivre en situation irrégulière mais tentent tout de même de rester afin de subvenir aux besoins de leur famille ou de leur village. Peu importe également à ces démagogues que ces fameuses régularisations aient concerné essentiellement des travailleurs qui vivaient, travaillaient et payaient leurs impôts en Espagne depuis des années et qu’elles aient cessé à la fin du mois de juin.

Le Rassemblement national y va de sa surenchère en réclamant que la liberté de circulation dans l’espace Schengen soit réservée aux seuls ressortissants européens, et ne bénéficie pas aux personnes disposant d’un titre de séjour. En réalité, les étrangers, même en situation régulière, n’ont déjà pas les mêmes droits que les ressortissants européens en la matière : il n’est par exemple pas possible de travailler en Allemagne simplement avec un titre de séjour délivré par l’État français, ou inversement.

Il n’y a en fin de compte pas une once de vérité dans cette propagande xénophobe, mais ce n’était de toute façon pas son problème.

                                                        Malik Rieux (Lutte ouvrière n°3027)