La fondation de l'Internationale communiste, Moscou, 1919
Nous
avons reçu un message composé de nombreuses interrogations à laquelle nous
répondons (DM)
WS :« Bonjour Camarades,
Je
suis dans le 95. Dans le cadre des élections municipales, je reçois un
prospectus plutôt politique que municipal, mais bon… Je suis ouvrier et fils
d’ouvrier »
DM : Un prospectus plutôt
politique de municipal ? Aucune municipalité, aussi bien intentionnée
soit-elle, ne peut aller contre l’évolution actuelle de la société. C’est de
cette évolution dont nous devons parler d’une façon prioritaire.
WS : L’Europe c’est la paix ! L’Europe c’est la prospérité ! L’Europe
c’est la concurrence, donc payer moins cher ! (Mais) Nous sommes en guerre, nous n’avons plus
d’industrie, nous payons tous beaucoup plus cher. Faut-il rester dans l’Europe ?
DM : ce n’est telle ou telle
organisation des États qui est en cause. Capitalistes de France ou de l’Union
européenne, tous menent une guerre contre le monde du travail d’ici et d’ailleurs.
Ils sont à l’offensive. Les travailleurs doivent préparer la contre-offensive.
WS : Qu’est-ce qui a tué le monde du travail et les travailleurs
eux-mêmes ?
DM : le recul de la
conscience d’appartenir à une classe opposée à la bourgeoisie, et de l’organisation
des travailleurs. La croyance que les travailleurs seraient sauvé par les
élections et un sauveur suprême.
WS : À quoi a servi l’immigration et les immigrés ? Réponse : 1. L’ouverture
des frontières et l’Europe, le libéralisme sauvage. 2. À concurrencé les
travailleurs et nivelé par le bas les salaires
DM : les migrations sont une
vieille loi de l’évolution des sociétés. Lorsque la vie est impossible ici, les
humains se dirigent vers là où la vie est meilleure ou semble l’être. La
concurrence entre travailleurs et le nivellement par le bas des salaires sont
les résultats de la division des travailleurs, dans les faits et dans leurs
têtes. Il faut qu’ils s’unissent.
WS : Le capitalisme c’est la guerre !!!
Non,
dans les années 60 et 70 et même jusque 80 nous vivions bien. Mon père était
ouvrier en usine (Simca à Poissy) il était propriétaire de l’appartement ou
nous vivions. Avec un seul et petit salaire nous pouvions vivre ! Ce n’est
pas le capitalisme, mais l’ultra libéralisme sauvage et débridé, l’influence
anglo-saxonne. Qui provoque et déclenche les Guerres, toujours les mêmes ?
Nos bons “amis et alliés”
Anglo-américains. Du temps de De Gaulle la France était prospère.
DM : les améliorations des
30 Glorieuses ont été le résultat des gigantesques destructions de la Seconde
Guerre mondiale et de ses 50 millions de morts. De Gaulle, homme politique de
la bourgeoisie a contribué en 1944 avec le PCF à éviter tout risque de révolution
sociale.
WS : Le travailleur a-t-il le droit de profiter des fruits de son travail ?
DM : C’est une évidence. Mais
aujourd’hui, la plus grande partie de ce fruit est accaparé par les rentiers et
les actionnaires, et leurs serviteurs.
WS : Vous attaquez les propriétaires ! Je suis ouvrier et propriétaire,
j’ai acheté ma p’tite baraque à crédit. Heureusement, parce qu’aujourd’hui avec
ma petite retraite je ne pourrais pas payer un loyer, j’ai déjà du mal à payer
mes factures de gaz en hiver (grâce à Macron). Je me chauffe moins et me lave
moins ! Suis-je un chien de capitaliste ?
DM : Nous ne sommes pas
contre la propriété dérisoire de ce que possède les travailleurs. Nous sommes
pour l’abolition de la propriété capitaliste. Quant aux chiens, laissons-les
tranquilles. Heureusement qu’ils sont souvent là pour briser les solitudes.
WS : Il faut défendre les travailleurs Français, OUI, mais il ne faut
pas être dogmatique, il faut arrêter de monter les uns contre les autres
DM : Non, il faut défendre
tous les travailleurs, quelles que soient leurs origines, leurs papiers, leurs
statuts. Il faut que nous nous unissions par rapport à nos seuls adversaires, les
exploiteurs bien français de papiers ou autres.
WS : Lycée technique de mécanique générale, spécialité mécanographie, J’ai
été technicien mécanographe dès 1977 jusqu'à la disparition des machines à
écrire vers 1991, dans des petits ateliers, des artisans, (surement des chiens de capitaliste !).
Mon patron a su prendre le virage et nous nous sommes retrouvés dans
l’informatique, à dépanner des imprimantes, toujours dans des petits ateliers,
jusqu'à sa retraite à l’âge de 70 ans. Nous nous sommes fait racheter par une
multinationale américaine, et là ce n’était plus la même musique, pression,
objectif, remise en question permanente, le modèle américain ultra
libéral !
Avant
cela nous sommes passé au 35 h, d’où augmentation du coût de la main
d’œuvre, et les salaires sont resté figé
pendant 10 ans !... Est-ce le capitalisme NON, c’est le libéralisme
mondialisé mélangé de socialisme utopique.
DM : Votre tableau est juste
et illustre l’offensive capitaliste que nous avons subie depuis 50 ans, menée
par les multinationales et le capital financier auquel le monde du travail n’a
pas été en capacité de résister. Mais cela n’a rien à voir ni avec le
socialisme, ni avec l’utopie.
WS : «Travailleurs de tous les pays unissez-vous !!! » Est-ce que
les travailleurs Polonais ou Ukrainiens sont prêt à aider et soutenir les
travailleurs Français ? QUI NOUS AIDE ? »
DM : le problème est
identique pour les travailleurs de tous les pays : manque de conscience, d’union,
d’illusions en des sauveurs suprêmes. Il s’agit de combattre ces illusions et d’œuvre
à la réorganisation sans frontière du monde du travail. Qui nous aidera ?
Personne d’autres que nous-mêmes. En répétant Karl Marx, « Prolétaires de
tous les pays, unissons-nous » et « L’émancipation des travailleurs
sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».
WS : Nous n’avons plus de frontières, plus de monnaie, plus aucunes
libertés, plus aucuns pouvoirs de décision… et l’on nous parle de
souveraineté ! Nous ne sommes plus un pays, plus une nation - c’est
l’internationale tant vanté par Marx - Vivons-nous mieux ? Utopie …!
Nation : territoire (donc frontière), une langue et une culture
commune, des intérêts communs, Petit Larousse illustré 1938
DM :
Il n’y a même pas d’Internationale du Capital, mais une histoire entre
collaboration et concurrence féroce entre les États et les multinationales,
dans le cadre d’une mondialisation, mouvement fondamental et irréversible de l’histoire.
L’Internationale sera celle demain de tous les travailleurs si nous sommes
capables d’en reconstruire une, la IVème Internationale.
WS : « L’union Soviétique
s’est effondrée, la Chine, la Corée du Nord, Etc, etc… Est-ce cela le paradis
Communiste ? »
DM : L’URSS, par défaut de l’extension
de la révolution, devint un État bureaucratique, exploiteur, sous la férule de
Staline. La Chine, la Corée du Nord n’ont de communiste que la couleur de leur
drapeau. Ce sont des avatars tardifs bourgeois.