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jeudi 21 mai 2026

Argenteuil, Val d’Oise, comme ailleurs, les difficultés de la « régularisation »

 

Le piège d’un « chaos administratif »

  

Lorsque je passe devant la Sous-préfecture rue Pierre Guienne, je me dis que j'ai de la chance de ne pas avoir besoin de "papiers" 

Il y a quelques jours nous avons évoqué le rapport d’une opération de contrôle chapeautée par la préfecture du Val d’Oise dont nous commentions la liste des délits et autres situations en délicatesse avec la légalité. Nous pensions que mettre sur le même plan (sur la même liste sans façon) des vrais délits et des personnes en situation irrégulière n’est humainement pas juste.

         Aujourd’hui, la situation des personnes étrangères voulant être régularisées est catastrophique.

         Nous avons pioché les éléments suivants dans la « Lettre de l'asile et de l'intégration », du 18 mai, newsletter bimestrielle de France terre d'asile, une association d’aide et de soutien aux migrants (https://www.france-terre-asile.org/).

         « La complexité croissante des procédures d’accès ou de renouvellement des titres de séjour, l’engorgement des préfectures et les défaillances de l’Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) placent de nombreuses personnes étrangères dans une situation de forte précarité administrative. Dans l'attente de la délivrance de documents officiels, elles basculent, souvent de manière prolongée, dans l’irrégularité, entraînant des ruptures de droits. Face à ces carences, les réponses politiques actuelles peinent encore à apporter des solutions effectives. »

         Et de citer le cas particulier suivant :

         « Khalil, menuisier marocain installé en France, voit son titre de séjour « salarié » expirer en juin 2023 et dépose une demande de renouvellement. Entre-temps, lui et son employeur découvrent qu’une nouvelle autorisation de travail est exigée à chaque changement d’entreprise pour les titulaires d’un titre de séjour pour motif économique. Or celle de Khalil, liée à son précédent contrat, n’est plus valable. Son employeur dépose alors une demande en son nom, restée sans réponse. Faute d’autorisation de travail, la préfecture refuse de renouveler sa carte de séjour. Khalil se retrouve ainsi piégé dans un «cycle dirrégularité sans fin» : sans autorisation de travail, pas de titre de séjour, et sans titre ou récépissé valide, pas dautorisation de travail. Malgré les démarches répétées de son employeur, labsence de réponse de ladministration entraîne la perte de son emploi au printemps 2025. Ce n’est qu’en juin 2025 qu’il obtient enfin un document provisoire de trois mois, lui permettant de travailler légalement. »

         « L’histoire de Khalil, relatée dans un rapport d’Amnesty International, est loin de constituer un cas isolé. … » On peut absolument la généraliser :

         « … Une instruction du ministère de l’Intérieur, datée du 9 avril, indique que près de 930 000 personnes ont un dossier en attente. L’«augmentation exponentielle» des saisines de la Défenseure des droits concernant le droit des étrangers confirme ce constat alarmant : passées d’environ 6000 en 2019 à 50 000 en 2025, elles représentent 41% du total des saisines en 2025. »

……………

         Pour en revenir à ce qui nous avait choqué, nous espérons que les personnes dont l’irrégularité était signalée, selon nous de façon malencontreuse, auront bénéficié de la compréhension des autorités, ce que nous imaginons bien volontiers. DM

lundi 11 mai 2026

Ruffin : la xénophobie au programme

Ruffin : la xénophobie au programme

« Je refuse le plan d’importation massive de main-d’œuvre étrangère » : si cette phrase est bien sortie de la bouche d’un prétendant à l’Élysée, elle n’est pas de Bardella ou de Le Pen, mais de François Ruffin.

Publié le 05/05/2026  

Ruffin a défendu sa position en expliquant que l’immigration de travail correspond à une volonté patronale, notamment dans le secteur du soin, où le Medef souhaite « faire venir de la main-d’œuvre subsaharienne ».

Devant les réactions dans les rangs de ses anciens alliés de LFI, mais aussi parmi les écologistes ou les communistes, il a continué à assumer. Et de dire que sur l’immigration, il n’a pas changé de position ces vingt dernières années et que c’est d’ailleurs une « longue tradition de la gauche ». Il est vrai que faire des travailleurs immigrés les responsables du chômage, des bas salaires ou de la dégradation des conditions de travail n’est pas spécifique à un Ruffin, qui prétend vouloir combattre l’extrême droite en reprenant sa chanson.

Le « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » du Premier ministre socialiste Rocard n’était pas une regrettable exception et les dirigeants du PCF ou de LFI ont eux aussi fait de la « maîtrise de l’immigration » un argument politique. En 1980, alors que des dizaines de milliers de licenciements avaient lieu, le PC prônait « l’arrêt de l’immigration pour le bien de tous ». De nos jours, c’est le « dumping social », dont les travailleurs détachés seraient responsables, que dénoncent une partie des dirigeants de gauche.

Français contre immigrés, immigrés contre détachés, intérimaires et sous-traitants contre employés en CDI, hommes contre femmes : le patronat utilise toutes les possibilités de division pour faire pression à la baisse sur l’ensemble des conditions de travail et de salaires. Face à cela, la réponse du mouvement ouvrier ne peut être que de présenter un front uni pour imposer l’amélioration des conditions de tous. Le contraire de ce que défendent les Ruffin et consorts.

                                            Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3014)

 

jeudi 7 mai 2026

Ruffin : la xénophobie au programme

 Ruffin : la xénophobie au programme

« Je refuse le plan d’importation massive de main-d’œuvre étrangère » : si cette phrase est bien sortie de la bouche d’un prétendant à l’Élysée, elle n’est pas de Bardella ou de Le Pen, mais de François Ruffin.

Publié le 05/05/2026

Ruffin a défendu sa position en expliquant que l’immigration de travail correspond à une volonté patronale, notamment dans le secteur du soin, où le Medef souhaite « faire venir de la main-d’œuvre subsaharienne ».

Devant les réactions dans les rangs de ses anciens alliés de LFI, mais aussi parmi les écologistes ou les communistes, il a continué à assumer. Et de dire que sur l’immigration, il n’a pas changé de position ces vingt dernières années et que c’est d’ailleurs une « longue tradition de la gauche ». Il est vrai que faire des travailleurs immigrés les responsables du chômage, des bas salaires ou de la dégradation des conditions de travail n’est pas spécifique à un Ruffin, qui prétend vouloir combattre l’extrême droite en reprenant sa chanson.

Le « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » du Premier ministre socialiste Rocard n’était pas une regrettable exception et les dirigeants du PCF ou de LFI ont eux aussi fait de la « maîtrise de l’immigration » un argument politique. En 1980, alors que des dizaines de milliers de licenciements avaient lieu, le PC prônait « l’arrêt de l’immigration pour le bien de tous ». De nos jours, c’est le « dumping social », dont les travailleurs détachés seraient responsables, que dénoncent une partie des dirigeants de gauche.

Français contre immigrés, immigrés contre détachés, intérimaires et sous-traitants contre employés en CDI, hommes contre femmes : le patronat utilise toutes les possibilités de division pour faire pression à la baisse sur l’ensemble des conditions de travail et de salaires. Face à cela, la réponse du mouvement ouvrier ne peut être que de présenter un front uni pour imposer l’amélioration des conditions de tous. Le contraire de ce que défendent les Ruffin et consorts.

                                                  Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3014)

vendredi 1 mai 2026

Rafle policière contre les travailleurs : une éducation pour la jeunesse

 Nos lecteurs écrivent : Rafle policière dans les Yvelines

Publié le 28/04/2026

Le matin, je prends la ligne de bus qui part des Mureaux, dans les Yvelines, vers la Défense, pour me rendre à l’école où je suis élève. À 7 h 30, les personnes qui prennent ce bus pour se rendre sur leurs lieux de travail sont en majorité des travailleurs d’origine immigrée.

Il y a un mois, fin mars, alors que nous passions un péage sur l’A14, une quinzaine de policiers ont arrêté le bus pendant un quart d’heure, et ont procédé à un contrôle des papiers de tous les passagers. Ils ont embarqué avec eux trois personnes, leur disant que leurs papiers n’étaient pas en règle. Certains travailleurs leur ont demandé des justificatifs de retard, qu’ils ont refusé de donner.

En fait de tels contrôles semblent fréquents, visant clairement les travailleurs immigrés.

                                          Un lecteur révolté  (Lutte ouvrière n°3013)

mardi 7 avril 2026

Élection de Bally Bagayoko : une campagne raciste et anti-pauvres

Contre le racisme, le combat de tous les travailleurs

 

 

Manifestation à Saint-Denis contre le racisme le 4 avril

L’élection d’un maire noir affilié à LFI à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, a été suivie d’un déferlement raciste dans les médias, avec la complaisance de la droite et de l’extrême droite, de Retailleau à Zemmour en passant par Ciotti.

         Ces politiciens préparent ainsi leur campagne pour la présidentielle. À travers le maire de Saint-Denis, ils s’attaquent à la fraction immigrée de la classe ouvrière. Alors, il ne faut pas laisser passer ce courant d’insultes et de haine. La lutte contre le racisme est le combat de tous les travailleurs.