AESH :
le gouvernement les lanterne
Publié le 04/03/2026
Le ministre de l’Éducation
nationale Édouard Geffray a annoncé le début de « travaux » concernant le
statut des AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap). Un groupe de
travail serait créé auquel les syndicats pourraient s’associer pour examiner
leur situation.
Comme disait Clemenceau, quand on
veut noyer un problème, on crée une commission. Pourtant, les problèmes des 145
000 AESH, à 98 % des femmes, qui aident les enseignants à accueillir dans
les classes des élèves autistes ou victimes d’autres handicaps sont bien
connus. Cela fait des années qu’elles manifestent pour avoir un statut et un
salaire corrects, contre l’aggravation de leurs conditions de travail qui les
obligent à morceler leur temps entre plusieurs élèves, voire entre plusieurs
établissements. Mais déjà, le 7 janvier, le ministre avait appuyé
la majorité de sénateurs qui s’étaient opposés à une proposition de loi du
Parti socialiste visant à titulariser les AESH.
Après avoir brandi le Code de la
fonction publique auquel, selon lui, elles ne pourraient pas avoir droit, le
ministre avait déclaré qu’il était impossible d’inscrire au budget de l’État
une nouvelle dépense pour leur assurer un salaire sur la base d’un temps
complet et d’un emploi stable. Cela en dit long sur la considération qu’il
porte à ces travailleuses et aux enfants handicapés dont elles se préoccupent.
Il n’y a d’ailleurs pas non plus d’argent pour embaucher suffisamment d’AESH
afin de répondre aux besoins réels. Près de 50 000 enfants sur 350 000
sont laissés sur la touche 21 ans après la loi « pour l’égalité des droits
et des chances » qui proclamait la nécessité de traiter les enfants handicapés
comme les autres.
Tenir de beaux discours sur
l’école dite « inclusive » parce qu’elle inclut des enfants handicapés ne coûte
rien. Dire que l’on va lancer des « travaux » pour se pencher sur le sort des
AESH qui contribuent à leur prise en charge ne coûte rien non plus.
Jean Sanday (Lutte ouvrière n°3005)