Visite du pape : la
communion des médias
La visite du pape, du 25 au 27 septembre, de Paris
à Metz en passant par Lourdes, a été aussi soigneusement montée en épingle par
les médias, et toutes les voix autorisées du conformisme social, que les
concerts de Céline Dion ou les Jeux Olympiques.
Publié le 23/09/2026
Là encore, les finances publiques, les
fonctionnaires, les rues et les places sont gracieusement mis à la disposition
d’intérêts privés. Si la dépense de l’État est encore inconnue, l’Église de
France demande 27 millions d’euros à ses fidèles et la ville de Metz y va de
500 000 euros sur le budget municipal. L’occupation médiatique et urbaine est
colossale : aéroports sécurisés, stations de métro fermées, stades et églises
surveillés, service continu sur toutes les chaînes, etc. Bien des commentateurs
habitués à protester au nom de la laïcité contre les « signes extérieurs », les
prières publiques, la propagande religieuse lorsqu’il s’agit de l’islam, se
précipitent pour baiser la mule du pape. Les plus hautes autorités de l’État,
depuis le président Macron jusqu’au maire LFI de Saint-Denis, apporteront au
chef de l’Église, en plus de leurs subventions, le salut de la République
française indivisible et laïque. Les écoles catholiques feront du 25 septembre
une journée banalisée obligatoire pour parler du pape et de sa religion. Tous
les élèves, chrétiens ou non, sont tenus d’y participer, tous les enseignants,
dont la plupart sont fonctionnaires, sont tenus de l’organiser.
Ce tintamarre célébrera trois jours durant une
Église qui fut toujours du côté de l’ordre, bénissant les guerres et couvrant
bien des ignominies, de l’esclavage à la colonisation. Il est vrai que ces
derniers temps, les papes de Rome se donnent le visage d’apôtres de la paix.
Cela détonne par rapport aux autres dirigeants du monde, ce qui n’est à vrai
dire pas bien difficile vu l’unanimité de ceux-ci dans la folie guerrière. Il
est donc probable que beaucoup viendront pour entendre une parole aux accents pacifistes.
Mais il ne s’agit pas seulement d’une parole impuissante : elle sert au fond à
couvrir d’un voile blanc la noirceur d’un monde et tend à le conserver tel
qu’il est. Comme depuis deux mille ans.
Paul Galois (Lutte
ouvrière n°3034)