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vendredi 4 septembre 2026

Népal : une catastrophe pas seulement naturelle

Népal : une catastrophe pas seulement naturelle

Le bilan humain du tsunami de boue et de roches qui a déferlé le 26août de part et dautre de la frontière du Népal et du Tibet était, au 1erseptembre, de 955 morts et 4 471 disparus. Personne n’avait prévu une catastrophe de cette importance.

Publié le 02/09/2026

 

L’essentiel des victimes et des disparus sont du côté népalais des vallées autour du Langtang Lirung, un sommet de la chaîne himalayenne qui culmine à 7 234 mètres. Le pan d’un glacier situé à 5 000 mètres s’est effondré, créant une vague de roches, de boue et d’eau qui a déferlé en aval.

Cette vague a parcouru plus de 100 kilomètres, à la vitesse de 150km/h dans les 20 premiers kilomètres des vallées népalaises. Sur une hauteur de plusieurs dizaines de mètres, elle a tout détruit, des dizaines de ponts, d’infrastructures, dont des centrales électriques, des villages et des quartiers entiers. Tout est désormais enseveli sous la boue et la roche.

L’hypothèse d’un séisme, fréquent dans la chaîne himalayenne, ayant provoqué l’effondrement du glacier a été abandonnée. Les spécialistes des glaciers sont désormais quasi unanimes à considérer le changement climatique comme un des facteurs principaux du désastre. Le glacier en cause a reculé, du fait de la fonte des glaces, de 450 mètres entre 2009 et 2020, devenant vulnérable aux instabilités rocheuses. Il semble admis désormais qu’un premier effondrement de paroi au-dessus du glacier l’a ensuite entraîné dans sa chute vers les vallées.

Il est difficile d’observer et d’anticiper la situation d’un glacier à des altitudes himalayennes et un massif de cette envergure est un milieu naturel à risques. Mais ce nouveau drame qui frappe le Népal, après les tremblements de terre de 2015, semble bien, par sa démesure, lié au réchauffement climatique. C’est donc le fonctionnement général de l’économie, non pas au Népal mais à l’échelle mondiale, qui en est la cause.

Le drame se prolonge par la difficulté des secours à parvenir jusqu’aux zones sinistrées. Quatre jours après la catastrophe, les autorités népalaises annonçaient que les villages ensevelis les plus en altitude n’avaient reçu aucun secours. En aval, le maire d’une localité relatait que les secours à pied avaient avancé de 500 mètres en deux jours dans le fleuve de boue laissé par la crue. Le Népal est un des pays les plus pauvres du monde, où le régime est bien plus préoccupé du maintien de l’ordre que de la sécurité des populations. Mais surtout, comme à chaque catastrophe, aucun secours ne viendra des grandes puissances. L’Union européenne a promis 2millions deuros et les États-Unis 500 000dollars. Autant dire une misère.

Les organisations humanitaires font appel aux dons et entrent en action sur le terrain. En revanche, il n’est pas question pour les États les plus puissants d’Europe ni pour les États-Unis d’envoyer en urgence au Népal matériel, équipements et hommes qu’ils sont si prompts à mobiliser quand il s’agit d’une opération militaire.

                                                                   Boris Savin (Lutte ouvrière n°3031)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 4 septembre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 5 septembre, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie (sous réserve) ;

-dimanche 6 septembre, de 11h à midi au marché Héloïse (sous réserve).

 

mercredi 2 septembre 2026

Népal : l’aide au compte-goutte

 

L’aide dérisoire des pays riches

 

Arun Sankar / AFP

Après le tsunami de pierres et de boue au Népal, l’Unicef estime à 17,2 millions de dollars l’aide d’urgence nécessaire pour secourir les enfants. L’Union européenne a promis 2 millions d’euros et les États-Unis 500 000 dollars, autant dire des oboles.

         Les États les plus puissants sont capables d’expédier des armadas militaires à des milliers de kilomètres et de dépenser sans compter pour bombarder un pays. Mais secourir l’une des populations les plus pauvres du monde n’entre manifestement pas dans leur radar.

vendredi 19 septembre 2025

Népal : deux jours d’insurrection

 Népal : deux jours d’insurrection

 

 

Les 8 et 9 septembre, le Népal a connu de véritables journées révolutionnaires à Katmandou et dans tout le pays, mettant à mal le pouvoir en place.

Publié le 17/09/2025

Tout a commencé par un décret gouvernemental du 4 septembre qui restreignait et mettait sous contrôle les différents médias sociaux utilisés dans le pays, Whatsapp, Facebook et autres. En effet, sur ceux-ci se développaient des dénonciations de la corruption. Généralisée dans le pays, elle se marque par l’affichage sans complexe des enfants de la couche privilégiée au pouvoir, dans des orgies, bouteilles de champagne à la main, dans ce pays de 30 millions d’habitants marqué par la misère. Le pouvoir, dirigé depuis 2008 par le Parti communiste marxiste-léniniste (maoïste), pensait qu’il pouvait tout se permettre, tant la situation était calme et sous contrôle.

Cette mesure d’interdiction a été reçue par les masses populaires et la jeunesse comme la provocation de trop. La classe ouvrière du Népal est d’abord composée de millions de travailleurs qui, dispersés à travers le monde entier, permettent à leur famille, avec qui le seul contact se fait par ces réseaux sociaux, de survivre un peu mieux. Et puis, pour la grande majorité des Népalais, qui vit dans les campagnes, les réseaux sociaux sont le seul moyen de communication, en particulier avec leurs enfants. Tout cela alors que les tenants du pouvoir, le Parti communiste et son allié le Parti du congrès, ont mille fois montré qu’ils gouvernaient contre les pauvres et pour les riches et les nantis et étaient gangrénés par la corruption.

Le 8 septembre, un petit groupe qui se fait appeler « génération Z », composé surtout d’étudiants, a donc appelé à manifester contre ces mesures et immédiatement le mouvement a pris de l’ampleur. Une grande partie de la jeunesse de Katmandou (un million d’habitants) et des grandes villes s’est retrouvée dans les rues pour marcher contre les symboles du pouvoir, en particulier l’Assemblée nationale. La police a ouvert le feu, faisant au moins 19 morts. Bien loin d’effrayer les manifestants, cela les a galvanisés. Il y a eu 72 morts au total dans le pays. Quelques policiers ont été tués, et, surtout, cela a provoqué l’embrasement de tout le pays.

Le 9 septembre, des centaines de milliers de manifestants se sont donc retrouvés dans la rue aux côtés de la jeunesse contre tous les symboles du pouvoir. Le Parlement a été détruit par les flammes, ainsi que toute une partie des bâtiments gouvernementaux, comme des tribunaux. Les portes des prisons ont été ouvertes et plus de 12 500 prisonniers s’en sont extraits eux- mêmes. Le Premier ministre a été sorti de son domicile. Deux autres ministres, dont celui des finances, ont été conduits sur la place publique, battus sévèrement sous les applaudissements de la population, et jetés symboliquement à la rivière. Aux côtés de la jeunesse, la population des travailleurs des petites entreprises et des petits commerçants était ainsi maître de Katmandou et du pays. La police mise hors d’état d’agir, tandis que l’armée restait, ce jour- là, cantonnée dans ses casernes.

Le même jour le retrait des décrets du 4 septembre était annoncé et tout le gouvernement était démissionnaire. Devant le discrédit brutal des dirigeants politiques, le chef de l’armée, conjointement avec quelques hauts dignitaires de la Cour suprême, décrétait la dissolution de l’Assemblée nationale, la mise à l’écart de tous les partis politiques et l’organisation d’élections générales dans quelques mois. Quelques jours plus tard, l’ex-présidente de la Cour suprême était nommée Premier ministre. Il était vital pour les représentants des classes riches de ne pas laisser le pouvoir vacant et sans représentant officiel.

Comme cela se produit souvent en pareil cas, la population, qui a trouvé en elle les ressources et l’énergie pour abattre le gouvernement, n’était visiblement pas préparée à exercer elle-même le pouvoir. Après avoir senti passer le vent du boulet, les dirigeants de l’État se sentent sans doute rassurés.

C’est ainsi que le chef d’état-major de l’armée a pu faire sortir ses soldats dans la rue au nom, a-t-il dit, du maintien de l’ordre. Mais la population pauvre du Népal a pu prendre conscience de sa force et n’est peut-être pas près de l’oublier.

                                                                    Paul Sorel (Lutte ouvrière n°2981)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 19 septembre :

-de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 20 septembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

--de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h.15 à midi, devant Auchan au Val-Sud. (Sous réserve)

-dimanche 21 septembre, de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 22 septembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

lundi 15 septembre 2025

Népal : révolte de la jeunesse

État assassin, chien de garde des riches et des dominants

 

Manifestation à Katmandou en 2009

Au Népal, après des mois de contestation sur les réseaux sociaux, des milliers de jeunes manifestants ont mis le feu au Parlement et pris d’assaut les résidences de membres du pouvoir. Le Premier ministre Oli, qui ose se prétendre communiste, a été contraint de démissionner le 9 septembre. Ce coup de colère fait suite à la répression violente - 19 morts - par la police de leur manifestation, la veille. Depuis, l’armée a pris le contrôle de la capitale.

         Les jeunes népalais connaissent le chômage et la misère, avec l’émigration comme seule perspective. En revanche les enfants des riches et des dirigeants corrompus du pays étalent leur train de vie sur les réseaux. De quoi alimenter la colère !