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vendredi 24 juillet 2026

Airbus Espagne : des grévistes déterminés

 Airbus Espagne : des grévistes déterminés

Jeudi 16 juillet, 4 000 grévistes de l’usine d’Airbus de Getafe, dans la banlieue de Madrid, ont manifesté depuis l’usine jusqu’au centre-ville, marquant ainsi leur détermination à continuer la grève commencée le 1er juillet.

Publié le 22/07/2026

 


En juin, le PDG Guillaume Faury, dans un courrier plein de mépris adressé à l’ensemble des salariés en quatre langues différentes, confirmait la réduction du télétravail à une journée par semaine. Cette énième attaque des conditions de travail avait conduit à des débrayages dans plusieurs usines en France. En Espagne, elle a été la goutte de trop.

Plusieurs dizaines de «cols blancs» ont insisté, pendant une semaine, auprès de tous les syndicats pour qu’ils appellent à la grève. SIPA, le syndicat majoritaire à Getafe, a finalement organisé une assemblée générale (AG) où 2 000 travailleurs ont voté la grève du 1er au 31 juillet. Les grévistes réclament au moins 18 % d’augmentation de salaire, l’indexation des salaires sur l’inflation et 40 % de télétravail.

Les discussions à 2 000 grévistes étant difficiles, ils ont créé plusieurs commissions de travail (communication, documentation, logistique, slogans, etc.). Ces commissions se réunissent publiquement, sous des barnums devant l’usine, tous les jours, à partir de 6 heures et jusqu’à 10 heures, heure de l’assemblée générale. Il y a une rapporteuse de tout ce qui a été discuté dans les commissions. Puis les orientations sont votées en AG.

Un comité de grève composé de deux représentants par syndicat pro-grève et de deux représentants de travailleurs hors syndicat a aussi été constitué. Ce comité est dédié à la négociation avec la direction. Les deux représentants sans mandats syndicaux, imposés par la mobilisation à la direction, ont pour mission d’observer les discussions et de s’assurer du respect des décisions prises en AG. Les grévistes, qui veulent diriger eux-mêmes leur mouvement, ont même installé une banderole sur leur usine pour l’exprimer : «C’est notre grève, ici les travailleurs décident et les syndicats obéissent.»

Malgré cette mobilisation historique dans un groupe tel qu’Airbus, le syndicat implanté chez les ouvriers, Commissions Ouvrières (CO), a cherché dès le début à saper le mouvement. D’abord en disant que c’est une grève pour les cols blancs, puis à présent en réclamant un référendum car selon lui les revendications des 6 000 grévistes d’Espagne ne seraient pas légitimes. Ceux-ci ne sont pas dupes de ces manœuvres de division et continuent de militer pour gagner les syndiqués de CO au mouvement.

En deux semaines, la grève s’est étendue de Getafe aux usines de la banlieue de Séville, de Cadix, d’Illescas et d’Albacete : ils sont actuellement 6 000 grévistes sur 15 000 travailleurs et la prolongation du mouvement après les congés d’août a été votée.

Des travailleurs des usines Airbus en France sont entrés en contact avec eux et s’attellent à populariser le mouvement dans leurs usines. L’un d’eux est même venu assister à une assemblée générale à Getafe dans laquelle il a pu prendre la parole. Son intervention, qui visait à soutenir le mouvement et à lancer un appel pour qu’il dépasse les frontières, a été chaleureusement accueillie par de longs applaudissements. Des travailleurs criaient même en français « Tous ensemble, tous ensemble ! »

La colère existe partout, en Espagne, en France et dans les autres pays. Les camarades en Espagne ouvrent la voie et leur grève et ses expériences marquent d’ores et déjà les esprits et font évoluer les consciences.

                                                            Sarah Lallier (Lutte ouvrière n°3025)

 

lundi 19 janvier 2026

Grève : Quand Les Echos se mettent en grève…

Pour les salaires, par la grève lui répondit l’écho

 

La force des travailleurs c’est la grève

La rédaction du journal patronal Les Echos, propriété du groupe LVMH, était en grève le 16 janvier, pour revendiquer une hausse de salaires. Ses journalistes ont voté cette action à la quasi-unanimité, exprimant leur écœurement face au mépris de leur patron Bernard Arnault qui, du haut de ses milliards, leur propose une revalorisation salariale qu’ils jugent insultante.

         L’arme de la grève ne serait donc pas un « chantage insupportable » ni une « prise d’otages » ? Les plumes des Echos s’en souviendront-elles quand elles couvriront les prochaines grèves de cheminots ou d’éboueurs

 

mercredi 17 décembre 2025

Grève : Les travailleurs du Louvre en grève

 

La culture, vous n’y pensez pas !

 

 

Des travailleurs du musée du Louvre sont en grève. Ils protestent contre la vétusté des locaux, et demandent notamment des embauches, alors que 200 postes ont été supprimés en dix ans.

         Ce n’est pourtant pas par manque de moyens, puisque le prix du musée s’est envolé ces dernières années.

         Mais, pour réserver les milliards à l’armée, le gouvernement mène une politique d’économies générales dans le domaine de la culture. Il préfère le sourire de Dassault quand l’État lui commande des Rafale à celui de la Joconde.

lundi 20 octobre 2025

Martinique : succès pour les travailleurs de la SAUR

Martinique : succès pour les travailleurs de la SAUR

Le 11 octobre, au bout de deux mois, la grève des travailleurs de la SAUR Martinique s’est terminée par une victoire.

Publié le 15/10/2025

 

La direction s’est engagée à verser à l’ensemble des salariés les 1 500 euros qu’elle devait de la « prime de bienvenue » de 3 000 euros. Cette prime était prévue lors du contrat d’attribution du marché signé entre le groupe SAUR et la communauté d’agglomération CAP NORD.

La direction a accepté également, « au titre de réparations de tous les préjudices subis », le paiement d’une prime de partage de la valeur (PPV) de 5 000 euros brut à tous les travailleurs, grévistes et non-grévistes. Selon l’accord, la reprise du travail a été fixée au lundi 13 octobre.

Les 5 000 euros ne font pas le compte des jours de grève, mais les travailleurs ont considéré malgré tout que leur lutte se soldait par une victoire. Ils ont fait au cours du mouvement une expérience majeure, celle de la solidarité et de l’efficacité du comité de grève, comme la plupart d’entre eux l’ont exprimé lors du sympathique pot organisé dimanche 12 octobre sur le piquet de grève. Pour les travailleurs, les acquis de la grève vont au-delà des primes. Ils sont fiers aussi d’avoir vu la population touchée par les perturbations de distribution d’eau les soutenir malgré les difficultés. Tout en étant convaincus qu’ils auront d’autres luttes à mener face à leur direction, ils ont repris le travail la tête haute.

                                                Marianne Tibus (Lutte ouvrière n°2985)