Brigitte
Bardot : une icône réactionnaire
La trêve des confiseurs n’a pas
empêché la concurrence des embaumeurs autour de Brigitte Bardot. Le jour même
du décès, le néolepeniste Ciotti a lancé une pétition pour que l’État fasse à
l’actrice des funérailles nationales. Son adversaire pour la mairie de Nice et
ennemi intime, Estrosi, a répliqué en annonçant une grande place baptisée du
nom de l’artiste.
Publié le 31/12/2025
Le Pen et Bardella vont-ils
proposer l’entrée directe au Panthéon ? L’extrême droite et la droite extrême
n’ont que peu de célébrités à mettre en avant. S’il y en avait une, c’était
bien Brigitte Bardot, actrice mondialement connue et surtout raciste
revendiquée, ennemie des musulmans, des homosexuels, des féministes, capable
d’injurier publiquement les Réunionnais et cinq fois condamnée pour incitation
à la haine raciale. Amie de Le Pen père chez qui elle avait fait la
connaissance de son époux, Brigitte Bardot appelait régulièrement à soutenir la
fille, la nièce et même Zemmour, le cousin maudit.
Les médias en pleine fièvre et la
plupart des politiques ont pudiquement minimisé les multiples prises de
position réactionnaires de B.B. pour encenser, à longueur d’antenne et de
journal, la défenseure de la cause animale et l’actrice qui aurait révolutionné
l’image de la femme au cinéma. Sa défense exclusive des animaux était bien trop
teintée de misanthropie pour être sympathique. Sinistre dérision en effet que
de prétendre sauver les dauphins quand on se réjouit de voir les migrants se
noyer.
Il resterait l’artiste qui, de
l’avis général, de Roussel à Le Pen, aurait bien mérité de la patrie. Brigitte
Bardot a été, en effet, quelques semaines durant, un produit français capable
de concurrencer Hollywood. Mais c’était en restant sur le même terrain
fondamentalement misogyne, il suffit de voir le film en question, Et Dieu
créa la femme, pour s’en rendre compte. La droite respectable qui l’encense
aujourd’hui à cause de ses délires xénophobes voulait alors la censurer pour
outrage à la pudeur. La voilà qui s’incline désormais, avec le reste de
l’opinion officielle, sur le « phénomène Bardot », en tant que gloire propre à
éveiller la fibre franchouillarde.
Paul Galois (Lutte
ouvrière n°2996)