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jeudi 18 juin 2026

Fortes chaleurs et santé : quand le travail tue

Du sursis contre une vie

 

 

Début juin s’est tenu à Poitiers le procès de trois cogérants d’une exploitation agricole produisant des melons, située dans la Vienne, suite au décès d’un ouvrier de 40 ans… voici 6 ans !

         Ce travailleur, qui ramassait les melons sous 34 °C, en juin 2020, est tombé mort en plein champ. Ses patrons n’avaient aucunement aménagé les horaires de travail pour tenir compte des conditions météorologiques du moment, ni fourni de l’eau, contrairement à ce qu’ils affirmèrent lors du procès. Les autres salariés ont confirmé l’absence d’eau à disposition ; l’inspection du travail avait pourtant même signalé, en 2017, la nécessité d’en fournir aux ouvriers. 

         L’avocat des parents de l’ouvrier décédé a noté l’absence de compassion de la part des patrons pour cet homme qu’ils employaient depuis cinq années.

La justice a pris son temps pour condamner ces patrons à une amende de 15 000 €… avec sursis ! Cela ne vaut pas cher, la vie d’un travailleur qui, de plus, laisse un orphelin.

         Révoltant !

 

mercredi 17 juin 2026

Agents territoriaux : une situation qui sonnera aux oreilles des travailleurs territoriaux d’Argenteuil comme de partout

 

Charleville-Mézières (Ardennes) : Les agents de cantine refusent de payer le prix du sous-effectif !

 

 

Ce lundi 15 juin 2026, 16 des 27 agents de la restauration scolaire ont débrayé et manifesté de 10h30 à 13h30 pour exprimer leur ras-le bol du sous-effectif. Dans les cantines, ces agents, en grande majorité des femmes, doivent assurer seuls le service de 80 enfants alors qu’il faudrait 1 agent pour 50. Un agent doit servir 167 enfants avec seulement un renfort de 4h alors qu’il faudrait 3 agents par jour. Les départs à la retraite n’étant pas compensés, la brigade de remplacement constituée de 6 agents, censée pallier les absences ponctuelles, tourne en permanence dans les 19 cantines en manque constant de personnel. Le stress et l’épuisement s’accumulent, les arrêts maladies se multiplient.

         Après avoir supprimé des postes, le maire a récemment décidé de leur imposer le nettoyage de nouveaux locaux durant les vacances d’été, sous prétexte qu’ils ne travaillent pas assez le reste de l’année. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les agents ont décidé de se faire entendre en cessant le travail et exprimer leur colère qui est mille fois légitime. Ils réclament des embauches : « On s’épuise au boulot alors qu’il y a tant de gens qui cherchent un emploi ! ». Durant les 3h de débrayage, des élus ont décidé de les remplacer au service dans les cantines, un préavis de grève illimité étant déposé, pas sûr qu’ils tiennent les cadences si le mouvement dure. 

         On se souvient de Ravignon, lors de la dernière campagne municipale, se vanter sur un plateau de télévision de n’avoir jamais eu à affronter de grève des agents durant ses mandats, c’était quasiment un encouragement à la grève et les agents des cantines l’entendent bien de cette oreille ! 

mardi 16 juin 2026

Iran : la population face à la guerre

 Iran : la population face à la guerre

Le 6 juin, en Iran, des raids israéliens ont visé Téhéran, Tabriz, Ispahan, et des installations pétrolières à Mahshahr, où des ouvriers s’étaient mobilisés en mai contre des licenciements.

Publié le 10/06/2026

Ces bombardements ont fait replonger la population iranienne dans la terreur de la guerre après deux mois d’accalmie suite à la trêve du 8 avril. Celle-ci, très précaire, n’avait pas effacé les graves conséquences des bombardements du mois de mars. L’inflation, déjà élevée depuis plusieurs années, s’est envolée depuis la guerre. Elle atteint désormais plus de 50 % officiellement sur un an, et pire encore pour les produits alimentaires avec 130 %, et même 430 % pour l’huile, et 340 % pour les œufs.

Le chômage et la pauvreté augmentent donc aussi. Les salaires sont souvent suspendus dans les entreprises industrielles endommagées, quand les ouvriers ne sont pas tout simplement licenciés. Dans le complexe industriel de Mobarakeh, seuls les employés administratifs ont pu reprendre le travail, soit 1 900 salariés sur 27 000.

La guerre de mars aura des conséquences durables. La destruction des installations pétrolières et des dépôts de carburant avait déclenché une « pluie de pétrole » pendant plusieurs jours. Selon des professionnels de santé, cette pollution massive aura des implications sanitaires à long terme sur le système respiratoire de nombreux habitants.

Dans ces conditions, moins de six mois après les massacres de manifestants de janvier, le régime réussit à mobiliser contre Israël une partie de la population, y compris dans la fraction qui lui est hostile. Des brigades de femmes, pas toutes voilées, s’affichent en armes, prêtes à faire face à une éventuelle invasion terrestre. La mobilisation de la jeunesse rencontre aussi un certain succès : alors qu’en 2023, même dans les écoles élémentaires, des adolescentes déchiraient le portrait du guide suprême de leur manuel et lançaient des projectiles sur les représentants des autorités, aujourd’hui des jeunes s’engagent dans les milices du régime avec leurs parents.

En même temps, la répression contre les opposants s’intensifie, marquée par des arrestations, des tortures, des exécutions par pendaison des manifestants arrêtés en janvier ou lors du mouvement Femmes, vie, liberté. Près de 700 condamnés ont été exécutés depuis le début de l’année. Depuis la reconnexion d’internet, les images de la violence de la répression de début janvier font désormais le tour du monde.

Cette répression n’empêche pas la contestation de s’exprimer. Dans les universités, la mobilisation contre un changement du mode d’admission qui favorise les plus riches touche de nombreuses villes. Des slogans s’attaquent au pouvoir et appellent à ne pas reculer devant la répression : « N’ayons pas peur ! plutôt la mort que l’humiliation, nous avons entendu des promesses et pas vu de résultats ». Les obsèques de manifestants exécutés ou assassinés par le régime donnent parfois lieu à des rassemblements monstres, comme par exemple celles des frères Veisi, le 30 mai, des militants kurdes, tués deux jours auparavant dans un raid des gardiens de la révolution.

Des luttes ont toujours lieu, et notamment des grèves contre des licenciements. Des travailleurs du pétrole appellent à s’organiser pour obtenir de meilleures conditions d’existence. Ils dénoncent sur les réseaux sociaux les conséquences de la guerre sur leurs conditions de travail et « la minorité répressive qui détient le pouvoir et la richesse, qui cherche à se venger des grévistes du secteur pétrolier ». La mobilisation et l’organisation de ces travailleurs montrent que la classe ouvrière continue à représenter une force face à ce régime dictatorial à qui la guerre israélo- américaine a donné un répit.

                                                   Élise Patach (Lutte ouvrière n°3019)

dimanche 14 juin 2026

Restructurations chez Renault : travailleurs Renault et prestataires, à Villiers-Saint-Frédéric, prendre ensemble l’initiative

 

Renault Yvelines : Renault doit payer

 

 

Mercredi 10 juin, la direction de Renault du site de Villiers-Saint-Frédéric, dans les Yvelines, a organisé un comité social et économique pour le projet : « relocalisation des activités, moyens et équipes de Villiers-Saint-Frédéric ».  En fait, c’est la fermeture du site qui est prévue d’ici fin 2026 et 2027.

         Ce site comprend 800 travailleurs, dont 300 travailleurs prestataires. La direction veut transférer les travailleurs au Technocentre, à Aubevoye et Lardy. En revanche, elle ignore totalement les prestataires. Quid de leur avenir ?

         Cette situation est scandaleuse. Toutes ces réorganisations vont bouleverser la vie de tous : des trajets plus longs, des déménagements, les horaires décalés pour les conjoints, les conséquences pour les enfants, des frais supplémentaires.

         Des salariés ont pris l’initiative de faire des t-shirts protestant contre la fermeture du site. Mercredi matin, Ils ont apostrophé les délégués CFDT et CGC, en désaccord avec eux. Une trentaine de salariés se sont invités à la réunion de la direction. Ensuite ils lui ont tourné le dos en leur montrant leurs t-shirts, et ils sont sortis. Plus d’une centaine de travailleurs se sont rassemblés à l’entrée du site. Des prises de parole ont rappelé que ce sont les travailleurs qui doivent s’organiser eux-mêmes, pour se mobiliser et faire payer la direction.