Stellantis :
entre capitalistes, pas de frontière
Le 21 mai, le PDG Antonio
Filosa a dévoilé son plan FastLAne 2030. Le seul mot d’ordre est : que les
actionnaires continuent à s’enrichir.
Publié le 27/05/2026
Le trust automobile Stellantis a
déjà fermé son usine de Douvrin dans le Nord et annoncé la fin de la
fabrication de voitures dans celle de Poissy dans les Yvelines, ce qui veut
dire sa fermeture.
Dans son nouveau plan, Stellantis
a passé plusieurs accords avec deux groupes automobiles chinois, ses alliés de
longue date. Avec Leapmotor, fabricant de voitures électriques, il a constitué
une entité détenue à égalité par les deux groupes. Leapmotor peut ainsi
récupérer les usines Stellantis de Saragosse et de Madrid pour y produire ses
voitures. Ainsi Stellantis et Leapmotor ne devront pas payer de droits de
douane pour des voitures considérées comme de conception « chinoise ».
L’usine Stellantis de Rennes,
elle, a été vendue partiellement au groupe chinois Dongfeng qui y produira des
voitures de sa marque ainsi que des voitures de marque Stellantis.
Réciproquement, Dongfeng produira des Peugeot et des Jeep dans ses usines en
Chine. Le but de ces partenariats est, comme disent les patrons, de «
réduire les coûts » de « rester à la pointe de la technologie, augmenter
la vitesse de développement des nouveaux modèles » – ce qui signifie faire
travailler plus et plus vite les ingénieurs et techniciens sur la conception
des voitures. C’était le cas quand, en 2019, PSA a fusionné avec Fiat, a acheté
des usines Opel, à capital américain, en Allemagne et en Espagne, et a licencié
à tour de bras. Et aujourd’hui, le Monopoly géant des capitalistes de
l’automobile continue !
En général, les patrons, secourus
par les politiciens de tout bord, invoquent le manque de compétitivité des usines
en France, la concurrence chinoise et autres balivernes pour cacher ce qui est
une course effrénée à l’enrichissement par l’aggravation de l’exploitation des
travailleurs.
Mais là, l’argument de la «
concurrence chinoise » ne tient évidemment plus quand il s’agit de permettre
aux actionnaires d’amasser des milliards ! On voit alors que la vraie raison
des licenciements et des fermetures d’usine est la recherche de toujours plus
de profits, et rien d’autre.
Dans la même veine, Stellantis a
annoncé le lancement, en 2028, d’une petite voiture électrique reprenant un
vieux modèle populaire : la 2 CV ! La production se fera en Italie, dans
l’usine de Pomigliano près de Naples, qui fabriquait les Fiat Panda. Bien qu’un
nouveau modèle soit prévu dans cette usine certainement depuis des années,
Stellantis a fait signer aux syndicats l’acceptation de 350 suppressions
de poste en 2025 avec des départs dits volontaires.
Même quand ils annoncent de
nouvelles productions, les capitalistes ne manquent pas de prévoir de réduire
les emplois !
Correspondant LO (Lutte ouvrière
n°3017)