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samedi 21 février 2026

L’État et les crues : après moi le déluge

L’État et les crues : après moi le déluge

Les propos de la ministre renvoyant la balle aux élus à propos des inondations soulignent bien la désinvolture du gouvernement face aux souffrances des habitants, mais sa responsabilité se situe aussi à un autre niveau.

Publié le 18/02/2026

Tous les hydrologues affirment que si les digues et les barrages sont indispensables pour protéger la population, ces ouvrages n’empêcheront pas pour autant les inondations de se répéter et de s’aggraver. Elles ne prennent pas naissance sur les rives des cours d’eau, mais sur les bassins versants où ruisselle l’eau de pluie. Ils comprennent à chaque fois plusieurs milliers de kilomètres carrés et des dizaines de communes, parfois loin des zones inondables. La construction de parkings, de nouveaux lotissements, de centres commerciaux a fait apparaître autant de surfaces imperméables sur lesquelles l’eau ruisselle au lieu de s’enfoncer dans la terre. Après les épisodes de fortes pluies, la terre gorgée d’eau ne peut plus rien absorber. On peut comprendre la volonté d’un maire d’attirer de nouveaux habitants en construisant, ou de permettre à la population d’accéder à des commerces mais de telles décisions sont souvent prises sans en calculer les conséquences futures, sans aucune planification. C’est l’illustration même de l’anarchie capitaliste, et des répercussions dramatiques qu’elle peut avoir.

Les scientifiques estiment que les fortes pluies et les crues se multiplieront à l’avenir, et qu’elles sont les premières manifestations des effets du changement climatique, mais les responsables politiques n’en tiennent en fait aucun compte. En réalité, les seules à prendre au sérieux ces avertissements sont les compagnies d’assurance qui augmentent les primes pour garantir leur profits, quand elles ne refusent pas tout simplement d’assurer les habitations et les communes menacées.

                                                    Daniel Mescla (Lutte ouvrière n°3003)


vendredi 20 février 2026

Inondations : dégâts des eaux… et d’une politique

 Inondations : dégâts des eaux… et d’une politique

En visite à Cadillac, en Gironde, le 16 février, la ministre Monique Barbut chargée de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a rendu les collectivités locales responsables des conséquences de la crue dans le Sud-Ouest.

Publié le 18/02/2026

 

Il y a là de quoi soulever la colère de bien des habitants des communes du Lot-et-Garonne et de la Gironde sous les eaux. Car c’est bien l’État qui, pour faire des économies, s’est défaussé en 2018 sur les communautés de communes pour l’entretien des digues. L’État économisait ainsi des centaines de millions d’euros, charge aux communes de faire payer leurs habitants en les autorisant à prélever une nouvelle taxe, la taxe Gemapi, de plus de 40 euros par personne et par an. C’est cette ressource que, selon la ministre, les collectivités n’utiliseraient pas « au maximum ».

En réalité, ce système qui laisse l’entretien des digues à la charge des communes est une catastrophe, d’abord parce que seules les communes les plus riches peuvent réellement faire quelque chose. Le coût de l’entretien et de la rénovation des digues, confiés à des entreprises privées via les marchés publics, s’est ainsi envolé. Bordeaux Métropole vient de dépenser 4,5 millions d’euros pour 400 mètres de digues en bordure de la commune de Bègles, 2,8 millions pour conforter en urgence 200 mètres de digue à Floirac. Les travaux prévus pour les années qui viennent engloutiront près de 80 millions d’euros pour 35 km de digues au nord et au sud de l’agglomération.

Si Bordeaux Métropole, regroupant 850 000 habitants, a les moyens de faire de telles dépenses, ce n’est pas le cas de nombreuses communes rurales. Ainsi à Cadillac, la rénovation de 5 km de digues coûterait 5 millions d’euros à ses 31 000 habitants. Cela ne passe pas… et Cadillac est sous les eaux. L’entretien des digues est en effet crucial. Entre Port-Sainte- Marie et Aiguillon près de Marmande, il a suffi d’un trou de taupe pour que l’eau s’engouffre et finisse par faire céder la digue, inondant 300 hectares de culture.

Faute de moyens, des élus ont renoncé à tout entretien. Ainsi, ceux du Grand Cubzaguais au nord de Bordeaux ont décidé en juin 2023 de ne pas reconnaître juridiquement les digues sur leur territoire, estimant que le coût du système, 23 millions d’euros d’investissement pour 24 kilomètres de digues et 300 000 euros annuels de gestion et d’entretien, était trop important pour leur budget. L’eau ne s’arrêtant pas aux frontières intercommunales, de telles décisions ne touchent pas seulement les communes qui les prennent mais toutes celles aux alentours, montrant l’aberration de ce système décentralisé.

Les conséquences des inondations sont terribles pour beaucoup d’agriculteurs, d’artisans et de petits commerçants, comme le relaye la presse nationale. Mais elles le sont aussi pour bien des familles populaires. Dans le Lot-et- Garonne, en début de semaine du 16 février, 1 600 personnes n’avaient toujours pas pu regagner leur domicile, et étaient accueillies dans des centres d’urgence. Bien des familles protègent leur logement comme elles le peuvent et déménagent provisoirement, en attendant que cela passe.

La visite de Monique Barbut n’a duré que quelques heures. Les inondations durent des jours, et les conséquences des économies sur l’entretien des digues vont durer pendant des années. Les budgets des communes étant de plus en plus contraints, ce système, financé à l’économie, annonce de nouvelles catastrophes.

                                                        Serge Benham (Lutte ouvrière n°3003)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 20 février, de 16 heures à 16 heures 45 au marché du Val ;

-de 17 h. à 18 h.30 devant Auchan, Val-Sud ;

-au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 21 février : de 9 h.15 à 10 h.45 entrée de la mairie ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 13 h45 à 14 h.50 heures et de 17 h.30 à 19 heures, carrefour Babou :

-dimanche 22 février, de 9 heures 30 à 12 heures et de 14 à 16 h. au carrefour Babou.

-lundi 23 février, de 17 h.30 à 19 h.30 devant Intermarché du centre ;

-mardi 24 février : à partir de 17 h.30, activités à la cité Champagne ;

-Mercredi 25 février : de 14 à 16 heures entrée de la mairie,

- et de 17 h.30 à 19 h.15 devant Auchan-Val Sud.

mercredi 18 février 2026

Argenteuil, un problème de la circulation souterraine de l’eau jamais pris globalement en considération

 

Une situation à risques importants

 

 

Les inondations actuelles rappellent à chacun qu’il n’est pas à l’abri face aux problèmes liés à la circulation de l’eau.

         Argenteuil est directement concernée par cette question. Sa localisation en bord de cuvette d’écoulement des eaux des collines au fleuve crée un certain nombre de risques qui fragilisent les sols et les constructions. Ces jours derniers, cela a entraîné la fermeture du laboratoire de biologie face à la basilique. Cela vient à la suite des problèmes au carrefour des Grandes fontaines, de l’immeuble ABH à l’angle PVC-L’abbé Fleury, concernant les vieilles constructions impasse Carême-Prenant…

         Historiquement, si les rus ont été recouverts, l’eau continue à circuler en souterrain. L’urbanisation et l’artificialisation ont fait le reste.

         Certes, cela n’est qu’en partie de la responsabilité des municipalités. La connaissance et les travaux nécessaires relèvent certainement en priorité des moyens de l’État. Mais c’est une question qui devrait au moins être mise localement sur la place publique par les édiles, avant que les conséquences de ces risques liés à la circulation de l’eau ne deviennent autrement plus importantes sur la Ville. DM

mardi 2 décembre 2025

Eau du robinet : plus chère, moins sûre

 Eau du robinet : plus chère, moins sûre

« Ils polluent, on paie », dénonce l’UFC-Que Choisir dans une campagne sur le prix de la dépollution de l’eau du robinet.

Publié le 26/11/2025

Selon l’association, le taux de conformité de l’eau potable en France est passé de 95 % en 2021 à 85 % en 2025, en raison de la pollution aux nitrates, pesticides et polluants éternels (PFAS) rejetés par l’activité agricole et industrielle et qui sont de mieux en mieux détectés.

Le coût de la dépollution, d’un milliard d’euros en 2025, pourrait exploser pour atteindre 13 milliards d’euros annuels. Or, le traitement de l’eau est à la charge des distributeurs d’eau. Il existe bien une « redevance pour pollutions diffuses » payée par les vendeurs et les utilisateurs de pesticides, mais elle n’a rapporté que 188 millions d’euros en 2023. Les industriels dont les usines déversent des PFAS dans l’environnement ne sont pas mis à contribution : une loi instaurant une taxe sur les usines rejetant des PFAS a bien été votée en 2025, mais, faute de décrets d’application, elle n’est toujours pas en vigueur. Lundi 17 novembre, dans le cadre de l’examen du budget 2026, les députés en ont voté une nouvelle version et demandé au gouvernement de l’appliquer l’année prochaine, tandis que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, soutenait sans vergogne un amendement la reportant à 2027. La mise au point du budget 2026 n’étant pas terminée, celle de la taxe sur les PFAS peut encore connaître bien des rebondissements.

Les distributeurs n’ont, en revanche, pas attendu pour répercuter les frais de dépollution sur les factures des particuliers, qui ont grimpé de 16 % depuis 2023.

Les grandes entreprises agricoles et les industries polluantes ont visiblement un adage conforme au fonctionnement de toute l’économie capitaliste : « Après moi, le déluge… d’eau polluée »

                                                  Claire Dunois (Lutte ouvrière n°2991)

mardi 4 novembre 2025

Pénurie d’eau à Mayotte : l’État regarde ailleurs

Oui, le colonialisme dans toute sa splendeur !

 

 

Pendant deux semaines, la population du sud et de l’ouest de Mayotte a subi des coupures d’eau durant quatre jours consécutifs, retrouvé de l’eau 24 heures, puis subi à nouveau quatre jours de coupures, etc. Boire, faire à manger, se laver, autant de choses évidentes devenant un calvaire.

         Les autorités justifient ces coupures par la maintenance d’une usine de potabilisation. Mais la maintenance n’empêche pas de prévoir pour que la population ait accès à un bien vital comme l’eau durant les travaux. Or ça, l’État français s'en moque. La préfecture a même vendu aux enchères en juin quelques 800 packs d’eau potable initialement prévue à la population après le passage du cyclone, à des entreprises privées.

         Le colonialisme dans toute sa splendeur !