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lundi 3 février 2025

RDC : bandes armées et profits

 RDC : bandes armées et profits

Publié le 29/01/2025

Le 27 janvier, après trois ans de guerre, les combattants du groupe armé M23 soutenus par l’armée rwandaise se sont emparés de Goma, la capitale régionale du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC).

Pour le plus grand malheur de la population, les minéraux rares dont regorge le sous-sol de la région ont toujours attisé l’appétit d’une nuée de groupes armés et, derrière eux, des entreprises capitalistes dont ils sont les fournisseurs.

Les combats entre l’armée congolaise et le M23 appuyé par l’armée rwandaise ont commencé en 2021 et ont ravagé toute la région du Nord et du Sud-Kivu. Dans ces affrontements, l’armée congolaise et ses auxiliaires locaux, les milices wazalendo, ont traité la population avec la même sauvagerie que le M23. Plus de quatre millions d’habitants, dont beaucoup d’enfants, ont dû tout abandonner pour se réfugier dans des camps improvisés, avant d’être à nouveau rattrapés par la guerre. Beaucoup, qui avaient trouvé refuge autour de Goma, ont été obligés de s’enfuir en catastrophe pour s’abriter à l’intérieur de la ville. Goma comptait déjà avant cet exode un million d’habitants. Plusieurs centaines de milliers d’autres, peut-être un million, les ont rejoints et se sont retrouvés pris entre les deux armées, obligés de se terrer dans une ville sans alimentation et dont les hôpitaux étaient débordés.

La terreur a commencé au Kivu bien avant ces trois dernières années. En fait, dans cette région, un homme de 40 ans n’a jamais connu la paix. Il a toujours tremblé à l’idée de voir des hommes en armes surgir de la forêt pour le rançonner, violer femmes et enfants, l’abattre ou le torturer. C’est la France de Mitterrand, alors président, qui a été à l’origine de l’ancêtre du M23 en 1994, quand l’armée française a été envoyée au Rwanda. Elle devait tenter d’arrêter les soldats du Front patriotique rwandais (FPR) victorieux du régime génocidaire des extrémistes hutus soutenus par la France.

Incapables d’y parvenir, les militaires français ont protégé la fuite de tous ces nervis au Zaïre voisin, comme se nommait alors l’actuelle République démocratique du Congo. Des officiers français ont raconté depuis comment on leur avait demandé d’ignorer le contenu des conteneurs chargés d’armes. Arrivés au Zaïre, les anciens génocidaires eurent ainsi les moyens de faire régner la terreur parmi les populations locales. Ils participèrent aux deux guerres qui ont ravagé tout le pays de 1996 à 2003 et furent intégrés à l’armée congolaise dans les accords de paix pour finalement se mutiner en 2012 et fonder le M23.

Ce mouvement n’est cependant qu’une des nombreuses bandes armées qui se disputent le contrôle de la région et des minéraux qu’elle abrite. Aujourd’hui, le soutien de l’armée rwandaise, de ses forces spéciales, de son armement moderne, lui permet de prendre le dessus sur une armée congolaise en pleine déliquescence. Le M23 a sans aucun doute réussi à faire passer sous sa coupe et sous celle du Rwanda les groupes armés plus ou moins importants qui contrôlent les gisements, car tel est l’enjeu. Le principal minerai présent au Kivu est le coltan, indispensable à la fabrication des téléphones portables et des alliages spéciaux utilisés dans l’aéronautique civile et militaire. Une mine du Nord-Kivu située à 40 km de Goma produit à elle seule 15 % de la production mondiale. Dans de telles mines qualifiées d’artisanales, des creuseurs arrachent le minerai du sol sous la menace d’hommes armés. Le minerai prend ensuite le chemin des pays africains voisins, Rwanda et Ouganda, où il est transformé sous label local et vendu à des trusts comme Apple.

Il est souvent question dans les journaux et les livres de la « malédiction des minerais de sang ». Mais la seule malédiction, c’est celle de l’impérialisme et de sa domination.

                                                        Daniel Mescla (Lutte ouvrière n°2948)

samedi 2 mars 2024

RDC : guerre contre la population

 

Un prix du sang élevé pour les profits des multinationales

 

 

L'ONU vient d'annoncer le retrait des 15 000 casques bleus présents en République Démocratique du Congo, en accord avec le gouvernement. Depuis 1996, la population subit des affrontements incessants, une véritable guerre civile dans la région du Kivu, frontalière avec le Rwanda. C'est, par bandes armées interposées ou directement, une lutte entre l'État rwandais et le pouvoir congolais.

         La présence des forces de l'ONU depuis 25 ans n'a pas empêché les massacres et on estime à plusieurs millions de victimes le bilan des conflits dans la région. Aux yeux des grandes puissances et de leurs relais locaux dans la bourgeoisie et le pouvoir congolais, ce qui compte avant tout, c'est que l'extraction et le commerce des nombreux minerais présents dans la région continuent, quel que soit le prix du sang que paie la population congolaise.