Établissements
privés catholiques : violences et loi du silence
L’affaire Bétharram a mis sur la
place publique les violences physiques, sexuelles et psychologiques au sein de
cet établissement durant des décennies mais aussi dans l’ensemble de
l’enseignement privé catholique.
Publié le 21/05/2025
C’est un « tsunami » d’affaires
semblables à celle de Bétharram qui déferle, d’après l’actuelle commission
d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements privés.
Chaque semaine, deux à trois
collectifs d’anciens élèves se créent. Huit de leurs représentants ont livré
des témoignages poignants, non seulement sur les violences perpétrées sur les
enfants, mais sur l’omerta au sein de l’enseignement catholique et de
l’appareil d’État.
Le collectif de Bétharram
comprend aujourd’hui 2 000 membres dont 180 ont déjà déposé plainte. La
fille de Bayrou a révélé avoir été rouée de coups de poing et de pied à l’âge
de 14 ans par un prêtre de la congrégation. La violence n’était pas
l’exception mais la règle dans nombre de ces établissements.
Un ancien élève du collège
Saint-Pierre-de-Relecq-Kerhuon, près de Brest, explique que les professeurs
étaient recrutés non sur leur diplôme mais sur leur accord « avec la
pédagogie par les coups ». Les élèves subissaient des séries de gifles à
briser les tympans, l’enfermement sous l’estrade, et les séquelles ont été
terribles avec des dépressions et des suicides.
Une ancienne élève du Bon-Pasteur
d’Angers témoigne de l’horreur subie par des enfants placés par la Ddass dans
cette congrégation religieuse, véritable bagne. Travail forcé, des kilomètres
de broderie à accomplir avant les cours et, en cas de contestation, les bonnes
sœurs enfermaient les jeunes filles tondues « dans le mitard avec un matelas
pourri, une couverture et un seau ». En cas de fugues, fréquentes, les
autres élèves devaient poursuivre leurs camarades en s’accompagnant de bergers
allemands. Selon son témoignage devant la commission d’enquête parlementaire,
l’une des fugueuses, blessée, avait été retrouvée dévorée par les chiens au
petit matin.
La pédophilie était une pratique
courante dans nombre d’institutions privées. Alain Esquerre, le porte- parole
du collectif de Bétharram, dit que « les témoignages affluent comme des
égouts longtemps bouchés ». Selon lui, « tous les pères directeurs qui
se sont succédé dans les années 80-90 [à Bétharram] étaient des
agresseurs sexuels qui faisaient leur marché dans les dortoirs la nuit ».
Le point commun est aussi que,
loin d’être dissimulés, la violence et les mauvais traitements étaient
largement connus et même justifiés par la morale professée en haut lieu, non
seulement dans les écoles catholiques mais bien souvent aussi publiques. Il
s’agissait, à coups de martinet, de règle et de sévices variés, d’éduquer ou
rééduquer la jeunesse, de lui apprendre « à respecter le maître ».
Mais la principale raison de
l’impunité dont ont bénéficié ces pratiques dans l’enseignement privé est la
complaisance de l’État envers l’Église catholique. 96 % de l’enseignement privé
en France est catholique, la plupart de ces établissements étant sous contrat,
et l’État payant donc le salaire des enseignants. Le contrôle de ces
institutions par l’État est inexistant ou de pure forme. Ainsi, le prêtre
pédophile directeur de Bétharram accusé de viol en 1998 avait pu tranquillement
partir au Vatican au bout de quinze jours.
L’Église est pour la classe
dominante un soutien de l’ordre établi, prêchant la soumission ici-bas et le
paradis aux pauvres… après leur mort. Cela vaut à l’enseignement catholique une
place que les gouvernants privilégient, en fermant les yeux sur tous ses abus.
Christian Bernac (Lutte ouvrière
n°2964)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région
:
-Vendredi 23 mai, de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour
Babou » ;
-Samedi 24 avril : de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;
Dimanche 25 mai, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;
Lundi 26 mai, de 18 à 19 heures, centre commercial de la cité des Raguenets
de Saint-Gratien.