Aides
familiales Somme : assez des salaires de misère !
Mercredi 14 avril,
les aides familiales employées par
Valloires Domicile, dans la Somme, étaient en
grève. Entre les horaires, les salaires et l’aide au carburant dérisoire qu’elles perçoivent, les raisons s’accumulent pour faire monter la colère.
Publié le 22/04/2026
Valloires Domicile, association
financée par le conseil départemental, intervient auprès de personnes âgées ou
malades. Les 80 aides, indispensables au maintien à domicile de ces
personnes, font des kilomètres dans les villages autour de Crécy-en-Ponthieu
dans leur véhicule personnel. L’explosion des prix du carburant rend cela de
plus en plus dur. Tous les contrats sont à temps partiel, mais l’amplitude des
horaires de travail fait que la journée peut commencer à 7 heures pour se
terminer à 21 heures, avec de nombreuses coupures. Le tout pour des
salaires qui ne dépassent pas les 1 100 euros.
Depuis des années,
l’indemnisation est bloquée à 0,38 euro du kilomètre et à une somme bien
insuffisante pour remplir le réservoir. D’autant que les trajets sont calculés
au plus juste, du panneau de sortie d’une commune au panneau d’entrée dans
l’autre, et tant pis pour celle qui doit se rendre dans un domicile à plusieurs
kilomètres de là !
Par ailleurs, la direction, qui
se donne beaucoup de mal pour payer le moins possible, imagine des plannings
qui permettent de réduire encore une indemnisation déjà dérisoire. Lors du
rassemblement, une travailleuse en a témoigné : « Les prix de l’essence
augmentent, mais pas nos indemnités kilométriques ni nos salaires. Lundi, j’ai
parcouru 54 kilomètres et seuls dix vont m’être payés ! »
À une vingtaine avec leurs
soutiens, les grévistes se sont rassemblées pour réclamer l’augmentation des
salaires et de l’indemnisation kilométrique ainsi qu’une organisation des
horaires en deux équipes, 7 h-14 h et 14 h-21 h. La direction profite en effet
des journées à rallonge imposées aujourd’hui pour rajouter des interventions au
dernier moment, menaçant les employées de sanction disciplinaire si elles les
refusent. La directrice a eu le culot de se justifier en disant que, si les
travailleuses avaient un rendez-vous médical et présentaient un justificatif,
on ne leur donnait pas d’intervention supplémentaire. Voilà ce qu’il en est de
la « liberté » de ces travailleuses durant leurs temps de coupure !
Le président de l’association a
fait étalage de son incompétence, se renseignant auprès des travailleuses pour
connaître la différence entre le mode prestataire, où l’on est employé de la
structure, et le mode mandataire, où elle n’est qu’un intermédiaire. Quant à la
directrice, elle a affirmé être « à l’écoute » des salariées. Cette écoute ne
remplira pas les réservoirs des salariées et elles réclament un conseil d’administration
extraordinaire pour discuter sérieusement de leurs revendications.
Correspondant LO