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lundi 27 avril 2026

Livreurs : l’esclavage moderne

 

Enchaînés aujourd’hui, brisant leurs chaînes demain

 


 

Des associations d’aide aux livreurs de repas ont porté plainte contre Deliveroo et Uber Eats, les deux principales plateformes du secteur, pour « traite d’êtres humains ». Les livreurs sont très majoritairement des travailleurs immigrés, et 64 % d’entre eux n’ont pas de papiers. Une situation dont les patrons se servent pour leur imposer des conditions de travail et des rémunérations indécentes : 63 heures par semaine en moyenne, pour 1 480 euros bruts par mois.

         Enchaînés à leur vélo et à leur téléphone, ces forçats 2.0 sont ainsi des dizaines de milliers – entre 70 000 et 100 000 en France – à faire la fortune des plateformes qui les exploitent.

dimanche 26 avril 2026

Aides familiales Somme : assez des salaires de misère !

 Aides familiales Somme : assez des salaires de misère !

Mercredi 14avril, les aides familiales employées par Valloires Domicile, dans la Somme, étaient en grève. Entre les horaires, les salaires et laide au carburant dérisoire quelles perçoivent, les raisons saccumulent pour faire monter la colère.

Publié le 22/04/2026

Valloires Domicile, association financée par le conseil départemental, intervient auprès de personnes âgées ou malades. Les 80 aides, indispensables au maintien à domicile de ces personnes, font des kilomètres dans les villages autour de Crécy-en-Ponthieu dans leur véhicule personnel. L’explosion des prix du carburant rend cela de plus en plus dur. Tous les contrats sont à temps partiel, mais l’amplitude des horaires de travail fait que la journée peut commencer à 7 heures pour se terminer à 21 heures, avec de nombreuses coupures. Le tout pour des salaires qui ne dépassent pas les 1 100euros.

Depuis des années, l’indemnisation est bloquée à 0,38 euro du kilomètre et à une somme bien insuffisante pour remplir le réservoir. D’autant que les trajets sont calculés au plus juste, du panneau de sortie d’une commune au panneau d’entrée dans l’autre, et tant pis pour celle qui doit se rendre dans un domicile à plusieurs kilomètres de là !

Par ailleurs, la direction, qui se donne beaucoup de mal pour payer le moins possible, imagine des plannings qui permettent de réduire encore une indemnisation déjà dérisoire. Lors du rassemblement, une travailleuse en a témoigné : « Les prix de l’essence augmentent, mais pas nos indemnités kilométriques ni nos salaires. Lundi, j’ai parcouru 54 kilomètres et seuls dix vont m’être payés ! »

À une vingtaine avec leurs soutiens, les grévistes se sont rassemblées pour réclamer l’augmentation des salaires et de l’indemnisation kilométrique ainsi qu’une organisation des horaires en deux équipes, 7 h-14 h et 14 h-21 h. La direction profite en effet des journées à rallonge imposées aujourd’hui pour rajouter des interventions au dernier moment, menaçant les employées de sanction disciplinaire si elles les refusent. La directrice a eu le culot de se justifier en disant que, si les travailleuses avaient un rendez-vous médical et présentaient un justificatif, on ne leur donnait pas d’intervention supplémentaire. Voilà ce qu’il en est de la « liberté » de ces travailleuses durant leurs temps de coupure !

Le président de l’association a fait étalage de son incompétence, se renseignant auprès des travailleuses pour connaître la différence entre le mode prestataire, où l’on est employé de la structure, et le mode mandataire, où elle n’est qu’un intermédiaire. Quant à la directrice, elle a affirmé être « à l’écoute » des salariées. Cette écoute ne remplira pas les réservoirs des salariées et elles réclament un conseil d’administration extraordinaire pour discuter sérieusement de leurs revendications.

                                                                                      Correspondant LO

Argenteuil, marchés forains, des marchands et des habitants pas toujours à la fête. Les élus regardent ailleurs.

 

Et leur manque à gagner, elle en fait quoi ?

 

 

Le nouvel adjoint au maire en charge des marchés forains a annoncé benoîtement que le marché hebdomadaire Héloïse du vendredi n’aurait pas lieu le vendredi 1er Mai. En cause, l’organisation  de la Fête des berges. Ce monsieur évoque la sécurité, la fermeture du parking Jean Vilar et les travaux de l’avenue Gabriel Péri, mais rien sur la gêne pour la clientèle et surtout pour le manque à gagner des commerçants.

         Ces derniers sont aussi populaires que leurs clients, et vivent avec la hausse du carburant et bien d’autres soucis liés à ce marché largement délaissé, une situation difficile. Ce n’est pas nouveau, mais cette annulation en rajoute à leurs difficultés.

         Comme si le marché Héloïse ET la Fête des berges ne pouvaient pas se tenir en même temps.

         C’est vrai, avec un peu de jugeote et d’empathie. DM

samedi 25 avril 2026

Monoprix aujourd'hui, Lidl demain à Argenteuil, une « simplicité » qui est uniquement celle de la rentabilité maximum

 Un article qui ne manquera pas d’intéresser les habitants d’Argenteuil concernés par la vente prévue du magasin Monoprix à Lidl, mais surtout les travailleuses et travailleurs directement concernés par leur éventuel transfert au trust Lidl.

 

Lidl : moins d’emplois pour plus de profits

L’enseigne de hard discount Lidl a annoncé 550 suppressions d’emplois, soit 1,2 % des 46 000 travailleurs du groupe en France.

Publié le 22/04/2026

Après avoir dévoilé son projet le 9 avril, Lidl a envoyé une note de deux pages aux salariés. Le ton est donné dès la première phrase : Lidl veut « rester toujours plus compétitive et performante ». En clair, il s’agit de rogner sur les emplois et les conditions de travail pour engranger toujours plus de bénéfices. Il y a quelques mois, l’enseigne annonçait ses objectifs : viser 10 % de parts du marché de la grande distribution en France (contre 8 % en 2025) grâce à 2 000 enseignes (contre 1 627 fin août 2025) d’ici 2030, notamment via le rachat de magasins concurrents.

Une page entière de la lettre est consacrée à ce que les travailleurs du groupe sont censés répondre à d’éventuels clients inquiets : aucun magasin Lidl ne sera fermé. Les 550 suppressions d’emploi viseraient uniquement la gestion des commandes, donc la chaîne d’approvisionnement, les services du personnel (RH), et le « merchandising », c’est-à-dire le service dédié au placement des produits et promotions en magasin.

Bien des travailleurs de Lidl savent qu’une partie des tâches réalisées par ces services leur retomberont dessus après le licenciement des salariés qui les assuraient jusqu’ici. Et ils savent aussi que les promesses de la direction ne valent rien. Après s’être attaquée aux travailleurs des services indirects, les employés libre-service ou les caristes s’attendent à être dans le viseur de cette politique qui veut « gagner en simplicité ».

D’ailleurs, les rumeurs reviennent déjà concernant la généralisation de l’ouverture des magasins Lidl le dimanche. Il y a un an, les travailleurs s’étaient mis en grève contre une première tentative de faire passer ce projet. Jusque-là, la direction promettait qu’elle ne s’appuierait que sur des travailleurs « volontaires » pour ouvrir certains de ses magasins le dimanche matin. Alors, la promesse faite dans la lettre, selon laquelle les 550 suppressions d’emplois s’appuieront sur le « volontariat », les travailleurs savent à quel point elle est mensongère !

En 2024, Schwarz (la maison mère de Lidl) déclarait un chiffre d’affaires de 175 milliards d’euros (+ 4,9 %) dans 32 pays. Ces profits ont été faits avec la sueur des travailleurs… y compris ceux qu’elle licencie aujourd’hui.

                                           Marlène Stanis (Lutte ouvrière n°3012)

jeudi 23 avril 2026

Essence : Lecornu carbure pour Total

 

Pendant ce temps-là, TotalEnergies pompe tranquille ses profits

 

 


Le Premier ministre a annoncé la poursuite des aides à l'achat de carburant pour certains patrons (pêcheurs et agriculteurs), et 2,9 millions d’euros pour les infirmières libérales, ainsi que les aides à domicile qui roulent beaucoup, avec de petits salaires. Par contre, rien pour les millions de salariés qui sont obligés de prendre leur véhicule pour travailler.

         Ces aides, si elles pourront peut-être soulager momentanément la facture pour certains, seront en définitive payées par les travailleurs eux-mêmes, au travers des coupes budgétaires, puisque l’État ne touche surtout pas aux gigantesques profits de TotalEnergies et autres grandes compagnies.

Il faudrait réquisitionner ces bénéfices réalisés sur le dos de la population laborieuse.