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mardi 13 janvier 2026

Chimie : les profits d’un côté, l’emploi ET la sécurité de l’autre

 Couloir de la chimie : la guerre sociale continue

Quinze jours après le terrible accident à l’usine chimique Elkem de Saint-Fons, près de Lyon, le bilan est tragique : deux travailleurs sont morts des suites de leurs brûlures, Nicolas, 47 ans et David, 55 ans. Une travailleuse est toujours plongée dans le coma.

Publié le 07/01/2026

 

Dimanche 4 janvier dans la presse locale, la direction vantait les 25 millions d’euros investis pour la sécurité en quelques années sur le site, prétendant sans gêne qu’il est faux de dire que celle-ci a été sacrifiée au profit de la rentabilité.

À la reprise du travail, elle a organisé des réunions d’information toute la journée du lundi 5 janvier, mobilisant le ban et l’arrière-ban de sa hiérarchie pour asséner sa propagande. Elle fait du chantage pour que les travailleurs se taisent et acceptent sa politique, sous prétexte de ne pas mettre en danger l’avenir du site.

Pour protéger les emplois, faudrait-il que les travailleurs acceptent de venir au travail tous les jours avec la boule au ventre ? Faudrait-il attendre les résultats de l’enquête sans rien dire ? Mais les enquêtes judiciaires et les prétendus contrôles par les organismes de l’État n’ont aucun effet face à la soif de profit des capitalistes : ni la condamnation à une amende ridicule de 50 000 euros suite au décès d’un travailleur en 2016, ni les nombreuses mises en demeure par la DREAL (direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), n’ont empêché l’explosion du 22 décembre dernier. À ce jour, les organisations syndicales ont décidé de se porter partie civile pour avoir accès aux dossiers liés à l’accident.

Les travailleurs et les riverains du couloir de la chimie, au sud de Lyon sont tous concernés. Dans les nombreuses usines classées Seveso, car elles manipulent des produits dangereux, le patronat use jusqu’à la moelle des installations vieillissantes, dont la maintenance se fait au rabais. La sous-traitance, la précarité, la baisse des effectifs, ont affaibli les capacités des travailleurs à assurer collectivement leur propre sécurité.

Dans une autre usine chimique voisine, Domo Belle-Étoile, les travailleurs, en guise de vœux de Nouvel An, ont été privés de leur paie du mois de décembre ! La direction leur a versé comme « avance » (sic) un demi-salaire du mois de janvier, et elle a annoncé déposer un dossier de mise en redressement judiciaire de l’entreprise, quelques mois après un plan qui a supprimé 155 emplois. Là aussi, la crainte de la fermeture définitive du site est utilisée comme moyen de pression pour propager la résignation.

         Cela fait partie de la guerre au quotidien menée par le patronat pour maintenir ses profits. Les travailleurs ne peuvent accepter que ce soit au prix de leur vie.

                                               Correspondant LO (lutte ouvrière n°2997)

mardi 15 novembre 2022

Accident industriel, le black-out de rigueur. À l’usine chimique d’Arkema Jarrie (près de Grenoble) ces jours derniers

Après les explosions : Tout va très bien, Madame la Marquise….

  

Quelques minutes après les explosions (photo riverain)

Jeudi 10 novembre, ce fut la panique pour la population riveraine du site d’Arkema (usine spécialisée dans la fabrication de chlore et de ses dérivés) après les trois violentes explosions suivies d’un gros champignon de fumée grise dans le ciel puis de la sirène ordonnant le confinement de tous !

         Heureusement, il n’y a eu aucun blessé. Patron et préfet ont rapidement communiqué que la situation était sous contrôle et sans gravité.

         Des riverains qui ne possèdent pas de pièces de confinement alors que c’est obligatoire, ce n’est pas leur problème. Comme d’ailleurs l’inquiétude des travailleurs d’Arkema, ou de Framatome qui travaillent de l’autre côté de la rue et qui savent combien les produits dérivés du chlore peuvent être dangereux, ayant en mémoire les accidents précédents. Le patron de Framatome a même menacé de sanction les travailleurs qui transmettraient à l’extérieur des vidéos ou photos de l’accident !

         Le patron d’Arkema comme le préfet voudraient qu’on les croie sur parole… et verrouillent toute la communication autour de l’accident. Encore un exemple de l’opacité des industriels avec la complicité des pouvoirs publics pour empêcher la population de connaître toute la vérité.